L— MINERAIS DE NICKEL ET DE COBALT
Des deux corps qui font le sujet de ce chapitre, l'un seulement est employé à l'état métallique, c'est le nickel; quant au cobalt, les arts n'ont point, jusqu'ici, cherché à tirer parti des propriétés qu'il possède sous cette forme, ou qu'il pourrait communiquer à d'autres métaux en s'alliant avec eux. Aussi les beaux Ungots de cobalt fondus présentés à l'exposition universelle de 1862, par MM. Evans et Askin , de Birmingham, doivent-ils être, jusqu'à nouvel ordre du moins, considérés comme une curiosité scientifique.
plutôt que comme un produit vraiment industriel. Cependant l'extraction du cobalt renfermé dans certains minerais est la base d'une industrie considérable, et le traitement du cobalt arsenical, du cobalt gris, etc., donne lieu, en diverses contrées, à des exploitations importantes. Mais ce n*est point Textraction du métal que se propose alors le chimiste; son but est de produire une matière colorée, le bleu de cobalt ou azur, formée par la dissolution de l'oxyde de cobalt dans un verre à base de potasse. (Voy. Coxtleurs, COU.)
C'est donc de l'extraction du nickel que nous devons exclusivement nous occuper, et si, en tête de ce chapitre, nous avons réuni ces deux métaux, c'est que, la nature nous les présentant constamment l'im près de Tautre, il est impossible de s'occuper de la préparation du nickel sans songer à le séparer du cobalt qui l'accompagne presque toujours.
Trois sortes de minerais concourent aujourd'hui à fournir le nickel que les arts utilisent pour les divers alliages connus sous les noms à! argent allemand (germon silver), de maUlechort, de pachfougy d'e/ecfrtim, etc.; de ces trois minerais, l'un peut être considéré comme un minerai artificiel, c'est le speiss.
On désigne sous le nom de speiss le résidu laissé par la préparation de l'azur. Pour obtenir cette belle matière colorée, le minerai de cobalt, toujours mélangé de métaux étrangers, parmi lesquels figure le nickel, est d'abord soumis à im grillage imparfait, au moyen duquel on cherche à oxyder le cobalt seul, tout en n'enlevant qu'une partie de l'arsenic. Lorsque la matière ainsi grillée est ensuite soumise, dans les pots de verrerie, à Taction dissolvante du silicate de potasse, les métaux autres que le cobalt, combinés avec l'arsenic, se précipitent à la partie inférieure, sous forme d'une poudre lourde et cristalline, d'aspect métallique, à laquelle on donne le nom de speiss, et dans laquelle se sont concentrés le nickel, le cuivre, etc., du minerai primitif. .
Le kupfemickel ou nickeline (nickel arsenical) est le deuxième minerai dont les arts font usage pour l'extraction du nickel. Composé essentiellement d'arsenic et de nickel, renfermant en moyenne de 40 à 55 pour 100 de ce métal, le kupfernickel forme des gisements assez abondants dans plusieurs localités de la Saxe (Schneeberg, Marienberg, Freyberg, etc.); à AUemont, en Dauphiné, dans le Cornv^all, etc.
Jusqu'à une époque assez rapprochée, les substances précédentes étaient seules employées à la production du nickel, mais
145 CHAt»lTRE m. — NICKEL ET COBALT. MET
depuis dix ans envii'on, une forte proportion de ce métal est foiirnie par des pyrites de fer magnétique qui en renferment de 3 à 5 pour 100, et dont les principaux gisements sont en Suède, en Ecosse, à Dillenbourg dans le Hanau, et à Yarallo dans le Piémont.
Un assez grand nombre de méthodes peuvent être, et sont en réalité mises en usage par les métallurgistes pour l'extraction du nickel et la séparation de ce métal et du cobalt; nous passerons rapidement en revue les plus importantes.