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Essence suisse ( lévo

gyre)

Enfin un autre produit de la combustion lente du' térébenthène est le cymène, C10 II1*, que l’on trouve en faible proportion dans les vieilles essences de tôré' enthinc longtemps abandonnées au contact de l’air : le carbure, dans ce cas, a perdu H* avec formation d’une quantité correspondante d’eau [Wright, Journ. of the Chem. Soc. 1873, t. XI, et Orlotvski, Derichte, 1873, p. 1257].

Mais il ne faudrait pas croire que la totalité de l’oxygène absorbé par le térébenthène se fixe sur lui d’une façon definitive à l’état de composés oxygénés stables : une partie de ce gaz absorbé est disponible au sein du carbure et en Tait dès lors un agent oxydant des plus énergiques.

Pour M. Schœnbein, l’oxydation du térébenthèno est précédée d’une polarisation de l’oxygène inactif. L’oxygène négatif (ozone) se combine au carbure et le résinifie, l’oxygène positif (antozone) y reste dissous et sa présence est facile à démontrer à l’aide de la solution d’indigo, qui se décolore immédiatement par l’agitation avec le carbure aéré. L’oxygène actif s’y trouve bien à l’état d’antozone, car, en agitant le carbure avec de leau acidulée par les acides sulfurique ou azotique, on obtient do l’eau oxygénée. L’opinion de Schœnbein nous parait peu fondée [Journ. (tir prakt. Chem., t. LXXX, p. 257, t. XC1X, p. 1 1, L C. p. 4159, t. Cil, p. 115, ou liéperl. de Cliim. pure, 48(51, p. 3li, et Bull, de la Soc. chim., C VII p. 238, t. VIII, p. 26, t. IX, p. 74, t. X P- 12 j. 1 ’

D’aprèsM. Kuliln ami [Compf. rend, de l’Acad, ,

t. Xl.I, p. 470 et 538], le térébenthène aéré agit à froid sur la solution de gaz sulfureux avec dégagement de chaleur et production d’acide sulfurique; il fait passer au maximum d’oxydation l’acide arsénieux, les sels de protoxyde do fer. d’étain, etc., etc.; chauffé avec de la litharge, il la transforme en oxyde puce de plomb.

Le carbure, à la suite de ces diverses réactions, a perdu sa propriété oxydante, mais il la reprend par une nouvelle aération, servant ainsi de véhicule à l’oxygène atmosphérique.

D’après M. Berthelot, le térébenthène aéré oxyde l’acide malique avec formation d’acide oxalique [Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. LXI, p. 462]; une pareille combustion lento a lieu avec- le sucre. Il oxyde également le pyrogallate de potasse, il ému’sioone et éteint le mercure avec production d’une poudre noire qui semble formée par du protoxyde.

11 résulte des expériences faites par M. Bcrthelot, soit avec l’indigo, soit avec le pyrogallate de potasse : 1° que le férébenthène, constamment aéré, à l’air libre, cède à l’indigo en sept mois et demi pour le décolorer 408 fois son volume d’oxygène ; 2° que le térébenthène aéré, puis soustrait d l’action ultérieure de l'air, fournit à l’indigo et au pyrogallate la moitié do son volume d’oxygène oxydant; 3° que cette dernière dose d’oxygène n’est pas contenue à l’état libre dans le carbure, car elle ne se dégage ni pai l’ébullition ni par le déplacement à l’aide d’un autre gaz tel Cjue l’acide carbonique ou l’oxyde de carbone.ee qui exclut l’idée d’une union de l’oxygène et du carbure semblable à celle do l’oxygène avec le globule sanguin; 4° que la quantité d’oxygène purement dissoute dans le carbure est insignifiante et ne représente que le 1/IOU' de la quantité d’oxygène oxydant l'indigo et le pyngallate; 5° qu’il faut écart er l’opinion d’après laquelle l’oxygène, en agissant sur le térébenthène, acquerrait les propriétés de l’ozone. L’oxygène actif, pour M. Berthelot, existe dans le carbure à l’état de combinaison oxygénée peu stable, qui céderait aisément son oxygène et serait, comparable, par exemple, au peroxyde d’azote (on tant que formé par l’union du bioxyde d’azote et de l’oxygène) apte à oxyder un grand nombre do corps que l’oxygène libre ne peut oxyder [ Berthelot, Ann. de Chim. et de Pliys., (3), t. LVIII, p. 426J.

M. Chas. Kingzett, dans un mémoire récent et trop étendu pour être résumé ici, arrive aux mêmes conclusions que M. Berthelot, en établissant par de nouvelles méthodes qu’il n’existe pas d’ozone dans l’essence de térébenthène aérée. Pour l’auteur le corps oxydé, à oxygène disponible, so formant dans la réaction ne serait autre chose que le peroxyde camphorique de Brodio Cio h t* 0'* dérivé de l’anhydride camphorique. L’auteur donne une analyse du camphorate de fer ainsi obtenu; mais il est regrettable que l’on n’ait pas pu isoler en nature l’acide camphorique, dont les caractères si tranchés n’auraient plus laissé de doute sur la formation, fort intéressante de ce corps dans l’oxydation lente du térébentliène [yourn. of the Chem. Soc., juin 1874 et mars 1875 et Monit. Quesneville, 3e sér., t. IV, p. 4620, Ann. 1875].

Suivant M. Sobrero [Compt. rend, de l’Acad., t. XXXI II, p. 66] le térébenthène humide absorberait sous l’influenco de la lumière l'oxygène pur et formerait un composé, C10 H111 0 -j- 11*0, oxyde do terébenthène. Ce résultat nous paraît douteux : le corps obtenu pourrait bien n’être que de la terpine ou hydrate de térébenthèno.

Le soufre n’agit pas sur le térébenthèno: il se dissout simplement dans le carbure, qui en retient la moitié de son poids environ.

TÉRÉBENTHÈNE. — 310 — TÉRÉBENTHÈNE.

Le phosphore se dissout aisément dans le térébcnthène, la solution phosphoréo n’est plus vénéneuse. M. Personne, qui a constaté ce fait, a proposé ce carbure comme antidote du phosphore [Compt. rend, de l'Acad., t. LXXV1I1, p. 543J. Suivant M. Jouas [Ann. der Chem. u. Pharm., t. XXXIV, p. 238], il se formerait une véritable combinaison phosphorée. Le sel do baryte de cette combinaison a pour formule, d’après I\1M. Kcohler et Schimpf, C10H'5PhO5Ba; ces chimistes ont appelé térébentho-phosphoreux l’acide qu’ils en ont isolé [Dingl. polyt. Journ., t. CXCIX, p. 510, et Bull, de la Soc. chim., t. XVI, p. 109].

Le chlore, suivant M. Deville [Ann. de Chim. et de Phys., (2), t. LXXV, p. 60J, agit sur le térébenthène en dégageant beaucoup de chaleur et d’acide chlorhydrique ; il se forme du térébenthène quadrichloré, C*°H12C14.

Le brome en excès produit dans les mômes conditions un dérivé quadribromé, C10H12Br4. Mais si, employant une quantité deux fois moindre de brome, l’on opère avec ménagement et en refroidissant, on obtient sans dégagemen d’acide broncbydrique le produit d’addition C10H16Br2 (Oppenheim), qui, traité par l’aniline, donne du cymène. M. Greville Williams a réalisé cette dernière transformation en traitant successivement le térébenthène par le brome et le sodium.

L’iode se dissout dans le carbure en le colorant en vert foncé; à chaud, il se dégage de l’acide iodhydrique [Deville, loc. cit.; — Schtitzenberger et de Clermont, Bull, de la Soc. chim., t. XIV, p. 2 et 3]. Il paraît se former le composé C10H1CI2, qui, par l’action de la chaleur, se transforme en cymène [Kekulé, Deutsche Chem. Gesells., t. VI, p. 437, et Bull, de la Soc. chim., t. XX, p. 297].

L’eau s’unit spontanément au térébenthène pour donner un hydrate cristallisé, C10H1G,2ll2O + H20, hydrate de térébenthène ou terpiue (voyez ces mots). L’addition à l’eau d’un mélange d’alcool et d’acide nitrique favorise la combinaison.

Il paraît exister un monohydrate liquide , Cto H‘®, H2 O [Berthelot, Journ. de Pharm., t. XXIX, p. 28].

L’acide sulfurique agit énergiquement sur l’essence de térébenthine avec dégagement de chaleur. Si l’on distille le produit de la réaction, on obtient du térébène, du cymène, du colophène (ditérébène) et des polymères supérieurs et visqueux; il so forme en môme temps de l’eau et l’on constate un dégagement abondant d’acide sulfureux [Deville, loc. cit.; — Riban, Compt. rend, de l'Acad., t. LXXVI, p. 1547]. — Voyez également à ce sujet le mot TénétiÈNti.

L’acide nitrique agit avec beaucoup de violence sur le térébenthène en dégageant des torrents de vapeurs rutilantes; les produits formés varient avec la concentration do l’acide et les quantités employées. Par l’action d’un acide étendu de son volume d’eau, on obtient des matières résineuses et des acides appartenant à la série aromatique et à la série grasse. Ce sont les acides : térébique, oxalique, toluique, téréphtalique , téréchrysique [Bromeis, Ann. der Chem. u. Pharm., t. XXXVII, p. 97; — Rabourdin, Journ. de Pharm., (3), t. VI, p. 185; — Cailliot, Journ. de l'Institut, 1849, n° 827 ; Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XXI, p. 27].

MM. Beilstein et Hirzel ont montré que l’acide térébenzique de M. Cailliot n’était autre choso que de l’acide toluique impur [Zeitsch. für Chem., nouv. sér., t. II, p. 204, ou Bull, de la Soc. chim., t. VI, p. 388].

L’acide toluique ainsi obtenu est de l’acide paratoluique [Kekulé, Deutsche Chem. Gesells., t. VI, p. 437, et Bull, de la Soc. chim., t. XX, p. 297 ; — Oppenheim, Deutsche Chem. Gesells ...

t. VI, p. 915, et Bull, de la Soc. chim., t. XX p. 500 J.

Les produits volatils qui résultent de l’action do l’acide nitrique et qui se condensent dans le récipient contiennent les acides butyrique, prepionique, acétique, formique [Schneider, Ann. der Chem. u. Pharm., t. LXXV, p. 101]. Il se forme également de l’acide cyanhydrique, dont la présence a été signalée par divers auteurs.

D’après M. Chautard [Journ. de Pharm. et de Chim., t. XXIV, p. 100], la matière résineuse obtenue dans l’action de l’acide nitrique sur le térébenthène, fournit de la toluidine par la distillation avec de la potasse. Suivant M. Hugo Schiff, la substance résineuse résultant do l’action de l’acide azotique concentré sur le térébenthène donne lorsqu’on la distille avec du sable une matière huileuse contenant de la nitro benzine [Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXIV, p. 201, et Bépcrt. de Chim. pure, 1800, p. 270].

L’acide nitreux gazeux chango le térébenthène en un produit noir et résinoïde. Pendant cette réaction, accompagnée de dégagement de chaleur, il distille un liquide rougeâtre dont l’odeur rappelle beaucoup les amandes amères et un peu le carbure primitif.

L’acide phosphorique vitreux colore légèrement le térébenthène en rouge, mais n’exerce d’ailleurs qu’une action peu sensible.

L’acide chlorhydrique gazeux se combine au térébenthène avec dégagement de chaleur et formation do deux monochlorhydrates isomériques, pio nie, HCl, pun solide et bien défini (camphre artificiel), l’autre liquide, que l’on n’a pu obtenir complètement exempt de la modification solide.

Si le carbure est en solution dans l’acide acétique, l’alcool ou l’éther, le gaz chlorhydrique le transforme en un composé liquide,

C'° 1116, 2 II Cl + 2(0*° H16, II Cl)

qui, par évaporation spontanée du monochlorhydrate qu’il contient, fournit du bichlorhydrate de térébenthène, C10 H16, 2 II Cl.

La solution aqueuse de gaz chlorhydrique agissant pendant un temps assez long sur le carbure le transforme également en bichlorhydrate souillé de matières liquides.

Le gaz bromhydrique produit deux monobromhydrates, l’un solide, l’autre liquide.

L’acide iodhydrique se combine également à froid au térébenthène : il se formerait un monoiodhydrate liquide, C'»H‘G,III, assez instable.

A haute température et en vase clos, l’acidç iodhydrique fournit do l’hydrogène naissant qui se fixe sur le carbure (Berthelot).

En opérant dans trois conditions différentes, â savoir :

(a) En présence d’un excès d’hydracide;

(0) En présence d’une quantité insuffisante d’hydracide et à une température ménagée;

(c) En présence d’une quantité insuffisante d’hydracide, et en poussant à l'extrême la réaction, on a obtenu, suivant les circonstances, les trois hydrures successifs:

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