III. — ACIDE RACÉMIQUE
L’acide racémique ou paratarlrique résulte de l’union des acides tartriques droit et gauche ; il possède donc très-probablement une molécule double de celle de l’acide tartrique et sa formule doit être : C8II120»2.
L’acide racémique a été découvert en 1822 par Kestner, fabricant de produits chimiques à Thann (Alsace) ; il a d’abord été décrit par John sous le nom d’acide thannique. Gay-Lussac et Berzelius en ont déterminé la composition, et Pastdur en a dévoilé la constitution. C’est l’identité de composition des acides racémique et tartrique droit qui a suggéré à Berzelius ses premières idées sur la classe des composés isomériques [John, Oictionn.de Chim. par John. t.IV, p. 125; — Gay- Lussac, Journ. de Chim. méd., t. II, p. 335. — Berzelius, Poggend., Ann., t. XIX, ep. 305; t. XXXVI, p. I ; — Pasteur, Ann. de Chim. et de Phys., t. XXIV, p. 442 ; t. XXVIII, p. 50J.
L’acide racémique ne parait pas se trouver dans la nature ; c’est dans la fabrication do l’acide tartrique qu’il se produit. En effet, pendant l’évaporation des solutions, l’aride tartriquo reste longtemps exposé à une température élevée, qui autrefois dépassait souvent do beaucoup 110°. Cet acide se trouvait donc dans des conditions favorables pour sa transformation partielle en acide racémique et en acide inactif. Ce qui vient confirmer cette supposition, c’est que pendant longtemps Kestner u’avait pu retrouver l’acide racémique parmi les produits de la fabrication, ot que d’ailleurs les eaux mères renferment toujours une certaine quantité d’acide inactif.
Du reste, aujourd’hui avec les nouveaux procédés d’évaporation sous pression réduite, on ne produit plus du tout d’acide racémique et l’on
ne trouve dans les eaux mères que des traces d’acide tartrique inactif [E. Jungfleisch, Bull, de la Soc. chim., t. XXI, p. 150].
Nous avons déjà étudié plus haut les modes de formation de l’acide racémique au moyeu des acides tartriques droit, gauche et inactif (p. 199), par oxydation des matières sucréœ (p. 201), par synthèse (p. 202) ; nous n’y reviendrons pas, et nous ne décrirons ici que le mode de préparation de cet acide au moyen de l’acide tartrique droit.
Préparation de l'acide racémique. — L’acide tartrique droit, introduit par portion de 30 grammes avec 1/6 de son poids d’eau dans des tubes résistants, est chauffé à 175° pendant 30 heures. Après refroidissement, les tubes contiennent, on même temps qu’une petite quantité d’une substance noire insoluble, un liquide sirupeux et coloré, qui finit par se prendre en masse. Lorsqu’on ouvre les tubes, ils laissent échapper une assez grande quantité de gaz (acide carbonique) formés par une décomposition profonde de l’acide tartrique ; l’acide sulfurique, contenu toujours en petite quantité dans l’acide commercial, paraît être la cause principale de cette destruction partielle de l’acide tartrique.
L’opération peut s’effectuer, sur do plus grandes quantités de matière à la fois, dans un autoclave en acier émaillé à l’intérieur; dans ce cas la température doit être portée un peu plus haut, vers ISO0, à cause du refroidissement produit par le couvercle qui se trouve hors du bain. On doit prendre soin aussi de laisser échapper trois ou quatre fois les gaz qui s’accumulent dans l’appareil.
Le produit de la réaction est repris par l’eau, filtré et concentré au bain-marie; par le refroidissement il se dépose une cristallisation qui, si la concentration n'a pas été poussée trop loin, est exclusivement formée d’acide racémique. Les eaux mères en fournissent une nouvelle quantité lorsqu’on les concentre et renferment' à la fin de l’acide tartrique droit non modifié, de l’acide inactif et quelques produits de décomposition en faible quantité. Il suffit de les évaporer à consistance sirupeuse et de les chauffer de nouveau en vase clos à 175° pour obtenir une nouvelle quantité d’acide racémique. Les dernières eaux mères peuvent servir à la préparation de l’acide tartriquo inactif.
L’acide racémique obtenu par la première cristallisation est lavé avec un peu d’eau et purifié par une seconde cristallisation dans l’eau et, s’il est nécessaire, par une troisième [E. Jungfleisch, Bull, de la Soc. chim., t. XVIII, p. 2011.
Propriétés et réactions de l’acicle racémique. — L’acide racémique forme de beaux prismes transparents, d’un poids spécifique de 1,69 (Buignet). Les cristaux appartiennent au système anorthique; formes : m, t , IP, p1, o>, a', e 1 plus rarement fils,p, t1; angles : IPg', = 119° 24 à 119° 35'; 110° 45° ; pp* = 77° 33' ; o> a' (sur
p)= lllo0' à 111» 57'; e « g< = 128° 30' [De la Provostaye; — RammelsbergJ.
L’acide cristallisé renferme C4 HG 0G-j- H2 O ou plutôt C8fIlsO,2 + 2 II2 O ; il perd son eau vers 100° ; il est inaltérablo à l’air. Il est moins soluble dans l’eau que l’acide tartrique; à l’état hydraté il exige pour se dissoudre, 5p,7 d’eau à 15° (Walchner); 4P, 84 d’eau à 20° (Ilornemann). Il se dissout à la température ordinaire dans 48 p. d’alcool d’une densité de 0,809.
En se dissolvant dans l’eau, l’acide cristallisé absorbe — 13e"1, 80 et l’acide desséché — 10e"1, 84 (Berthelot et Jungfleisch).
La solution d’acide racémique n’exerce aucune action sur la lumière polarisée.
La solution aqueuse étendue de l’acide racémique se recouvre à la longue de moisissures.
Sousl’influoncede la chaleur, l’acide racémique
TARTRIQUES (ACIDES). — 227 — TARTRIQUES (ACIDES).
se comporte comme l’acide tartrique ; il fournit d’abord des anhydrides et se décompose au-dessus de 200° en donnant les mômes produits que l’acide tartrique droit.
Les métamorphoses chimiques de l’acide racémique sont les mêmes que celles de l’acide tartrique droit.
Nous avons déjà dit (p. 226) que l’acide racemique parait se dédoubler en grande partie en acide tartrique droit et en acide tartrique gauche, par la dissolution dans une grande quantité d’eau.
RACÉMATES.
Les racémates peuvent être considérés comme des sels doubles formés par les tartrates droits et gauches; leur composition peut se représenter par les mêmes formules que celles des tartrates, ou plutôt par des formules doubles :
O H5 06.M' + O II5 0e. M' = C8 H10 012.M'8;
Tartrate acide Tartrique acide Racémate droit. gauche. acide.
C4 H1 06. M’8 -f C*H»0».Mr* = C8H8 O6. M'4.
Tartrate neutre Tartrate neutre Racémate
droit. gauche. neutre.
Les cristaux des racémates ne sont pas hémièdres, et leur solution n’exerce aucune action sur le plan de la lumière polarisée.
L’acide racémique possède une réaction trèsacide; il décompose facilement les carbonates, mais en solution alcoolique il n’agit pas sur ces sels. Le racémate calcique se distinguepar sa faible solubilité, môme dans les liqueurs légèrement acides ; l’acide racémique produit en effet, dans les solutions de chlorure, de nitrate ou de sulfate de calcium, un précipité cristallin do racémate calcique; ce précipité est soluble dans l’acide chlorhydrique, mais il apparaît immédiatement lorsqu’on sature la liqueur par l’ammoniaque. Les acides tartriques droit ou gauche no précipitent les sels calciques nu’après avoir ôté neutralisés par une base; le précipité se dissout pareillement dans l’acide chlorhydrique, mais l’ammoniaque ne le fait apparaître de nouveau qu’au bout do quelques heures. Les racémates ont été étudiés par Walchner [Journ. von Schweigg., t. XLIX, p 239] ; Fresenius [Arm. (1er Chem. u. Pharm., t. XL], p. 1 ; t. LI1I, p, 230] ; Werther [Journ. f. prakt. Chem., t. XXXII, p. 385], et Pasteur fioc. cit.j.
Racémates d’ammonium. — 1° Sel acide,
C8 H10O18(Az H4)8.
— Poudre cristalline, obtenue en neutralisant 1 p. d’acide racémique par l’ammoniaque et ajoutant 1 p. du môme acide; si l’on opère à chaud, le sel cristallise en aiguilles ou en lamelles; si le refroidissement est très-lent, on obtient des prismes clinorhombiqucs ayant la forme de tables par la prédominance de la face p. Le racémate acide d’ammonium se dissout à 20" dans 100 p. d’eau; il est bien plus soluble dans l’eau bouillante, ainsi que dans les acides minéraux; il est insoluble dans l’alcool. Une température de 100° ne l’altère pas (Fresenius).
2" Sel neutre, G8 II8 O18 (Az 114)4. — On le prépare en abandonnant à l’évaporation lente une solution d’acide racémique neutralisée par l’ammoniaque; il cristallise en prismes orthorhombiques, souvent mal dévoloppés. Formes : m /i3, a'
a7» 01! angles : mm =99°30'mp> = 130°15 X„r,!60>'’ “‘“‘(sui’P) = 118" 0’,- a> a^3 = inj ü (de la Provostaye). Les cristaux se tornissenl a 1 air, plus rapidement à 100", en perdant de i ammoniaque ; ils sont très-solubles dans l’eau, a peine solubles dans l’alcool (Fresenius). Comme avons déjà dit, certains champignons, or développant dans une solution de racémate am-
monique, détruisent l’acide tartrique droit beaucoup plus rapidement que l’acide gauche, de sorte qu’à un certain moment la solution ne contient que du tartrate gauche d’ammonium.
Racémate d'argent, C8 H9 O18. Ag4. — Lorsqu’on verse une solution chaude de racémate acide d’ammonium dans une solution de nitrate d’argent chauffée elle-même vers 80°, j usqu’à ce que le précipité commence à devenir permanent, le liquide dépose en se refroidissant de belles paillettes brillantes de racémate d'argent. Co sel est moins soluble dans l’eau que le tartrate argentique; il se dissout dans 48 p. d’alcool froid d’une densité de 0,809. Son poids spécifique a été trouvé égal à
з, 7752 [Liebig et Redtenbacher, Ann. der Chem.
и. Pharm., t XXXVIII, p. 133].
Racémates d’antimoine. — 1° Le racémate d'antimonyle ressemble au tartrate correspondant.
2° Racémate d’antimonyle et de potassium,
CsII801!(Sb 0)8K* + II8 O.
— La solution bouillante de biracémate de potassium, saturée d’oxyde d’antimoine, fournit par le refroidissement de fines aiguilles ou des prismes orthorhombiques de racémate d’antimonyle et de potassium (Berzelius); Formes: b1/2,m; angles: mm = 85°20'; mbUî = 118° 3' (de la Provostaye).
L’eau de cristallisation se dégage à 100"; mais, comme l’émétique, le sel subit vers 200° une nouvelle perte et renferme alors C8II4012.Sb2K8 (Liebig).
Racémates d’arsenic. — La préparation des sels doubles formés par le racémate d’arsényle est difficile et ne réussit pas toujours.
1° Racémate d’arsényle et d’ammonium,
C8 II8 O18 (As O)8 (Az II4)8 -f- H8 O.
— On l’obtient en introduisant dans une solution bouillante de 1 mol. de racémate neutre d’ammonium, par petites portions et alternativement 2 mol. d’anhydride arsénieux (As8 O3) et 1 mol. d’acide racémique et maintenant la température à 100° pendant plusieurs heures. Une grande quantité d'anhydride arsénieux reste toujours non dissoute.
La solution filtrée laisse déposer des cristaux du sel double, mélangés d’une certaine quantité de biracémate d’ammonium, qu’on sépare par triage. Les cristaux de racémate double d’arsénylo et d’ammonium s’efflcurissent rapidement; à 100°, ils perdent 4,1 °/0 de leur poids (eau et une petite quantité d’ammoniaque). Us sont solubles dans I0p,62 d’eau à 15° et se décomposent en grande partie par l’évaporation de la solution en biracémate ammonique et acide arsénieux (Werther).
2° Racémate d’arsényle et de potassium,
C8H8018(As0)8K8 -f 3 H8 O.
— 11 se prépare par un procédé semblable à celui qu’on vient de décrire. Il est en grands cristaux bien définis, d’un éclat nacré, s’effleurissant lentement à l’air. L’eau de cristallisation ne se dégage complètement que vers 155-170°; le sel sec supporte une température de 250° sans s’altérer. 11 se dissout dans 7p,90 d’eau à 15° et se dédouble par l’évaporation de cette solution en biracémate potassique et acide arsénieux (Werther).
3° Racémate d’arsényle et de sodium,
C8II8Ol8(AsO)2Na8 -}- 5II30,
— La préparation de ce sel est plus facile que celle des précédents, à cause de sa plus grande stabilité dans l’eau. Grands cristaux nacrés, inaltérables à l’air, solubles à 19° dans 14p,0 d’eau, perdant complètement leur eau vers 130° (Werther).
Racémate de baryum C8H8012. Ba8 -f 5 HsO.
— L’acide racémique donne, avec l’eau de baryte, des flocons blancs solubles dans un excès d’acide;
TARTRIQUES (ACIDES). — 228
la liqueur se trouble do nouveau au bout de quelque temps et dépose la presque totalité du racémate barytique sous la forme d’un précipité cristallin (Walchner).
Le racémate sodique produit le môme précipité avec le chlorure do baryum [Wittstein, Repertor., t. LVII, p. 22]. line solution d'acétate barytique donne avec l’acide racémique un précipité de racémate de baryum; le précipité cristallin formé par le mélange des solutions chaudes est anhydre, tandis que le sel produit à froid, cristallisé en fines aiguilles microscopiques, renferme de l’eau (Fresenius).
Le racémate barytique pord son eau vers 200°; il est presque insoluble dans l’eau froide et soluble dans 201) p. d’eau bouillante. Il se dissout dans l’acide chlorhydrique ou l’acide azotioue et est précipité de ces solutions par l’ammoniaque après quelques instants. L’acide acétique, la potasse, Ica chlorure, nitrate, succiuate d’ammonium, etc., ne le dissolvent pas.
On n’a pu préparer ni un racémate acide de baryum, ni des sels doubles avec les racémates de potassium et de sodium.
Racémate de bore et de potassium. — Lorsqu’on fait dissoudre 1 mol. d’acide borique dans 1 mol. de hiracémate de potassium, on obtient, après évaporation au bain-marie, une masse blanche, friable, acide, fort soluble dans l’eau, mais non déliquescente.
On obtient des produits semblables en faisant dissoudre du borax dans le hiracémate de potassium ou de sodium; ces produits attirent l’humidité de l’air (Fresenius).
Racémate de cadmium. C8H8012.Cd2. — Il s’obtient en saturant l’acide racémique par le carbonate de cadmium (H. Schiff).
Racémate de calcium, C8H8012.Ca2 -f- 8 H2 O.
— L’acide racémique produit dans l’eau de chaux des flocons blancs amorphes, devenant bientôt cristallins ; le sel amorphe se dissout dans un excès d’acide racémique, mais, au bout de quelques instants, la solution laisse déposer du racémate alcique cristallin. L’acide racémique précipite ju bout de quelque temps la solution aqueuse du sulfate calcique; il précipite plus rapidement le chlorure ou le nitrate. Un racémate alcalin versé dans un sel calcique y produit rapidement un précipité de racémate calcique. Ce sel constitue une poudre, composée de fines aiguilles ou de lamelles perdant son eau à 200°. Il est presque insolub e dans l’eau, mais il se dissout dans l’acide chlorhydrique et en est précipité immédiatement par l’ammoniaque. Le sel à l’état cristallin ne se dissout ni dans l’acide acétique, ni dans l’acide racémique; il est à peine soluble à froid dans le chlorure d’ammonium, mais à chaud il se dissout un peu plus facilement dans plusieurs sels ammoniacaux ; ces solutions laissent déposer en se refroidissant des aiguilles de racémate calcique. Il se dissout aisément dans la potasse; la solution se prend en gelée lorsqu’on la chauffe (Gay-Lussac, Berzelius, Walchner, Fresenius, Wittstein, Pasteur).
On n’a pas réussi à préparer des racémates doubles de calcium ot de potassium ou de sodium.
Racémate de césium. — L’acide racémique précipite i’acétate, mais non le chlorure de cérium ; les ra émates alcalins précipitent ce dernier sel.
Le racémate de cérium est une poudre cristalline soluble dans l’acide racémique (Beringer, Czudnowicz).
Racémate de chrome. — L’hydrate de chrome se dissout dans une solution bouillante d’acide racémique; la liqueur est violette, très-acide et laisse après évaporation une masse cristalline violette.
La solution de ce sel est colorée en vert par le carbonato potassique; l’eau de chaux la précipite
TARTRIQUES (ACIDES).
complètement; l'alcool y détermine la formation d'un sous-sel violet, insoluble dans l’eau et devenant presque noir par la dessiccation (Fresenius).
Racémate de cobalt. — L’hydrate de cobalt récemment préparé se dissout dans l’acide racémique; la solution laisse déposer, par l’évaporation, d’abord des croûtes cristallines rouge pôle, puis de l’acide racémique libre. On obtient les mômes croûtes en laissant évaporer à une douce chaleur une solution d’acétate de cobalt additionnée d’acide racémique. Le racémate de cobalt est peu soluble dans l’eau, môme dans l’eau bouillante; il se dissout plus abondamment dans l’acide racémique et dans l’acide chlorhydrique.
La potasse le dissout facilement en prenant une belle couleur violette; la solution ne s’altère pas ; par l’ébullition, mais laisse déposer spontanément, surtout si on l’étend d’eau, un précipité bleu sale.
L’hydrate de cobalt récemment précipité se dissout à l’aide de la chaleur dans le hiracémate de potassium, en donnant des croûtes cristallines qui constituent vraisemblablement un racémate cobaltoso-polassique (Fresenius).
Racémates de cuivre. — i° Sel cuivreux. — On , l’obtient en faisant digérer, à l’abri de l’air, l’oxyde i cuivreux avec une solution d’acide racémique. Il est assez soluble dans l’eau et se dépose en prismes incolores, clinorhombiques (Walchner).
2° Sel cuivrique. — Le mélange de solutions concentrées et chaudes de sulfate de cuivre et d’acide racémique fournit après quelque temps J des tables d’un vert pâle (Werther). Une solution étendue d’acétate cuivrique donne avec l’acide ! racémique des aiguilles d’un bleu pâle, à quatre pans, renfermant
G8 H8 012.Cu2 + 4H20;
ce sel est peu soluble dans l’eau, mais il se dissout aisément dans l’acide chlorhydrique (Fresenius). Les racémates alcalins produisent avec les sels de cuivre un précipité vert (Walchner).
Ces différents sels sont très-solubles dans la soude et dans la potasse, mais ne se dissolvent qu’à l’aide de la chaleur dans les carbonates alcalins.
3° Sels doubles. — Le hiracémate de potassium saturé à chaud de carbonate de cuivre fournit des croûtes amorphes bleues, peu solubles dans l’eau, constituant probablement un racémate euprico-potassique (Fresenius).
Lorsqu’on ajoute avec précaution de l’alcocfl à une solution saturée de racémate de cuivre dans la soude caustique, de manière à ne pas mêler les f deux liquides, le fond du verre se tapisse de tables d’un bleu clair, tandis qu’il se forme des aiguilles bleu foncé à la séparation des deux couches. Malgré les différences de forme et de couleur que présentent ces deux sortes de cristaux, ils possèdent la môme composition :
C8U8012. Na‘, 2CuO + 8II50.
Co sel est peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau bouillante ; la solution supporte une ébullition prolongée sans déposer d’oxyde cuivreux. La réduction de l’oxyde cuivrique a lieu si l’on ajoute de la soude libre à la liqueur (Werther).
On obtient un autre sel, en octaèdres bleu foncé, par l’addition d’alcool à la solution incomplètement saturée de racémate cuivrique dans la soude, on ayant soin de superposer les deux liquides; ces octaèdres renferment : Na'-’O = 24,36%. CuO= 11,05, 11*0 =10,93 (Werther).
Le racémate cuivrique se dissout à la température do l’ébullition dans le carbonate de sodium, en donnant lieu à un dégagement de gaz carbonique; l’alcool précipite de la solution une poudre bleu clair contenant: i\a!0 .-= 10,78 %, CuO = 3 4,2 4, H» O 3,88 (Werther).
TARTRIQUES (ACIDES). — 229 — TARTRIQUES (ACIDES).
Racémate d’étain. — L’acide racémique attaque très-lentement l’étain, et la solution donne par la concentration des prismes très-solubles (Walchner).
Racémates de fer. — 1° Sel ferreux. — Le fer en se dissolvant dans l’acide racémique donne des aiguilles blanches peu solubles dans l’eau (YValchner). On obtient probablement le même sel, sous la forme d’un précipité blanc, en ajoutant du sulfate ferreux à un mélange de racémate de potassium et d’acide acétique. Ce précipité est peu soluble dans l’eau, mais il se dissout abondamment dans l’acide racémique, dans les acides minéraux, l’ammoniaque, la potasse, etc. (Fresenius).
2° Set ferrique. — On l’obtient en dissolvant l’hydrate ferrique dans l’acide racémique et séparant, par le filtre, le sous-scl qui se forme en même temps; la liqueur, d’un rouge brun, laisse après évaporation une masse brune amorphe friable. La solution Je ce sel est précipitée par l’alcool; les alcalis n’y produisent pas de trouble (Fresenius).
3° Sels doubles. — La solution du sel précédent, additionnée d’ammoniaque, fournit, par la concentration des grains brun jaunâtre, très-solubles.
L’hydrate ferrique se dissout dans le biracémate de potassium; la solution dépose d’abord un soussel jaune et laisse à la fin une masse brun noirâtre, cristalline, déliquescente (Fresenius).
Racémates de lithium. — On ne connaît que deux sels doubles, le racémate de lithium et d’ammonium, C8H80>2.Li2(AzH‘)2 -f 4H20, et le racémate de lithium et de sodium,
C8H8Ots.Li*Na* + 2II20, qui cristallisent bien (Scacclii).
Racémates de magné->ium. — 1° Sel simple,
C8lI8Ol2.Mg2 -f 10 II- O .
— On le prépare en dissolvant du carbonate de magnésium dans une solution bouillante d’acide racémique ; par le refroidissement lent do la solution, le sel cristallise en petits prismes orthorhombiques, s’efileurissant à l’air. 11 perd 8 H2 O â 1U01’ et les deux autres molécules vers 200° seulement ; 1 p. de sel exige 120 p. d’eau â 10° pour se dissoudre; il est plus soluble dans l'eau bouillante. Ce sel ne se dissout pas dans l’alcool. Les acides minéraux et l’acide racémique augmentent beaucoup sa solubilité dans l’eau, mais l’acide acétique est sans influence.
L’ammoniaque précipite de sa solution un sel très-basique.
La potasse dissout le racémate magnésien; la solution se prend en gelée lorsqu’on la chauffe et s’éclaircit de nouveau par le refroidissement.
On n’a pas obtenu un racémate acide de magnésium.
2’ Sels doubles. — Lorsqu’on sature les biracémates alcalins, à l’aide de la chaleur, avec du carbonate de magnésium, il ne se dépose, par le refroidissement, que du sol magnésien; mais, par évaporation de la liqueur, on obtient une masse amorphe, d’où l’eau, même bouillante, n’extrait qu’une très-petite quantité de racémate alcalin (Fresenius).
Racémate de manganèse,
C8H801!.Mn3 + 2 II2 O.
— - Ce sel se dépose en petits cristaux blanc jaunâtre, lorsqu’on évapore une solution d’ac.élate (le manganèse additionnée d’acide racémique. Il no perd pas son eau à 100". Il est peu soluble dans l’eau ; les alcalis , l’ammoniaque et les acides, mémo l'aride acétique, le dissolvent facilement (Fresenius).
mercureox. — L’acide racémique produit dans le nitrate mercureux un préci-
pité blanc, lourd, qui se colore rapidement à la lumière. Ce précipité est insoluble dans l’eau et dans l’acide racémique, mais il se dissout aisément dans l’acide nitrique.
Racémates de nickel. — 1° Sel simple,
C8H80ls.Ni! -f- 10H2O.
— Une solution d’acétate de nickel, additionnée d’acide racémique, donne, par l’évaporation, des aiguilles vertes qui s’eflleurissent lentement à la température ordinaire, rapidement à 100°. Ce sel est peu soluble dans l’eau ; l’acide racémique et surtout l’acide chlorhydrique augmentent considérablement sa solubilité. 11 se dissout dans la potasse en la colorant en vert; à chaud, il se dissout aussi dans le carbonate sodique, dont il chasse l’acide carbonique; la liqueur se prend par le refroidissement en une masse gélatineuse.
2° Racémate de nickel et d’ammonium. — Le biracémate d’ammonium dissout le carbonate de nickel à la température de l’ébullition; la solution verte fournit, en s’évaporant, des flocons verts, probablement un sel double (Fresenius).
Racémate de plomb, C8H8012.Pb2 (à 100"). — Lorsqu’on verse goutte à goutte une solution d’acide racémique dans une solution chaude d’acétate de plomb jusqu’à ce que le précipité devienne permanent, la liqueur dépose des grains brillants ou quelquefois des aiguilles de racémate plombique. Précipité à froid, ce sel constitue une poudre blanche, ou des croûtes cristallines, si l’acide racémique a été employé en excès (Fresenius). Il est très-peu soluble dans l’eau, plus soluble dans les acides. Il est anhydre, mais lorsqu’il se dépose de sa solution chaude dans l’acide racémique, il renferme de l’eau et décrépite par la chaleur (Berzclius). Sa densité est de 2,530 à 10".
Racémates de potassium. — 1" Sel acide,