‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 115 sur 430 · CII.O · texte numérisé non relu

CII.O

Sb*

Tartrate d'antimonyle et de potassium.

Tartrate basique d’antimoine et de potassium.

Le nom d’émétique a été étendu aux tartrates doubles formés par les éléments voisins de l’antimoine, tels que l’arsenic, le bismuth, le bore, l’urane. Dans tous ces sels doubles, ou peut admettre l’existence d’uu groupement monatomique (MO)', substitué à un atome d’hydrogène.

1° Tartrate neutre d' antimonyle,

C*H*0«(Sb O)2-}- H2 O.

— L’oxyde d’antimoine se dissout dans l’acide tartrique; l’alcool précipite de cette solution une poudre blanche grenue, insoluble dans l’eau, qui représente le tartrate neutre d’antimonyle. Ce sel perd à 100° son eau de cristallisation, mais chauffé plus haut, vers 190°, il éprouve une nouvelle perte d’une molécule d’eau et se convertit en tartrate basique d’antimoine,

C4H206 (SbO) Sb.

Décotaposô par l’hydrogène sulfuré, en présence de l’alcool, le sel chauffé à 190° donne de l’acide tartrique ordinaire [Berzelius, Pogg. Ann., t. XLVII, p. 315].

2° Sel acide , C4H5 03 (SbO) (?). — On précipite par l’alcool la solution concentrée du sel suracide; le sel acide, préalablementséché à 100°, perd de l’eau à 210° [Soubeiran et Capitaine, Journ. de Pliarm., t. XXV, p. 742; — l’eligot, Ann. de Chim. et de Phys.. (3), t. XX, p. 289].

3° Sel suracide.

C4 H« O3 (Sb O) + C4 U« O® + 2 »'2 U2 O.

La solution de l’oxyde d’antimoine dans l’acide tartrique laisse, par l’évaporation, un sirop qui dépose après un long repos de grands cristaux transparents. Ces cristaux appartiennent au système orthorhombique; formes: m, el, g1. Il113, ail5, angles : mm — 433° 30’ ; g' e1 = 115°0' ma4/5 = 137° 42'; aW3a4's (en haut) = 72° 46' (De la Provostaye).

Ce tartrate suracide est très-soluble dans l’eau et tombe en déliquescence à l’air humide [Peligot, loc. cit.].

L’acide antimonique se dissout facilement dans l’acide tartrique.

La précipitation de tous les sels d’antimoine par l’eau ou par les alcalis est empêchée par la présence d’une quantité suffisante d’acide tartrique.

4U Sels doubles ou émétiques.

Nous décrirons ici tous les tartrates doubles formés par l’antimonyle et les autres méiaux.

Tartrate d’antimonyle et d’ammonium (émétique ammonique),

C‘U‘Oc (SbO)Az H* -H H» O.

En dissolvant, à l’aide de la chaleur, de l’oxyde d’antimoine dans une solution aqueuse de bitartrate d’ammonium et en évaporant, on

TARTRIQUES (ACIDES). — 200 — TARTRIQUES (ACIDES).

obtient une masse gélatineuse qui se transforme peu à peu en cristaux octaédriques ou en une poudre cristalline [L. A. Buchner, Itepert. der Chem., t. LXXVIII, p. 320]. Si, au lieu de concentrer rapidement la solution, on la soumet a l’évaporation lente, on obtient d’abord les mêmes cristaux, mais les eaux-mères laissent déposer à la fin des cristaux prismatiques renfermant

C* H* Ou (SbO) AzII'-f 2* 11*0.

Le même sel se précipite à l’état de poudre cristalline lorsqu’on rofroidit une solution concentrée du sel précédent et qu’on agite [Berlin, A un. der Chem. u. Pharm., t. LX1V, p. 358].

Les cristaux octaédriques, isomorphes avec ceux de l’éinéiiquo potassique, appartiennent au type orthorhombique : formes; m, b'l!, bil!,,p: angles: mm = 9(1° 30'*; 6*/* 6‘ 2 (à la base) = 1 1 ü °42' fil'* fil/* (à la base) = 145°4i' ; clivage parfait suivant p (De la Provostaye. — Von Kobell). La forme b 1/2 est toujours hémièdre; la forme b y* l’est assez souvent.

Le tartrate d’autimonylo et de potassium plus hydraté cristallise aussi dans le système orthorhombiquo : mm= 127°; les cristaux sont hémièdres, Informe bin n’existant qu’il l’état de tétraèdre (Pasteur). L’émciique ammonique est plus soluble dans l’eau que l’émétique ordinaire. A l’air, les cristaux deviennent opaques en perdant de l’eau ; le sel avec 2 ‘ II2 O subit plus rapidement ce changement. L’eau de cristallisation des deux modifications se dégago complètement à 100"; il une température plus élevée, il se dégage lentement de l’ammoniaque. Le pouvoir rotatoire de l’émétique antimonique est de [a]i = 1 10°, 75.

Tartrale d’anlimonyle et d'argent,

O 1D O6 (Sb O) Ag.

Le nitrate d’argent est précipité en blanc par l’émétique potassique ; le dépôt est anhydre. Vers 100° il perd une molécule d’eau et contient alors

C* H! O8 Sb Ag

(Dumas et Piria ; — Berlin).

Tartrate d’anlimonyle et de baryum,

[C*U*0« (SbO)]8 Ba + 2 H* O.

Paillettes cristallines, obtenues en précipitant de l’émétique potassique par un sel do baryum. Ce sol laisse dégager son eau à 100°, mais vers 200° il subit une nouvelle perte et renferme alors

(C* II2 O® Sb)* Ba (Dumas et Piria).

Tartrate d'anlimonyle et de cadmium,

[C* H* O6 (SbO)]* Cd (à 100°).

Précipité blanc; séché à 100°, il perd 211* O vers 200° (H. Schiff).

Tartrate d’anlimonyle et de calcium. Poudre cristalline blanche. Ce sel forme avec le nitrate de calcium un sel double de la formule

4 [C* IP 06 (Sb O)]* Ca -|- (Az O3,* Ca + 24 11* O,

u’on obtient en dissolvant à l’aide de la chaleur e l’émétique potassique dans une solution de nitrate de calcium employée en excès et laissant refroidir. Les cristaux qui se déposent doivent être purifiés par cristallisation dans une liqueur chargée de nitrate calcique, car l’eau pure les dédouble et il se forme un dépôt pulvérulent de tartrate d’antimonyle et do calcium. Les cristaux dérivent du typo orthorhombique ; formes : P, g1, m, e1, e-, a1, b 1/1 ; angles : mm= i2i"G'; aiai= 124° 40’ ; pe‘ = 13 4° 30’. Les faces p et f,‘ (iommeut beaucoup et les faces m ot a> étant dé-

veloppées également et inclinées sensiblement do la même manière, les cristaux possèdent un aspect quadratique; la forme b 1/2 est télraédriquo (Marignac). Le sel que Bammelsberg, d’après les analyses de Kessler, cite dans son Traité de chimie cristallographique, comme un tartrato d’antimonyle et do calcium,

[C‘1P06 (SbO)]3Ca -f- 911* O, et qui d’après lui appartient nu type quadratique, est probablement identique avec le sel décrit par Marignac.

Tartrate d'anlimonyle et de glucinium. — Masse vitreuse, obtenue en faisant bouillir avec l’eau les quantités calculées d’o.., de d’antimoine, d’oxyde de glucinium et d’acide tartriqne. Si l’on fait digérer ce sel avec un excès d’hydrate de glucinium, il se transforme en un sel basique, également amorphe, dont la composition est exprimée par la formule (C1 II* ÛG)3 Sb* Gl3 [F. Toczynski, Zeitsch. fur Cnem., 1871, p. 277J.

Tartrate d'anlimonyle et de lithium. — Après évaporation de la solution de ce sol, on obtient une gelée transparente dans laquelle on voit se former au bout de quelque temps de petits prismes (L.-A. Buchner).

Tartrate d'anlimonyle et de plomb,

[C* II* O6 (SbO)]*Pb.

— L’azotate do plomb produit dans l’émétique potassique un précipité blanc ; à 230°, celui-ci perd 2 H* O et renferme (C* II2 0G Sb)* Pb.

Tartrate d’anlimonyle et de potassium. —

— a. Sel neutre ,

C* II* O6 (SbO) K + 1.2 II* O (Émétique proprement dit, ou émétique potassique, tartre stibié). La découverte de l’émétique est due à Adrien de Mynsicht (vers 1031). Un a prétendu que ce sel était beaucoup plus anciennement connu et que notamment Basile Valentin en faisait mention vers la fin du xv° siècle; mais, d’après H. Kopp ( Geschiclite der Chem., t. IV, p. 351), on a mal interprété les mots sal tartari et lixivium tartari en les appliquant au tartre; ces mots désignent le carbonate de potasse, qui servait déjà au xve siècle à la purification de la chaux d’antimoine. Basile Valentin n’a donc pat connu l’émétique.

Mynsicht prescrit de faire bouillir le tartre avec de l’eau de cumin et du crocus metallorum absin- Ihiacus produit de la calcinaiion du sulfure d’antimoine avec du sel d’absinthe, lessivé à l’eau), et de faire cristalliser. Glauber indique vers 1643 la préparation au moyen de la crème de tartre et des fleurs d’antimoine ou du verre d’antimoine. Bergman montra en 1773 que l’émétique est un sel double. Le procédé qui sert aujourd’hui h la fabrication de l’émétique est celui de Glauber, un peu modifié.

On fait bouillir pendant une heure un mélange de 3 p. d’oxyde d’antimoine et de 4 p. de crème de tartre délayée dans l’eau, en ayant soin c’e renouveler l’eau au fur et à mesure qu’elle s’évapore; la crème de tartre et la majeure partie de l’oxyde d’antimoine étant dissoutes, on filtre lo liquide bouillant et on abandonne au refroidissement ; l’émétique se dépose en cristaux Les eaux-mères évaporées donnent une nouvelle cristallisation et si l’on a employé des matières pures, elles cristallisent jusqu’il la dernière goutte. On peut remplacer dans cotte préparation l’oxyde d’antimoine par la poudre d’Algaroth (oxychlorure), le verre d’antimoino (oxysulfurel, le sulfate basique d’antimoine, etc. Les impuretés des matières premières, même l’arsenic, restent dans les eaux-mères. Toutefois, en présence d’une certaine quantité do fer, les cristaux d’émétique prennent une teinte

TARTRIQUES (ACIDES). — 210 — TARTRIQUES (ACIDES).

jaune, surtout si le liquide ne contient pas d’acide minéral libre ; l’addition d’une petite quantité d’acide chlorhydrique est alors très-utile.

Bucholz avait prétendu que 2 molécules de crème de tartre peuvent dissoudre à la température de l’ébullition plus d’une molécule d’oxyde d’antimoine, Sb203, donnant ainsi un tartrate basique d’antimonyle et de potassium cristallisé en aiguilles et décomposablo par l’eau. Mais déjà Soubeiran et Capitaine [loc. cit.J, et plus récemment R. Komper [Arch. der Pharm., (2), t. CXVII, p. 27], ont démontré l’inexactitude de cette assertion.

L’émétique brut peut contenir diverses impuretés : de la crème de tartre, de l’acide arsénieux, du tartrate calcique, de l’oxyde ferrique, de la silice, etc. ; on élimine la majeure partie de ces matières étrangères en le dissolvant dans 15 parties d’eau froide et concentrant la solution . Pour préparer l’émétique à l’état de pureté, il faut employer de la crème de tartre et de l’oxyde d’antimoine purs.

Propriétés. — Le tartrate d’antimonyle et de potassium cristallise dans le système orthorhombique; il est isomorphe avec le tartrate d’antimonyle et d’ammonium. Formes : 61/2, b 1 4, m, p ; angles : b'i*b't* (à la base) =110“ 0';

(à la base) = 145° 18'; mm = 92° 36'; b 1/2 p

— 1 i2° 0' ; clivage suivant c. Quatre faces des octaèdres bUi et b1'4 sont toujours plus développées que les quatre autres, qui disparaissent souvent complètement ; les cristaux présentent alors l’aspect de tétraèdres (Brooke, Bernhardi, Soret). Le poids spécifique des cristaux est de 2,588 (Buignet), de 2,067 (Schiff).

L’émétique potassique se dissout dans 14p,5 d’eau froide et dans 1p,9 d’eau bouillante ; la solution aqueuse donne par l’alcool un précipité cristallin; elle rougit le tournesol et possède uno saveur métallique et nauséabonde. Son pouvoir rotatoire est [a] j = -f- 156°, 2.

Le tartrate d'antimonyle et de potassium renrerme 1/2 molécule d’eau de cristallisation qu’il perd à 106° : cette déshydratation s’effectue déjà en partie par l’exposition du sol à l’air; en mémo temps les cristaux deviennent opaques. Lorsqu’on chauffe vers 209° le sel séché à 100°, il perd une nouvelle molécule d’eau et constitue alors le tartrate basique d’antimoine et de potassium, G4 H'2 O6 Sb, K. Gomme nous l’avons dit plus haut, il est probable que l’émétique desséché à 200° contient encore intacte la molécule de l’acide tartrique et par conséquent no dérive pas d’un anhydride de cet acide. 11 est vrai que Berzelius, en décomposant l’émétique chauffé par l’acide sulfurique ou par l’hydrogène sulfuré en présence de l’alcool, a isolé un acide particulier; mais d’après Schiff cet acide ne serait que de l’acide éthyltartrique ; Schiff ajoute d’ailleurs que la solution récente de l’émétique chauffé offre toutes les réactions do l’émétique ordinaire [Phillips, Ann. of Phil., t. XXV, p. 372 ; — Liebig, Ann. der Chem. u. Pliarm., t. XXVI, p. 132 ;

— Berzolius, Journ. fur pralct. Chem., t. XIV, p. 350; Poggend. Ann., t. XLVII, p. 315; — Dumas et Piria, loc. cil. ; — Laurent et Gerhardt, Compt. rend, des trav. de chim., 1849, p. 97 ; — ■ IL Schiff, Compt. rend., t. LV, p. 5 1 1 J .

L’ammoniaque, la potasse, la soude, la chaux, ainsi que les carbonates alcalins donnent avec l’émétiquo un précipité floconneux d’oxyde d’antimoine, devenant cristallin après quelque temps; si les solutions sont très-étendues, ces réactifs ne produisent qu’un trouble. La soude et la potasse dissolvent de nouveau le précipité formé. La précipitation de l’émétique par les bases est en général incomplète; tous ces précipités sont solubles dans l’acide tartrique.

Les acides cblorbydrique , sulfurique et nitrique produisent dans la solution de l’émétique des précipités blancs de sous-sels d’antimoine, solubles dans un excès do ces acides, ainsi que dans l'acide tartrique; l’acide tartriquo lui-mème en précipite du tartrate acide de potassium. Lorsqu’on ajoute do l’iode à une solution d'émétique, il se précipite des lamelles jaune d’or formées par un oxyiodure,

[(Sb O) I]!, Sb2 O3.

Gertains métaux (Fe,Zn, Sn) mettent en liberté l’antimoine do l’émétique.

Le chlorure mercurique produit dans la solution do l’émétique un précipité de calomel. L’hydrogène sulfuré y donne un dépôt do sulfure d'antimoine. Le tannin le précipite en blanc et le chlorure ferrique on jaune ; ces deux réactions sont très-sensibles.

L’émétique réduit le chromate neutre de potassium.

Les sels de calcium, de baryum, de strontium, de plomb, d’argent, etc., forment dans la solution d’émétique des précipités blancs, d’émétique calcique, bary tique, etc., produits d’une double décomposition.

L’émétique forme des sels doubles avec les tartrates des alcaloïdes.

Chauffé au rouge blanc, l’émétique donne un alliage de potassium et d’antimoine, mêlé de charbon, alliage qui décompose violemment l’eau avec dégagement d’hydrogène ; ce mélange, extrêmement pyrophorique, arrosé de quelques gouttes d’eau, donne lieu à un phénomène d'incandescence accompagné d’explosion (charbon fulminant de Serulas).

L’émétique est très-employé en médecine; c’est un médicament très-actif. A l’extérieur, il agit comme un irritant assez énergique; administré à l’intérieur, à la dose de 5 à 10 centigrammes, il peut agir ou comme vomitif, ou comme purgatif, ou comme un altérant suivant son mode d’emploi; à plus haute dose (15 à 50 centigrammes et plus) l’émétique est un médicament contro-stimulant.

b. Sel acide,

C4H4 O8 (SbO)K -[- C4H606 + 2jH20.

— Cotte combinaison d’émétique et d’acide tartrique se trouve ordinairement dans les eaux mères de l’émétique; pour la préparer on dissout dans l’eau bouillante 9 p. d’émétique potassique et 4 p. d’acide tartrique et on évapore à une douce chaleur. La solution dépose d’abord des cristaux d’émétique, mais elle laisse à la fin une masse sirupeuse qui se convertit en cristaux [Knapp, Ann. der Chem, und. Pliarm., t. XXX11, p. 76]. Cetto combinaison forme des prismes clinorhombiquos, s’ellleurissant à l’air et perdant complètement leur eau à 100°; l’alcool produit dans sa solution aqueuso un précipitéd’émétique ordinaire.

c. Combinaison d’émétique et de tartrate acide de potassium, G4 H4 06(S1>0)K -f- 3C4H50°K. — Lorsqu’on fait bouillir 10 p. d'émétique avec •16 p. de bitartratedo potassium, la solution laisse déposer en se refroidissant des paillettes nacrées de la nouvelle combinaison. Elle est anhydre, peu soluble dans l'eau et insoluble dans l’alcool (Knapp).

La solution de ce sel, additionnée de carbonate de potassium tant qu’il se produit une effervescence, puis évaporée, fournit des cristaux groupés en mamelons comme la wawellite, et très-solubles dans l’eau. C’est peut-être une combinaison d’émotique et de tartrate neutre de potassium; l’acide tartrique en précipitedes paillettes du sel primitif.

d. L'acide antimonique se dissout aussi dans la crème de tartre; la liqueur n'est pas précipitée par l’acide chlorhydrique. Par l’évaporation, elle

TARTRIQUES (ACIDES). — 211 — TARTRIQUES (ACIDES).

se dessèche en une masse gommeuse très-soluble, renfermant probablement

C* II* 0è(Sb03)K -f nH«0

[Geiger et Reimann, Magas. f. Phartn, t. XVII, p. 128; — Mitscherlich, Ann. de Chim. et de Phys., (2), t. LXX1II, p. 3901.

lartrate d' anlimonyle et de rubidium. — On l’obtient en faisant bouillir une solution de bitartrate de rubidium avec de l’oxyde d’antimoine, laissant refroidir, séparant le premier dépôt cristallin, évaporant et mettant le résidu amorphe en contact avec peu d’eau. Les cristaux qui se forment après quelque temps sont isomorphes avec ceux de l’émétique potassique; ils s’eflleurissent à l’air et perdent 6,25 % d’eau à 100. La formule que Grandeau attribue à ce sel est inadmissible ; il s’est glissé une erreur dans le calcul de ses analyses, mais les chiffres corrigés ne conduisent pas non plus à une formule probable [L. Grandeau, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. LXVIl,p. 155).

Tartrate d’antimonyle et de sodium,

C4ll4O(Sb0)Na-f 1/211=0.

— Il se prépare comme le sel potassiciue. Les cristaux appartiennent au système ortliorhombique; formes : m, a1, a1'*, g1, hl,p ; angles: mm

— 94° 40'; o1 h1 = 137° 12'; les cristaux sont allongés dans le sens de l’axe transversal (De la Provostaye). Le sel est déliquescent (Dumas et Piria).

Tartrate d’antimonyle et de strontium,

[G* II4 O® (Sb 0)J2Sr.

— Précipité blanc cristallin, très-peu soluble dans l’eau ; la solution du nitrate de strontium le dissout beaucoup plus facilement que l’eau pure, et le laisse déposor en petits prismes lorsqu'on porte la liqueur à. 100°. Les cristaux dérivent du type hexagonal; formes : m, p, b', bUî; angles : b1 b' (arêtes culminantes) = 138° 20'; f)l/! 6 1/2 = 126° 48'; ni b 1 = 135° 12' (Marignac). Le tartrate d’antimonyle et de strontium est anhydre et ne perd rien de son poids à 210°. Il peut former avec le nitrate de strontium une combinaison cristallisée que l’on obtient en faisant digérer à 30-37° 1 p. de nitrate de strontium dissous dans 2 p. d’eau avec un excès de tartrate d’antimonyle et de strontium, filtrant et abandonnant la solution à l’évaporation lente. Il se dépose des cristaux renfermant :

[C4ll406 (Sb O)]3 Sr -(- (AzOs)!Sr + 12 II3 O;

ces cristaux sont orthorhombiquos; formes : h1, g1, bm ; angles : 0>'3 (d'3 (à la base) = 65° 30' ; li' 6>'3 = 114“ 30' ; g1 bil3 = 110° 37'. Les faces g1 sont ordinairement très-développées et donnent aux cristaux l’aspect de tables ; des 8 faces de la pyramide 4 dominent généralement (Rammelsberg).

Le sel double d’émétique strontique et de nitrate de strontium s’efllcurit il l’air; il perd complètement son eau vers 200°; il est très-soluble dans l’eau froide, mais, lorsqu’on chauffe cette solution, il se dédouble en émétique strontique et en nitrate de strontium ; le premier sel étant peu soluble se dépose en cristaux et ne se dissout qu’en partie par le refroidissement [F. Kessler, Poggend. Ann., t. LXXV, p. 410).

Tartrate d’antimonyle et de thallium ,

C4lI4Oe(SbO) Tl + H3 O.

— Le bitartrate do thallium est chauffé à l’ébullition avec de l’oxyde d’antimoine et le sel qui se dépose en aiguilles par le refroidissement est laissé pendant longtemps en contact avec l’eau mère; il se convertit alors pou à peu en prismes orthorhombiquos terminés par des octaèdres, isomorphes avec l’émétique potassique. Les cristaux

possèdent la densité 3,990; ils se dissolvent à 22“ dans environ 40 p. d’eau et à 102° dans 4P, 4. A 120°, ils perdent 3,3 “/„ do leur poids.

La solution bouillante de ce sel fournit par 1 refroidissement de petits cristaux opaques ne con tenant que 1/2 H3 O [F. Kuhlmann jeune, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. LXVII, p. 341 ; — Lamy et des Cloizeaux, ibid., (4), t. XVII, p. 434).

Tartrate d'anlimonyle et d’uranyle ,

C4II406 (Sb O) (U O) + 4II30.

— Une solution d’émétique potassique additionnée d’azotate d’uranyle donne un précipité gélatineux jaune clair qui, dissous dans l’eau bouillante et soumis à un rofroidissement lent, se dépose en aiguilles jaunes, soyeuses, rayonnées, très-peu solubles dans l’eau froide. Dans le vide, les aiguilles perdent 3II30; séchées à 200°, elles contiennent C4 H306Sb(U O) [Peligot, Ann, de Chim. et de Phys., (3), t. XII, p. 466|.

Tartrate d’argent, G4 II4 O6 Ags. — Le nitrate d’argent produit dans la solution étendue du sel de Seignette aiguisée d’un peu d’acide azotique un précipité de tartrate d’argent, blanc, caillebotté et amorphe; les mêmes solutions, mélangées àla température de l’ébullition, brunissent et déposent des lamelles brunâtres d’argent métallique. Mais vient-on à ajouter une solution chaude et moyennement concentrée de sel do Seignette à une solution diluée de nitrate d’argent, chauffée à 80°, jusqu’à ce que le précipité commence à devenir persistant (une petite quantité de sel d’argent doit rester non décomposée), on obtient par le refroidissement des paillettes blanches douées d’un éclat métallique.

Le tartrate d’argent est à peine soluble dans l’eau. Il noircit à la lumière. Il se dissout dans l’ammoniaque et dans l’acide azotique. Soumis à l’action de la chaleur, il dégage, sans se boursoufler, du gaz carbonique et de l’acide pyrotartrique, en laissant un résidu spongieux et brillant d’argent métallique. Le chlore décompose rapidement le sel d’argent sec et produit du chlorure d’argent et des produits empyreumatiques ; on présence de l’eau, on obtient du chlorure d’argent, du gaz carbonique ainsi que de l’acide tartrique non altéré.

La solution ammoniacale du tartrate d’argent dépose, par l’ébullition, de l’argent métallique, tandis qu’il reste en solution un sel ammonique particulier (Werther) ; ce sel est probablement do l’oxalate d’ammonium.

Lorsqu’on dirige un courant de gaz ammoniac sur du tartrate d’argent sec et qu’on chauffe, le sel noircit subitement, dès que la température a atteint 70", dégage des fumées de carbonate d’ammonium et laisse un résidu noir, contenant beaucoup de tartrate ammonique ainsi que de l’argent riche en charbon.

A froid, la potasse et la soude décomposent le tartrate d’argent, en donnant de l’oxyde argentique ; une partie de l’argent parait rester en dissolution à l’état de tartrate double d’argent et de potassium. Ce fait est en contradiction avec les observations de H. Rose et do quelques autres chimistes qui ont constaté la précipitation do l’argent par les alcalis en présence do l’acide tartrique (Liebig et Redtenbacher, Ann. der Chem, u. Phann., t. XXXVIII, p. 132; — Erdmann, Journ. fur prakt. Chem., t. XXV, p. 504; -» Werther, loc. cit.].

Tartrates d’arsenic. — L’acide arsénieux se dissout dans l’acide tartrique, et la solution fournit par l’évaporation des cristaux prismatiques (Bergman). L’acide arsénieux et l’acide arsénique peuvent aussi so dissoudro dans les tartrates des métaux alcalins et produire des sels doubles ; ceux que l’on prépare avec l’acido arsé-

TAÎITRIQUES (ACIDES). — 212 IARTR1QUES (ACIDES).

nicux contiennent le groupe (AsO)' monatomiquo et sont comparables en tous points aux émétiques : ce sont des émétiques à base d’arsenic. Les sels produits par l’acide arséniquc renferment le groupe (AsO2)’, également monatomique.

a. Tartrales arsénieux. Tartrate d’arsenic et d’ammonium, C4H40°(As0) Az H4-)- 1/2 H2 O. — Ou le prépare en faisant bouillir longtemps de l’acide arsénieux avec une solution de bitartrate d’ammonium; la liqueur filtrée laisse déposer d’abord des croûtes de bitartrate ammonique, avec un peu d’acide arsénieux, puis, après concentration, de gros cristaux du sel double. Ceux-ci appartiennentau système orthorhombique; formes: m, b ilî, p, g1, e1/s; angles :mm— 97° 31' ; b 1/2 b 3/2 (arêtes culminantes en avant) =122° 54’ ; b 1/2 b312 (de côté) = 113° 54'ï0*e‘«=i44° 14' (Marignac). Le sel s’effleurit il l’air et perd son eau complètement vers 100° |Mitscherlich, Traité de Chimie; — Werther, /oc. cil ].

Tartrate d’arsenic et de potassium. — Ce sel se prépare comme le précédent, en remplaçant le bitartrate ammonique par la crème do tartre ; il cristallise moins facilement que le sel ammonique (Mitscherlich). Prismes rhombiques de 92° 50' (Marignac). Pouvoir rotatoire [aj d = -J- 21° 13 (Landolt).

Tartrate d'arsenic et de sodium. — On l’obtient comme le sel ammonique.

Tartrate d’arsenic et de strontium. — Il n’est pas connu, mais Marignac a décrit une combinaison de ce sel avec le nitrate d’ammonium :

2 [C4 LP O6 (AsO)pSr-f- Az O3 Az IP + 1 2 IP O ,

cristallisant dans le système orthorhombique : formes: m, h3, h', g3, e', e2; angles : mm = 113° 58' ; e'e’ = 113° 0'. Les cristaux semblent être une combinaison du type quadratique dont g1 représenterait la face p ; les angles mm et e3e3 étant très-voisins, on pourrait confondre la combinaison de ces faces avec une pyramide quadratique 6i/2, et Rammelsberg a en effet décrit les cristaux comme appartenant au type quadratique; mais l’examen optique montre qu’ils sont à doux axes.

b. Tartrate arsénique. — Pelouze a décrit le seul tartrate connu de ce genre : le sel

C4 11 4 0° (Az O2) K -j- 2 J H2 O.

Pour le préparer, on dissout 1 p. d’acide arsénique dans 5 à 0 p. d’eau chaude et l’on y ajoute un peu moins de la quantité théorique do bitartrate de potassium. Quand tout est entré eu dissolution, le liquide est précipité par l’alcool; le précipité, amorphe d’abord, mais devenant bientôt cristallin, est lavé rapidement à l’alcool et séché à l’air. Ce sel contient 2 ) H20 qu’il perd à 130"; à une température supérieure, il ne dégage plus d’eau sans s’altérer complètement. L’eau le dissout aisément, mais ne tarde pas à. le décomposer en mettant du bitartrate potassique en liberté [Pelouze, Ann. de Cliirn. et de Phys., (3), t. VI, p. 03].

Taiitiiates de iîabyum. — 1° Set simple,

C4 II4Oe.Ba

(séché dans le vide). — L’acide tartrique produit dans l’eau de baryte un précipité blanc de tartrate barytiquc. Le même sel se précipite en flocons blancs, devenant cristallins par le repos, lorsqu’on mélange le tartrato potassique avec le chlorure de baryum [Wittstcin, ïiepertor . , t. LVII, p. 22]. Le précipité récent, non cristallin, se dissout dans 83 p. d’eau, tandis que le sel cristallin exige 1300 p. d’eau pour se dissoudre [Vogel et Reischauer, Jahresb. für Cliem., 1859, p. 288]. Il est insolublo dans l’acide tartrique; il sé dissout à froid dans la potasse, mais en est

précipité à l’état gélatineux par la chaleur. Le tartrate barytique récemment précipité se dissout dans le chlorure d’ammonium et, après quelque temps, se précipite de nouveau h l’état cristallisé, surtout si l’on agite le liquide ou qu’on frotte avec une baguette les parois du vase.

Friscb a décrit un tartrate barytique contenant 1/2 H2 O, qu’il prépare en faisant bouillir pendant longtemps l’acétate de baryum avec de l’acide tartrique libre ou saturé d’ammoniaque. Ce sel est un précipité cristallin, dense, ne perdant pas son eau à 150° et se décomposant à une température supérieure. Il est insoluble dans l’acide acétique, dans le sel ammoniac et se dissout avec difficulté dans la potasse [K. Friscli, Journ. für prakt. Chem., t. XCVJI, p. 279; Pull, de la Soc. chim., 1807, t. VII, p. 257].

2° Tartrate de baryum et de potassium,

(C4II40G)s BaK2 + 2 U2 O.

— Poudre blanche, très-peu soluble dans l'eau, obtenue en évaporant une solution de bitartrate de potassium avec de l’eau de baryte.

3° Tartrate dé baryum et de sodium

(C4II4Oc)2 BaNa2 -f 2I120.

— Il se précipite par le mélange d’une solution de sel de Seignette avec une solution de chlorure barytique; si les liqueurs sont étendues, la combinaison ne se dépose qu’au bout de quelque temps sous la forme d’aiguilles; elle est peu soluble dans l’eau, plus soluble dans une solution de sel de Seignette.

Tautiutes de bismuth,

(C4II406j3Bi2 -f OII2 O,

ou peut-être

C4H406(Bi0)2 -f- 2C4IIG0« + 4 II2 O.

Lorsqu’on ajoute une solution chaude et concentrée de 4 p. d’acide tartrique à une solution chaude et moyennement concentrée de 5 p. d'oxyde de bismuth dans l’acide nitrique, le mélange dépose par le refroidissement des croûtes blanches et dures qu’on lave avec une solution étendue d’acide tartrique additionnée d’uu pou d’acide nitrique. A 100° ce sel perd 5 112 O; le sixième ne se dégage que vers lü0°.

L’eau pure le décompose partiellement; les acides en précipitent des sels de bismuth basiques. Le sel délayé dans 0 à 8 p. d’eau et additionné peu à peu de potasse donne un dépôt blanc, qui se dissout dès que la liqueur a pris une réaction neutre; ni un excès de potasse ni l’eau ne troublent cette liqueur.

Le tartrate de bismuth parait aussi se précipiter lorsqu’on ajoute de l’acide tartrique à la solution du chlorure ou du sulfate de bismuth [R. Schneider, Poggend. Ann., t. LXXXYIII , P- 45].

Tartrate basique de bismuth et de potassium, C4H206. BiK. — La crème de tartro est mise a digérer avec de l’eau et un excès d’hydrate bismuthique; la solution filtrée et fortement concentrée dépose une poudre cristalline blanche, possédant à 100° la formule ci-dessus, semblable à celle de l’émétique chauffé à 200°. L’eau pure dédouble ce sel et le transforme en un sel basiquo insoluble, renfermant:

C4 Ul06(Bi0)K + C4 H406(Bi0)2,

après dessiccation à 100°, et

C4II2Oc.BiK -f C4HsOGBi(BiO),

loc. ci/.]

TARTRIQUES (ACIDES). — 213 — TARTRIQUES (ACIDES).

Tartiiates de doue. — On ne connaît pas jusqu’ici un tartrate de bore simple; une combinaison de ce genre . paraît cependant se former lorsqu’on broie ensemble do l’acide tartrique et do l’acide borique; le mélange est déliquescent, tandis que les deux générateurs n’attirent pas l’humidité de l’air. D’autre part, l’acide borique se dissout mieux dans l’eau contenant do l’acide tartrique que dans l’eau pure; mais il s’en sépare de nouveau complètement par l’évaporation do la solution. Enfin, le changement considérable que l’acide tartrique éprouve dans son pouvoir rotatoire après addition d’acide borique, no peut guère s’expliquer que par la formation d’un tartratc de bore (voyez t. III, p. 203). [Thevenin, Journ. de Pharm., t. II, p. 421 ; — Soubeiran, t. X, p- 395 ; — Biot, foc. cit. ].

Les sels doubles du tartratu de bore renferment le reste bonjle (Bo O)' monatomique [Destouches, Bull, de Pliarm., t. I, p. 40.3; — Thevenin, loc. cit. — Meyrac, Journ. de Pliarm., t. III, p. 8. — A. Vogel, Sckweigg. Journ., t. XVIII, p. 189. — Soubeiran, Journ. de Pliarm., t X, p. 399; t. XI, p. 500; t. XXV, p. 241. — Soubeiran et Capitaine, ibid., t. XXV, p. 741. — Dullos, Schweigg. Journ., t. LX1V, pp. 188 et 333. — Robiquet, Journ. de Pharm. et de. Chim , (3), t. XXI, p. 197. — Wackenroder, Arch. f. Pliarm., (2), t. LVIII, p. 4. — YVittstcin, Report, der Pliarm., (3), t. VI, pp. 1 et 1771.

Tartrate de boryle et de calcium. — Il se précipite entraînant un excès de tartrate calcique, lorsqu’on ajoute du chlorure do calcium à une solution de tartrate de boryle et de potassium neutralisée par l’ammoniaque (Wittstein).

Tartrate de boryle et de potassium,

OIIv06(BoO) K (séché à 100").

C’est la crème de tartre soluble découverte en 1754 par Lassone.

L’acide borique et le bitartrate de potassium forment une combinaison très-soluble, qu’on isole j de la manière suivante : 1 p. d’acide borique et 2 p. de bitartrate de potassium sont dissoutes dans 24 p. d’eau bouillante; cette so’ution, évaporée à consistance sirupeuse, est précipitée par l’alcool; la masse molle est broyée dans le liquide chaud ; l’alcool est décanté et le résidu redissous dans un peu d’eau et précipité de nouveau par l’alcool. Après deux ou trois traitements semblables, l’excès d’acide borique est éliminé , et le résidu possède la formule indiquée plus haut. Si l’on épuisait le sel brut par l’alcool bouillant, on enlèverait non-seu'.ement l’excès d’acide borique, mais encore une certaine quantité de l’acide combiné.

La crème de tartre soluble constitue une masse blanche, amorphe, fort soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool ; par la dessiccation de sa solution en couche mince, on obtient des paillettes brillantes, incolores, ou très-légèrement jaunâtres, qui n’offrent pas la moindre texture cristalline; leur densité est do 1,832 (Buignet). Ce sol se j ramollitsous 1’influence de la chaleur et, vers 180", perd 1 molécule d’eau, laissant ainsi un résidu do la formule

O O? (R BoK;

il se comporte sous ce rapport comme l’émétit La solution du tartrate de boryle et de potass

flCCOtlo nnn cntmim i. 1 • »

, i huiuo lux iru[uu uonne quelque temps un dépôt de crème de tartre.

Le tartrate de boryle et de potassium forme ; le bitartrate de potassium un sel double do la mule 2 [CMDO6 (BoO) KJ -f O H«0.«. K, qu’on tient en faisant bouillir pendant 0 heures d acide borique et 12 p. do crème de tartre

beaucoup d’eau, laissant refroidir et séparant le dépôt de crème do tartre. La solution est évaporée à siteité, le résidu est repris par un peu d’eau, pour éliminer l’excès de bitartrate do potassium, la solution est évaporée et le résidu traité de nouveau par l’eau ; ces opérations sont répétées jusqu’à ce que l’eau froide ne sépare plus de crème de tartre. La solution est alors évaporée une dernière fois et le résidu est lavé à l’alcool bouillant (Soubeiran). Mcirac paraît avoir obtenu ce môme sel à l’état cristallisé en abandonnant à l’évaporation lente sur la chaux une solution do 1 p. d’acide borique sec et de 8 p. de crème de tartre dans l’eau ; il le décrit sous la forme do cristaux incolores, très-acides, se dissolvant aisément dans l’eau, à peine dans l’alcool.

La crème do tartrate soluble s’emploie en médecine comme purgatif léger et comme tempérant ; elle a sur la crème de tartre ordinaire l’avantage d’être très-soluble. On l’employait aussi autrefois à l’extérieur en lotions sur certains ulcères.

Tartrate de boryle et de sodium. — Il paraît pouvoir être obtenu comme le sel précédent; lo bitartrate sodique donno avec le borax, ainsi qu’avec le borate d’ammonium, dos sels gommeux et déliquescents. Le borax dissout abondamment la crème de tartre; tino solution do 3 p. de cette dernière et de 1 p. do borax laisse après l’évaporation une masse gommeuse et déliquescente, renfermant :

2 [O II'06(Bo O) K] C4 ED O6 (BoO) Na -j- 6H50.

Tadtiute de cadmicm. — Aiguilles lanugineuses à peine solubles dans l’eau (Stromeyer). John distingue trois sels: un sel basique insoluble dans l'eau; un sel neutre sous la forme do grains durs, peu solubles dans l’eau et insolubles dans l’alcool; enfin un sel acide cristallisant en aiguilles, solubles dans l’eau et dans l’alcool [Berl. Jalirb., 1820, p. 370].

Tartiutes de calcium. — 1» Sel neutre, C‘H*0«.Ca + 4 H* O.

— Ce sel se trouve dans beaucoup de plantes, notamment dans les raisins; il existe toujours dans les tartres bruts, en proportion variable suivant la provenance. On le distingue quelquefois en petits cristaux dans le tartre brut.

Il se précipite sous la forme d’une poudre blanche cristalline, lorsqu’on mélange des solutions do tartrate de potassium et de chlorure de calcium ; si les liqueurs sont étendues, le précipité n’apparaît qu’au bout de quelque temps. L’acide tartrique donne, avec l’eau de chaux, d’abondants flocons blancs, devenant bientôt cristallins; le précipité récent, non encore cristallin, se dissout dans un excès d’acide tartrique, mais se dépose par le repos sous forme de cristaux (Wittstein). Le précipité récent se dissout aussi dans le chlorure d’ammonium et cristallise après quelque temps de cette solution.

Le tartrate de calcium constitue des cristaux orthorhombiques; formes: m,al, el; angles:mw = 99" 36' à 100" 0’; al al = 88° 0'; cl c> = 97° 30 à 97" 38' ; a‘ ei = 122° 15' à 121“ 18' (Walchner Pasteur, Rammelsberg). Il ne perd pas son eau de cristallisation à 100°.

Il est fort peu soluble dans l’eau; I p. se dissout dans 1210 p. d’eau froide et dans 350 p, d’eau bouillante (A. Casselmann); dans 6205 p. d’eau à 15" et dans 352 p. d’eau bouillante (M lir) ; les acides minéraux, l’acide acétique et le bitartrate potassique le dissolvent aisément. La solution dans les acides ne précipite pas immédiatement par l’ammoniaque, à moins qu’elle ne soit très-concentrée, mais le mélange laisse déposer, au bout de quoique temps, des cristaux do tartrate calcique. La solution dans l’acide chlorliy-

TARTRIQUES (ACIDES). — 21Z| — TARTRIQUES (ACIDES).

driquo concentré présente la particularité de dévier à gauche le plan do la lumière polarisée;

10 tartrate gauche do calcium dans les mêmes circonstances est dextrogyre (Pasteur).

La potasse et la soude dissolvent abondamment le tartrate de calcium on formant dos sels doublos (voyez plus loin) ; ce même sel est assez soluble dans les solutions concentrées de tartrate neutro de potassium, de tartrate double de potassium et d’ammonium, ou do potassium et de sodium, mais

11 se précipite en majeure partie lorsqu’on étend d’eau la solution.

Frisch a décrit un tartrate neutre de calcium ne contenant qu’une demi-molécule d’eau de cristallisation, G* H4 O6. Ca -f- 1/2 ü'2 O, qu’on prépare comme le sel barytique correspondant (p. 212), auquel il ressemble.

Pour la fermentation du tartrate calcique, voyez plus haut, p. 2Ü5.

2° Sel acide, (C4H506)2Ca. — Il paraît exister dans les fruits du Rhus typhinum [John, Cliem. Scluift., t. IV, p. 115].

Pour le préparer, on ajoute à de l’eau de chaux assez d’acide tartrique pour dissoudre le précipité formé d’abord; si cette solution est abandonnée à elle-même, elle laisse déposer du tartrate neutre; mais si elle est évaporée immédiatement, elle fournit des cristaux de bitartrate calcique (Dulk).

Ce sont de petits prismes ortliorhombiques, terminés par un octaèdre; angle des arêtes culminantes aiguës de cet octaèdre 82° 50'; angle des arêtes culminantes obtuses 153° environ (Neumann).

Les cristaux sont transparents, rougissent le tournesol et se dissolvent à 16° dans 140 p. d’eau, plus facilement dans l’eau bouillante. La solution de ce sel est précipitée par les carbonates alcalins, l’acide oxalique, l’acétate de plomb ; mais l’ammoniaque, le nitrate d’argent, etc., sont sans action.

Tartrales de calcium et de potassium. — On en a décrit plusieurs : un sel basique, un sel neutre et un sel acide. Le premier existe dans la solution du tartrate calcique dans la potasse, ou dans la liqueur préparée en faisant digérer les tartrates potassiques neutre ou acide avec un excès de chaux. Cette solution laisse précipiter une partie du tartrate calcique lorsqu’on l’étend d’eau ; l’acide carbonique en précipite la totalité de la chaux [Lassone, Journ. Crell, t. IV, p. 109; — Osann]. Si l’on porte la solution à l’ébullition, elle se transforme en une masse semblable îi l’empois d’amidon; en se refroidissant, la solution s’éclaircit de nouveau ; la substance que la chaleur précipite paraît être un tartrate basique do calcium.

Le sel neutre peut s’obtenir à l’état cristallisé par l’évaporation lente d’un mélange do crème de tartre en solution et d’eau de chaux (Thénard). Hornemann a obtenu un sel analogue en faisant bouillir le tartrate calcique avec une solution de tartrate neutre de potassium ; ce sel dissout environ 27 % de tartrate calcique et fournit, après évaporation à consistance de sirop, une masso composée d’aiguilles [Bcrl. Jahrb., 1822, p. 1 et 81].

Enfin, Martius a obtenu un sel acide en dissolvant dans l’eau 1 p. c. de borax et 3 p. do crème de tartre contenant du tartrate de calcium ; la solution dépose une poudre blanche, craquant sous la dent, d’une saveur légèrement acide. Ce sel, très-peu soluble dans l’eau froide, est dédoublé par l’eau bouillante en bitartrate de potassium (G3,0 %) et tartrate neutre de calcium (35,8 %) [Th. Martius, Kasln. Archiv., t. XIX, p. 301].

Tartrates de calcium et de sodium. — Le sel basique est en tout point semblable au sel de potassium. Le sel neutre se précipite sous la forme

do flocons, lorsqu’on mélange des solutions de sel de Seignette et de chlorure do calcium; si les liqueurs sont étendues, lo précipité n’apparaît qu’au bout do quelque temps, ii l’état de petites aiguilles, peu solubles dans l’eau, plus solubles dans un excès de sel de Seignette, et plus solubles encore dans le chlorure do calcium [Kaiser, Reperlorium t. XXII, p. 260].

Tam-ii ate de céni cm , (C4 II4 O6)3 Ce2 -)- 4 ‘ H2 O. — On l’obtient en précipitant le sulfate céreux par une quantité insuffisante de tartrate neutre d’ammonium; l’acide libre ne produit pas de précipité dans les sels de cérium. Le tartrate de cérium constitue une poudre amorphe, insoluble dans l’eau, mais se dissolvant dans les acides, les alcalis, l’ammoniaque et les tartrates alcalins. Il perd son eau à 100" [Berzelius, loc. cil.; — Czudnowicz, Itépert. de Chim. pure, 1802, p. 6],

Tahtiiate de césium. — On ne connaît que le sel acide C4H506. Cs; on le prépare en saturant le carbonate de césium par la quantité calculée d’acide tartrique et évaporant à cristallisation. Les cristaux appartiennent au système orthorhombique ; ils sont isomorphes avec le bitartrate de rubidium. Leurs angles s’éloignent assez considérablement de ceux du bitartrate de potassium, et les cristaux présentent surtout des clivages différents. Lang considère néanmoins les deux sels comme isomorphes. Formes : m, h1, g1, e>, (p/s (è>3/2 53/A /i'i/3j;angles61/261/! (sur c) =81° 30’ ; fci/2 bm (Sur pi) = 51" 1 0' ; m m= 1 1 0" 30'. Clivage facile suivant h1 et g1, nul suivant p. Les deux octaèdres bl/î et (63/2 63/4 hil3) sont toujours hémièdres.

Les cristaux appartiennent à deux types bien distincts. Dans le premier, le tétraèdre droit 61/! prédomine beaucoup et est très-brillant, tandis le tétraèdre gauche b'ts est moins brillant et moins développé et manque souvent complètement. Les cristaux qui portaient le tétraèdre droit b'12 seul contenaient une petite quantité de rubidium.

Les cristaux du deuxième type présentent un aspect tout différent; ils possèdent le tétraèdre (63/2 (,3/4 hkl3) très-développé et toujours gauche, souvent accompagné du tétraèdre droith1'2, peu développé. Les faces du tétraèdre gauche (63/2û3/4/i4ra) sont très-ternes [J. -P. Cooke, Sillim. Amer. Journ., (2), t. XXXVII, p. 70].

Le bitartrate de césium se dissout à 25° dans 10p,3 d’eau et à la température de l’ébullition dans 1 P,02 ; il est beaucoup plus soluble que le bitartrate de rubidium et l’on a fondé une méthode de séparation des deux métaux sur ces différences de solubilité do leurs bitartrates [Allen, Sillim. Amer. Journ., (2), t. XXXIV, p. 307].

Taktiutes de chrome. — L’hydrate de chrome so dissout dans l’acide tartrique en donnant une solution vert foncé par réflexion et violacée par transmission ; l’alcool précipite do cette solution des flocons violets qui, dans l’air sec, se changent en une masse bleu foncé, soluble dans l’eau et non précipitable par les alcalis. Ce composé renferme (C4 U4 O6)2 Cr2 (O H)2, ou peut-être

(C4H30°)2 (Cr202).

Vers 220°, ce sel perd 2 molécules d’eau et laisse un composé (C4II1Or,)2Cr2, soluble dans l’eau, qu’il coloro en violet clair [Koechlin, Bull. d. sc. math., 1828, p. 132; — Brandenburg; — Berlin; — Berzelius; — II. Schiff, Jahrb. (ür Chem., 1802, p. 153].

Tartrate de chrome et d’ammonium. — Il est amorphe.

Tartrate de chrome et de potassium. — Ce sol se produit lorsqu’on mélange de l’acide tartrique avec du dichromate potassique; la réaction est compliquée, car il se forme, indépendamment do

TARTRIQUES (ACIDES). — 215 — TARTRIQUES (ACIDES).

l’eau et clu gaz carbonique, do l’acide formique et de l’acide oxalique qui, en s’unissant à l’oxyde de chrome et à la potasse, donnent dos sels doubles qui se mêlent au produit principal. On doit ajouter peu peu l’acide tartrique on poudre à la solution aqueuse et chaude do bichromate potassique, tant qu'il se dégage du gaz carbonique; un excès d’acide tartrique précipiterait do la crème de tartre. La solution vert foncé fournit, par l’évaporation, une masse vitreuse fort soluble dans l’eau et que 'alcool précipite. Ce sel contiendrait

(C*Hl0*)*(Cr*0*)K* -f- 7H*0;

iegroupe(Cr2Os)"diatomique remplacerai atomes d’hydrogène de l’acide tartrique. Lorsqu’on jette ce sel sur dos charbons ardents, il ne répand pas l’odeur de caramel.

En saturant la crème de tartre d’hydrate de chrome, on obtient un sel qui ressemble au tartrate de chrome et de potassium, mais qui en dilîère cependant, en ce qu’il développe l’odeur caractéristique des tartrates lorsqu’on le brûle.

La solution du tartrate de chrome et de potassium étant mélangée avec une solution concentrée de tartrate neutre de potassium, laisse déposer des grains cristallins, d’un vert foncé, contenant du potassium et du chrome dans le rapport de 1 atome à 3 (K2 â 3 Cr2).

Lorsqu’on mélange le tartrate de chrome et de potassium avec do l’acétate de plomb, il se produit un précipité vert bleuâtre qui, décomposé par l’hydrogène sulfuré, fournit lo tartrate de chrome décrit plus haut. [Berlin, toc. cit.; — Malaguti, Compt ■ rend., t. XVI, p. 437; — Loewel, t bid., t. XVI, p. 802].

Tartrates de coualt. — Sel rouge cristallisable.

Le tartrate de cobalt de potassium constitue de gros cristaux rhombiques.

Tartrates de cuivre. — Sel neutre,

C4H408.Cu + 311-0.

— Poudre cristalline d’un vert clair, obtenue en précipitant une solution de tartrate neutre de potassium par le sulfate ou le nitrate de cuivre (V. Rose, Werther, Planche). On peut aussi préparer ce sel en saturant, il l’aide de la chaleur, l’acide tartrique par le carbonate cuivrique, ou enfin en précipitant l’acétate de cuivre par l’acide tartrique (TrommsdorlT). Cette poudre est formée do plaques microscopiques; elle se dissout d ans 1715 p. d’eau froide et dans 310 p. d’eau bouillante; elle se dissout dans l’acide azotique, mais est insoluble dans l’acide tartrique. Soumis à la distillation sèche, le tartrate cuivrique donne de l’acide acétique, de l’acide pyrotartrique, une huile et laisse un résidu brun foncé, qu’on peut enflammer facilement â l’air.

Le tartrate cuivrique perd entièrement son eau de cristallisation à 100”, en prenant une couleur blanc verdâtre.

Tartrate de cuivre ammoniacal,

C‘H40s.Cu-t- 4AzII3 = C» H* 0G. AzsH'Cu (Az H')1.

— ; La solution ammoniacale du tartrate cuivrique laisse après évaporation lente une masse vitreuse, dure, inaltérable à l’air, très-soluble dans l’eau (H. ScliifT, Ann, der Chem. u. Pharm., t. CXXUI, p. 46J.

Tartrate de cuivre et d'dthylamine. — Le tartrate de cuivre se dissout dans l’othylamine aussi facilement que dans l’ammoniaque; la combinai-' son ressemble à la précédente, mais elle tombe en déliquescence à l’air (Schiff).

Tartrate de cuivre et de potassium. — L’oxyde ou le carbonato de cuivre se dissolvent à la température de l’ébullition dans une solution de crème de tartre, en donnant une solution d’un

bleu foncé qui laisse déposer des cristaux biens (Thénard). TrommsdorlT n’a pas obtenu de corps cristallisé ; suivant lui, la solution bleue fournit un dépôt de cuivre lorsqu’on l’évapore et laisse un résidu amorphe. Quoiqu'il en soit, la solubilité do l'oxyde de cuivre dans la crème de tartre et la coloration intenso de la solutiou démontrent l’existence d’un tartrate double de cuivre et de potassium. Le fer ne précipite pas le cuivre de ce sel double, mais l’argent mis en contact avec le fer se recouvre d’une couche de cuivre. Le tartrate double de cuivre et de potassium est la base do la liqueur de Barreswil pour le dosage de la glucose.

Le tartrate de cuivre se dissout facilement dans la potasse ou dans le carbonate de potassium eu donnant des solutions d’un bleu céleste très-intense; la solution dans la potasse donne par l’alcool, d’après Planche, un précipité cristallin, d’après Werther une couche huileuse d’un bleu foncé. Par l’évaporation, ces solutions déposent du cuivre métallique et de l’oxyde cuivreux et laissent à la fin un résidu amorphe bleu foncé (Tromrnsdoi'ff) .

Lorsqu'on fait passer du chlore dans une solution de tartrate do cuivre et de potassium, l’oxyde cuivrique est réduit et il se précipite d’abord une combinaison jaune contenant de l’oxyde cuivreux et plus tard de l’oxyde cuivreux libre. Le môme composé jauno se forme, si l’on ajoute à une solution de tartrate cupropotassiquo 1/5 do son volume d’une solution concentrée d’hypochlorite do sodium; après quelque temps on filtre, pour séparer le dépôt jaune; on ajoute de nouveau de l’hypochlorite sodiquo au liquide filtré et ainsi de suite, tant que lo corps jaune se précipite. Celui-ci serait une combinaison de formiate cuivreux et de carbonate sodique. Si, au lieu d’opérer comme on vient de l’indiquer, on ajoute à la fois une trop grande quantité d’hypochlorite, on obtient un précipité d’oxalate cuivrique; enfin, si la proportion d’hypochlorite augmente encore, il se dégage de l'oxygène et il se précipite de l’oxyde noir de cuivre. Cette singulière réduction de l’oxyde cuivrique sous l’influence du chlore, s’explique facilement, si l’on considère que le chlore porte d’abord son action sur l’acide tartrique, produisant ainsi des corps acétoniques ou aldéhydiques qui sont éminemment réducteurs [E. Millon, Compt. rend., t. LV, p. 513].

Tartrate de cuivre et de sodium. — Le tartrate de cuivre se dissout à la température de l’ébullition dans le carbonate de sodium et la liqueur bleue fournit, par la concentration, de petites tables groupées en mamelons d’un beau bleu et fort solubles dans l’eau. Si l’on maintient trop longtemps l’ébullition du liquide, il se précipite de l’oxyde cuivreux. Le composé cristallisé paraît renfermer

(C4H4 06)îNasCu + 2 CuO + 7 II2 O

(Werther). Le tartrate de cuivre et de sodium est la base de la liqueur do Fchling.

Tartrate de didvme, (C4H4 06)3Dis + G II5 O.

— L’acétate de didyme donne avec l’acide tartrique un précipité rougeâtre grenu qui possède la formule ci-dessus. Il perd 4II20 entre 100 et 110”. L’ammoniaque le dissout et fournit, après l’évaporation, une masse jaune, transparente, ayant l’aspect de la gomme [P. T. Cleve, Bull, de la Soc. chim., t. XXI, p. 252].

Tartrates d’étain. — 1° Sel slanneux,

C4II4 0G.Sn.

— On ajoute une solution concentrée d’hydrate stannoux dans l’acideacétique â unesolution bouillante d’acide tartrique; l’addition de l’acétato d’étain détermine immédiatement la formation d’un

TARTR1QUES (ACIDES). — 216 — TARTRIQUES (ACIDES).

nuage léger, qui ne tarde pas il disparaître; on continue alors l'addition do l’acétate jusqu’il ce que la liqueur commence à cristalliser, Par le refroidissement, le tartrate stannèux cristallise en petits prismes blancs, il base rectangulaire. Ce sel est soluble dans l’eau froide, plus solublo dans l’eau bouillante et indécomposable par ce liquide; la solution n’est pas précipitée par l’ammoniaque [Bouquel, Journ. de Pharm. et de Chim., t. XI, p. 459].

Le tartrate neutre de potassium produit dans le chlorure stannèux un précipité blanc, qui, séché à 130°, répond aussi à la formule

C*Il’*06.Sn (Schiff).

En traitant le bitartrate de potassium ou d’ammonium par l’hydrate stannèux , on obtient dos sels doubles qui cristallisent facilement.

Lorsqu’on ajoute du tartrate de bismuth et de potassium à une solution de tartrate stannosopotassique, la liqueur se colore on jaune, puis en brun, et dépose par la concentration une poudre brune contenant de l’oxyde bismutheux, de l’oxyde stannique et de l’acide tartrique; ce précipité est solublo dans l’eau alcaline [11. Schneider, Poggend. Ann., t. LXXXV1II, p. 45],

2° Sel stannique. — Il est inconnu, mais Thénard a préparé un sel double, difficilement cristallisable, en faisant bouillir l’étain oxydé avec de la crème de tartre ; ni les alcalis, ni les carbonates alcalins ne précipitent la solution de ce sel.

Tartiutes de feii. — 1° Tari rates f arreux. — Le tartrate neutre de potassium détermine dans le sulfate ferreux la formation d’un précipité vert clair, s’oxydant facilement à l’air et se dissolvant dans les alcalis (Werther).

La solution aqueuse saturée et froide de 4 p. de sulfate ferreux dissout 3 p. d’acide tartrique; mais lorsqu’on chauffe, elle se trouble et laisse déposer une poudre d’un blanc bleuâtre, qui disparaît de nouveau pendant le refroidissement. Le dépôt, recueilli à chaud sur un filtre et lavé à l’eau chaude, constitue des lamelles microscopiques anhydres, renfermant C4ir*06.Fe [Rotzius; — Bolle, Arc h. Pharm. von Grandes, (2), t. XXXVII, p. 33J.

Lorsqu’on dissout à l’aide de la chaleur du fer métallique dans uno solution concentrée d’acide tartrique, on obtient une poudre blanche, cristalline, qu’on lave à l’eau. Ce sol renferme 13 % d’eau, et semble correspondre à la formule

CMR 06.Fe + 211*0.

Il se dissout dans 420 p. d’eau froide, et 402 p. d’eau bouillante, mais il est beaucoup plus soluble dans les liqueurs contenant soit du sel ammoniac , soit des acides tartrique, citrique, acétique ou des acides minéraux. Ces solutions dévient â droite le plan de la lumière polarisée. A l’état sec, le sel est assez stable â l’air. Soumis à la distillation sèche, il laisse un résidu formé de charbon et d’oxydo ferreux, sans fer métallique; après le refroidissement, ce résidu prend feu à l’air (Bucholz ; — Ure , Quart. Journ. of Scien., (2), t. VI, p. 388; — C. Méhu, Journ. de Pharm. et de Chim., (4), t. XVIII, p. 85],

Tartrate ferroso-polassique. — Aiguilles d’un blanc verdâtre, peu solubles dans l’eau, obtenues en faisant digérer, à l’abri de l’air, 1 p. de limaille de fer avec 4 p. de crème de tartre et de l’eau. La solution aqueuse de ce sel n’est précipitée ni par les alcalis, ni par les carbonates alcalins. (Thénard).

2° Tartrates ferriques. — L’hydrate ferrique récemment précipité se dissout dans l’acide tartrique; la solutioii évaporée à une température

inférieure à 50° laisse uno masse amorphe, jaune sale, renfermant

(C* II4 O6)3 Fes -f 3n*0

[Werther; — Wittstein, Iteperl., t. LXXXVi, p. 302, et t. XCII, p. 2J. L’hydrate ferrique séché est â peine soluble dans l’acide tartrique. La solution do ce sel n’est précipitée ni par les alcalis, ni par les carbonates alcalins, mais le sulfure ammonique précipite la totalité du fer. Lorsqu’on fait bouillir la solution du tartrate ferrique, il se dégage du gaz carbonique, l’oxyde ferrique est réduit partiellement , et il se précipite un sel basique; la liqueur ne retient que très-peu de fer [Wittstein ; — voyez aussi II. Ludwig, Arcli. der Pharm., (2), t. CVII, p IJ.

La solution du tartrate ferrique exposée à la lumière devient de moins en moins colorée, en môme temps qu’il se dépose une poudro cristalline, verdâtre; il ne se dégage aucun gaz dans cette réaction [Wittstein; — J. Schoras, Deutseh. chem. Gesellsch., t. III, p. 11J. Cette altération du tartrate ferrique sous l’influence de la lumière a été mise à profit dans la photographie (voyez t. If, p. 1007).

Les sels doubles formés par le tartrate ferrique contiennent le groupement (Fes02)" diatomique.

Tartrate ferrico-ammonique,

(C*II*06)s(Fe20!) (AzII*)2 + 4 IP O.

— Il s’obtient en dissolvant de l’hydrate ferrique récemment préparé dans une solution chaude de bitartrate ammonique et évaporant la liqueur brune. Ce sel est en paillettes non cristallines d’un rouge grenat , solubles dans un peu plus de 1 p. d’eau. La solution ne s’altère pas par l’ébullition ; elle est précipitée par l’alcool [Procter, Journ. do Pharm. et de Chim., (3), t. I, p. 414].

Le ferrocyanure et le sulfocyanate de potassium ne donnent avec ce selles réactions dos sels ferriques qu’après addition d’un acide minéral (Méhu).

Tartrate ferrico-potassique,

(C‘ II*06)2 (Fes05) K* (à 100»).

— Pour le préparer, on met en digestion au bain-marie, vers 50 â 60°, de l’hydrate ferrique récent avec du bitartrate de potassium et do l’eau; après 21 à 30 heures on filtre et l’on évapore la solution à une douce chaleur sur des assiettes plates. Le tartrate ferrico-potassique ainsi obtenu est en écailles brillantes d’apparence cristalline, mais réellement amorphes, d’une couleur brune prosquo noire, d’un beau rouge par transparence. 11 commence déjà â s’altérer vers 130» en émettant de l’eau et du gaz carbonique, en môme temps qu’une partie de l’oxyde ferrique passe à l’état d’oxyde ferreux. Les acides en précipitent un sous-sel de fer, soluble dans un excès du réactif [Soubciran et Capitaine, loc. cil.].

Le tartrate ferrico-potassique constitue la majeure partie des anciennes préparations pharmaceutiques connues sous les noms de Parlants chalybeatus, de Mars solubilis, de Globuli martiales (boules de Nancy). La préparation du Tartarus chalybeatus est déjà décrite dans la première moitié du xvn» siècle par Angélus Sala dans sa Tartarologia. Ces produits, obtenus en faisant digérer il chaud le tartre avec de l’hydrate ferrique ou du fer métallique, contiennent toujours dos sels basiques insolubles et uno petite quantité de tartrate ferroso-potassiquo. Ils sont presque tous abandonnés aujourd’hui, et remplacés par le tartrate ferrico-potassique, dont la composition est assez constante. Ce sel est un agent thérapeutique précieux; il est aussi employé a

TANTRIQUES (ACIDES). — 217 — TARTRIQUES (ACIDES).

l’extérieur pour le pansement de certains ulcères, etc. .

Tartrate ferrico-rubidique. — Cristaux ortliorhombiques d’un jaune d’or, préparés en dissolvant, à l’aide de la chaleur, l’hydrate ferrique dans le bitartrate de rubidium (L. Grandeau).

3” Tartrate ferroso-ferrique. — VVittstein a décrit un tartrate contenant à la fois les oxydes ferreux et ferrique. Il l’obtient en évaporant à chaud la solution du tartrate ferrique; une petite quantité de l’acide tartrique s’oxyde aux dépens du sel ferrique, et il se précipite une poudre jaune citron, insipide, renfermant 4 °/0 l'eO et 32 %> Fe=03. Ce sel, mal défini, n’est probablement qu’un mélange.

ï'AnTIUTES DE GLUCINIUM,

— Cristaux presque microscopiques , se déposant dans la solution du sel évaporée à consistance sirupeuse ; ils perdent2 H2 O à. 100° fA. Atterberg, Bull. de la Soc. chim., t. XXI, p. 402).

Tartrates de glucinium et de potassium. — On connaît deux sels basiques : le premier,

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