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TERRE ARABLE. — 352 — TÉTRACRYLIQUE (ACIDE

qui était encore complètement inondé il y a trente ans. Il suffit de parcourir les environs d’Ubate, de consulter les plus vioux chasseurs du pays, pour rester convaincu que de nombreuses forêts ont été abattues. »

Si l’on recherche la cause à laquelle il faut enfin attribuer l’action des forêts sur le régime des eaux, on la trouve dans le pouvoir émissif considérable que possèdent les feuilles. Le pouvoir étudié récemment par M. Maquenne à Grignon s’est trouvé très-voisin à celui du noir de fumée. Pendant la nuit les feuilles se refroidissent donc aisément et déterminent un abondant dépôt de rosée. Chacun a remarqué que, pendant les belles matinées d’été, les champs sont mouillés de rosée. Sous les tropiques, quand on bivouaque dans une clairière par une nuit sereine, on entend l’eau ruisseler des hautes branches des arbres. Pendant le jour, les plantes évaporent, il est vrai, une quantité d’eau notable par leurs feuilles sous l’influence de la lumière; mais à l’ombre cet effet s’amoindrit singulièrement, et, dans une forêt épaisse, sous un fourré, l’évaporation est faible. Il est clair enfin que dans les bois la température est moins élevée qu’en plaine, et que par conséquent l’humidité contenue dans l’air se condense aisément en pluie ; l’abaissement de température d’un air chargé d’humidité suffit pour la déterminer.

L’influence réfrigérante de la forêt s’étend à une certaine hauteur dans l’atmosphère. Dans ses ascensions aérostatiques, M. Tissandier a été obligé, parfois, de jeter du lest en arrivant audessus d’une forêt, tant son ballon se dégonflait par suite du refroidissement. On conçoit donc ue l’air chargé d’humidité qui passe au-dessus es bois se refroidisse, et que la vapeur qu’il renferme, amenée d’abord à l’état vésiculaire, se condense bientôt en pluie.

En résumé, nous voyons que la forêt exerce une influence manifeste sur la quantité d’eau tombée, et que c’est sans doute a sa destruction qu’il faut attribuer la sécheresse et la stérilité. Si, poursuivant nos investigations, nous cherchons les causes de la disparition des bois, celles-ci nous apparaissent nombreuses et puissantes. La guerre est une dos causes qui, dans les pays méridionaux, l’amène habituellement; le conquérant, gêné dans ses attaques par la forêt dans laquelle les habitants cherchent un refuge, la brûle sans pitié, et nous ne pouvons pas nous étonner que les guerres terribles qui ont dévasté l’Asie Mineure, parcourue par les Perses, les Grecs, les Turcs, aient peu à peu détruit les forêts. La paix même ne les épargne pas : nous savons qu’aujourd’hui encore l’Arabe met le feu aux herbes qui couvrent la steppe pour y faire développer une végétation nouvelle plus utile à ses troupeaux. Combien de fois le feu ne s’est-il as communiqué aux bois avoisinants, et comien ont été ainsi détruits!

L’histoire a conservé le souvenir de la disparition des forêts de l’ile de Madère (en portugais Madura, bois) : lorsque pour la première fois ils y abordèrent en 1419, l’ile était couverte de végétaux ; on y mit le feu, l’incendie dura sept ans.

L’homme abat les bois non-seulement pour faire de la place à ses cultures, pour se frayer un chemin plus facile, mais encore il élève un nombreux bétail qui contribue à la destruction.

On porte A Porto-Santo, en 1418, une lapine pleine, et sa progéniture se multiplie tellement, qu’elle broute tout ce qu'elle peut atteindre, menaçant de cl asser par la faim les colons euxmêmes. Quand on découvrit i’ilo de Sainte-Hélène, il y a trois cent soixante ans, elle était couverte

de forêts qui descendaient dans les ravins jusqu’au bord de la mer. En 1513, on introduisit dans l’ile un troupeau de chèvres; elles s’y multiplièrent tellement, qu’en 1588 le capitaine Cavendish en vit des bandes longues de 2 kilomètres. En 1709, il n’existe plus que quelques forêts ; ce n’est que cent ans plus tard qu’on se décide à détruire les chèvres : presque toute la flore primitive de Hle avait disparu [ les Migrations végétales, dans la Revue des Deux Mondes , 1870, t. LXXXV, p. 645 et 647]. Dans un grand nombre de pays où existe la transhumance, les forêts sont détruites, la sécheresse devient excessive, le pays s’appauvrit, la population diminue. Toutes les personnes qui ont parcouru les plateaux des Castilles, la Manche et l’Estramadure, ont été frappées de l’absence absolue des arbres : aussi l’aridité est-elle extrême et la terre absolument nue pendant une grande partie de l’année.

Nous avons insisté plus haut sur l’épuisement des sols en acide phosphorique, et il est possible qu’il ait eu sa part dans la stérilité d’un certain nombre de contrées où à l’origine il était peu abondant; mais le manque d’eau produit par le déboisement exerce sur les contrées méridionales une influence singulièrement plus étendue.

Quand la terre se dessèche, toute végétation devient impossible, et tous les éléments carbonés autrefois contenus dans le sol se brûlent complètement. La formation des nitrates y est souvent considérable, et nombre de pays aujourd’hui stériles sont cependant abondamment pourvus de nitre. Dans l’Inde, en Perse, les voyageurs le voient s’effleurir sur le sol, et si un jour ces pays se trouvaient entre des mains industrieuses, capables d’entreprendre les travaux nécessaires pour utiliser l’eau des fleuves en irrigations, il est probable que la fertilité ancienne reparaîtrait et que le berceau de la civilisation retrouverait son ancienne splendeur.

Si les considérations précédentes sont exactes, on reconnaîtra que nos pays occidentaux, habituellement parcourus par les vents du sud-ouest, qui leur apportent, en même temps que la chaleur de l’équateur, l’humidité de l’Océan, ont moins à craindre la stérilité par la sécheresse que les contrées orientales, où les vents chargés d’humidité n’arrivent plus si aisément. Prenons-’.garde cependant : conservons précieusement nos forêts comme une des sources les plus puissantes d’arrosement; gardons-nous de les aliéner et d’autoriser trop facilement les défrichements, sous peine de voir les longues sécheresses de l’été diminuer la fertilité de notre sol, que la nature a si heureusement doué. P.. P. D.

TERRE DE VÉRONE. — Voyez CKLADO-

NITE.

TERRE VERTE. — Voyez Céladonitb.

TESCHEMAKERITE. — Nom donné par Dana au bicarbonate d’ammoniaque trouvé dans les guanos de la côte d’Afrique, de la Patagonie et des lies Chincha.

Dureté : 1,5. Densité : 1,45.

Cristaux jaunes ou incolores présentant deux clivages brillants sous l’angle de 120°.

TESSEEITE (Min.). — Voyez Apophyl-

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