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EXTRACTION DU MERCURE A ALMADEN

L'appareil imaginé dès les premiers temps par Bustamente est, aujourd'hui encore, employé à Almaden, à Almadenejos, etc.; légèrement modifié, il sert également dans les mines si importantes de Huanca-Velica, au Pérou, etc.

Il comprend deux parties distinctes, l'appareil de grillage et l'appareil de condensation. L'appareil de grillage se compose

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Fig. 452 et 453. — Fours d'Almaden pour rextraction du mercure.

d'un cylindre CD en brique, de 8 mètres de hauteur sur tin,30 de diamètre ; il est coupé aux deux tiers de sa hauteur environ par une voûte P portée par trois arceaux et percée d'ouvertures de manière à constituer une sole griHée. Un peu au-dessus de cette sole s'ouvre une porte D destinée à la charge du minerai, charge que l'on peut achever par l'ouverture située au sommet et habi-

tuellement fermée par une plaque de fonte. L'espace C au-dessous de la voûte est le foyer; c'est là qu'au moyen de combustibles à longue flamme, fagots, etc., on produit la chaleur et Tappel d'air nécessaires au grillage du minerai au-dessus de F. En avant s'élève xme cheminée H^ destinée à entraîner la plus grande partie de la fumée. A la partie supérieure, en E, le fourneau se divise en douze arches dont chacune correspond à une série 00 d'allonges en terre emboîtées les unes dans les autres, désignées sous le nom d'a/wdels et constituant l'appareil de condensation. Ces aludels sont disposés à la suite les uns des autres sur une terrasse à double inclinaison, au milieu de laquelle est ménagée une rigole perpendiculaire à la direction des aludels, et destinée à recueillir le mercure que ces appareils peuvent laisser échapper. Les douze lignes d'aludels viennent enfin déboucher dans une chambre commune où s'achève la condensation et que termine une cheminée droite H.

On fait, à Almaden, trois catégories de minerai : le gros^ généralement peu riche, le moyen et le menu; ce dernier est aggloméré avec un peu d'argile et avec la suie déposée dans les aludels pendant la condensation. Sur la sole du four, on charge d'abord les plus gros fragments, afin de ne pas boucher les interstices des briques, on recouvre ces pierres solaires du minerai moyen et Ton achève la charge avec des briquettes de menu aggloméré. Cette charge s'élève à 250 ou 300 quintaux, et, dans cette quantité, le minerai riche ne figure pas pour plus de 25 quintaux. La charge faite^ les aludels sont lûtes avec soin, puis on allume sous la sole un feu vif de bois ou de brindilles (au Pérou on emploie une sorte de jonc). Bientôt le grillage commence, on l'entretient en dirigeant convenablement le feu, et l'opération est terminée après quinze heures de chauffe. On laisse refroidir pendant trois jours, puis on démonte l'appareil. Les aludels sont soigneusement délutés, on recueille le mercure que renferme chacun d'eux, puis on remet le tout en place et l'on recommence une nouvelle opération.

Le mercure ainsi recueilli est, comme celui que fournit le procédé des Deux-Ponts, souillé d'une sorte de suie grisâtre renfermant une grande quantité de mercure très-divisé. Pour le purifier, on le fait écouler, en nappe aussi mince que possible, sur une chambre dont le plancher est incliné ; le mercure seul s'écoule, les suies adhèrent au sol et sont recueillies pour être utilisées dans l'agglomération des menus avec de l'argile.

Les minerais d'Almaden fournissent^ en moyenne, 10 pour 100 de leur poids de mercure.

EXTRACTION DU MERCURE A mRU.

Le principe sur lequel est basée Textraction du mercure en C?irniole est le même que celui d'après lequel Bustamente a construit l'appareil d'Almaden ; mais les appareils dans lesquels il est exécuté sont dififérents. Il en est de trois sortes : les uns, ofirant avec ceux d*Almaden de grandes analogies, présentent les mêmes inconvénients; les autres, désignés sous le nom de flamofeny et dont l'emploi ne remonte qu'à 1840, consistent en fours à réverbère où le minerai grillé d'une manière continue fournit du mercure qui vient se condenser dans de vastes tuyaux en fonte arrosés d'eau; les derniers enfin sont de véritables fours à chaux marchant d'une manière continue et communiquant avec des chambres de condensation ; rétablissement de ceux-ci ne date que de 1852. Tous ces appareils sont actuellement en marche à Idiia, ainsi que nous l'apprend une remarquable élude de Gh. Huyot, ingénieur des mines, et parmi eux, les flamofen (fourneaux à flamme) semblent ceux dont l'emploi est le plus avantageux, surtout pour les minerais pauvres. Nous les décrirons tous trois successivement.

Anciens fours d'Idria. — Le minerai est d'abord trié comme celui d'Âlmaden, mais les dispositions mêmes du four exigent que le triage et la classification soient faites ici avec plus de soin que pour ce dernier; en résumé, on sépare le minerai en gros morceaux, et en morceaux de grosseur moyenne. Les parties pauvres tenant 1/2 pour 100 sont seules laissées à l'état de gros; les morceaux riches ne doivent jamais être plus gros que le poing.

Chaque four est formé d'un prisme quadrangulaire de 8 mètres de hauteur environ, terminé à sa base en pyramide renversée; c'est au sommet de cette pyramide renvM^ée que se trouve la grille, sur laquelle on doit brûler du bois; ce four est partagé en trois compartiments /", F, ^, par deux voûtes formées de briques laissant entre elles des interstices. Le compartiment supérieur g est en communication directe, au moyen d'un canal, avec les vastes chambres de condensation qui, ici, remplacent les aludels. Ces chambres sont rectangulaires; elles mesurent 9"^,50 de hauteur sur 2",50 et 3",15 à la base,* chacune d'elles porte deux ouvertures (une sur chaque paroi transversale) disposées Tune à

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la partie inférieure, l'autre à la partie supérieure; de telle sorte que les vapeurs raercurielles, contrariées dans cette marche par un grand nombre d'ascensions et de descentes successives, se condensent plus rapidement. Le sol incliné de ces chambres

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Fig. 454 et 455. — Anciens fours d'Idria pour l'extiaction du mercure.

correspond avec des rigoles où s'écoule le métal, et la dernière d'entre elles porte une série de plans en bois, disposés en surplomb les uns au-dessus des autres et sur lesquels un courant d'eau froide ruisselle continuellement et active la condensation.

Sur la première voûte, on charge les morceaux les plus gros, en les arc-boutant les uns sur les autres; ces morceaux sont naturellement les plus pauvres; ils mesurent 4 à 5 décim. cubes chacun ; par-dessus, on ajoute les minerais riches de grosseur moyenne, et, si leur richesse parait trop considérable, on leur ajoute quelques fragments pauvres, afin d'éviter l'agglomération. Dans le compartiment g, on ne charge que des poussières; celles-ci sont constituées par les suies des chambres de condensation, les débris de fourneaux, un peu de menu, etc. Toutes ces matières sont placées préalablement dans des cazettes en terre cuite analogues à celles dont fait usage la fabrication de la porcelaine ; ces cazettes sont disposées sur la seconde voûte, de manière à ne pas boucher

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