‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 103 sur 430 · Ta204.NaJ0 Ta4Ol3Na · texte numérisé non relu

Ta204.NaJ0 Ta4Ol3Na

Lorsqu’on fond de l’anhydride tantalique avec la soude, qu’on traite la masse fondue par un peu d’eau pour enlever l’excès de soude, et qu’011 dissout ensuite le résidu dans l’eau bouillante, on obtient par le refroidissement des lamelles cristallines, mélangées avec un sel insoluble facile, à séparer par lévigation. Ces cristaux forment des pyramides hexagonales. Angles : b' p= 124" 14'; bi b 1 (terminal) = 131" 4'. Ils constituent l’hexalantalate octosodique,

Ta6019Na8 + 25U20 ou + 30H2O (?)

II. Rose, Marignac). Hermann avait trouvé pour e sel une composition un peu différente, mais ela tient à une erreur dans la fixation du poids tomique du tantale.

Ce sel est peu soluble dans l’eau et il est tout fait insoluble tant qu’il renferme un excès do oude. Il exige, pour se dissoudre, 493 P- d e“4 roide et 162 p. d’eau bouillante (H. Rose). Chauffe

TANTALE. — 197 — TANTAL1TE.

à 100°, il se décompose en soude libre et en un sel acide. Sa solution est précipitée par la soude caustique. Lorsqu’on l’évapore, elle laisse de la soude libre, un résidu semblable à l’empois, insoluble dans l’eau et ayant une composition voisine de Ta03Na. Ce dernier sel, chauffé avec du chlorure d’ammonium, donne le sel insoluble n” 4 (H. l’ose).

La solution du tantalate de sodium, traitée par un courant de gaz carbonique, fournit le môme sel insoluble. Traitée par l’hydrogène sulfuré, elle donne un précipité qui est un sel encore plus acide (n° 5). Enfin, l’acide sulfureux en précipite de l’acide tantalique pur (H. Rose).

Lorsqu’on fond l’acide tantalique avec le carbonate de sodium, la quantité d’acide carbonique dégagée indique la formation du sel Ta1 O15 Na10 (n° 1). Si la fusion est longtemps prolongée, c’est un sel Ta209Na8 ou Ta'2 O5, 4 Na5 O, qui paraît se former. Si l’on enlève l’excès de carbonate, il reste un sel insoluble dans l’eau froide et que l’eau bouillante dédouble en un sel acide, Ta5Ol3Na

|(nn 5) et un sel soluble (H. Rose).

Tantalate de calcium. — Précipité insoluble. Tantalate de badyum, Ta6019 Ba*-j-6HsO (soit 3Ta205.4Ba O). — Précipité obtenu par l’addition de chlorure de baryum à une solution de tantalate de 6odiuin (H. Rose).

Tantalate de magnésium, TaBOl9Mg* -f- 0 H - O (à 100"). — Précipité amorphe, devenant peu à peu cristallin.

Tantalate d’aegent, Ta6Ol9Ag8 -f 3 II2 O. — Précipité blanc, noircissant à 100°.

Tantalate mercureux, Ta°019(Hg2)4 -|- 5H20. — Précipité jaune verdâtre, brunissant par la dessiccation (H. Rose).

Sulfure de tantale, TaSs. — On ne connaît que ce seul sulfure de tantale, qui correspond sans doute à l’oxydule, dont la composition n’est pas parfaitement établie. Il prend naissance par l’union du soufre et du tantale libre au rouge. Mais il ne se forme pas par l’action du soufre, de l’hydrogène sulfuré ou des sulfures alcalins sur l’acide tantalique, soit par voie humide, soit par voie sèche (Berzelius).

On le prépare soit par le procédé qui sert à préparer le sulfure de titane, c’est-à-dire en faisant passer des vapeurs de sulfure de carbone sur l’acide tantalique chauffé au rouge blanc; soit en chauffant au rouge la vapeur de chlorure de tantale avec do l’hydrogène sulfuré.

Préparé par le premier procédé, le sulfure de tantale est d’un gris noir; il prend sous le pilon l’éclat métallique du laiton. Il n’est attaqué qu’incomplétement à chaud par le chlore. Calciné dans un courant d’hydrogène, il perd une partie de son soufre.

Obtenu par la seconde méthode, il est quelquefois en croûtes cristallines noires. Il est déjà attaqué à froid par le chlore. Sa composition est la même.

Le grillage transforme le sulfure de tantale en anhydride tantalique. 100 p. TaSs donnent 90 p. Ta2 O3 [II. Rose, Poggend. Ann., t. XCIX,p.575J.

La composition précédente a été vérifiée par Marignac.

Azoture de tantale, Ta3 Az5 (?). — Cet azoture se forme en petite quantité lorsqu’on dirige un courant do gaz ammoniac sur do l’anhydride tantalique chauffé au rouge. Sa production est plus abondante lorsqu’on remplace le gaz ammoniac par du cyanogène ; mais l’uzoture est alors mélangé de cyanure de tantale (?).

Le meilleur procédé consiste à décomposer le chlorure de tantale par le gaz ammoniac.

Se composé est une poudre noire qui prend 1 éclat métallique par le frottement et qui conduit bien 1 électricité. Calciné à l’air, cet azoture brûle

avec production d’anhydride tantalique. Fondu avec de la potasse, il se transforme en tantalate de potassium, avec un abondant dégagement d’ammoniaque. Les acides énergiques sont sans action sur lui, sauf le mélange d’acide fluorhydrique et d’acide azotique [H. Rose, Poggend . Ann., t. C, p. 146].

Minéradx tantalifères. — Voyez les minéraux niobifères, t. II,. p. 557 et 558.

Analyse. — Nous avons indiqué page 195 et 196 les caractères que présentent les solutions acides etles solutions alcalines du tantale. Pour rechercher l’acide tantalique, ainsi que l’acide niobiquo dans les minéraux qui le renferment, le mieux est de les attaquer par le sulfate acide de potassium. Pour achever la purification de l’acide tantalique qui reste après l’épuisement du produit fondu par l’eau bouillante, on le calcine pour chasser l’acide sulfurique qu’il retient encore, puis on le fait fondre avec du carbonate de sodium et du soufre (voyez p. 194), afin d’enlever les dernières traces d’étain et de tungstène, si ces métaux accompagnent le tantale.

Séparation des acides tantalique et niobique. — Pour séparer l’acide tantalique de l’acide niobiquo qui l’accompagne, et qui présente avec lui la plus grande analogie de réactions, la seule méthode un peu rigoureuse consiste à les transformer en fluosels de potassium, dont la différence do solubilité est considérable. — Voyez t. I, p. 1475 et 1479, et t. II, p. 553.

Un autre procédé moins rigoureux a été proposé par H, Rose. Il est basé sur l’insolubilité du tantalate de sodium dans la soudo caustique. On fait fondre le mélange des doux acides avec de la soude, au creuset d’argent; on enlève l’excès du soude par un lavage à l’eau froide, puis on redissout le résidu dans l’eau bouillante et l’on traite lasolution par un courant d’acide carbonique. Les acides précipités sont ensuite portés à l’ébullition avec une solution étendue de soude caustique, puis avec une solution de carbonate sodique, jusqu’à dissolution de tout l’acide niobiquo, ce dont on s’assure en saturant la liqueur filtrée par l’acide sulfurique étendu : il ne doit plus se produire de précipité. Le tantalate de sodium reste insoluble; pour en isoler l’acide tantalique, on le fond de nouveau avec du sulfate acide de potassium. Quant à l’acide niobique, on le précipite do la solution alcaline par l’acide sulfurique.

Tous les oxydes métalliques peuvent être facilement séparés des acides niobique et tantalique dans la série des opérations qui viennent d’être décrites.

Les métaux dont les sulfates sont solubles dans l’eau notamment, se séparent tous lorsqu’on traite par l’eau le produit de la fusion avec le bisulfate potassique.

Le plomb, l’étain et quelques autres métaux peuvent être séparés à l’ctat de sulfures, parl’hvdrogène sulfuré.

Enfin on pourrait séparer l’acide tantalique de tous les métaux dont les chlorures sont fixes ou peu volatils en le transformant en chlorure (p. 194) qu’il serait facile de condenser. — Voyez en outre les articles Titane, Urane, Yttrium, Zirconiim.

Dosage. — Pour doser l’acide tantalique, il suffit de le calciner après la séparation des corps étrangers, pour le priver de l’eau et de l’acide sulfurique qu’il entraîne dans sa précipitation et de le peser. , f. W.

TANTALE OXYDE YTTRIFÈRE. — Voyez Yttrotantalite.

TANTALITE (Min.) fSyn. Sidérotantale, Jtlmilolanlalite, columbale de fer]. — Tantalate de fer et de manganèse avec des traces de cuivre et détain, Ta205,Fe0. Cristaux prismatiques d’un éclat presque métallique et très-vif, d’uno

TANTALITE.

— 198 — TARTRIQUES (ACIDES).

couleur noir de for, opaque ; se trouvant dans les granités et souvent associé avec l’émeraude, en Finlande, à Kimito; en Suède, à Falilun et Brodbo; à Cliantoloube, près Limoges, dans la pegmatite; à lldefonso (Espagne) (variété ildcfonsite).

Caractères. — Inattaquable aux acides. Après fusion avec le bisulfate de potasse, donne avec l'acide chlorhydrique faible une solution jaune et une poudre blanche qui, par l’addition de zinc métallique , prennent une coloration bleu de smalt. Un excès d’eau fait disparaître la coloration. Inaltérable au chalumeau; avec le borax, donne un verre coloré par le fer, qui, suffisamment saturé, traité au fou de réduction, puis flambé, donne un bouton gris blanchâtre. Avec le sel de phosphore , le verre est jaune pâle, au feu de réduction, s’il n’y a pas d’acide tungstique; s’il y a de l’acide tungstique, le verre est rouge et ne change pas quand on le réduit par l’étain. Avec la soude et le nitre, donne la réaction du manganèse. Donne souvent de l’étain avec la soude, en présence du borax, sur le charbon.

Dureté, 6 à 6,5. Fragile, poussière rouge-brun ou noire. Densité, 7 à 8.

Forme cristalline. — Prisme orthorhombique mm — 113° 48'; 61,s b'12, adjacent en avant = 126°, 0. Faces : p, g1, e1/9, m, h', hlls, g2, b', bU2, b3/i. Plan de mâcle g1. F. et S.

TAPIOLITE (Min.). — Tantalite de Sukula (Finlande), considérée comme quadratique par M. Nordeuskiôld.

Dureté, G. Densité = 7,35 à 7,37.

TARAXACIXE. — Principe cristallin retiré du suc laiteux du Leonlodon Taraxacum. On l’obtient en faisant bouillir le suc laiteux de la plante avec de l’eau ; on sépare ainsi de la matière grasse de l’albumine et du caoutchouc , puis on laisse évaporer spontanément la solution dans un endroit chaud: la taraxacine cristallise pendant l’évaporation. Cette matière cristallise sous la forme arborescente ou en étoiles. Les cristaux fondent à une douce chaleur ; ils ne sont pas volatils. Us sont un peu solubles dans l’eau froide, facilement dans l’eau bouillante, l’alcool et l’éther, et même dans les acides concentrés sans décomposition. Leur saveur est amère et un peu âcre. La taraxacine no contient pas d’azote [Pollex, Journ. de Pharm. et Chim., (3), 1. 1, p. 331)]. E. C.

TARCONINE. — Voyez Narcotine, t. XX, p. 532.

TARGIOXITE (Bechis) (Min.). — Galène contenant antimoine, fer, cuivre et zinc, d’Argentiera.

TARXOWITZITE (Min.). — Arragonite contenant environ 4 % de carbonate de plomb, de Tarnowitz (Silésie).

TARTRAUQUE (ACIDE). — Synonyme de Ditartriqce (acide). Voyez Tartriques (Aniiydrioes), t. III, q. 240.

TARTR AM étiiaxe. — Synonyme de Tartrasiate d'éthyle. Voyez Tartriques (Avides), t. III, p. 230.

TARTRAMIDE. — Voyez Tartriques (Avides), t. III, p. 238.

TARTRAMIQUE( acide).— Voyez Tartriques (Avides), t. III, p- 239.

Fig. 720. — Tantalite.

TARTRAXILE. — Voyez Tartriques (Amides) t. III, p. 240. ’

TARTRAXII.IDE. — Voyez Tartriques (Ami des), t. III, p. 239.

TARTRAXII.IQUE. — Voyez Tartriques (Avides), t. III, p. 239.

TARTRATES. — Voyez Tartriques (Acides) t. III, p. 200.

TARTRE. — Voyez Tartriques (Acides), t. III p. 220, et ’Çartrique (Industrie), t. III, p. 233.

TARTREMQUE (ACIDE). — Voyez Tartriques (anhydrides), t. III, p. 241.

TARTRIQUES (ACIDES). — On connaît quatre acides répondant à la formule C4 11e O6: ce sont les acides tartrique droit, tarlrique gauche, racémique et tartrique inactif.

Ces acides sont tous tétratomiques et bibasiques, et offrent en général les mêmes réactions chimiques; mais, à l’état de liberté, ou sous forme de sels, ils diffèrent par la proportion d’eau de cristallisation et par certains caractères physiques, tels que la forme cristalline, le pouvoir rotatoire, la solubilité, la pyroélectricité (Pasteur).

L’acide tartrique droit et ses sels tournent à droite le plan de la lumière polarisée; les cristaux sont hémièdres.

L’acide tartrique gauche et ses sels possèdent des pouvoirs rotatoires de même grandeur que l’acide droit et ses sels, mais de signe opposé; l’hémiédrie des cristaux est aussi inverse de celle des corps précédents (hémiédrie non superposable, voyez t. II, p. 251).

L 'acide racémique résulte de la combinaison des deux acides tartriques, droit et gauche; cet acide et ses sels ne sont pas hémièdres et n’exercent aucune action sur la lumière polarisée; on peut le dédoubler en ses deux composants.

Enfin, l’acide farfrique inactif Dépossédé pas non plus le pouvoir rotatoire, mais il diffère essentiellement de l’acide racémique, en ce qu’il ne peut être dédoublé en acides tartriques droit et gauche.

Les acides tartriques droit et gauche et leurs sels présentent entre eux la plus grande ressemblance : même aspect extérieur, même solubilité , même poids spécifique. Cette ressemblance se retrouve dans les formes cristallines, qui sont identiques dans leurs parties respectives, mais qui présentent l’hémicdrie non superposable; les cristaux des dérivés tartriques droits possèdent une face hémièdre située â droite, tandis que la face hémièdre du d rivé gauche est au contraire placée à gauche (Pasteur).

Cette concordance du pouvoir rotatoire et de la position des faces hémièdres n’est pas absolue, elle dépend de la position que l’observateur choisit pour le cristal. Si l’on adopte la position que M. Rammelsberg a donnée âux tartrates, les faces hémièdres des dérivés droits sont situées à la gauche de l’observateur, et celles des dérivés tartriques gauches sont placées à sa droite. C'est d’ailleurs là un point secondaire; le fait capital qui est acquis par les mémorables travaux de M. Pasteur, c’est que les cristaux des dérivés tartriques droits et gauches présentent l’hémiédrie non superposable, ou, en d’autres termes, que le cristal gauche est l’image dans un miroir du cristal droit. .

Souvent les cristaux ne sont pas véritablement hémièdres, mais la moitié seulement des faces de certaines formes est très-développée aux dépens de l’autre moitié. On trouve aussi quelquefois des cristaux parfaitement holoèdres. Enfin M. Cooke, en étudiant le bitartrate droit de césium, a signalé ce fait intéressant, que certains cristaux de ce sel portent à la fois deux tétraèdres, b !/i et (63/- 63/4A4/5), de signe opposé, le premier étant droit et la second gauche. Le bitartrate gauche do césium

TARTRIQUES (ACIDES). — 199 — TARTRIQUES (ACIDES).

n’est pas connu, mais il est certain que les cristaux de sel, comme le veut la loi de Al. Pasteur, présenteront deux tétraèdres opposés, bil2 gauche et (63/2 63/4/^/3), droit.

L’identité au point de vue chimique des deux acides tartriques n’existe qu’autant qu’ils sont unis à des combinaisons sans action sur la lumière polarisée ; mais lorsqu’on les met en contact avec des produits actifs, toute identité cesse d’avoir lieu : les combinaisons correspondantes n’ont plus ni la même composition, ni la même solubilité, et ne se comportent pas de la même manière sous l’influence d’une température élevée. Ainsi, l’acide tartrique droit donne facilement, avec l’asparagine, une combinaison cristallisée ; l’acide tartrique gaucho, au contraire, ne fournit avec ce corps qu’une liqueur sirupeuse et incristallisable. Le bitartrate droit d’ammonium se combine, molécule A molécule, avec le bimalate actif ordinaire. Le bitartrate gauche ne s’unit dans aucun cas à ce bimalate. Les tartratos droits et gauches de cinchonine, neutres ou acides, ne contiennent pas le même nombre, de molécules d’eau de cristallisation, ne possèdent pas la même solubilité, et n’offrent pas la même stabilité lorsqu’on les chauffe. Les tartrates droits et gauches de quinine, do brucine et de strychnine présentent des différences semblables [Pasteur, Ann. de Chim. et de Phys. (3), t. XXIV, p. 442; t. XXVIil, p. 53; t. XXXVIII, p. 437].

Transformations réciproques des acides tartriques.— M. Pastour, en chauffant à 170° pendant quelques heures l’acido tartrique droit ou gaucho avec de la cinchonine, avait observé que ces acides se transforment partiellement en acide racémique, et qu’il se produit en même temps une petite quantité d’acide tartrique inactif. L’acide racémique prend aussi naissance par l’action de la chaleur sur l’éther tartrique droit [Pastour, Compt. rend., 1853, t. XXXVI, p. 102],

M. Dessaignes a observé, dans d’autres conditions, une transformation semblable de l’acide tartrique droit, mais il est allé plus loin et a établi que les acides racémique et tartrique inactifs sont susceptibles de transformation réciproque. L’ébullition longtemps maintenue des solutions d’acide tartrique droit, dans l'eau pure ou dans l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique ou sulfurique, fournit en petite quantité les acides racémique ot tartrique inactif; l’acido tartrique droit chauffé à l'état sec pondant 5 heures, à 470-180°, donne une faible proportion d’acide tartrique inactif. D’autre part, l’acide racémique se transforme en partie en acide tartrique inactif par l’ébullition de ses solutions, et, inversement, ce dernier acide régénère de l’acide racémique lorsqu’on le soumet à un traitement semblable ou qu’on le chauffe à 200° jusqu’à ce qu’un tiers environ de l’acide soit décomposé : le résidu contient alors beaucoup d’acide racémique [Dessaignes, Compt. rend., t. XLII, p. 491 ; Bull, de la Soc. chim., 4803, p. 355; 4865, t. III, p. 34].

Dans les expériences si intéressantes do A4. Dessaignes, la transformation dos acides tartriques les uns dans les autres était généralement très-incomplète : à 400°, les réactions sont trop lentes, et, à plus haute température, les acides secs fournissent trop facilement des anhydrides qui paraissent mieux résister à l’action de la chaleur. M. Jungfleisch a très-heureusement modifié les conditions des expériences, en ajoutant une certaine quantité d’eau aux acides tartriques; ïl empêche ainsi la formation d’anhydrides et, eu opérant en vase clos, il a pu élever la température et augmenter la rapidité des réactions.

Lorsqu’on chauffe à 175° et en vase clos l’acide tartrique droit avec un cinquième ou un sixième de son poids d’eau, il se transforme peu à peu

en un mélange d’acide racémique et d’acide tartrique inactif; le pouvoir rotatoire diminue donc graduellement et est détruit si l’on prolonge suffisamment l’action de la chaleur ( pendant 48 heures et plus ) ; à ce moment, la totalité de l’acide tartrique droit a disparu.

D’autre part, l’acide racémique, chauffé à 175° avec une certaine quantité d’eau, ne fournit pas trace d’acide tartrique actif, droit ou gauche, mais se transforme partiellemcnten acide tartrique inactif; inversement, dans les mêmes conditions, l’acide inactif se change en partie en acide racémique. Ces doux réactions contraires tendent à se limiter et à produire un état d’équilibre. Cet état varie avec la température et avec la proportion d’eau ajoutée à l’acide tartrique : si l’on fait les expériences à des températures de moins en moins élevées, mais peu écartées de la première, entre 170 et 155° par exemple, on observe que la quantité d’acide inactif va en augmentant; elle parait augmenter encore si, la température étant maintenue à 170° ou un peu au-dessus, la proportion d’eau devient plus considérable [E. Jungfleisch, Bull, de la Soc. chim., t. XXVIII, p. 201, et t. XIX, p. 99].

En résumé, les acides tartriques droit et gauche, sous l’influence de la chaleur, perdent complètement leur pouvoir rotatoire, et se transforment en un mélange d’acides racémique et tartrique inactif, dans un rapport constant si les diverses conditions do l’expérience ne changent pas. Ces faits très-nets ont permis à AI. Jungfleisch do préparer de grand s quantités d’acide racémique et d’acide tartrique inactif ; nous reviendrons plus loin sur le mode opératoire.

Constitution des acides tartriques. — Nous venons do voir que les acides tartriques peuvent se transformer facilement les uns. dans les autres; nous avons dit aussi que leurs réactions chimiques sont identiques ; il est donc probable qu’ils possèdent tous les quatre la même formule chimique.

L’acide tartrique, d’après la synthèse au moyen de l’acide dibromosuccinique, réalisée par Perkin et Duppa, et par Kekulé, doit être considéré comme un acide dioxysuccinique C*H4(0H)204.

L’acide succinique ayant pour formule

Page 1