M. — SÉPARATION DES ACIDES DU TELLURE ET DES
TERRES, TERRES ALCALINES ET ALCALIS. — On précipite l’acide tellureux par l’hydrogène sulfuré, ou bien s’il n’y a pas de base susceptible de donner un sulfate insoluble, par l’acide sulfureux. Des sels alcalins solides peuvent être analysés par calcination avec le sel ammoniac (5 p.). Le tellure se volatilise et il reste un chlorure alcalin qu’on pèse. Une seconde calcination est parfois nécessaire. G. S.
TELLURE (Min.) [Syn. Sylvanile de liirwan, tellure natif auro-ferri[ère\. — Tellure mélangé avec un peu de fer et d’or. Se trouve en petites masses compactes ou granulaires, rarement en cristaux prismatiques hexagonaux, d’un gris de fer et d’un éclat métallique. Se trouve dans le grès à la mine Maria-Lorette, près de Zalathna (Transylvanie), avec quartz, pyrite et or.
Caractères. — Dans le tube fond et donne un sublimé d’acide tellureux. Au chalumeau, brûle en donnant des fumées d’acide tellureux et en colorant la flamme en vert.
Dureté, 2 à 2, 5. Fragile. Poussière blanc d’étain, Densité, G, 1 à G, 3.
Forme cristalline. — Rhomboédrique, pp = 8G° 57'. Faces observées : p, e1/s, e8, a1. Clivage : e* parfait, a1 imparfait. F. et S.
TÉPHROÏTE.
TELLURE AURIFERE. — Voyez SïLVANlTE.
TELLURE AURO -ARGENTIFÈRE. — Voyez Sylvanite.
TELLURE AURO-PLOMRIFÉRE. — Voyez Nagyagite.
TELLURE BISMUTH. — Voyez Tétradymite.
TELLURITE (Min.). — Acide tellureux (?) en petites masses blanchâtres, rayonnées, ou terreuses, trouvées à la surface du tellure natif de Zalathna.,
TENGÉRITE (Min.). — Enduit mince, blanc, terreux, se trouvant à la surface des cristaux de gadolinite, d’Ytterby. C’est, d’après Swanberg et Tcnger, un carbonate d’yttrium. Donne de l’eau dans le tube et fait effervescence avec les acides.
TEXXANT1TE (Min.) [Syn. Cuivre gris arsenical, kupferblende]. — Sulfo-arséniure de cuivre, avec fer, zinc, argent, 4Cu8S, As8 S3. Une partie de l’arsenic est souvent remplacée par de l’antimoine; les variétés antimonifères forment le passage de la tennantite â l’espèce isomorphe panabase.
Cristaux présentant la forme générale du dodécaèdre rliomboidal 61, modifié parle tétraèdre ou l’octaèdre a1. D’un éclat métallique. Trouvé anciennement dans les mines des Cornouailles, et plus récemment à Skutterud (Norvège) et en Algérie.
Caractères. — Attaquable par l’acide azotique, avec séparation de soufre. Dans le tube bouché, donne un sublimé de sulfure d’arsenic; dans le tube ouvert, un sublimé d’acide arsénieux et une odeur sulfureuse. Au chalumeau, sur le charbon, fond facilement en donnant des fumées arsénicales et en laissant un globule gris foncé magné-
Fig. T5G. — Tennantite.
tique. Avec le flux, réactions du cuivre et du fer, après grillage. . . , .,
Dureté, 3,5 â 4. Cassure inégale. Poussière, gris rougeâtre foncé. Densité, 4,37 à 4,53.
Forme cristalline. — Cubique; faces, b', a',p, a2. Clivage b' imparfait. F. et S.
TÉNORITE (Min.). — Oxyde de cuivre CuO, en lamelles hexagonales biréfringentes à deux axes (d’après Maskeline). Transparent ou translucide et brun à la lumière transmise; d’un éclat métallique, gris d’acier ou noir; poussière noire. Trouvé dans les crevasses de la lave du Vésuve.
Forme cristalline. — Orthorhombique (?), présente deux clivages égaux sous l’angle de 72°. Jennsch a décrit comme orthorhombique de l’oxyde de cuivre cristallisé dans un fourneau ayant des angles de
mm = 99»59; mb »/* = 12G-29.
TÉPHROÏTE (Min.). — Orthosilicate manganeux Mn8SiO‘ = 2Mn0.Si08, avec des proportions variables de magnésie, de zinc, do fer et des traces de chaux. Masses cristallines, clivables dans trois directions rectangulaires : un des clivages est facile et net, le deuxieme moins parfait, le troisième difficile. Cassure inégale,
TÉRACRYLIQUE. — 303 — TÉRÉBÈNE.
éclat assez vif. Gris de cendre ou brun rougeâtre ; translucide. La surface devient souvent brune ou noire à l’air.
Se trouve avec franklinite et zincite à Sparta, à Stirling (New-Jersey), et à Pajsberg (Wermeland) avec rhodonite.
Caractères. — Soluble en geléo dans l’acide chlorhydrique, sans dégagement de chlore ; au chalumeau, fond en une scorie nacrée, les variétés magnésifères plus difficilement que les autres. Pour les flux, réactions du manganèse et du fer.
Dureté, 5,5 à 6. Poussière gris pâle. Densité,
Forme cristalline. — Orthorhombique. F. et S.
TER ACRYLIQUE. — Voyez PvnOTÉnéniQDE.
TÉRATOLITE (Min.). [Syn. Eisensteinmark (Breithaupt)]. — Argile lithomarge violacée (tlaüy). Bol formant dos couches compactes, quelquefois poreuses et offrant des empreintes végétales, dans la formation carbonifère des environs de Planitz, près Zwickau (Saxe).
TÉRÉBÈNE, C'Hl16. — Ce nom a été donné par M. Deville au carbure isomérique qu’il a obtenu par l’action modificatrice de l’acide sulfurique concentré sur l’essence de térébenthine. Suivant cet auteur, il posséderait l’odeur du thym, entrerait en ébullition vers 100° et produirait avec l’acide chlorhydrique u:i sous-chlorhydrate ( C>°II16 )2 II Cl. Il formerait avec le chlore et le brome des composés de substitution. [Ànn. de Chim. et de Phys., (2), t. LXXV, p. 37.]
M. Riban a montré que le corps ainsi obtenu est un mélange de cymène très-abondant et de véritable térébène qu’il a isolé à l’état pur et dont il a fait connaître les principales propriétés (Riban, Bull, de la Soc. Chim., t. XIX, p. 242; t. XX, p. 100 et 244; t. XXI, p. 4 et 171; — Compt. rend, de l’Acad. des Sciences, t. LXXVI, p. 1547; t. LXXVII, p. 483; t. LXXVI1I, p. 288; t. LXXIX, p. 314; Ami. de Chim. et de Phys., (5), t. VI, p. 232].
Préparation. — On obtient le térébène en versant peu à peu dans de l’essence de térébenthine bien rectifiée et contenue dans un ballon refroidi par un courant d’eau, 1/20 environ de son poids d’acide sulfurique concentré ; on agite fréquemment. Il se forme doux couches, l’une inférieure, brune, formée en partie par l’acide sulfurique ajouté; l’autre, supérieure, constituée par le carbure modifié. Après 24 heures, la couche surnageante est décantée et distillée. Il se dégage de l'acide sulfureux en abondance et de l’eau’; on recueille jusqu’à 250° environ. Le résidu de la cornue contient du colophène ou ditérébèno et des polymères supérieurs à ce dernier, mal définis et désignés sous le nom de méta-térébenthëne. Le carbure distillé et desséché est soumis
à un nouveau traitement à l’acide sulfurique, suivi d’une nouvelle distillation pour éliminer le colophène qui s’est encore formé sons l’influence polyméri-ante de cet acide. On répète ces traitements jusqu’à ce que le produit obtenu ne présente plus la plus faible trace do déviation au polarimètre, on le lave à la soude caustique concentrée pourle débarrasser de produits sulfurés fétides et colorants, et on le fraction ne. 1 1 fourni t alors : 1“ le térébène ; 2° le cymène ; 3° dans quelques cas, une petite quantité do matière camphrée ; 4° du colophène ; 5° des produits supérieurs à ce dernier et visqueux. Le térébène et le cymène sont séparés par des fractionnements qui durent plusieurs semaines, quoique facilités par l’emploi du déflegmateur de M. VVurtz modifié par MM. Lebel et Henninger.
On ne considérera le térébène comme pur que lorsque, bouillant vers 150°, il se prend complètement en masse cristalline par l’action du gaz chlorhydrique.
Propriétés. • — Le térébène pur est liquide, incolore, mobile, d’une odeur faible difficile à définir, non congélable à — 27°, bouillant à 150° (corrigé). Son pouvoir rotatoire est nul.
Sa densité à 0" = 0,87ü7. La densité aux diverses températures entre (1° et 100° est fournie, par la relation
Indice de réfraction pour la raie D à la température de -J- 25° ; nj = 1,4626. Energie réfringente spécifique ; 0,5403 [Riban, loc. cit.]. Le térébène, isomère liquide du térébenthène, correspond à la formule C10 H16 déduite de sa composition centésimale , de sa densité de vapeur (procédé Hofmann) = 4,79, calcul 4,70, (de sa combinaison chlorhydrique) C10 H16, H Cl.
Le térébène n’est pas altéré par une chaleur de 300° longtemps soutenue ; il ne se forme pas de corps polymères.
Le protochlorure d’antimoine Sb Cl3 le transforme en un carbure solide et amorphe, le tétratérébène.
11 constitue un groupement moléculaire trèsstable, susceptible d’être engagé dans une combinaison et d’en ressortir avec ses caractères primitifs. Cette stabilité relative permet de comprendre pourquoi le térébène est le terme ultime des transformations intramoléculaires auquel aboutissent ses divers isomères lorsqu’on les soumet à des actions non ménagées.
Le térébène absorbe l’oxygène 'avec lenteur et finit, au bout d’un très-long temps, par devenir visqueux. Mais il est bien moins oxydable que le térébenthène, et des expériences comparatives ont montré que les quantités d’oxygène absorbées dans un même temps par le térébenthène et le térébène sont sensiblement entre elles comme 2; I.
Traité par l’acide sulfurique, le térébène se polymérise en se convertissant en grande partie en ditérébène (colophène) ; le reste est brûlé par l’oxygène de l’acide sulfurique en se transformant en cymène, avec production simultanée d’acide sulfureux et d’eau, en vertu de l’équation suivante :
Cto gis -f S O' U* = C*» H14 -f S 0*-f II2 O.
Térébène. Cymène.
Ainsi s’explique dans la préparation du térébène la présence d’une proportion considérable de cymène, qui peut égaler, dans certaines circonstances, la quantité de térébène obtenue. On peut isoler le cymène en traitant à froid par l’acide sulfurique concentré les parties de cette préparation bouillant vers 175°; les traces de térébène qui la souillent sont polymérisées et l’on sépare ainsi, après distillation, le cymène pur, bouillant comme celui du camphre à 174-176 (corrigé) ; fournissant le cymyl-sulfite de baryum : (C'» H'3 S O3)2 Ba -f 3 II2 O. 11 ressort de plus de ces expériences que la soustraction de Hs dans la molécule du térébène élève le point d’ébullition de 20° [Riban. loc. cit.]
M. Wright [Journ. of llie Chem. Soc., (Z), t. XI, p. 70.] a contesté cette interprétation de la formation du cymène par l’action de l’acide sulfurique. M. Riban a répondu à ces objections [Bull, de la Soc. Cliim., nouv. sér., t. XXI, p. 4], et montré que la réduction du térébène en cymène dans ces conditions s’effectue à très-basse température : elle a déjà lieu au voisinage de 0° et marche plus rapidement à la température ambiante. M. Orlowski [ Deutsche Chem. Geselscli., 1873, p. 1257] a contrôlé et adopté l’interprétation de ce dernier auteur.
Soumis à l’action du gaz chlorhydrique sec, le térébène se transforme en une masse cristalline de monochlorhydrate C*® ER*, HCl. Il en est de
TÉRÉBENE. — 30Z) — TÉRÉBÉNIQUES (CARBURES).
même si on l’abandonne au contact d’une solution aqueuse de cet hydracido.
Saturé en solution alcoolique ou échéréo par le même gaz, il ne fournit que le monochlorhydrate précédent et point de biclilorliydrate. Il partage avec les camphèues ce caractère de ne pouvoir donnerqu’un monochlorhydrate et jamais de biclilorliydrate. L’action do l’acide bromhydrique est analogue à la précédente.
Traité par le mélange d’alcool et d’acide nitrique, il ne produit pas d’hydrate cristallisé.
D’après MM. Favre et Silbermann [Ann. de Chim. et de Pliys., (3), t. XXXIV, p. 257], la chaleur de combustion du térébène serait 10G62 calories; suivant M. Berthelot [Ann. de Chim. et de Phys., (4), t. XX, p. 521], ce corps, par l’action de l’acide iodhydrique, fournirait les hydrures successifs du térébène jusqu’à l’hydrure saturé C10 II22; mais le térébèno pur et défini n’étant pas encore isolé à l’époque où ont été effectués ces divers travaux, il serait utile de faire de nouvelles déterminations.
D’antre part, MM. Bauer et Verson [Zeitsch. fiir Chem., nouv. sér., t. V, p. 402, et Bull, de la Soc. Chim., nouv. sér., t. XIII, p. 239] auraient transformé le diamylène en térébène, en passant par le rutylène chloré, C10 H11 Cl, traité par la potasse alcoolique. Le carbure obtenu fournissait un sous-chlorhydrate de térébène (C10 II16)2, H CI. Comme l’on sait aujourd’hui que le sous-chlorhydrate de térébène n’existe pas, ces expériences demandent à être reprises.
DÉRIVÉS DD TÉRÉBÉNE. — MONO-CHLORHYDRATE de térébène: C10H16, H Cl. [Riban, loc. cif.].
Préparation. — On obtient ce corps en faisant passer un courant lent de gaz chlorhydrique bien desséché dans du térébène refroidi par un courant d’eau; il ne se forme que des traces de produits liquides, la masse est comprimée dans des papiers jusqu’à ce qu’elle ne les tache plus. Le chlorhydrate brut ainsi obtenu ne renferme pas la quantité de chlore théorique fil n’en contient que 18 à 1 9 p. 0/0 environ au lieu de 20,57) à cause d’un commencement de dissociation de la substance à la température ordinaire. Pour avoir le corps pur, il faut introduire la matière brute dans un ballon spacieux que l’on remplit de gaz chlorhydrique sec et qu’on scelle à la lampe ; on sublime alors à une température inférieure à 100° et on enferme rapidement le produit dans des vases bouchés à l’émeri.
Propriétés. — Le monochlorhydrate de térébène est un corps solide, blanc, se présentant en cristaux pennés qui rappellent entièrement par leur aspect le monochlorhydr.ite de térébenthène (camphre artificiel). Il est cependant moins cireux, plus dur que ce dernier. Il fond à la température de 125°. Le point do fusion ne peut être déterminé avec exactitude que dans un vase scellé, plein de gaz chlorhydrique, s’opposant à la dissociation de la substance.
Abandonné à lui-même, en vase ouvert, le chlorhydrate de térébène dégage lentement de l’acide chlorhydrique; il en est de môme s’il est mis dans une atmosphère limitée sur de la chaux absorbant le gaz acido à mesure qu’il se produit.
Lavé à l’eau froide, le chlorhydrate de térébène abandonne à ce liquide son acide chlorhydrique et se transforme en un mélange de carbure Cioh'6 cristallisé (P camphène inactif) et d’un pou de chlorhydrate inaltéré que l’on peut détruire par les solutions alcalines chaudes. L’eau, à 190°, produit l’élimination rapide et totale de l’acide chlorhydrique, mais le carbure régénéré estmaintenant liquide : c’est le térébène primitif. La décomposition de ce chlorhydrate par l’eau en fonction du temps a été étudiée et l’on a donné une courbe représentant la marche du phénomène.
La potasse alcoolique, à 100°, régénère le térébène :
C>o Ilio, Il Cl -]- KOU = Cto H te | K Cl -f H2 O.
Le stéarate de soude, à la température de 180", engendre l’isomère solide C‘o Ht®, qu’on a nommé g-camphène, pour réserver la question de son isomérie avec l'a-camphène, obtenu par l’action du benzoate de soude sur le chlorhydrate de térébenthène. Le (3-camphène est toujours accompagné d’une certaine quantité de son isomère liquide, le térébène. Après purification, il fond à 45°, comme les autres camphènes connus. Le chlorhydrate de térébène est homérique avec les monochlorhydrates solides de même formule examinés jusqu’à ce jour. On le distingue du chlorhydrate de térébenthène en ce qu’il se décompose rapidement par l’eau, à •100°, avec régénération de carbure C'° H16, caractère qu’il partage avec les chlorhydrates de camphène et l’éther chlorhydrique du bornéol ; mais ces derniers régénèrent un carbure solide. camphène, tandis que le chlorhydrate de térébène régénère un carbure liquide, térébène. Le chlorhydrate de thérébentiiène, au contraire, ne se décompose pas sensiblement par l’eau à 100°. Ce sont là des distinctions radicales établissant l’isoméric de ces divers chlorhydrates et permettant de les caractériser par des essais qualitatifs rapides.
Bromiiydrate DE TÉRÉBÉNE. C10 H16, IIBr. — S’obtient de la même façon que le chlorhydrate, et présente les mêmes caractères extérieurs et les mêmes réactions; il est bien moins stable que son congénère. J. R.
TEUÉiiÉMQUi S (CARBURES). — Généralités [voir : Berthelot, Leçons professées devant la Soc. chim. de Paris, année 1863; — Riban, Ann. de Chim. et de Phys., (5), t. VI, p. I, et 473], On désigne par cette expression, dérivée du mot térébenthène, la série do carbures de formule générale, Cn II2"-4, pour laquelle M. Berthelot a adopté depuis longtemps la dénomination de série camphénique.
Les carbures térébéniques de formule C10II16 doivent seuls nous occuper ici à un point de vue général, leur étude individuelle ayant été présentée avec détail dans cet ouvrage.
Ces hydrocarbures sont contenus, les uns dans les essences naturelles, d’autres moins nombreux, mais bien mieux étudiés, sont dérivés d’un type naturel modifié dans sa constitution moléculaire par les procédés du laboratoire. Tels sont, par exemple, les divers corps homériques dans lesquels on a successivement transformé l’essence de térébenthine.
On a quelquefois rapproché de cette série, des carbures tels que ceux des essences de cubèbe et de copahu, C15H24, qui appartiennent en réalité à la série CnH2n~6.
Les carbures térébéniques contenus dans les essences s’y trouvent généralement mélangés : 1° à dos produits plus volatils indéterminés; 2° assez souvent à du cymène; 3° à des composés oxygénés liquides ou solides (stéaroptènes), d’une nature parfois inconnue, mais souvent à fonction bien définie : aldéhydes, camphres, acétones, phénols, etc., etc.; 4° à des polymères du carbure C10H16; 5° enfin à des acides de la série grasse et plus spécialement aux acides acétique et formique.
On arrive souvent à extraire le carbure térébénique de ce mélange complexe par de longs fractionnements effectués avec un déphlegmateur convenable; si malgré cela il est encore souillé de composés oxygénés (et c’est le cas le plus général), on parviendra à s’en débarrasser par Faction d’un agent chimique approprié; c’est ainsi que le traitement par la potasse éliminera ou
TÉRÉBÉNIQUES (CARBURES). — 305 — TÉRÉBÉNIQUES (CARBURES)*
détruira les acides, les éthers, les aldéhydes, les phénols; le bisulfite de soude enlèvera les aldéhydes et les acétones; enfin le sodium se combinera aux dernières traces de camphre ou d’autres produits oxygénés.
La séparation du cymèoe pourra se faire dans l'état actuel de la science quo par fractionnements. Cette dernière voie est toujours fort imparfaite, avec d’autant plus de raison que certains carbures térébôniqaes bouillent à la même température que le cymèue. Aussi est-il préférable, lorsqu’on n’a en vue que de constater la présenco de ce dernier corps, de recueillir les portions bouillant, vers 17ü°, de les traiter, en évitant tout échauffement, par l’acide sulfurique concentré qui polymérise le carbure C10 II16 et laisse inattaqué le cymène que l’on sépare en distillant dans un courant de vapeur d’eau et qu’on purifie en le transformant en cymylsulfite de baryum, etc.
Les carbures naturels ou artificiels bouillent les uns vers 15ü°, les autres vers 175°. Us s’unissent pour la plupart aux éléments de l’eau en donnant des hydrates cristallisés et stables. Traités par le gaz chlorhydrique, ils fournissent, suivant leur nature ot les conditions expérimentales, un ou plusieurs chlorhydrates, qui sont les combinaisons les plus caractéristiques de cette série do carbures.
Ainsi on aura tantôt un monochlorhydrato ou un bichlorhydrate solide, tantôt une combinaison de ces deux corps affectant l’état liquide, ou bien encore un monochlorhydrate ou un bichlorhydrate liquide. Ces derniers sont sans doute moins communs qu’on ne le pense, ot tel carbure naturel, qui a fourni do ces produits liquides, bion débarrassé du cymène et autres substances étrangères qui l’accompagnent, donnerait probablement des chlorhydrates solides que do faibles traces d’impuretés maintenaient dissous en grande quantité.
Les carbures tôrébéniques sont susceptibles de polymérisation sous l'influence d’agents variés : chaleur seule, acide sulfurique, fluorure de bore, protochlorure d’antimoino, etc. C’est ainsi que l’on obtient dans une foule do réactions du colophène C20 H3!, du tétratérébenthène C*° II6*, et d’autres polymères (C10tl>6)n non étudiés.
En dehors du citrène et du térébenthène, on peut dire que l’étude des autres carbures naturels acté peu approfondie : aussi nous arrêteronsnous quelques instants sur le térébenthène ct'lcs carbures isomériques que l’on en dérive, leur étude ayant été faite avec plus de soin et de développ ments.
Le térébenthène engendre sous des influences convenables le terpilèno, les isotérébenthènes, les camphènes, le térébène, série de corps représentant 5 types des mieux caractérisés, auxquels bien d’autres viendront un jour se rapporter. Comprenons-les dans une étude parallèle au point de vue physique et chimique.
A. Point de vue physique. — Tous ces carbures d’hydrogène sont liquides, sauf les camphènes; ils bouillent à loti0, à l'exception des isotérébenthènes bouillant à 175°. Parmi ces carbures, les uns sont inactifs, terpilène et térébène; les autres présentent divers états optiques: les camphènes offrent les variétés droite, gauche et inactive; les isotérébenthènes a et (1 sont tous les doux gauches, quoique dérivés le premier d'un carbure dentrogyre, le second d’un carbure lévogyre; un isotérébenthène sensiblement inactif a été obtenu par synthèse en partant de l’iso— prène. Enfin, le térébenthène fournit une variété droite et une gauche, mais point qui soit inactive.
U est il remarquer que certaines variétés optiques, actives ou inactives, peuvent être obtenues à volonté par le choix d’un agent convenable ; c’est
ainsi que, si l’on engendre certains do ces carbures, les camphènes par exemple, dans un milieu alcalin, neutre ou rendu acide par un acide organique faible, tel que l’acide stéarique, on obtient des espèces actives; si, au contraire, l’hydrocarbure prend naissance dans un milieu à acide plus énergique, acide acétique, chlorhydrique, sulfurique, les produits obtenus sont inactifs, et si, de plus, l’action de ces derniers agents n’est pas ménagée, on aboutit à un terme final, le térébène, le corps le plus stable de la série.
L’indice de réfraction identique pour le térébenthène et le térébène est plus considérable pour les isotérébenthènes.
Les densités des carbures isomériques dérivés du térébenthène dont on a donné la loi du décroissement par la chaleur dans l’étude individuelle de chacun de ces corps, varient généralement en passant d’une espèce à une autre. Si Ton considère en effet ces densités pour une même température de 60° par exemple, pour que le camphène alors liquide soit comparable aux autres carbures, ceux-ci seront classés comme il suit dans Tordre croissant de leurs densités :
Isotérébenthène 0,8116
Térébène 0,8266
Térébenthène 0,8271
Camphène. 0,8738
En résumant tout ce qui est connu des propriétés physiques du térébenthène et des isomères qui en dérivent, on trouve : 1° que le térébenthène et le térébène ont les mômes constantes ; 2° que les isotérébenthènes s’éloignent par toutes leurs propriétés physiques des autres isomères liquides ; 3° que les camphènes n’ont avoc ceux-ci qu’un seul caractère commun, le point d’ébullition.
Tous ces corps ont donc une ou plusieurs caractéristiques do leur isomérie purement physique. (Riban, loc. cil.)
B. Point de vue chimique. ■ — Si Ton considère les carbures térébôniques à l’égard de leur affinité pour l’oxygène, on observe que, toutes conditions égales d’ailleurs, la quantité d’oxygène absorbée par chacun d’eux n’est pas la môme :
Quantité absorbé© par 101) p. do matière, en 35 jours.
p. isotérébenthène 11,13%
Térébenthène 0,09
Térébène 0,56
Ces nombres sont entre eux en chiffres ronds comme 20: 2: 1. Tel est Tordre do l’affinité décroissante do ces corps pour l’oxygène. L’oxydabilité relative du terpilène n’a pas été examinée, pas plus que celle du camphène : ce dernier carbure, étant solide, ne se prête pas à desdéterminations comparatives.
Examinons les carbures térébéniques dans leur combinaison avec l’acide chlorhydrique ; ici les déterminations ont pu être effectuées sur tous les termes de la série.
1° Le terpilène se combine d’emblée à l’acide chlorhydrique pour former un bichlorhydrate solide C>°H>6, 2 I1C1.
2° L’a et le p-isotérébenthèno s’unissent au gaz chlorhydrique, en fournissant un liquide mélangé de mono et de bichlorhydrate, dont le rapport varie avec les conditions expérimentales ; ce mé'ange est résoluble pour Ta-isotérébenthèno en bichlorhydrate et monochlorhydrate, l’un et l’autre solides ; pour le p-isotérébenthène en bichlorhydrate solide ot monochlorhydrate liquide. Si Ton chango les conditions et que Ton emploie une solution éthérée du carbure, il ne se forme quo du bichlorhydrate.
3° Le térébenthène s’unit également au gaz chlorhydrique avec dégagement de chaleur, mais
ni — 20
TÉRÈBÉNIQUES (GARBURES). — 306 — TÉRÉBÉNIQUES (GARBURES).
l’action s’arrête franchement ici à la formation i de deux monochlorhydrates isomériques, l’un solide, l’autre liquide. Les déterminations indiquent donc uno affinité moins prononcée pour l’acide chlorhydriquo que dans les doux corps qui précèdent. Ce qui vient corroborer cotte manièro de voir, c’est que, si l’on dissout it son tour le térébenthèno dans l’éther, on obtient une combinaison Ci»H'6, 211 Cl + 2CioH>«, MCI, là où l’isotérébenthène fournissait du bichlohydrate, composé plus riche en hydracide.
4° Los camphènes et le térébène n’absorbent le gaz chlorhydrique qu’avec lenteur, en ne dégageant que peu de chaleur et ne produisant que dos monochlorhydrates solides, facilement décomposables. Ces carbures dissous dans l’éther ou d'autres dissolvants ne fournissent jamais que des monochlorhydrates sans que ce terme puisse être dépassé.
Terpilène, isotérébenthènes, térébentliène, camphènes, térébène représentent le classement de ces corps dans l’ordre de leur affinité décroissante pour les agonis (oxygène ou acide chlorhydrique), mis en expérience.
Isomérie des chlorhydrates solides
Ct°U'«, MCI.
— Tous ces chlorhydrates cristallisent en agglomérations de cristaux en barbe de plume; rien dans leur aspect, s’ils sont purs, ne peut les faire distinguer les uns des autres. M. Riban est parvenu néanmoins à montrer leur isomérie par un examen attentif de leurs points de fusion dans une atmosphère de gaz chlorhydrique qui s’oppose à leur dissociation, et par l’étude de la décomposition de ces chlorhydrates par l’eau à la température ordinaire et à 100°.
1° Joints de fusion :
Chlorhydrate de térébène 125°
— de térébenlhène 131-132»
— des divers camphènes. j
Éther chlorhydrique des bornéols.. 1 1 0
— A l’égard de leur point de fusion ces matières forment trois catégories, représentant chacune un type spécial indépendant, mis encore en évidence par l’action de l’eau ;
2° Action de l’eau à la température ordinaire.
— Le chlorhydrate de térébenthène reste absolument indécomposé ; tous les autres se décomposent en abandonnant de l’acide chlorhydrique en quantité d’autant plus grande qu’ils sont moins stables.
3° Action de l’eau d 100°. — Le chlorhydrate de térébenthène n’abandonne que des traces d’acide chlorhydrique ; tous les autres monochlorhydrates sont rapidement décomposés , ils perdent la totalité de leur acide chlorhydrique; le carbure constituant étant mis à nu. La décomposition do ces divers chlorhydrates, C10HI6HC1, par 25 fois leur poids d’eau en fonction du temps est résuméo dans le tableau suivant :
£ * 2 O bl JS
CAMPHÈNE
(inactif).