C* IP
L’hypothèse de Limpricht manque jusqu’ici de base expérimentale.
TÉTROLIQUE (ACID E), CMP O2. —Cet acide diffère de l’acide monochlortétracrylique,
CMP CIO2,
de Geuther [voyez Cbotomques (acides), au Supplément], par les éléments de 1 molécule d’acide chlorhydrique qu'il renferme en moins. Il se produit dans l'action do la potasse alcoolique sur l’acide monochlortétracrylique. Il est inutile d’employer cet acide à l’état de pureté, on peut se servir directement du produit dt la réaction du perchlorure de phosphore su: l’éther acétylo- acétique, produit qui est m mélange d’éther monochlortétracrylique et d’éthci monochlorquarténylique isomérique avec le pre micr. Ce mélange est chauffé à l’ébullition a\ :< un faible excès de potasse alcoolique ; les detr éthers se saponifient, l’acide monochlorotétra nylique perd ensuite 1 molécule d’acide chlor hydrique, tandis que l’acide monochloroquarté nylique résiste à l’action de la potasse. L'alcoo est distillé, le résidu est sursaturé d'acide sulfu
THALLIUM
TÉTROL. — 355 —
rique étendu et distillé une seconde fois ; l’acide monochloroquarténylique passe avec les vapeurs aqueuses, tandis que l’acide tétrolique se retrouve dans le résidu et peut en être extrait par l’éther exempt d’alcool. On lo purifie par cristallisation dans l’eau.
Il cristallise en tables rhombiques, incolores et transparentes, très-solubles dans l’eau et déliquescentes ii l’air humide. L’alcool et l’éther le dissolvent abondamment. Il fond il IG", 5 et se solidifie de nouveau il 70°, 5; son point d’ébullition est situé il 203° (corrigé).
Traité par un grand excès de potasse l’acide tétrolique se décompose il lu longue [A. Geuther, Journ. fur prakt. Cliem., (2), t. III, p. 431; Bull, de la Soc. chim., t. XVI, p. 109]. A. II.
TÉTROXÉUYTIIUIKE. — On a donné ce nom il une matière colorante rouge que Wurm a extraite au moyen du chloroforme de la tache rouge mamillairc placée au-dessus des yeux du coq de bruyère (Telrao urogallus) et du coq de bouleau (Telrao tetrix ). La matière colorante est soluble dans le sulfure de carbone et dans l’éther, fusible il une température peu élevée. Elle est insoluble dans les alcalis; avec l'acide nitrique elle ne montre pas la réaction caractéristique de l’hématoîdine [Wurm, Poggend. Ann., t. CXLV, p. 170; — BischofT, ibid., p. 171; — Liebig, ibid., p. 173],
TETIt Y LE. — Syn. de Butyle, t. I, p. 070.
TETR.YLÈNE. — Syn. de Butylène, 1. 1, p. 070.
TEXAL1TIIE (Min.). — Hydrate de magnésie considéré comme clinorhombique par Hermann.
TEXASITE (Min.). [Syn .Zaratite], — Hvdrocarbonate de nickel
CO3 Ni -f- 2Ni02H2 4- 4II20.
Incrustations ou masses mamelonnées d’un beau vert émoraudo, fragiles, d’un éclat vitreux, transparentes ou translucides, trouvées dans le fer chromé du Texas (Lancaster Co), il Sweananess (Uust, Shetland), et en Espagne, près du cap Ortegal (zaratite).
Caractères. — Fait effervescence avec les acides ; •dans le tube bouché, donne de l’eau et do l’acide carbonique et laisse un résidu noir magnétique. Au chalumeau il ne fond pas; avec lo borax, réaction du nickel.
Dureté : 3 à 3,25. Poussière vert pile. Densité 2,57 il 3,09.
Tll ALU LIMITE. — Voyez Mispickel.
THAI.1TE (Min.). — Silicate hydraté de ma gnésie et d’alumine trouvé dans le trapp sur 1; côte nord du lac Supérieur.
TUAI. LITE. — Voyez ÉpmoTE.
THALLIUM, Tl. — Poids atomique = 20< (équivalent = 201). — Historique. — La décou verte de ce métal, comme colle du césium et di rubidium qui l’a précédée et celle de l’indiun qui 1 a suivie, est due à la méthode spectrosco pique de Kirchhoff et Bunsen. Au commence ment de 1801, VV. Crookcs, examinant au spec troscopo des dépôts silénifères et tellurifères de fabriques d’acide sulfurique du Harz, constat; l’apparition d’une belle raie verte ; il l’attribua ; la présence d’un corps simplo nouveau qu’il en visagea comme un métalloïde appartenant ai groupe du soufre. Ln peu plus tard il signala 1 même élément dans le soufre natif de Lipari e en isola une petite quantité il l’état impur. Il lu » P'/ i rar!S?-n. d° S!l raie vert0- lo nom dl
n vui IT (d® u ,,;’ rameau vert) [Chem. News mais et mai 1801 t. 111, p. 303 I(c, d
Clam, pure, t. III, p. 211 et 2891.
h nlmn PU-1S tar^’ cn avr'1 .^02, Lamy observi .cham,, '!ert? e,n ennreinant les boues de
où robn f!udnlP 0-?udl,l uSI?e Kuhlmann à Loos 'rites Ik.i.,0 T acldü sulfurique avec des py belges. Le 10 mai suivant, il lit voir ù h
Société des sciences et d’agriculture do Lille un échantillon du nouveau corps simple sous la forme d’un lingot métallique de 1»',5. En même temps il en faisait connaître les principaux caractères, qui sont ceux d’un métal et non d’un métalloïde, comme l’avait pensé Crookes. Des études plus complètes sur le thallium furent publiées, le 19 juin, par Crookes [Proceed. of the Boy. Soc., t XII, p. 150; Bèpert. de Chim. pure, t. IV, p. 403] et le 23 juin par Lamy [Compt. rend., t. LIV, p. 1255 ; t. LV, p. 830; Repert. de Chim. pure, t. IV, p. 291 ; t. V, p. 81], Les premières recherches de M. Lamy sont exposées en grande partie dans une Leçon professée à la Société chimique de Paris, le 30 janvier 1803 (voir aussi Ann. de Chim. et de Pliys., (3), t. LXVII, p. 385).
Quoique l’un des derniers métaux connus, le thallium est de ceux dont l'étude est la plus complèto. Les principaux travaux qui s’y rapportent sont dus b Lamy, ù Fr. Kuhlmann fils, qui a fait connaîtie principalement les sels organiques du thallium [Compt. rend., t. LV, p. 007; Bépert. de Chim. pure, t. IV, p. 408, et Bull, de la Soc. chim., 1804, (2), t. I, p. 3301; à Crookes [Journ. of the Chem. Soc., 1 SG 4 ; Bull, de la Soc. chim., t. VII, p. 180]; à Werther, qui a fait connaître notamment les sels doubles fournis par le thallium [Journ. fttr prakt. Chem., t. XCI, p. 3S5; t. XCII, p. 128, 351 ; Bull, de la Soc. chim., (2), t. Il, p. 272 ; t. 111, p. 58] ; à Ed. Willrn, qui s’est occupé principalement des combinaisons triatomiques du thallium et des sels thalleux doubles [Bull, de la Soc. chim., 1804, p. 352, 354; 1805, t. I, p. 241; t. 11, p. 89; t. IV, p. 105; Ann. de Chim. et de Pliys., (4), t. IV, p. 5|. Ad. Strecker a décrit également quelques sels thalliques [Ann der Chem. u. Pharm., t CXXXV, p. 207], La Provostaye [Compt. rend., t. LV, p. 010], Lamy et Descloizeaux [Ann. de Chim. et de Phys., (4), t. XVII, p. 310] et W.-IL Miller [Phil. Mag., (4), t. XXXI, p. 1 49 J ont déterminé la forme cristalline d’un grand nombre do sels de thallium. Carstanjen a publié un travail d’ensemble, dans lequel il s’est occupé notamment des alliages du thallium et de quelquesunesde ses combinaisons [Journ. fur prakt. Chem., t. II, p. 05, 129].
Origine et extraction du thallium. — Le thallium se rencontre principalement dans certaines pyrites, notamment dans celles d’Oneux, de Theux, do Namur et de Philippevillo en Belgique; dans celles d’Alais (Gard), dans quelques pyrites d’Espagne, dans les pyrites blanches do Bolivie. D’autres n’en renferment point : telle? sont celles de Saint-Bel, près Lyon. Lorsque les pyrites thaï lifères sont employées à la fabrication do l’acide sulfurique, le thallium est volatilisé et va secondenser, avec les produits solides entraînés, dans une chambre placée en avant des grandes chambres de plomb, dans lo but précisément de retenir ces produits solides ou facilement condensables. Le thallium so rencontre dans les boues ainsi accumulées, dans la proportion de 0,5 ù 1 %. Ce sont ces houes qui constituent la matière première la plus avantageuse pour l’extraction du thallium. Boettger a rencontré ce métal en abondance dans les boues do la fabrique d’Oker, dans ’ Harz, où l’on utilise les pyrites de Rammolsberg. Le thallium est fréquemment accompagné de sélénium.
Les pyrites thallifèras ne contiennent guère fine tWfs» do thallium, d’après l’évaluation do Lamy; aussi leur traitement direct pour on extraire le thallium serait-il une opération longue et pénible.
La présence du thallium a été constatée dans certains échantillons de manganèse (et cela dans
THALLIUM
THALLIUM
la proportion de 1 %) [Bischoff, Ami. der Cliem. u. Pliarm., t. CXXIX, p. 33] ; dans quelques minorais de for et dans les pépites de cuivre; dans la ldende et la oalamino de Theux, dans le zinc et le cadmium de la Nouvelle-Montagne, dans le soufre natif do Lipari et dans le soufre brut provenant de la distillation des pyrites d’Uspagne (Crookes) ; quelquefois dans le bismuth et l’antimoine du commerce; dans la lépidolithe de Moravie et dans le mica de Zinnwald (Schroetter); dans les eaux de Nauheim et d’Orb (Boettger). W. Crookes l’a aussi rencontré dans l’acide chlorhydrique du commerce.
Un seul minéral jusqu’à présent a été signalé comme renfermant le thallium à l’état d’élément essentiel ; c’est la crookesite, découverte par Nordenskjold, et constituant un séléniure complexe d’argent, de cuivre et de thallium (Cu,Tl, Ag) Sc. 11 renferme :
Coivre.. 44,21 à 4G,55
Argent 1,44 à 5,09
Fer 1,28 à 0,30
Thallium 18,55 à 16,30
Sélénium 30,86 à 32,10
[Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXL1V, p. 127 ; Bull, de la Soc. chim., (2), t. VII, p. 409].
Extraction des boues des chambres de plomb. — Voici le procédé auquel s’est arrêté Lamy. On fait bouillir le dépôt calciné préalablement dans un four, pour convertir le chlorure peu soluble en sulfate, avec 5 fois son poids d’eau ; on filtre et on précipite la liqueur par l’acide chlorhydrique. Le chlorure de thallium, peu soluble, s’étant rassemblé, on le recueille, on le lave et on le sèche. On le décompose ensuite par l’acide sulfurique concentré, à chaud; on étend d’eau le sulfate formé et on traite la solution par un courant d’hydrogène sulfuré, pour précipiter l’arsenic, etc., le thallium n’étant pas précipité en solution acide. On purifie ensuite le sulfate de thallium par cristallisation. On verra plus loin les procédés à suivre pour obtenir le thallium métallique.
Boettger, après avoir épuisé les boues par l’eau bouillante, sursature la solution par du carbonate sodique et y ajoute un peu de cyanuro de potassium pulvérisé. Après quelques minutes il filtre de nouveau et précipite le thallium par l’hydrogène sulfuré.
Willm préfère le traitement suivant : après avoir saturé par le carbonate sodique, comme on vient de le dire, on précipite le thallium à l’état de chlorure. Quant au résidu du traitement par le carbonate sodique, on le reprend par l'eau régale et l’on réduit la solution décantée par l’acide sulfureux, qui occasionne ainsi un nouveau dépôt de protochlorure, moins pur que le premier et renfermant notamment du mercure et ilu plomb. On le transforme en sulfate, dont on décompose la solution acide par l’hydrogène sulfuré qui ne laisse en dissolution que le thallium avec des traces de fer. Une nouvelle précipitation par l’acide chlorhydrique fournit le chlorure de thallium pur.
Boettger a aussi proposé de traiter la solution bouillante des dépôts thallifèros par de l’hyposullitc de sodium qui précipite le thallium à l’état de sulfure; celui-ci est très-impur, car il renferme de l’arsenic et des métaux étrangers.
Stolba met à profit la facilité avec laquelle cristallise l’alun à base de thallium. Il fait bouillir les boucs avec de l’acide sulfurique, ajoute du sulfate d’aluminium à la solution et fait cristalliser celle-ci; les eaux mères des cristaux d’alun sont finalement précipitées par l’acide chlorhydrique j Chem. Centralblatt, t. V, p. 115; Bull, de la Soc. chim.. t. XXI, p. 5001.
Günning conseille d’épuiser les boues par do l’acide sulfurique; on dissout ainsi, d’après cet auteur, tout le thallium, y compris celui qui est contenu dans les boues à l’état de peroxyde. La solution filtrée est précipitée par l’acide chlorhydrique, puis, après réduction par l’acide sulfureux, par l’iodure de potassium. Pour purifier lé" chlorure ou lo transformer en d’autres combinaisons, on le délaye dans une solution de carbonate sodique et on le traite par un courant de chlore qui précipite du peroxyde de thallium, on redissout ce dernier dans l’acide sulfureux et ' l'on obtient lo sulfate thalleux [Zeitsch. fur Cliem., 1 808, p. 370; Bull, de la Soc. chim., t. X, p. 350].
Extraction du thallium du soufre et des pyrites. — Pour retirer le thallium contenu dans le soufre natif do Lipari ou dans le soufre provenant de la distillation des pyrites thallifères, Crookes traite ce soufre par le sulfure de carbone ou par la soude bouillante. Le résidu noir, renfermant lo sulfure de thallium, convenablement lavé, est dissous dans l’acide sulfurique étendu et la solution précipitée par l’acide chlorhydrique.
Un autre procédé consiste à traiter le soufre par l’eau régale, à étendre d'eau, à précipiter le plomb par l’acide sulfurique et le thallium par l’hydrogène sulfuré, après addition de cyanure de potassium. Si l’on veut retirer le thallium directement des pyrites, il faut soumettre celles-ci à la distillation dans de grands tubes à section hexagonale, que l’on porte au rouge vif; le thallium est entraîné par le soufre qui distille. On l’isole par un des procédés indiqués [Chem. News, t. XXIX, p. 473].
Thallium des eaux mères des usines de Goslar. — Dans la grande fabrique de vitriol de zinc de Goslar, dans le Harz inférieur, on obtient des eaux mères qui sont très-riches en thallium et qui ont pour densité 1,41. Ces eaux mères renferment 0,05 % rîe chlorure de thallium. Le procédé le plus simple, d’après Bunsen, pour extraire le thallium de ce liquide, consiste à traiter celui-ci par des lames de zinc. On précipite ainsi le cuivre, le cadmium et lo thallium à l’état métallique. Ce procédé offre l’avantage de ne pas entraver la fabrication du sulfate de zinc, dont il facilite au contraire la purification. Un mètre cube d’eau mère fournit ainsi un précipité métallique spongieux pesant Gls,4 et renfermant :
kilogr.
Cadmium . . . .
Cuivre.. . ......
Thallium
On exprime ce précipité dans un feutre et on le traite par l’acide sulfurique étendu, qui dissout le cadmium et le thallium. Ou précipite ce dernier par l’iodure de potassium ou par l’acide chlorhydrique.
Résidus de laboratoire. — Pour traiter les résidus do thallium, dans le but d’en extraire ce métal, Willm le ramène à l’état d’iodure ou de sulfure. Daus le premier cas, il faut avoir soin d’ajouter au mélange de l’acide sulfureux ou un sulfite pour réduire tout le thallium au minimum. L’iodure précipité, convenablement lavé, est traité par l’acide nitrsçûe dans une cornue; l’iode se dégage et se condense dans le récipient, tandis que le thallium se transforme en azotate, qu’on enlèvo par l’eau et qu’on fait cristalliser. Si le résidu retenait encore du thallium, il faudrait le traiter par l’eau régale, neutraliser la solution par un alcali et précipiter le thallium par le sulfure ammonique.
Dans le cas où l’on a précipité le thallium sous forme de sulfure, on traite celui-ci par l’acide sul-
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furique jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’hydrogène sulfuré, on étend d’eau, on sursature par le carbonate do sodium pour précipiter les métaux étrangers, puis on précipite le thallium à l’état d’iodure qu’on décompose par l’acide azotique.
Thallium métallique. — Préparation. — Le thallium est précipité de ses combinaisons, a l’état métallique spongieux, par le zinc ou par l’éiectrolysc. La masse spongieuse ainsi obtenue, qui est très-oxydable, est lavée rapidement à l’eau, puis exprimée et fondue dans un creuset de fer; il faut avoir soin, pendant la fusion, de promener à la surface du métal un courant de gaz hydrogène; la surface reste ainsi très-brillante et le métal fondu ressemble à du mercure; on le coule dans une lingotièrc ou dans de l’eau froide si on veut l’obtenir grenaille.
Le chlorure de thallium, forme sous laquelle on précipite le plus souvent le thallium de ses solutions, est facilement réduit par le (lux noir ou par le cyanure de potassium; il est bon d’ajouter au mélange du chlorure de sodium comme fondant. 11 faut éviter avec soin, dans cette opération, la présence du sulfate do thallium ou de tout autre sulfate, sans quoi le culot de thallium renfermerait du soufre, ce qui se reconnaît au dégagement d’hydrogène sulfuré qui se produit par l’action do l’acide sulfurique; en outre le thallium obtenu dans ces conditions présente beaucoup plus de dureté. Si l’on veut avoir le thallium dans un grand état de pureté, il faut redissoudre le thallium, obtenu par une première fusion , dans l’acide sulfurique étendu d’eau, et séparer le sulfate de plomb demeuré insoluble. La liqueur filtrée CM traitée par un courant d’hydrogène sulfuré qui précipite le cuivre, le mercure, le cadmium, le bismuth, qui pourraient se trouver dans le thallium (ce dernier n’est pas précipité par H2 S dans une liqueur acide). Le thallium est ensuite précipité do nouveau à l’état de chlorure que l’on soumet à uue nouvelle réduction.
L’oxalate de thallium, fortement chauffé, se décompose en laissant du thallium métallique pur accompagné d’un peu de protoxyde ( lid. Willm). Cette propriété permet d’obtenir facilement le thallium métallique pur, sans pnrto notable, l’opération pouvant se faire dans des appareils on verre; il est en effet facile d’utiliser la petite quantité d’oxyde de thallium qui accompagne le métal, soit en le dissolvant dans l’eau et le conservant comme tel, soit en le convertissant de nouveau en oxalate qu’on soumet à une nouvelle calcination. Pour amener le thallium à l’état Toxalate, on le convertit d’abord en peroxyde en traitant ses combinaisons par l’eau régale et précipitant la solution bouillante par l’ammoniaque. Le peroxyde noir qui se précipite étant traité par une solution d’acide oxaliquo se transforma, après quelque temps d’ébullition, en oxalate thalleux, avec dégagement d’acide carbonique. Ce procédé pourrait être appliqué à l’extraction du thallium des boues des chambres de plomb.
Propriétés physiques. — Par ses propriétés physiques, le thallium se rapproche beaucoup du plomb : dureté, densité, fusibilité, couleur, toutes ces propriétés sont sensiblement les mêmes. 11 est cependant doux caractères physiques qui distinguent nettement le thallium du plomb : c’est i abord la facilité avec laquelle il volatilise, ainsi que ses combinaisons, à une température élevée; ÏÏ!S Jespcct do son spectre, caractère qui l’a ■ait découvrir.
avec „nn'Uiunî C,st .,rès-mo" Gt se laisse couper horsn m SraiKl° fac,llté et même rayer par l’ongle, brillante sa couPure f™lche est très-
de son nÀv,i 0 e,sc t,orn!t rapidement par suite • ydation ; le thallium se recouvre alors
d’une couche jaune ou brune. La trace qu il laisse sur le papier est noire et bordée de jaune. Le thallium est très-malléable, mais offre, peu de ténacité; on peut le réduire en feuilles d’une grande ténuité.
La densité du thallium à 0° est égale à 11,862 (Lamy); à 11,853 à 11° (do la Rive). Sa chaleur spécifique, déterminée par V. Régnault [Compt. rend., t. LV, p. 887J, est sensiblement la même que celle du plomb, soit 0,03355; Lamy avait trouvé le nombre 0,0325.
Le thallium est plus fusible que le plomb; il fond à 290° (Lamy), à 288° d’après Crookes. On peut le fondre dans un bain d’acide sulfurique. Pur le refroidissement, il se solidifie en prenant une texture cristalline; aussi le thallium fondu fait-il entendre le cri de l’étain lorsqu’on le plie. La dilatation totale du thallium entre 0" et 100° est égale à 0,003135 (Fizeau). Le thallium n’est pas très-bon conducteur de la chaleur. Sa conductibilité électrique a été déterminée par de la Rive [Compt. rend., t. LVI, p. 588] et par Muthiessen et Vogt [Poggend. Ann , t. CXVIII, p. 257], D’après le premier observateur, cette conductibilité est égale à 8,64, à la température de 12", colle de l’argent étant 100 et celle du mercure 1,63; cette conductibilité décroît de t X 0,0038 pour une élévation de température de t". Suivant les seconds, cette conductibilité est représentée par l’expression :
Le thallium et ses combinaisons sont diamagnétiques.
Le spectre du thallium est caractérisé par une magnifique raie verte, douée d’un grand éclat, vers le 120'' degré de l’échelle micrométrique do Bunsen, soit au numéro 1412,6 de l’échelle spectrale de Kirclihoff (longueur d’onde = 534,9). Cette raie ne correspond à aucune raie noire du spectre solaire. W. Allen Miller, en observant le spectre de l’étincelle éclatant sur une électrodo de thallium, a reconnu en outre une série de raies nouvelles qu’on aperçoit surtout sur les bords du spectre f.4nn. de Chim. et de Phys., (3), t. LXIX, p. 507].
Outre la raie verte qui caractérise si bien le thallium, les sels de thallium donnent dans la flamme du gaz une autre raie très-faible, nébuleuse et fugitive, ayant pour longueur d’onde 508. Elle est située au 106,55 de l’échelle micrométrique, la raie principale étant située à 118,40 [Lecoq de Boisbaudran, Compt. rend., t. LXXVIJ, p. 1 152].
Suivant Nicklès, la présence du sodium peut masquer le spectre du thallium.
Propriétés chimiques. — Le thallium est un métal très-oxydable et, sous ce rapport, il se range immédiatement à la suite des métaux alcalins. Conservé à l’air, il devient noir à sa surface; cette oxydation est très -rapide si l’on chauffe le métal à l’air. Mis en présence de l’eau, le thallium ne paraît pas la décomposer; mais il s’empare avec avidité do l’oxygène tenu en dissolution ; malgré cette oxydation, le métal reste longtemps brillant, grâce à la solubilité de l’oxyde de thallium qui reste dissous et rend l’eau trèsalcaline; néanmoins le métal se recouvre, au bout d’un certain temps, d’une couche jaune de protoxyde ou d’un dépût noir de peroxyde. Dans l’eau bien purgée d’air et mise tout à fait à l’abri de l'atmosphère, lo thallium reste indéfiniment brillant (Boettger). L’oxydation du thallium est très-rapide en présence do l’eau lorsque l’on chauffe celle-ci et que l’on y fait passer un courant d’oxygène.
Le thallium reste inaltéré dans une atmosphère d’azote ou de gaz carbonique.
TIIALLIUM.
TIIALLIUM.
Le thallium s’unit directement à. chaud au soufre et au sélénium. Le chlore, le brome et l’iode s’y combinent avec une grande facilité.
Chauffé dans la vapeur do phosphore, il se recouvro seulement d’une pellicule noire et boursouflée.
Le thallium se dissout rapidement dans l’acide sulfurique froid, concentré ou étendu, avec dégagement d'hydrogène; il n’est que difficilement attaqué par l’acide chlorhydrique ; mais il décompose énergiquement l’acide azotique en donnant des aiguilles blanches d’azotate de thallium.
Le thallium est déplacé de ses combinaisons par le zinc; le métal ainsi déposé est cristallin et ressemble au plomb précipité dans les mêmes conditions. L’étain et le fer ne déplacent pas le thallium. Ce dernier, par contre, déplace le cuivre, l’argent, l’or, le mercure et le plomb de leurs dissolutions.
Soumises à l’électrolyse, les solutions de thallium fournissent au pôle négatif un dépôt de thallium métallique.
Les combinaisons de thallium colorent la peau en blanc et la raccornissent. D’après Lamy [Compt. rend., t. LVII, p. 442|, elles sont très-vénéneuses; les accidents qu’elles occasionnent sont une vive douleur dans les intestins et des élancements semblables à des secousses électriques. En jeune chien a succombé 40 heures après l’ingestion de 0sr,l de sulfate de thallium. On doit à Paulet des expériences spéciales relatives à l’action toxique du thallium. Suivant ce savant, le thallium exerce une action bien plus énergique que le plomb. Administré à faible dose, il tue au bout de quelques jours, en produisant un ralentissement dans la respiration, 1 g. de carbonate de thallium tue un lapin après quelques heures [Compt. rend., t. LVII, p. 494). Des expériences analogues sont dues à L. Grandeau [Institut, 1863, p. 333).
Poids atomique et atomicité du thallium. — Lamy a déterminé l’équivalent du thallium par l’analyse de son sulfate et est arrivé au nombro 204. Crookes, de son côté, qui avait d’abord obtenu le nombre 203, est arrivé, par de nouvelles expériences fondées sur la transformai ion d’un poids connu de thallium en azotate, au nombre 204,8. Ce nombre, rapporté aux poids atomiques trouvés par Stas pour l’oxygène et pour l’azote, devient 203,642 [Cliem. News, t. XXVI, p. 231).
G. Werther, en analysant l’iodure de thallium, a trouvé les nombres 203,5 et 204,4, suivant le mode de décomposition do l'iodure. La chaleur spécifique du thallium, qui est la même que celle du plomb, conduit è admettre pour le poids atomique du thallium un nombre voisin de 200 et identique, par conséquent, avec le nombre exprimant l'équivalent. Cette déduction est parfaitement conforme à celle que l’on peut tirer de l’isomorphisme consiant des combinaisons du thallium au minimum avec les combinaisons du potassium dont le poids atomicpie se confond de même avec l’équivalent. L’assimilation du thallium aux métaux alcalins est justifiée par l’isomorphisme que nous venons do signaler et, conséquence de cet isomorphisme, par l’existence d’une foule de sels doubles dans lesquels le thal-
lium remplace les métaux alcalins ; parmi ces sels • doubles nous citerons les aluns, los sulfates doubles de la série magnésienne, l’émétique, etc.
On certain nombre do chimistes rangent le thallium à côté du plomb, en se fondant sur l'analogie des caractères physiques du métal et . des réactions que présentent les sels de thallium: : précipitation d’un chlorure peu soluble et d’un iodure h pou près insoluble, précipitation du thallium par le zinc, etc. Mais il est à remarquer; que des raisons du même ordre peuvent être invo*quées contre cette assimilation, notamment la so- lubilité do sou oxyde, do son carbonate et de som, sulfate. Los conclusions tirées de l’isomorphisme et du poids atomique sont beaucoup plus précises.-. Le poids atomique du thallium se confond, commenous l’avons dit, avec son équivalent, tandis que celui du plomb est double de l’équivalent; de: sorte que la formule atomique du protoxyde de thaï- • lium est Tl2 O et celle de l’oxyde de plomb, PbO, .
Le thallium forme deux séries de combinaisons: : dans l’une, il fonctionne comme élément mona-tomique, à la façon du potassium ; dans l’autre, comme dans le peroxyde Tl2 O3 et le perchlorurc- Tl Cl3, il est triatomique. Ce dernier caractèrel’éloigne du plomb aussi bien que du potassiun : et du sodium, dont les peroxydes ont pour com position K8 O4 et Na2 O2. Le passage des sels thaï 1 leux aux sels thalliques a lieu assez difficilemem par oxydation ; le passage inverse par réduction est plus facile à réaliser.
Nous allons étudier concurremment les combiii naisons monatomiques du thallium ou thalleuse t et ses combinaisons triatomiques ou thalliques.
Alliages du thallium. — Le thallium s’uni facilement à la plupart des métaux. Quelques uns de ces alliages ont été étudiés par Lamn [Leçons professées à la Société chimique, t. IV p. 248J. L’alliage de 4 p. de thallium pour 1 | d’antimoine est plus dur, mais aussi plus altr rable à l’air que les caractères d'imprimerie- Dans les alliages de cuivre et de thallium, d’alui minium et de thallium, l’affinité entre ces métau est très-faible. L’alliage correspondant à l’ai lias, de d’Arcet (le thallium remplaçant le plomb) n fond pas au-dessous de 100°.
Amalgame de thallium. — Le thallium se di sout facilement dans lo mercure. L’alliage se fa i avec production de chaleur: il est électro-négati par rapport au thallium [Régnault, Compt. rem i t. LX1V, p. 611). Cet amalgame s’oxyde rapid ment- à l’air, surtout à chaud.
L’amalgame llgTl2 est butyreux (Carstanjer
Thallium et magnésium. — Ces alliages pe vent être étirés en fils. Avec5°/0 de magnésiui l’alliage est plus ductile que ce dernier méu seul; il est peu altérable. Lorsqu’il renferme pl do thallium, il est très-oxydable. Tous ces ; liages brillent moins bien que le magnésium chose curieuse, la flamme est très-blanche, mèt avec 50 % de thallium fS. Mellor, Chem. Neu t. XV, p. 245 ; llull. de la Soc. chim., t, VIII, p. 25
On doit à Carstanjen [Journ. filr praltt. Cher t. XCII, p- 278] un certain nombre de donne relatives aux alliages que forme le thallium av los divers métaux. Nous les résumons dans le t bleau suivant :
Proportion Point
des ollinges. de fusion.
Fusible au rouge
Thallium et aluminium Tl2 : Al. blanc sous une
couche de borax.
Thallium et bismuth Tl : Bi. 170"
Thallium, bismuth etcadmium. GPTl, GP BietlPCd. 131
Thallium, bismuth et plomb.. IPT1, GP BietGP Pb. 130
Thallium, bismuth et étain... IpTI, 2P Bi etlPSn. 115
Thallium et cadmium Tl2: Cd. 184
Propriétés.
Plus mou que lo thallium. Il s'oxyde quand le chauffe à l’air, mais sans brûler.
Gris rougoiUre, cristallin et mou.
Dur et cassant. Cassure gris clair et cristal! Confusément cristallin, dur et brillant.
Dur et grenu, gris clair ou blanc.
Blanc d’argent, cristallin, plus dur que liage Tla Zn.
HALLIUM.
THALLIUM
Proportion des alliages
Thallium et cuivre Tl2: Cu.
Thallium et étain Tl2: Sn.
Thallium et magnésium 1PT1 et IP Mg.
Thallium et plomb Tl2 : Pb.
Thallium et zinc T1J : Zn.
Point
do fusion. Propriétés.
Jaune de laiton. Se laisse couper au couteau; la coupure fraîche s’altère à l'air.
Blanc, difficilement fusible, peu ductile, inaltérable à l’air.
j Très-altérable. Brûle avec la flamme du magné-
| sium.
Au delà de 250° Mou et non cristallin ; couleur de plomb.
j Mou comme le thallium. Fait entendre lo cri 3C0 | de l’étain.
Fusible au rouge I blanc sous une > couche de borax. )
Tous ces alliages, sauf celui avec l’étain, s’altèrent à l'air et sont attaqués par l’acide sulfurique étendu.
Les alliages du thallium avec le potassium et avec le sodium, à équivalents égaux, sont blancs et cristallins; ils attirent l’humidité et décomposent l’eau avec énergie. L’alliage avec le sodium se conserve bien sous l’huile de naphte; celui de potassium colore le pétrole en brun en s’altérant (Carstnnjen).