‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 152 sur 430 · COMBINAISONS DO TELLURE AVEC LES METALLOÏDES MON ATOMIQUES · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DO TELLURE AVEC LES METALLOÏDES MON ATOMIQUES

IlYDnOGÈXE TElLimé OU ACIDE TELLUIUIYnllIQUE,

H* Te. — Densité par rapporté l’air, 4,189 (Bineau ; par rapport à l’hydrogène, Dh = 64,82, ■t H* Te = 65.

On l'obtient on traitant les tellurures alcalins ou terreux, ou peux de zinc et de fer par l’acide chlorhydrique; Le tellurure de zinc se prépare facilement en fondant ensemble les deux éléments.

L’hydrogène tellure possède une odeur analogue à celle de l’hydrogène sulfuré, rougit le tournesol, se dissout dans l’eau et peut former en réagissant sur les oxydes et les hydrates des tellurures et des tcllurhydrates, R2 Te, R H Te. 11 brûle avec une flamme bleue. Il est décomposé par le chlore et par l’étain commo l’hydrogène sulfuré. Il est soluble dans l’eau. La solution est incolore ; elle brunit à l’air ou par l’action du chlore en déposant du tellure; elle précipite les solutions métalliques en donnant des tellurures. Gomme l'hydrogène sélénié, l’acide tellurhydrique se produit par synthèse directe lorsqu’on chauffe le tellure 'avec l’hydrogène. Si une partie du tube où s'opère la réaction est refroidie, on y voit paraître un anneau de tellure cristallisé dû à la décomposition du gaz, en vertu de la réaction inverse [A. Ditte, Compt. rend., t. LXXXIV, p. 989, et Bull, de la Soc. chim., t. XVII, p. 554].

Cut.onunES de tellure. — Bichlorure, TeCl2. Lorsqu’on fait passer un courant lent de chlore sur du tellure fortement chauffé, on obtient des gouttelettes d’un liquide noir et volatil qui se solidifie bientôt en une masse amorphe. La vapeur de ce composé est pourpre et donne sous une très-faible épaisseur un beau spectre d’absorption avec des bandes dans l’orangé et dans le vert. C’est le chlorure TeCl2. On peut encore l’obtenir avec le chlore et le tellurure d’argent naturel, ou bien en chauffant le tétrachlorure avec son poids de tellure finement pulvérisé (II. I’.ose, Pogqend. Ann., t. XXI, p. 443 ; — Berzelius, Tradé de Chimie J.

Cecorpsahsorbe l’humidité de l’air, mais nefume pas. Traité par l’eau, il donne du tellure métallique et de l’acide tellureux qui reste dissous si l’on a acidulé préalablement la liqueur. CA au (Té dans lo chlore, il passe peu à peu à l’état de tétrachlorure, mais il faut renouveler fréquemment les surfaces. Traité par le carbonate de soude sec, il donne du tellurure et du telluritc. Il peut être fondu en toutes proportions avec lo tellure et le tétrachlorure.

Tétrachlorure, TeCl4. On l’obtient en faisant passer un courant de chlore assez vif sur du tel-

TELLURE

ltire modérément chauffé ou sur de l’anhydride tellureux porté à une température un pou inférieure à celle do sa fusion. C’est un corps blanc, cristallin, bien moins volatil que le bichloruro, facilement fusiblo en un liquide jaunâtre qui brunit avant de se volatiliser, peut-être h cause d’une réduction produite par des traces de matières organiques; sa vapeur est jaune foncé.

il est très-déliquescent, mais no fume pas; avec l’eau, il donne un liquide rendu laiteux par l’acide tellureux (par une combinaison do tétrachlorure et d’acide tellureux, selon Berzclius); avec l’eau acidulée d’acide chlorhydrique en quantité suffisante pour dissoudre l’acide tellureux, la solution est tout à fait transparente et incolore.

Berzelius a signalé plusieurs combinaisons d’acide tellureux et de tétrachlorure de tellure ; ces combinaisons sont solides et décomposables par un excès d’eau, l’une d’elles s’obtient en abandonnant simplement le tétrachlorure à l’air. Une autre est cristallisée et se dépose avec l’acide tellureux d’une solution bouillante de tétrachlorure. L’étude de ce corps est à reprendre f Poiqend. Ann., t. XXXII, p. 612].

Si l’on mêle une solution de chlorure de potassium avec une solution d’acide tellureux dans l’acide chlorhydrique, on obtient par évaporation de petits octaèdres jaunes citron déliquescents dans l’air humide, décomposables par l’eau et par l’alcool absolu et renfermant du tétrachlorure de tellure à l’état de combinaison avec le chlorure de potassium. Le chlorure d’ammonium donne aussi des cristaux octaédriques avec le chlorure de tellure (Berzelius).

En fondant du chlorure d’aluminium avec du tétrachlorure de tellure et en chassant l’excès de chlorure d’aluminium par une chaleur ménagée, R. Weber a obtenu un chlorure double renfermant Al2Cle, TeCl4 sous forme d’une masse blanc jaunâtre, très-fusible et très-soluble dans l’acide sulfurique étendu. Quand on la chauffe à une haute température, elle se décompose partiellement et s’enrichit en tellure [Journ. fur prakt. Chem., t. LXXVI, p. 313].

Le tétrachlorure de tellure absorbe le gaz ammoniac et donne une masse d’un jaune verdâtre renfermant 4 Az H3, Te Cl4; ce corps peut être conservé dans l’air sec; l’eau le décompose en acide tellureux et sel ammoniac ; chauffé, il dégage du sel ammoniac, de l’acide chlorhydrique, de l’azote, et il reste du tellure (Espenschied, Journ. fiir prakt. Chem., t. LXXX, p. 4X0].

Biiomubes de tei.luiie. Bihromure, Te Br2. — Berzelius le prépare en distillant le tétrabromure sur du tellure divisé; il passe des vapeurs violettes qui se condensent en aiguilles noirâtres fusibles. La vapeur donne dos bandes d’absorption dans le rouge et le jaune (Gernez). L’eau décompose le bibromure comme le bichlorure.

Tétrabromure, TeBr'*. — On dissout du tellure dans du brome refroidi à zéro, et l’on chasse l’excès de brome par évaporation (Berzelius). On peut encore verser de l’acide bromhydrique sur de petits morceaux de tellure, puis ajouter du brome et abandonner dans un flacon bouché que l’on remue de temps à autre; on a ainsi une solution do Te Br4, d’un rouge rubis, qu’on évapore au bainmarie. Il cristallise du tétrachlorure hydraté [V. Hauer, Journ. fur prakt. Chem., t. LXX1II, p. 98],

Ce dernier corps présente une couleur rouge derubis : quant au tétrabromure, ilest d’un rougo jaune; il fond assez facilement en un liquide rouge foncé et se solidifie en prenant l’aspect cristallin. Il peut être sublimé sans décomposition et donne alors des aiguilles jaunes. Il se dissout en jaune rougeâtre dans une petito quantité d’eau,

.tellure.

mais il est détruit par un excès d’eau avec formation d acide tellureux.

La solution de tétrabromure donne avec les bromures alcalins des sels doubles d’un rouge de cinabre. Le composé potassique qu’on peut obtenir avec le chlorure de potassium, cristallise en prismes rhombiques courts et souvent tabulaires, parfois hémitropes avec angles rentrants. Il est stable dans l’air; l’eau et l’alcool en excès le décomposent. V. Ilauer le préparé en ajoutant du brome à un mélange de tellure et d’une solution saturée de bromure de potassium. On agite de temps â autre, on chauffe légèrement pour chasser le brome, on décante, et le liquide refroidi abandonne des cristaux rouge foncé, presque opaques et brillants, qui renferment

2 K Br, TeBr4 -f- 3 II- O,

et s’effleurissent légèrement dans l’air sec. Us sont solubles dans l’eau chaude, et abandonnent leur eau à unesempérature peu élevécendevenantjaune orange. Si l’on chauffe davantage, ils se détruisent en perdant du bromure de tellure.

Iodurbs de tellure. — lliioclure, Te I2. — Corps noir cristallin, indécomposable par l’eau bouillante, très-fusible, volatil, produit par l’union directe de l’iode et du tellure à une température peu élevée. On le débarrasse de l’iode en excès en chauffant légèrement: si l’on chauffait brusquement, il se dégagerait de l’iode et, selon Berzelius, il resterait un sous-iodure.

Télraiodure, l’el4. — On laisse en contact avec une solution d'acide iodhydrique de l’acide tellureux pulvérisé. Celui-ci se change alors en granules noirâtres et cohérents de tétraiodure. Une partie reste dissoute dans l'acide iodhydrique et la liqueur d’un brun noir, abandonnée dans le vide au-dessus d’un vase plein de chaux laisse déposer le même iodure en prismes d’un gris de fer. Le tétraiodure fond facilement et perd de l’iode à une température plus élevée. L’eau froide n’a que peu d’action sur lui. L’eau chaude le transforme on acide iodhydrique et oxyiodure de tellure d’un gris brunâtre pâle; Tel4, 2 Te O2 (?) Ce corps serait indécomposable par l’eau (Berzelius). La solution du tétraiodure dans l'acide iodhydrique concentré, abandonnée dans le vide audessus de la chaux vive, fournit des cristaux quadrilatères d'aspect métallique, fusibles â la chaleur de la main lorsqu’on opère en tube fermé, mais perdant de l’acide iodhydrique sans fondre, lorsqu’on les chauffe vers 00° en vase ouvert. C’est une combinaison d’acide iodhydrique et d’iodure que Berzelius n’a pas analysée; mais on peut se demander si les cristaux d’iodure obtenus comme on l’a dit plus haut diffèrent réellement de ceux-ci.

En saturant exactement par uu alcali une solution de tétraiodure de tellure dans l'acide iodhydrique, on obtient par évaporation des cristaux d’iodures doubles. Le composé potassique est en tables ou en prismes rhombiques d’un gris d'acier et présente l’éclat métallique. Il donne, avec une petite quantité d'eau, une liqueur brune; avec un excès, celle-ci se trouble et fournit un précipité. Le composé sodique est brun sans éclat métallique, il contient de l’eau de cristallisation et .tombe en déliquescence dans l’air humide. Le composé ammoniquo est en petits octaèdres souvent hémitropes, d’un gris d'acier, solubles dans l’eau et dans l’alcool absolu.

Hexalodure. — Berzelius a discuté les données qui peuvent faire croire à son existence. Nous renvoyons le lecteur à son ouvrage.

Fluorure de tellure, ToFl4. — Si l’on évapore au bain-marie une solution d'acide tellureux dans

TELLURE

— 299 — TELLURE

l’acide fluorliydrique, on obtient un sirop qui se solidifie par le refroidissement en une masse granulaire d’un blanc laiteux. Cètte sorte d’oxj fluorure, chauffé dans un creuset de platine, donne d’abord de l’eau et de l’acide fluorliydrique, puis un sublimé de tétrafluorure qu’on peut recueillir à la surface d’un autre creuset de platine refroidi intérieurement, te tétrafluorure est solide, transparent, très-déliquescent; il s’amollit lorsqu’on le chauffe, et donne avec un excès d’eau un dépôt d’acide tellureux. Quant à l’oxy fluorure , lorsqu on l’a porté au rouge, il se solidifie en une masse cristalline contenant encore du fluor, mais plus riche en oxygène.

Page 1