NITRATES
exprimés en nitrate de potasse.
kilogr.
kilogr.
kilogr.
kilogr.
Bischwiller
Liebtrauenborg
Bechelbronn
Herbages d’Argcntan
Rio Madeira
Rio TrorabettO
Rio Negro
Sarracca
Santarem
Capari
Iles du Salut
Martinique
De l'acide rHOSPiioniQBE contenu dans la tf.iiiie arable. — Les recherches récentes de M. de Gasparin, de M. SchlcesiDg, de M. Truchot, ont montré que la terre arable renferme habituellement des quantités sensibles d’acide phosphorique. Les terres les plus riches sont les terres volcaniques ; on y trouve de 6 grammes d’acide phosphorique par kilogr. (Gasparin), à 4 grammes, 3 grammes et même seulement 1, et 2 (Truchot). Les terres les plus pauvres sont les terres granitiques ; dans vingt-trois analyses qu’il en a faites, M. Truchot n’arrive jamais à y découvrir 1 gramme par kilogr., mais seulement 0*r,9 et très-souvent des nombres plus faibles. Ann. agron., t. I, p. 535.
D’après M. Schlœsing, il existerait en moyenne dans la terre arable lf, 7 d’acide phosphorique par kilogramme, soit 6 à 7 tonnes par hectare, en admettant une épaisseur de 25 centimètres pour la couche arable, et un poids de lk,*,5 par litre de terre. D’après M. P. de Gasparin, les sables granitiques d’Annonay renfermeraient 2 4,000 kilogrammes par hectare dans la couche arable; dans les alluvions de la Durance, on calcule 16 tonnes par hectare, 20 tonnes dans le dilu-
vium du littoral méditerranéen, et 5 tonnes seulement dans les argiles marneuses de la vallée de l’Arve (Haute-Savoie et Suisse).
M. P. de Gasparin considère la proportion d’acide phosphorique contenue dans une terre comme donnant une mesure de sa fertilité, et il admet qu’on puisse classer les terres arables en terre riches, très-riches, moyennement riches ou pauvres, suivant que l’analyse y décèle 2 millièmes de 1 à 2, de 1/2 à 1, ou enfin moins de 1/2 millième d’acide phosphorique.
Do même que l'azote se rencontre habituellement dans la terre arable à l’état insoluble dans l’eau, et par suite non immédiatement assimilable par les plantes, de même l’acide phosphorique existe dans le sol ï l’état de phosphate de fer et d’alumine, c’est-à-dire complètement insoluble dans les acides faibles. Cette importante observation est due à M. P- Thénard. J’ai eu occasion d’en reconnaître l’exactitude en examinant une terre qui avait reçu une forte fumure de noir animal, une année avant d’être soumise à mon examen; je ne pus en extraire auclj'Je trace d'acide phosphorique à l’aide de 1 acide acétique, mais au contraire l’acide chlorhydrique»
TERRE ARABLE
TERRE ARABLE. — 3&3
qui dissout les phosphates de sesquioxydes, en enleva dos quantités sensibles.
M. Voelcker a reconnu que l’acide phosphorique soluble, contenu dans les phosphates traités par l’acide sulfurique qui sont d’un usage constant dans la grande culture, devient promptement insoluble dans l’eau pure; ces phosphates sont toutefois facilement attaquables par les carbonates alcalins ou par le carbonate de chaux, et cette transformation qui ramène l’acide phosphorique il une forme où il peut être assimilé par les plantes, est certainement une des utilités du chaulage (voyez ce mot).
De la potasse contenue dans la terre arable.
— La potasse se rencontre habituellement en quantité suffisante dans la terre arable pour qu’il n’y ait pas grand avantage il en ajouter : au moins jusqu’il présent, les efforts qui ont été faits par nos salines du Midi et par les industriels qui exploitent les mines de Stassfurt pour faire pénétrer les engrais alcalins dans la grande culture, n’ont pas été couronnés de succès.
La potasse est particulièrement abondanto dans les sols granitiques , auxquels au contraire la chaux et l’acide phosphorique font habituellement défaut, de telle sorte que si la quantité d’acide phosphorique contenue dans le sol indique, dans une certaine mesure , le degré de fertilité de la terre qui l’a fourni, le dosage de la potasse ne donne aucune indication de ce genre.
Les plantes trouvent donc habituellement dans le sol une quantité de potasse suffisante; elles ont même une tendance particulière à s’en emparer, en laissant au contraire la soude qui s’y rencontre également. En arrosant des pommes do terre croissant en pleine terre avec des sels variés do soude, l’auteur de cet article a pu reconnaître que les plantes s’étaient seulement emparées de la potasse ; il était impossible de trouver de la soude dans les cendres des tubercules. En arrosant diverses plantes semées dans de grands pots à fleurs avec du sel marin, on les a fait périr assez rapidement; mais on a reconnu avec étonnement que si les cendres renfermaient des quantités notables de chlorure de potassium, on n’y trouvait que des traces de chlorure de sodium. Ces expériences n’ont fait au reste que confirmer les observations de M. Peligot, qui a étudié avec beaucoup de soin la répartition do la potasse et de la soude dans les végétaux (voyez Ann. de chimie et de physique, 4 et 5).
De la chaux contenue dans la terre arable.
— Les terres d’alluvion, les terres volcaniques renferment habituellement des quantités do chaux suffisantes pour que le chaulage n’y serve qu’à modifier l’état dans lequel se trouvent les composés azotés et les phosphates ; dans les terres granitiques, au contraire, le calcaire fait souvent défaut, et les chaulages exercent une action des plus marquées, (voyez dans les Annales agronomiques, t. J, p. 538, la composition d’un grand nombre de sols granitiques). Les terres granitiques trouvent au reste souvent dans les eaux qui circulent dans le sous-sol la quantité de chaux nécessaire au développement des végétaux, chaux dont le rôlo a été précisé récemment par M. Boehm.
Si la présence d'une certaine quantité de chaui est utile à la végétation, s’il est môme beaucou[ de plantes qui se plaisent dans les terrains calcaires ou qui vivent indifféremment dans un so riche ou pauvre en carbonate de chaux, il est ai contraire certaines espèces qui vivent trôs-ma dans les terrains calcaires. MM. Fliche et Gran deau om signalé récemment [Ann. de Cliim. e l'. XXIX’ P- 383] le faible développe ment qu acquiert le pin maritime semé dans le: sois calcaires.
De l’atmosphère confinée dans la terre arable. — MM. Boussingault et Lewy ont étudié, il y a plusieurs années, la composition de l'air confiné dans la terro arable: ils y ont trouvé des quantités notables d’acide carbonique qui augmentait en raison de l’abondance do la fumure ; le volume de l’oxygène, ajouté à celui de l’acide carbonique, était souvent légèrement en défaut sur celui qu’il présente dans l’air normal, une petite quantité d’oxygène étant prise par les composés minéraux non arrivés au maximum d’oxydation qui existent dans le sol ou par les matières organiques pour former dos produits fixes.