ALLIAGES DIVERS
L'antimoine s'unit au fer et donne des alliages très-durs et trèscassants. Celui qui renferme 70 parties d'antimoine et 30 parties de fer est assez fusible. Quand on augmente la quantité de fer, l'alliage est tellement dur qu'il donne des étincelles sous la lime.
On a fait beaucoup d'essais pour combiner le fer aux divers métaux, mais la plupart ont donné des résultats peu dignes d'intérêt. Ainsi l'on avait cru que la présence d'un peu de fer améliorerait singulièrement les qualités du bronze. Mais M. Dussaussoy a fait voir que l'addition de ce métal au delà de deux centièmes devient nuisible.
La présence du fer dans le cuivre le rend aigre et très-dur; l'union de ces deux métaux est très-difficile. Pour les combiner, il faut employer le fer à un état qui le rende plus fusible ; à l'état de fonte, par exemple. Ainsi, 100 parties de cuivre et 5 parties de fonte grise fournissent un métal très -ductile à froid, et 100 parties de fonte unies à 5 parties de cuivre donnent un alliage d'une dureté et d'une compacité telles, que Hinmann a proposé d'en faire des endumés.
Les alliages de zinc et de fer se font difficilement. Il faut chauffer avec précaution; car, sans cela, le zinc se volatilise et le fer reste seul. On doit chauffer à la température du rouge naissant, qui est voisine de celle de la fusion du zinc.
Le mercure forme avec le bismuth des alliages fusibles à une température peu élevée, qui, introduits dans des vases en verre, s'y solidifient en couches minces présentant un aspect brillant, analogue à celui de l'étain et même de l'argent. Cette fabrication a pris beaucoup de développement depuis quelques années.
On utilise la propriété que possède le mercure de se combiner à l'étain pour préparer le tain des glaces.
On emploie enfin le mercure pour dissoudre l'or et l'argent natifs, ou séparés de leurs minerais à Tétat métallique.
L'aluminium conmience a être employé pour la fabrication de • certains alliages. On peut dire d'une façon générale que ce métal, comme le zinc, supporte difficilement l'introduction des métaux étrangers, parce qu'il perd en grande partie sa malléabilité et sa ductilité. Dès qu'il contient 5 pour 100 de fer ou de cuivre, il
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est impossible de le travailler; un millième de bismuth l'aigrit, au point qu'il se gerce lorsqu'on le soumet au travail du marteau. Cependant Talliage d'aluminium et d'argent, contenant 5 pour 100 de ce dernier métal, se travaille comme Taluminium, tout en possédant une dureté plus grande que lui ; il est également susceptible d'un plus beau poli. Sa malléabilité n'est pas altérée davantage, quand on lui allie un dixième d'or.
Si l'on fait l'inverse, c'est-à-dire qu'on unisse aux métaux de petites quantités d'aluminium, leurs propriétés en éprouvent souvent d'heureuses modifications; c'est surtout avec le cuivre et l'argent qu'on obtient ces effets remarquables, et tout porte à penser que le bronze d'aluminium jouera prochainement un rôle impor* tant dans les arts. L'alliage de 95 parties de cuivre et de 5 parties d'aluminium possède la couleur et l'éclat de l'or; sa dureté et sa malléabilité sont considérables. L'alliage de 90 parties de cuivre et de 10 parties d'aluminium est d'une couleur jaune pâle. Sa malléabillité est assez grande, sa dureté est très-forte. En tmissant 5 parties d'aluminium à 100 parties d'argent, on communique à ce dernier une dureté voisine de celle de l'alliage monétaire.
L'argent et l'or sont trop mous pour constituer à eux seuls des monnaies. On leur donne de la dureté en les alliant au cuivre. Les monnaies françaises d'or et d'argent sont au titre de 900/1000 avec une tolérance de 2/1000
Les alliages d'or sont homogènes. Les alliages d'argent ne le sont pas, à l'exception de l'alliage à 721/1000.
Pour les alliages à haut titre, le titre le plus haut est au centre du lingot ; c'est l'inverse pour les alliages à bas titre.
Nous dirons, pour résumer cette étude, que l'étain est employé pour augmenter le fusibilité et la ténacité des métaux; que le plomb leur donne de la sécheresse, les empêche de rester fibreux; que le zinc durcit beaucoup les alliages; que le bismuth et le mercure augmentent leur fusibilité , que l'antimoine et l'arsenic leur donnent de la dureté, les rendent cassants, et que le fer est, en général, d'une combinaison difficile avec les autres métaux*