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IL— AFFINAGE DE L'ARGENT CUIVREUX (AFFINAGE SIMPLE

Les lingots de matière précieuse sont d'abord fondus dans de grands creusets en terre très-réfractaire ; ces creusets sont placés dans des fourneaux à vent chauffés au coke , dont on utilise la chaleur perdue en plaçant les hngots au milieu même du rampant qui conduit à la cheminée les produits de la combustion. Dans les creusets, on ajoute xme petite quantité de salpêtre, dont le but est d'oxyder les métaux étrangers , et principalement le plomb, que les lingots peuvent contenir; au fur et à mesure que la fusion avance, on enlève les scories qui remontent à la surface au moyen d'une poche en fer percée d'un trou en son milieu, et permettant de laisser retomber danslecreusetle métal fondu. Ces scories sont mises de côté; car elles entraînent toujours des globules métalliques, et plus tard, après avoir été pulvérisées avec les briques , les fonds de creusets , etc., elles sont lavées sur des tables dormantes; les parties lourdes qu'elles laissent ainsi déposer sont refondues avec une petite quantité de carbonate de soude, et fournissent des lingots qui retournent ensuite à l'affinage.

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Lorsque les lingots placés dans le creuset sont en pleine fusion, on grenaille la matière; dans ce but, le fondeur a près de lui, enfoncée dans le sol, une caisse cylindrique en tôle de 80 cent, de diamètre environ sur un mètre de profondeur. Au moyen d'une poche en fer, il puise le métal du creuset et le projette dans cette cuve pleine d'eau. Des tours de main particuliers permettent de transformer le métal en grenailles fines , quelle que soit sa composition.

Ces grenailles sont portées à l'atelier d'affinage pour y être soumises à l'action de Tacide sulfurique. La dissolution avait lieu autrefois dans des vases de platine ; mais cette disposition, dont on a reconnu l'inutilité, a été abandonnée par la plupart des usines, qui, avec juste raison, se contentent d'appareils en fonte. La disposition la plus usitée comprend une chaudière hémisphérique en fonte C de 2 cent, d'épaisseur et d'un mètre de diamètre environ, et un couvercle en fonte également, sur lequel s'enchâsse

Fig. 4T7. — Chaudière pour l'affinage des métaux précieux.

un tuyau de plomb T. Celte chaudière n*est pas en contact direct avec le foyer, afin que, dans le cas où les parois viendraient à être percées, le liquide ne se perde pas au milieu du combustible; un petit autel sépare le foyer de la sole qui constitue un plancher sur lequel circulent les flammes. Le tuyau de plomb T, destiné au départ des gaz, se recourbe horizontalement et passe dans une caisse L où circule un courant d'eau destiné à abaisser la température des produits volatils de la réaction. De là les gaz se dirigent

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dans une ou deux vastes chambres de plomb , dans lesquelles se condense Tacide sulfurique, entraîné mécaniquement.

Dans chaque chaudière de ce genre, on charge 100 kil. de grenailles; on recouvre la masse d'acide sulfurique à 62 ou 64», puis Ton chauffe; peu à peu le métal se dissout, l'acide sulfureux se dégage en grande quantité et se rend dans la cheminée d'appel, entraînant toujours une certaine portion d'acide sulfurique , qui se condense sur le parcours. Lorsque la réaction parait se ralentir, on ajoute de l'acide sulfurique, en renouvelant cette addition jusqu'à ce que toute la grenaille ait disparu. L'action est plus ou moins longue, suivant la nature de l'alliage ; elle dure en moyenne deux heiires et demie. La nature de la liqueur ainsi obtenue varie également; si la matière est fine (900 à 950 miUièmes), la solution est très-limpide ; si au contraire le degré de fin est inférieur à 900 millièmes, elle est trouble, et renferme en suspension des sous-sels noirâtres. Dans le premier cas, on siphonne au moyen d'un entonnoir amorcé à l'acide sulfurique; dans le second, on enlève avec ime cuiller en cuivre le liquide trouble, que Ton dirige dans un grand bac formé de feuilles de plomb, soutenues par des murs en brique. Ce bac , d'une forme rectangulaire allongée, porte , du côté opposé à la chaudière , un robinet placé à 5 ou 6 cent, au-dessus du fond.

Dans le liquide ainsi décanté, on ajoute en grande quantité une solution de sulfate de cuivre provenant d'opérations précédentes, et marquant 35° Baume ; en même temps , on fait arriver dans la masse, au moyen de tuyaux de plomb, un courant de vapeur. Sous cette double influence, les sous-sels se dissolvent; on laisse reposer deux heures , en fermant le bac avec des couvercles en bois, pour éviter la déperdition de la chaleur, puis on décante, par le robinet placé à la partie inférieure , dans un autre bac à coins arrondis, et formé comme le premier d'une feuille de plomb soigneusement soutenue.

Dans ce dernier bac a lieu la précipitation de l'argent; on introduit dans le liquide des rognures de cuivre rouge , et principalement des bandes provenant du découpage des plaques; la décomposition a lieu bientôt, et l'argent se précipite à l'état de masse blanche et spongieuse que les ouvriers désignent sous le nom de chaux (Cargent. Pendant tout le temps que dure cette partie du travail, un ouvrier touille constamment la solution, de manière à mettre toujours à nu de nouvelles surfaces de cuivre.

On reconnaît que la précipitation est terminée lorsque la solu-

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tion, qui a pris une coloration bleue intense, ne précipite plus par l'addition d'une solution de sel marin. Ce point atteint, on siphonne la solution de sulfate de cuivre , et on Tenvoie dans de grands bacs en plomb enterrés et couverts; c'est là que, régulièrement, on prend les eaux cuivreuses pour étendre le liquide provenant des chaudières de dissolution. Ces liqueurs, lorsqu'elles sont bien reposées et qu'elles ont laissé déposer les traces d'argent métallique qu'elles pouvaient avoir entraîné, sont employées à la fabrication du sulfate de cuivre ou couperose bleue. (Voy. Aluns et Couperoses^ A.LU.)

La chaux d'argent, retirée du bac où la précipitation a eu lieu, est soumise à un lavage soigné. Pour cela, on la verse dans une trémie A, de 1" à 1",20 de longueur, doublée de plomb, et dont le fond est percé de trous extrêmement fins. Tout autour de cette

Fig. 478. — Filtre pour le lavage de l'argent précipité.

trémie un tuyau laisse jaillir, par un grand nombre de petits orifices, l'eau chaude provenant du bac B. A travers les trous du fond, ime petite quantité d'argent s*échappe, entraînée par le courant d'eau, et vient se déposer dans la bâche inférieure, où on la recueille de temps en temps. L'eau de lavage s'écoule par un robinet placé un peu au-dessus du fond.

Une fois lavée, la chaux d'argent est introduite dans le boisseau (sorte de pyramide tronquée) d'une presse hydraulique. Lorsque le boisseau est plein de cette matière spongieuse, on pose à la partie supérieure, et parallèlement les uns aux autres, trois coins triangulaires en argent, et l'on presse. La chaux d'argent, soumise ainsi à xme compression énergique, prend la forme que ces trois coins lui impriment et se partage en quatre lingots prisma-

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tiques eux-mêmes , dont la masse a déjà acquis assez de cohérence pour pouvoir être maniés sans danger de déformation , et que Ton porte directement aux creusets pour les fondre et les couler ensuite dans des lingotières plates et rectangulaires.

m.— AFFINAGE DES MATIÈRES D'OR TENANT ARGENT.

Ces matières, pour pouvoir être aflftnées avec avantage, ont besoin d'être préalablement transformées en un alliage d'une richesse déterminée. Celui-ci doit être formé de 25 parties d'argent pour 10 parties d'or. On réserve en général, pour produire cet alliage , des lingots d'argent tenant or, que Ton passe au creuset avec les lingots d'or tenant argent, après avoir, bien entendu, déterminé la teneur des uns et des autres. L'alliage grenaille est ensuite traité par l'acide sulfurique dans les chaudières en fonte que nous avons décrites précédemment ; on opère sur ime quantité représentant environ 30 kil. d'or; l'attaque a lieu comme dans le premier cas. La matière étant fine, la solution sulfurique est limpide; on la laisse reposer quelques instante , puis t)n la siphonne dans les bacs en plomb ; l'or reste au fond, inattaqué. Cependant, quelque soin que l'on prenne , une certaine partie de celui-ci, 0*^,500 environ sur 30 kil. mis en travail , s'écoulent dans le bac, où on le retire ensuite lorsqu'il s'en est accumulé une quantité suffisante.

Quand la décantation est achevée , on ajoute dans la chaudière une nouvelle quantité d'acide sulfurique, et Ton fait bouillir pendant ime heure environ (premièi^e poussée). Au bout de ce temps, on enlève l'acide au moyen d'une cuiller en cuivre, et on le conserve pour opérer de nouvelles dissolutions, car il est trop peu chargé en argent pour pouvoir être traité directement; on enlève de même l'or que surnageait cet acide, et on le place avec précaution dans des terrines en grès, où on le soumet au lavage.

Cette opération a lieu sur une table qu'on appelle table à l'or^ et quiestdisposée de manière àpermettre de recueillir les plus faibles portions de métal qui pourraient être entraînées horsdes terrines; munie de rebords, cette table, qui est couverte d'une lame de plomb, s'incline vers l'une de ses extrémités où se trouve une bâche pleine d'eau; c'est laque vont se rendre les parcelles entraînées par le lavage. On exécute ce traitement de la manière la plus simple, en ajoutant de l'eau dans chaque terrine, agitant chaque fois, laissant déposer, décantant et renouvelant quinze et

vingt fois ce lavage , jusqu'à ce que les eaux ne précipitent plus par le chlorure de sodium. Ce résultat une fois obtenu, on soumet encore ime fois, pendant une heure, la poudre d'or à l'action de l'acide sulfurique bouillant dans une petite chaudière de la même forme que celle employée pour la dissolution : c'est ce qu'on appelle faire la deuxième poussée. On recommence ensuite le lavage de la même façon que précédemment , et enfin on fond la poudre d'or dans un creuset de plombagine , après l'avoir additionnée d'une petite quantité de borax.

Quant à l'argent tenu en dissolution dans l'acide sulfurique, il est séparé du cuivre que la liqueur peut contenir au moyen d'une précipitation identique à celle que nous avons décrite pour le premier cas.

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