II G C IP
Si maintenant on vient en enlever 2 molécules d’acide bromhydrique à ce produit d’addition, les 2 atomes do brome enlèvent 1 atome d’hydrogène à chacun des groupes CHS placés à. côté d’eux, et il se forme du cymène. Ainsi la formation du cymène s’explique facilement avec cette formule (2) : il n’en serait de même si l’on choisissait la formule (1).
Ces formules expliquent la formation des pro-
TÉRÉBENTHÈNE.
T l' R K BEN THE NE.
duits d’oxydation du térébenthène. Elles rendent ■gaiement compte des nombreuses combinaisons du térébenthène et do scs isomères, comme les formules de M. Bertbclot précédemment citées., , J. R.
TEKEBEM IIÈNE. — On donne aujourd’hui ce nom au carbure C10H16 contenu dans l’ossence de térébenthine (voyez ce mot). Quelques auteurs emploient encore à tort l’expression essence de térébenthine comme synonyme de térôbenthène (allemand terpentinôl, anglais turpenline-oil); elle doit être réservée pour désigner le produit brut et complexe obtenu par l’industrie et sur lequel ont porté d’ailleurs bon nombre d’expériences anciennes.
La composition du térébenthène a été nettement établie par M. Dumas [Ann. de Cliim. et de Phys., (2), t. L, p. 230] ; ses variétés sont nombreuses, le terébenthène gauche extrait de l’essence française du Pinus marilima et le térébenthène droit du Pinus australis ont seuls été bien étudiés.
Préparation. — Pour préparer le térébenthène pur exempt de toutes modifications optiques, M. Bertbclot distille dans le vide au bain-marie la térébenthine brute préalablement mélangée à un carbonate alcalin pour saturer les acides libres qu’elle contient [Berthelot, Ann. de Cliim. et de Phys., (3), t. XL, p. 5]. On obtient, suivant M. Riban, ce carbure également très-pur et beaucoup plus aisément en fraclionnant l’essence de térébenthine du commerce, de façon à recueillir les parties distillant au voisinage de 150°. Les portions recueillies vers cette température présentent le pouvoir rotatoire maximum. L’essence est ainsi débarrassée, 1" de carbures plus volatils et non étudiés qui la souillent; 2° de petites quantités de cymène qu’elle peut contenir; 3° de produits oxygénés assez abondants et variables avec la durée de son exposition à l’air.
Propriétés. — Le térébenthène pur, C10Hle, est un liquide incolore, mobile, d’une odeur spéciale bien connue, brûlant avec une flamme éclairante fuligineuse, bouillant de 159°, 5 à 163° (Berthelot), à 150°, 5 (Riban).
Le pouvoir rotatoire du térébenthène gauche obtenu par distillation de la térébenthine dans le vide est pour la teinte sensible : foc] j = — 42”,3Ô (Berthelot). Obtenu par le fractionnement de l’essence de lôrôbenthine commerciale, son pouvoir rotatoiro pour la raie D est : [a] d = — 40°, 32 [Riban, Ann. de Cliim. et de Phys., (5), t. VI, p. 14]. Ce dernier chiffre sera plus fort que le précédent si l’on fait la correction pour le ramener à la teinte sensible.
11 no varie plus par une ébullition prolongée à l’abri de l’air, mais est diminué à partir de la température de 100° sous l’influence inexpliquée de certains agents tels que les acides orga-
Substances oxaminées.
r. Essence française
— en dissolution dans l’alcool.
IL Essence anglaise
chauffée à
j niques, les chlorures et fluorures terreux, etc. (voyez plus bas) [Berthelot, Ann. de Cliim. et de Phys., (3), t. XXX, p. 207].
M. Gernez a étudié la variation du pouvoir rotatoire de l’essence de térébentine, et non pas deutérébenthène, en fonction de la température; elle est représentée par la formule
Le pouvoir rotatoire moléculaire de la vapeur de cette essence est presque rigoureusement le môme que celui du liquide supposé à la même température [Gernez, Compt. rend., t. LVII1,
Le térébenthène gauche dévie dans le même sens le plan de polarisation de la chaleur ; le pouvoir rotatoire calorifique est un peu plus faible que le pouvoir rotatoire optique [de la Provostaye et Desains, Ann. de Cliim. et de Phys., (3), t. XXX, p. 207].
Le térébenthène de l’essence anglaise extraite du Pinus australis est dextrogyre, son pouvoir rotatoire rapporté à la teinte sensible est : [a ]j ; = -f- 18°, 9 [Berthelot, loc. cil. J. Il subit les mêmes modifications que celui de l’essence gauche.
La densité du térébenthène gauche à 0° = 0,8767. Ses densités entre 0° et 100° sont données par l’équation :
Df = 0,8707 — 0,00008213 t - 0,00000010 t *.
Son indice pour la raie D à la température de -j- 2 i° : nj = 1,4Gi8. Énergie réfringente spécifique 0,5103 [Riban, loc. c/t.j. Son indice de réfraction à la température do 21°, suivant Gladstone et Dale [Pliil. Mag. , (4), 1870, t. XXXIX, p. 232] est : n j = 1 ,4053 ; si l’on fait la correction relative à la différence de température, ce chiffre se confond avec le précédent. Sa chaleur spécifique moyenne par la méthode des mélanges est, entre 100" et 15’’ ; 0,4072, entre 20° et 15° : 0,420. Elle croit rapidement avec la température [Régnault, Ann. de Cliim. et de Phys., (2), t. LXXIII, p. 5 etsuiv., et (3), t. IX, p. 322], Sa chaleur de combustion est de 10852 calories. On a trouvé, par la métlnde du calorimètre à mercure, pour sa chaleur spécifique moyenne entre 155° et la température ambiante 0,4073 et pour sa chaleur latente de vaporisation 68,731 unités [Favre et Silbermann, Ann. de Cliim. et de Phys., (3), t. XXXIV, p. 357 et t. XXXVII, p. 400].
Action de la chaleur. — Suivant les expériences do M. Berthelot [Ann. de Cliim. et de Phys., (3), t. XXXIX, p. 5], la chaleur modifie, vers la température do 250°, lo pouvoir rotatoire du térébenthène en lo diminuant :
Déviation pour lo teinte <ic passage sous une épaisseur de 100 imUim.
temporaluro du bain.
non surchaulTée.
vers 250° vers 300° non surchauffée.
25ii°
Durée
de l’expérience.
GO h 37 h.
Densité.