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En prenant pour abscisses les temps et pour ordonnées les quantités d’acide chlorhydrique éliminées, on a pu construire des courbes qui rendent sensibles l’isomérie de ces divers chlorhydrates.
Il ressort de leur examen : 1° que le chlorhydrate de térébenthène n’éprouve que des traces de décomposition représentée par une ligne droite.
2° Que les chlorhydrates des camphènes et du térébène sont rapidement décomposés par l’eau et que leurs courbes à concavité tournée vers l’axe des x sont très-voisines comme toutes les propriétés de ces deux ordres de chlorhydrates, ce qui porterait à penser que l’on doit considérer les camphènes comme les isomères solides du térébène.
3° Que l’éther chlorhydrique des bornéols,
C10 H16, H Cl
se décompose moins rapidement par l’eau que les chlorhydrates de camphène, et que, par conséquent, il n’est point identique avec ces derniers, quoique comme eux il régénère un camphène par cette action de l’eau.
Ces considérations et d’autres expériences qu’on ne peut analyser ici permettent de diviser ces chlorhydrates en deux classes :
A. Chlorhydrates indécomposables par l’eau; monochlorhydrate des térébenthènes (indécomposables par l’eau, de même que les sulfates de chaux et de plomb sont classés dans la catégorie des sulfates insolubles).
B. Chlorhydrates aisément décomposables par l’eau : chlorhydrate des camphènes, éther chlorhydrique du hornéol, chlorhydrate de térébène, les deux premiers régénérant ainsi des carbures solides, les camphènes, le dernier un carburo liquide, le térébène.
Il existe donc trois types bien tranchés do monochlorhydrates, auxquels un certain nombre de corps analogues que l’on étudiera ultérieurement viendront sans doute se rapporter ; savoir : chlorhydrate de térébenthène, chlorhydrate de camphène, chlorhydrate de terébène. Ces trois types se sont déjà révélés dans l’examen des points de fusion.
On a déduit de tout ceci un moyen pratique et rapide, étant donné un chlorhydrate, de reconnaître à quel type il appartient :
Le chlorhydrate est broyé avec de l’eau bleuie par du tournesol sensible.
A. Le liquide reste bleu indéfiniment. On chauffe quelques décigrammes de matière à 100°
T avec 25 fois son poids d’eau dans un tube scellé horizontal durant 4 heures.
La masse surnageante restée inaltérée est solide à la sortie du bain et a conservé sa forme de fragments ; l’eau soutirée et acidifiée par l’acide azotique donne avec l’azotato d’argent un louche ou quelques rares flocons do chlorure d’argent ; chlorhydrate de térébenthène, fusible dans le gaz chlorhydrique à 132°. Le sens de la déviation optique indique sa provenance.
B. Le liquide passe lentement ou instantanément au rouge. On chauffe alors de même quelques décigrammes avec 25 fois leur poids d’eau.
a. La masse surnageante est liquide à la sortie du bain, l’eau soutirée donne un précipité trèsabondant et caillebotté par le nitrate d’argent : chlorhydrate des divers camphènes, éther chlorhydrique des bornéols, chlorhydrate de térébène,
b. La masse surnageante s’est complètement figée par le refroidissement (camphène régénéré): chlorhydrate des camphènes, éther chlorhydrique des bornéols, fusibles dans HCl à 140°. L’examen optique du chlorhydrate primitif indique si l’on avait un corps actif ou inactif et le sens do la déviation sa provenance.
TÉRÉBÉNIQUES (GARBURES). — 307 — TÉRÉBÉNIQUES (CARBURES).
c. La masse surnageante est restée liquide après refroidissement (térébène régénéré) : chlorhydrate de térébène, fusible dans HCl à 125°. Sans action sur la lumière polarisée. (Itiban, loc. cit.)
Nous avons classé les carbures térébéniques d’après l’ordre de leur affinité décroissante pour l’acide chlorhydrique dans l’ordre suivant :
Terpilène, isotérébenthènes, térébenthène, camphènes, térébène. Le térébenthène placé au centre de cette série transversale dont il est le générateur, est le seul qui ne puisse être régénéré do ses combinaisons avec ses caractères primitifs, il en ressort toujours modifié isomériquement, formant ainsi an gré de l’expérimentateur les carbures qui le précèdent et le suivent.
L’affinité de ces carbures pour l’acide chlorhydrique est croissante si l’on s’éloigne vers la gauche du térébenthène , décroissante si l’on s’éloigne vers la droite.
Les isotérébenthènes, les camphènes, le térébène et le terpilène peuvent être régénérés de leurs combinaisons chlorhydriques et en ressortir avec leurs caractères primitifs.
Parmi les divers carbures classés ci-dessus, les uns, terpilène, isotérébenthènes, térébenthène, peuvent être considérés à l’égard de l’acide chlorhydrique comme tétratomiques dans l’état actuel de la science; les autres : camphènes et térébène comme diatomiques. On ne connaît pas encore de carbure térébéniquc franchement hexatomique; un carbure saturé C10H16, également prévu par les théories, reste encore à découvrir.
Constitution dd tébébe.'Whène et de ses iso- MÈtiES [Beilstein et Hirzel, Zeitsch. chim., nouv. sér., t. II, p. 204; Bull, de la Soc. chim., t. VI, p. 388; — Bauer et Verson, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CLI, p. 52 ; Ann. de Cliim. et de l'hys., (4), t. XIX, p. 455; — Berthelot, Bull. de la Soc. chim., t. XI, p. 189; — Wright, Journ. Chem. Soc., (2), t. XI, p. 099; — Oppenheim, Deutsch. Chem. Gesells., t. V, p. 94, et t. VI, p. 915; Bull, de la Soc. chim., t. XVII, p. 321, et t. XX, p. 560; — Kékulé, Deutsch. Chem. Gesellsch., t. VI, p.437 ; Bull, dé la Soc. chim., t. XX, p. 297 ; — G. Bouchardat, Compt. rend., t. LXXX, p. 1446.]
M. Berthelot a donné [Bull, de la Soc. chim., loc. cit,] une théorie complète de la série C'°H16 et de ses dérivés. Pour cet auteur, le térébenthène et s s isomères dérivent d’un carbure hypothétique, le lérène, C5IP. M. Greville Williams d’une part, et Hlasiwetz de l’autre, ont fait connaître des carbures isomériques ou identiques avec le térène. Le valérylène de M. Reboul possède également la même composition.
Plusieurs molécules de térène constituent par leur union le térébenthène, ses isomères, ses polymères :
2CsH» = C1°H,e térébenthène et isomères.
3CSH* = C,SH3' sesquitérébène, copahuvène, cnbébène, etc.
4CiH« = CI»H3» le ditérébène, etc.
et ainsi do suite; le térébenthène et les carbures : plus élevés et de même composition centésimale seraient donc considérés comme des polymères du carbure fondamental, le térène C»H». Nous renvoyons au mémoire original pour le développement de cette théorie.
Pour déterminer la constitution probable du térébenthène, M. Kekulé s’appuie sur le fait bien constaté de sa transformation facile en cymône fait qui a été constaté par lui-même, ainsi que par MM. Barbier, Oppenheim, Greville Williams, Riban. 11 admet, en conséquence, que ce carburé d hydrogène renferme 6 atomes de carbone uuis
onsemble comme ils le sont dans la benzine. Dans ce noyau ou anneau benzique, si l’on remplace 1 atome d’hydrogène par un groupe méthylique et un autre atome d’hydrogène par un groupe isopropyle, cette substitution s’accomplissant dans les positions 4 et 4 on a le cymène,
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