‹ Dictionnaire de chimie industrielleChapitre 81 sur 284 · V.— TRAITEMENT DE L'OSMIURE D'IRIDIUM · texte numérisé non relu

V.— TRAITEMENT DE L'OSMIURE D'IRIDIUM

La découverte des remarquables propriétés que possèdent les alliages triples de platine, d'iridium et de rhodium, au point de vue.de l'élasticité, de l'inaltérabilité, etc., donne im grand intérêt à la méthode suivante,, qu'ont récemment conseillée MM. Deville et Debray pour le traitement des masses d'osmiure d'iridium accumulées dans les usines depuis nombre d'années. Cette méthode est basée siu* l'attaque de la matière par la baryte, le dépaj^t de l'osmiure à l'état ^d'acide osmique volatil, et la séparation subséquente des autres métaux.

L'osmiure d'iridium ou les résidus divers des opérations précédentes sont pulvérisés et mélangés intimement avec de la baryte et du nitrate de baryte, ou plus simplement avec du nitrate seul, dans la proportion suivante :

Osmiure d'iridium 100 parties.

Nitrate de baryte 100 —

Baryte 200 —

201 CHAPITRE m. — PLATINE. MET

Le mélange, porté dans un creuset de terre, est chaufTé au rouge, pulvérisé, projeté dans Peau froide, puis traité peu à peu et avec précaution parTacide nitrique. L'acide osmique auquel le nitrate de baryte, par son action oxydante, a donné naissance, est ainsi mis en liberté, et une légère ébullition suffit pour en produire la séparation complète. Les vapeurs, qui constituent un poison des plus dangereux, doivent être dirigées dans ime bonne cheminée, ou recueillies dans une solution d'ammoniaque. Lorsque tout Tacide osmique a disparu, on traite la liqueur par une petite quantité d'acide chlorhydrique, et on laisse déposer par le refroidissement le nitrate de baryte. L'eau mère rougeâtre renferme à ce moment l'iridium, le palladium, le rhodium, un peu de platine et les métaux communs.

Pour séparer ces diverses substances, on étend la solution de de son volume d'alcool, et on la traite par le sel ammoniac qui précipite le chloroplatinate et le chloro-iridate d'ammoniaque ; ce précipité, lavé soigneusement, et desséché, est enfin calciné avec précaution, et les métaux laissés par la décomposition des sels sont repris par de l'eau régale faible qui enlève le platine et laisse l'iridium insoluble.

D'un autre côté, la liqueur alcoolique est évaporée à sec; le résidu est humecté de sulfhydrate d'ammoniaque, additionné de quelques fragments de soufre et calciné à l'abri de Tair ; le fer et le cuivre se transforment en sulfures ; le palladium et le rhodium passent à l'état métallique. Si l'on traite ensuite ce mélange par l'acide nitrique, le rhodium reste seul, à l'état de pureté, et il devient facile d'obtenir le palladium en évaporant à sec et calcinant la solution des nitrates de palladium, de fer et de cuivre. Par cette calcination, en effet, le premier se sépare à Fétat métallique, tandis que les deux autres métaux se transforment en oxydes aisément solubles dans l'acide chlorhydrique faible qui n'exerce aucune action dissolvante sur le palladium.

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