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FONTE AU FOURNEAU A RÉVEHBÈRE

Les minerais d'étain sont traités en Angleterre exclusivement au four à réverbère; ceux dont on fait usage aujourd'hui, et dont on doit la description à MM. Coste et Perdonnet, sont disposés comme l'indique la fig. 442. A est xine sole concave en briques

Fig. 44i.— Coupe et plan des fours à réverbère employés à la fonte des miDerais d'étain.

réfractaires, sous laquelle sont ménagés des carneaux destinés à laisser circuler l'air froid et à éviter la surchauffe ; F est le foyer, B la porte de charge; G la porte de travail placée près des carneaux conduisant à la cheminée; et enfin, en E, est un trou fermé par une plaque mobile. Le minerai, qui, en général, renferme 60 à 70 pour 100 de son poids de métal, est mélangé avec 12 ou

4 5 pour 100 d'anthracite en poudre, puis chargé par la porte A dans le four préalablement porté au rouge ; les portes sont ensuite fermées, et Ton chauffe graduellement pendant six ou tiuit heures ; lorsqu'au bout de ce temps la réduction paraît avancée, on brasse la matière pour renouveler les surfaces et mettre au contact du charbon les fragments non encore réduits; puis on ferme de nouveau, pour laisser le fourneau reprendre la température élevée qu'il a perdue pendant le brassage. La réduction est alors terminée, et le métal, réuni dans la partie déclive de la sole, est recouvert d'une couche de scories que Ton enlève au moyen d'un ringard. Pour cela, on ouvre le trou E, afin que l'ouvrier travaillant par la porte G ne soit pas incommodé par la fumée et les vapeurs, et Ton procède à l'enlèvement des scories ; les premières ne renferment pas d'étain; celles qu'on retire ensuite en contiennent et sont partagées en deux classes : les premières, les plus pauvres, sont bocardées et fournissent par le lavage de petits grains métalliques; les secondes, plus riches, et qui se trouvaient en contact avec le métal, sont refondues directement avec d'autres résidus. Après l'enlèvement de ces scories, le bain métallique se montre découvert, clair et brillant, on abat la cloison d'argile L, qui interceptait la communication entre le fourneau et les bassins de réception JJ, et on y laisse écouler le métal. On charge immédiatement de nouvelles matières, et, pendant ce temps, on laisse reposer Tétain fondu, pour donner aux scories qu'il renferme encore le temps de remonter à la surface ; on l'éciime alors, puis on le coule dans des lingotières.

RAFFINAGE DE l'ÉTADî.

L'élain obtenu dans les opérations précédentes renferme toujours un certain nombre d'impuretés, dont on se débarrasse, soit par laliquation, soit par une agitation mécanique, soit par l'un et l'autre de ces moyens réunis.

Liquation. — Ce mode de purification est basé sur la grande fusibiUté de Tétain, et sur la fusibilité moindre des corps auxquels il se trouve mélangé; on l'exécute en plaçant sur la sole d un four semblable à celui qui vient d'être décrit les lingots ou saur mons d'étain empilés les uns au-dessus des autres, et en les soumettant à l'action d'une chaleur très-modérée, de telle sorte que Tétain, qui entre le premier en fusion, s'écoule au dehors dans le creuset de réception, et laisse sur la sole im alliage très-chargé en impuretés et par suite moins fusible. Au fur et à mesure que

le produit de la fonte des lingots s'écoule, on remplace ceux-ci par de nouveaux, et l'on continue jusqu'à ce que le bassin de réception soit rempli.

Perchage. — Cette méthode, aussi bien que la suivante {tossing)^ est appliquée au métal fondu, soit au sortir du four de réduction, lorsqu'il est d'une assez grande pureté, soit au sortir du four de liquation. Pour la pratiquer, on introduit dans le bain métallique, alors encore très-chaud, des bûches de bois vert qui, se décomposant sous Taction de la chaleur, produisent un dégagement de gaz et de vapeur d'eau qui met la masse en ébullition, et ramène à la surface les dernières scories que Ton enlève avec soin.

Méthode par secousse ou tossing. — Le principe de cette opération est le même que celui de la précédente : agiter la masse pour ramener les impuretés à la surface. Dans ce but, un ouvrier, cueillant une partie du métal fondu au moyen d'une cuiller en fer, le laisse retomber de toute sa hauteur dans la chaudière où le reste se trouve contenu. La masse se trouve ainsi entièrement agitée, les scories se séparent; et en répétant ce traitement pendant deux heures environ, laissant ensuite le métal reposer deux heures encore, on peut lui enlever par un simple écumage la presque totalité de ses impuretés.

Préparation de l'étain en larmes. — L'étain se présente dans le commerce en lingots de différents poids, suivant les contrées d'où il provient; ces saumons sont obtenus par une simple coulée, et nous n'avons aucune particularité à signaler à ce point de vue. Il n^en est pas de même de cet étain cristallisé que l'on désigne sous le nom d'étain en larmes. Pour obtenir celui-ci, on chauffe les saumons de métal jusqu'à la température où ils perdent leur malléabilité; ce point atteint, oa les projette d'une certaine hauteur sur le sol, ils se brisent alors suivant leur structure intérieure, et se divisent en ces fragments semi -réguliers auxquels on attribue, par suite de leur apparence cristalline, une grande pureté, et que recherche spécialement la fabrication des produits tinctoriaux.

AIMÉ GIRARD

t 19 CHAPITRE VI. — ANTIMOINE. M ET

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