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VL— FUSION ET MOULAGE DU PLATINE

Les difTérentes opérations que nous venons de passer en revue nécessitent presque toujours la fusion du platine, et cette manière de faire se substitue aujourd'hui d'une manière générale à l'ancienne méthode par compression imaginée par Wollaslon.

La fusion du platine a lieu dans les fours à chaux que nous avons décrits (fig. 475), au moyen de la haute température déve-

MET BCÉTAUX PRÉCIEUX. 202

loppée parle mélange du gaz de l'éclairage avec Toxygône. L'hydrogène réussit également bien, mais son emploi est moins économique. Le four est d'abord porté au rouge; ce point atteint, on y projette peu à peu les fragments ou la mousse de platine qui ne tardent pas à entrer en fusion. La chaleur acquiert rapidement ime telle intensité que, le four une fois chaud, deux heures suffisent pour mettre en fusion des masses de platine qui, dans la pratique, atteignent déjà 100 kilogr. à la fois.

Pour opérer le moulage avec sûreté et se mettre à Tabri des accidents que peut causer le maniement d'une masse semblable, que son éclat éblouissant empêche de distinguer des parois du four lui-même, MM. DeviUe et Debray conseillent de placer la sole sur une plate-forme en fonte mobile autour de charnières liées solidement à un plateau fixe ; lorsque la fusion est complète, on dispose le moule en face du trou de coulée, puis, sans aucun danger, on fait basculer lentement le four, de manière que le liquide se transporte tranquillement dans le moule.

Les moules employés par MM. DeviUe et Debray étaient primitivement faits de fonte plombaginéeintérieurement,'ou de plaques assemblées de charbon de cornues à gaz. M. Heraens, fabricant de platine, a introduit dans cette opération déUcate un tour de main ingénieux permettant l'emploi de moules en fer forgé ; il consiste à annuler tous les inconvénients dus à la fusibilité du fer en plaçant, au fond de la lingotière,une feuille de platine de 1 millimètre d'épaisseur, qui supporte le premier contact du métal en fusion. En opérant ainsi, on obtient des lingots très-sains sans soufflures, et susceptibles de subir toutes les actions mécaniques des outils industriels habituellement usités.

AIMÉ GmARO.

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