C2 II* (O H)1 C C O2 H
11 jouit donc de la double fonction d’alcool et d’acide, et l’on comprend qu’il puisse fournir un très-grand nombre de dérivés, l’hydrogène des oxhydryles pouvant être remplacé par différents radicaux, minéraux ou organiques. Les dérivés éthérés étant décrits dans un article spécial [voyez Tartriques (Éthers)], nous ne nous occuperons ici que des sels de l’acide tartrique, dont le nombre est très-grand.
Presque tous correspondent à deux types bien définis, sels acides et sels neutres :
vGO! H
et
c2n2(on)2
^ C O2 M' sCO! M'
Mais dans certains cas les deux atomes d’hydrogène des oxhydryles alcooliques peuvent être remplacés aussi par des métaux :
CsH506.Pb2 C*H20«.K,Sb"
Tartrate basique Émétique
de plomb. desséché.
Dans l’état actuel de la science, on ne peut mettre en doute l’influence des groupes fortement électronégatifs sur la nature des oxhydryles voisins, et, dans l’acide tartrique, le grand nombre d’atomes d’oxygène contenu dans la molécule fait facilement comprendre que les oxhydryles alcooliques puissent jouer, jusqu’à un certain point, le rôle d’oxhydryles acides. Ajoutons cependant que ces sels basiques sont formés par des métaux possédant une grande tendance à former des sels basiques, ot que, par conséquent, on pourrait les faire dériver des anhydrides tartriques et les rapprocher des sels basiques ordinaires. Ainsi le tartrate basique de plomb pourrait être formulé
C4lI205.Pb -]- PbO,
sel de plomb de l’anhydride tartrique, C* H* O5.
Cette manière de voir offre peu de probabilité: car dans la. formation de l’anhydride C*H40!, acide bibasiquo, la déshydratation aurait porté sur les deux O H alcooliques, tandis que dans la déshydratation des acides-alcools la perte d’eau se fait généralement aux dépens d’un O II alcoolique et d’un OII acide.
Du reste, on a démontré directement que le tartrate basique de plomb, ainsi que l’émétique desséché, renferment bien do l’acide tartrique ordinaire et non un anhydride [IL Schifî ; Friscli].
L’acidité de l’acide tartrique est très-prononcée. Sa chaleur de neutralisation par la potasse (2 molécules) est de 27e*1, 1 (Andrews) ; 26e*1, 8 (Favre et Silbermann); 26e*1, 0 (Berthelot) (1 calorie = kilogramme-degré). La chaleur de neutralisation par la soude (2 molécules) s’élève à 26eal,5 (Andrews) ; 27e*1, 2 (Fabre et Silbermann); 25e*1, 9, la première molécule dégageant -]- 12e*1, 9, c’est-à-dire la même quantité que la seconde (Berthelot).
Thomsen est arrivé à un résultat un peu différent; suivant lui, la première molécule de soude dégage 12e*1, 4, et la seconde 12e*1, 9, en tout 23e*1, 3; là no s’arrête pas la réaction de la soude; comme les sels noutres des acides-alcools en général , lo tartrate neutre de sodium dégage avec une troisième molécule de soude 0eal,5 (Thomson), 0C*‘,3 (Berthelot).
TARTRIQUES (ACIDES). — 207 — TARTRIQUES (ACIDES).
La saturation de l’acide tartrique par 1 molécule d’hydrate de calcium est accompagnée d’un dégagement de chaleur de 33cal,8 (Berthelot).
L’acide tartrique décompose les carbonates; toutefois, en solution alcoolique, il est sans action sur ces sols; en solution dans l’eau, il déplace à peu près complètement l’acide acétique de l’acétate sodique; il déplace environ la moitié de l’acide oxalique de l’oxalate sodique, produisant du bitartrate et du bioxalate de sodium. L’acide sulfurique le chasse complètement de ses sels dissous dans l’eau (Berthelot).
Dn grand nombre de tartrates sont solubles dans l’eau et cristallisables; ils sont souvent remarquables par la beauté de leurs cristaux. Les sels insolubles deviennent, dans presque tous les cas, solubles pr l’addition de l’acide tartrique; l’acide chlorhydrique et l’acide azotique les dissolvent pareillement. Les tartrates insolubles, à part ceux à base d’argent et de mercure, sont solubles dans la potasse et la soude, employés en excès ; l’ammoniaque dissout aussi les tartrates à l’exception du tartrate de mercure.
Les tartrates forment avec une extrême facilité des sels doubles, dont quelques-uns sont trèsimportants. Les sels doubles peuvent se grouper en plusieurs grands groupes, dont chacun possède un représentant caractéristique : groupe du sel de Seîgnette, tartrates doubles des métaux monatomiques :
C4 H'* 0e (M M’) + nH20.
Groupe des tartrates doubles renfermant en même temps des métaux monatomiques et des métaux diatomiques :
Groupe des émétiques, tartrates renfermant des métaux monatomiques ou diatomiques et un radical monatomique (M'"0)', dérivé d’un élément triatomique :
C4II‘08.M(lir0) -(- n ir- 0.
La solution des tartrates droits dévie il droite le plan de la lumière polarisée, et cette rotation est liée à la présence, sur les cristaux, de faces hémièdres.
Calcinés à l’air, les tartrates répandent une odeur empyreumatique caractéristique, rappelant l’odeur du sucre brûlé. La solution aqueuse et diluée de la plupart des tartrates se couvre à la longue de moisissures.
On prépare les tartrates on saturant l’acide libre par les hydrates ou les carbonates métalliques; les tartrates insolubles s’obtiennent par une double décomposition entre un tartrate alcalin et un sel métallique.
La composition des tartrates a été établie par les travaux d’un grand nombre de savants IBerzelius, Ann. de Chim., t. XCIV, p. 177 ; Poggend. Ann., t. XIX, p. 305; t. XXXVI, p. 4; Ann. de Chim. et de Phys., (2) t. LXVII, p. 303;— Dulk, Journ. v. Schweigger, t. LXIV, p. 180 et 103; — Werther, Journ. für prakt. Chem., t. XXXII, p. 385; — Dumas et Piria, Ann. de Chim. et de
Phys.,
Mines
, (3) t. V, p. 353 ; — Marignac, Ann. des ', (5), t. XV, p. 280, et d’autres chimistes dont nous citerons les noms en présentant la description des tartrates].
On connaît la forme cristalline d’un très-grand nombre de tartrates [Ilaberle, Journ. v. Gehlen., t. V, p. 338; — Brooke, Ann. or Phil., t. XX!, p. 451 ; t. XXII, p. 40; t. XXIII, p. 161; — Bernhardi, Journ. v. Trommsdorff, (2), t. VII,
F’ i“v îi?’ ’o77^cumann’ J°urn- v. Schweigger, V.£MVJV 206 j. 77 Soret- Leonh- Taschenb. fur
t \i’îY823,Knô1JG’' Uanke1’ PoOfjend., Ann., t. XL1X, p. 502; t. LIII, p. 020; t. LVI, p. 57; —
V. Kobell, Journ. für prakt. Chem., t. XXVIII, p. 483 ; — De la Provostaye, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. III, p. 129; t. XX, p. 302 ; — Pasteur, ibid., (3), t. XXIV, p. 442; t. XXVIII, p. 56, t. XXXVIII, p. 437. — Kopp, Krystallographie, p.205. — Schabus, Wt en. Acad. Ber., juin 1850, p. 42, et Beslimm. der Krystallgest. chem. Prod. Y Vien, 1855, p. 63. — Marignac, Itech. fnrm. crist. de quelq. corps chim., Genève, 1855. — Rammelsberg, Jlandb. d. krystall. Chem., Berlin, 1855, p. 319, et Supplément, Berlin, 1857, p. 142; Poggend. Ann., t. XCV1, p. 185. — V. v. Lang, YVien. Acad. Ber., t. LV, 2e partie, p. 408],
Les caractères optiques des tartrates ont été étudiés surtout par Biot, M. Pasteur et Sénarmont.
Le poids spécifique d’un certain nombre de tartrates a été déterminé par II. Schiff [Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXII, p. 88], et par Buignet, [Journ. de Pharm., (3), t. XL, p. 101 et 337],
Tartrates d’ai.ominiom. — Sel simple. — Masse gommeuse , d’une saveur douce et âpre, trèssoluble dans l’eau, mais non déliquescente.
Tartrate double d'aluminium et d’ammonium.
— Masse amorphe.
Tartrates doubles d'aluminium et de potassium. — 1° Sel neutre. — Le bitartrate de potassium dissout l’hydrate d’aluminium en se transformant en une substance amorphe (Thénard). En solution concentrée (densité, 1,477), ce sel dévie à gauche le plan de la lumière polarisée, mais la rotation diminue au fur et à mesure qu’on étend la solution, et il finit même par passer à droite (Biot).
2° Sel basique. — A la température de l’ébulütion, l’hydrate d’aluminium se dissout aisément dans le tartrate neutre do potassium; le liquide reste neutre et, par l’addition d’alcool, donne des gouttes oléagineuses qui se réunissent en une couche liquide. Le corps huileux se dissout de nouveau dans l’eau, et reste sous la forme d’une matière gommeuse lorsqu’on évapore la solution [Thénard, Ann. de Chim., t. XXXVIII, p. 30; —
— Werther, loc. cit.].
Tartratks d’ammonium. — 1° Sel neutre,
C4n40<>(AzH4)*.
— On sursature l’acide tartrique par le carbonate d’ammonium, et l’on évapore la solution à cristallisation, en ajoutant de temps en temps un peu de carbonate ammonique. Le sel se dépose en beaux cristaux appartenant au type clinorhombique; formes: p, a1, e*, h1, bl/s, dUî ; les formes 61/2 et </1/2, qui généralement sont peu développées, manquent souvent d’un côté du cristal, de sorte qu’on ne trouve de ce côté que la forme s1,- angle des axes = 87° 35' à 88° 0' (») ; angles : /Dp = 91° 51’ à 92° 25' ; pa1 = 127" 20' à 127° 2 V ; a> /D = 1 40° 1 2' à 1 40° 29' ; e< = 1 1 0° 0' à 1 1 0° 40' ; d*(2p = 118° 44' ; 61/2p = T16°52'. Clivage facile suivant p (De la Provostaye, Pasteur, Neumann, Bammelsberg). D’après M. Pasteur, le tartrate neutre d’ammonium est dimorphe; les solutions sursaturées de ce sel laissent déposer des cristaux de la môme forme que colle qu’on vient de décrire; mais si oette solution contient une petite quantité de malate actif ou inactif d’ammonium, il se forme des cristaux appartenant au type orthorhombique ; formes principales : m et 6*'s; angles : mm = 65° 54'; m fet/s = 129“17'. Des huit faces do l’octaèdre b*11, deux seulement sont développées, et les six autres manquent souvent complètement. Ce tartrate
(I) Los tartrates ont été mesurés, en général, par plusieurs observateurs, mais nous ne pouvons transcrire ici tous les résultats obtenu^ ; nous nous contonteions d indiquer les valours extrêmes trouvées.
TARTRIQUES (ACIDES). — 208 — TARTRIQUES (ACIDES).
d’ammonium possède la même composition que le sel ordinaire [Pasteur, Ann. de Clùm. et de Phys.. (3), t. XLI1, p. 418).
La densité des cristaux du tartrate d’ammonique est de 1,523 (Buignet), de 1,566 (Schiff); leur pouvoir rotatoire a été trouvé égal il [a|r = -4-29"0 (Pasteur), et [o]d = + 34"26 fil. Landolt, Deutsch. chcm. Gesellsli., t. VI, p. 10731. Ce sel s’cllleurit à l’air en perdant do l’ammoniaque; il est très-soluble dans l'eau; la solution exposée pendant six mois à la lumière ne se trouble que très-peu, mais elle prend une réaction alcaline. La saveur du sel est semblable à celle du nitre.
2° Sel acide, C,,li506(AzH4). — Ce sel se précipite sous la forme d’une poudre cristalline, lorsqu’on ajoute de l’acide tartrique à une solution concentrée du sel neutre ; cette poudre est composée de belles lames brillantes, formant des parallélogrammes ou des tables hexagonales allongées, souvent hémitropes. Il est peu soluble dans l’eau froide, (1p dans 45p,G d’eau 15°), mais se dissout abondamment dans l’eau bouillante et cristallise par le refroidissement do cette solution. Poids spécifique = 1,680 (Schiff).
Les cristaux de tartrate acide d’ammonium appartiennent au type orthorhombique et sont isomorphes avec les cristaux du tartrate acide de potassium; formes: p, m, i)1/2, e>, e1/2, e'13, g'; les cristaux sont très-développés dans le sens de l’axe a, de telle sorte que les formes e>f2 et e1'3 apparaissent comme formes prismatiques. Angles : mm = 410° 32' ; b,/2h,/2 (à la base) = 102° 24'; r/1 e1 =125° 30'. Clivage facile suivant p et e* (Delà Provostaye). D’après les mesures de M. Pasteur, les cristaux du bitartrate ammonique dérivent du type clinorhombique (angle des axes 90 48'); les cristaux sont souvent hémièdres, quatre faces de l’octaèdre étant très-développées aux dépens des autres et formant un tétraèdre. On peut rendre hémièdres tous les cristaux du bitartrate ammonique en faisant cristalliser ce sel dans une solution contenant du bitartrate de sodium. Les cristaux qui se déposent dans l’acide nitrique étendu, ne ressemblent pas aux cristaux ordinaires.
Le pouvoir rotatoire du bitartrate ammonique est de [<x]d = 25°05 (Landolt).
Le bitartrate droit d’ammonium se combine, molécule à molécule, avec le bimalate gauche d’ammonium ; pour préparer cette combinaison, on dissout dans 15 p. d’eau bouillante 1 p. de bitartrate, et 2 p. de bimalate d’ammonium, et on laisse refroidir. Ce sel double constitue de gros prismes, solubles à 15° dans 11,8 fois leur poids d’eau; il agit sur la lumière polarisée comme un simple mélange. Il se dédouble en partie par la cristallisation. Le bitartrate gauche ne s’unit pas au bimalate gauche d’ammonium.
Tartrates d’antimoine. — Ces sels contiennent le groupe antimonyle (SbO)' monatomique; sous l’influence de la chaleur, ils peuvent perdre une molécule d’eau pour se transformer en sels basiques (voyez p. 206). C’est l’atome d’oxygène de l’antimonyle qui s’unit aux deux atomes d’hydrogène des oxhydryles alcooliques de l’acide tartrique et l’antimoine triatouuque occupe alors la place de trois atomes d’hydrogène de l’acide tartrique, deux atomes d’hydrogène alcoolique et un atome d’hydrogène acide :
CO2 (SbO)’