TH R A U L I TE
précipité à froid par l 'ammoniaque est toujours mélangé de sels basiques. La présence d’acide tartrique ompêcho la précipitation do l’hydrate.
Les carbonates et bicarbonates alcalins précipitent un carbonate basique soluble dans un excès de réactif. Le sulfure d'ammonium produit un précipité d’hydrate.
L 'acide oxalique et les oxalates alcalins précipitent de l’oxalate de thorium insoluble dans l’eau pure, peu soluble dans l’eau accidulée.
Le sulfate potassique produit un précipité cristallin tout à fait insoluble dans une solution saturée de sulfate potassique. Le sulfate sodique ne produit pas de précipité dans les solutions un pou étendues.
Le ferrocyanure potassique produit un précicipité blanc amorphe.
Au chalumeau , l’oxyde de thorium se dissout sans coloration dans le borax et dans le sel de phosphore en donnant des perles blanchâtres après refroidissement.
Dosage et séparation du thorium. — On dose le thorium à l’état d’oxyde. La plupart de ses sels laissent par la calcination un résidu d’oxyde pur. Leurs solutions donnent, par la potasse caustique bouillante et en excès, un précipité d’hydrate qu’on calcine et qu’on pèse.
Séparation des oxydes alcalins. — Elle s’effectue par précipitation du thorium par l’ammoniaque.
Séparation d'avec la glucine et l’alumine. — Elle s’effectue par l’acide oxalique ou par un excès de potasse caustique qui redissout l’alumine et la glucine, mais non l’hydrate de thorium. La zircone est séparée par un excès d’acide oxalique.
Séparation des bases de la cèrite. — On précipite la liqueur par une solution bouillante, étendue et neutre, d’hyposulfite de sodium , ou par le sulfate sodique, qui donne avec les bases de la cérite, des précipités presque insolubles dans une solution concentrée de sulfate sodique.
La séparation de l 'yttrium et de l'erbium s’effectue par le sulfate potassique, qui peut servir d ' reste à séparer la thorine de la plupart des autres oxydes. Ou peut aussi séparer l’yttrium et l’erbium par l’acide tartrique et l’ammoniaque. Clex'e.
TIIRAULITE. — Voyez Hisingérite.
THRO JIBOLITlIEfMin.). — Phosphate hydraté de cuivre, amorphe et d’un vert émeraude plus ou moins foncé. D’un éclat vitreux, compacte.
Renferme, suivant Plattner,
Pli* 05 = 41,0 CuO = 39,2 IIS O = 16,8,
avec traces de silice et d’alumine. Trouvé à Rezbanya (Hongrie), avec malachite sur un calcaire à grains fins.
THUYA. — Les parties vertes du Thuya occidentalis, arbre de l’Amérique du Nord, renferment une essence (voyez t. i, p. '1283) de la cire, de la résine, des acides, dont l’acide citrique, du sucre, un principe amer, un tannin identique avec l’acide pinitannique (t. II, p. 1027), et en très-petite quantité deux matières colorantes jaunes, la thuyine et la thuyigénine.
TH U Y EXE. — Voyez t. i, p. 1283.
THUYETIXE, C28H28Ole. — C’est le premier produit de dédoublement de la thuyine sous l’influence des acides étendus. On chauffe au bainmarie une solution alcoolique de thuyine additionnée d’acide chlorhydrique ou sulfurique étendu; le liquide verdit d’abord, puis jaunit et laisse déposer, au fur et à mesure cjuo l’alcool s’évapore, une substance jaune. La liqueur surnageante devient incolore à la fin et renferme alors de la glucose. Le corps jaune constitue la thuyétine, qui séchée dans le vide à 100° renferme
THUYINE.
Elle est insoluble dans l’eau, mais l’alcool et 1 cther la dissolvent. La solution alcoolique est précipitée en noir par le chlorure ferrique; l’ammoniaque ajoutée en petite quantité la colore en vert bleuâtre, la potasse en vert; la liqueur exposée à l’air passe au jaune, puis au brun rouge, et les acides en précipitent alors une substance j rouge. L’eau de baryte précipite la thuyétine en i vert, l’acétate et le sous-acétate de plomb en rouge, le nitrate d’argent en gris noirâtre.
Les acides étendus ne l’altèrent pas à l’ébullition; l’eau de baryte bouillante la transforme en thuyétate,de baryum (Kawalier). A. H.
THUYETIQUE (ACIDE), C2sH«0«. — Il se forme lorsqu’on fait bouillir la thuyétine ou la thuyine avec de l’eau de baryte; la thuyine se dédouble, dans ce cas, en sucre et en thuyétine, | et c’est ce dernier corps qui, en perdant en- • suite 3 molécules d’eau, se convertit en acide j| thuyétique. Après que l’ébullition a été proion- | gée pendant quelque temps, on ajoute à la li- ! queur de l’acide sulfurique étendu, puis de l’alcool et l’on filtre le liquide bouillant. L’acide thuyétique se dépose alors en flocons jaunes, formés d’aiguilles microscopiques qui, séchées à 100° dans le vide, renferment C28II220>3. Son sel de ! baryum est insoluble (Kawalier). A. H.
THUYIGENINE, C28H2‘0'L — Ce composé qui renferme 2 ll20 en moins que la thuyétine, l vient se placer entre la thuyétine et l’acide thuyé- I tique. Il existe en petite quantité à l’état de liberté j dans le Thuya occidentale ; on peut l’en extraire en précipitant par le sous-acétate de plomb la j liqueur séparée de la combinaison plombique de la thuyine (Voy. l’article suivant). Le précipité | lavé et décomposé par l’hydrogène sulfuré fournit la thuyigénine qui se sépare, par évaporation de la solution dans le vide, sous forme de flocons i jaunes.
La thuyigénine peut aussi s’obtenir au moyen de la thuyine; la solution concentrée de ce corps i est mélangée avec de l’acide chlorhydrique, puis i le tout est chauffé. Quand la liqueur commence à setroubler, par suite de la formation de thuyétine, on la refroidit brusquement : la thuyigénine se dépose alors en flocons cristallins.
Elle est très-peu soluble dans l’eau, facilement soluble dans l’alcool. Séchée à 100° et dans le vide, elle renferme C28H24Ow. L’ammoniaque la I colore en vert bleuâtre ; le chlorure d’acétyle la i transforme en une substance résineuse, très-soluble dans l’eau, possédant la composition d’un éther diacétique, C32Hss01?=C28H22 (Cs H > O)2 0>‘ (Kawalier). A. II.
THUYINE, CiolïuOS4. — Glucoside retiré par s Kawalier dos parties vertes du Thuya occidentalis \ où il existe en petite quantité, indépendamment de la thuyigénine. L’extrait alcoolique de la \ plante fait à chaud laisse déposer de la cire en se refroidissant. On sépare le dépôt, on chasse l’ai- j cool par distillation, et on ajoute au résidu de l’eau, puis une potite quantité d’acétate de plomb; le précipité qui so produit entraîne les impuretés, et la solution filtrée, qui estd'un jaune brunâtre, donne'alors avec une nouvelle quantité d’acétate neutre de plomb, la combinaison plombique de la thuyine, sous la forme d’un précipité jaune. La thuyigénine n’étant précipitable que parle sousacétate de plomb reste en solution. Le précipité ! formé par l’acétate plombique est dissous dans I l’acide acétique, reprécipité par l'acétate basique de I plomb et. enfin décomposé par l’hydrogène sulfuré. I Le liquide porté â l’ébullition, filtré etévaporé dans le vide, fournit la thuyine impure qu’on fait cristalliser â plusieurs reprises dans l’eau alcoolisée.
La thuyine se présente en tables quadrilatères j microscopiques, d’un jaune citron ; elle est peu soluble dans l’eau, mais l’alcool la dissout aisé-
TIIULITE.
— Z.09 — THYMOL.
ment. La solution alcoolique est colorée en vert foncé par le chlorure ferrique, en jaune par la potasse ou l’ammoniaque, et la coloration passe au rouge brun à, l’air; en jaune foncé par la chlorure stannique.
L’acétate et le sous-acétate de plomb le précipitent, le nitrate d’argent, le sulfate de cuivre et le chlorure platinique sont sans action.
L’eau de baryte dédouble la thuyine en glucose et thuyétate de baryum; l’acide chlorhydrique et l’acide sulfurique étendus, en glucose et thuyigénine ou thuyétine, suivant les circonstances :
Cto hh o« -f 2 II2 O
Thuyine.
= 2C6 II12 O8 -f- C28H2SOu
Glucose. Thuyigénine.
CVorhosv -f 4 H2 O = 2C6 H12 O6 + C28ll280is.
Thuyétine.
Le sucre formé dans ce dédoublement ne parait pas être cristallisable; il possède cependant la composition de la glucose et réduit la même proportion d’oxyde de cuivre que celle-ci [Kawalier, Wien. Acad. Ber., t. XIII, p. 514, t. XVIII, p. 3, t. XXIX, p 10 ; Bép. de Chim. pure, 4859, p. 361].
La thuyine et la thuyétine présentent do grandes analogies avec le quercitrin et la quercitine et sont peut-être identiques avec ces substances ; du moins Illasiwetz a-t-il émis cette opinion [Rép. de Cliim. pure , 1800, p. 141]. A. H.
TIIULITE (Min.). — Zoisite rose de Souland en Tellemarken.
TI1UMITE. — Voyez Axinite.
TlIUlt INCITE (Min.) [Syn. Owénite] (Gentil).
— Silicate hydraté d’alumine et des oxydes de fer,
4FeO.2R2O0.3Si O2 + 4H20; R = Al,Fe.
Masses composées do petites écailles clivables dans une direction Vert olive, très-tenace. Présente une odeur argileuse. Se trouve dans une couche d’hématite brune, près Saalfeld en Thuringe, et dans les roches métamorphiques sur les bords du Potomac (Virginie).
Caractères. — Facilement attaquable par l’acide chlorhydrique avec production d’une gelée. Fond facilement au chalumeau en un globule noir magnétique; avec les flux, réactions du fer.
Dureté, 2,5. Poussière vert pâle, grasse au toucher. Densité, 3,15 â 3,19.
THYM (ESSENCE DE). — Voyez Thymène et Tiiïmol.
THYMENE, C10II16. — Le thymène est un hydrocarbure de la classe des térébenthènes, qui, avec le thymol et le cymène constitue l’essence de thym. Séparé par distillation fractionnée, il se présente sous l’aspect d’un liquide incolore, d’une odeur douce de thym, bouillant de 160 à 165° et d’une densité de 0,868 à 20". Il agit sur la lumière polarisée, et il est lévogyre, mais son pouvoir rotatoire est bien inférieur à celui de l’essence de térébenthine. Le thymène, du reste, n’a pu être préparé à l’état de pureté absolue, il est mélangé d’un peu de cymène, qui est inactif optiquement.
Cet hydrocarbure absorbe l’acide chlorhydrique, mais le chlorhydrate reste liquide même à
Pour démontrer que les hycrocarbures de l’essence de thym renferment une forte proportion de cymène, on agite avec de l’acide sulfurique les produits qui distillent entre 170 et 170°. Le thymène est dissous par l’acide sulfurique, tandis que le cymène non altéré surnage (Lallemand, Ann. de Chim. et de Phys., (31, t. XLIX, P- 155]. ' E. G.
THYMICIQUE (ACIDE). — Synonyme de Thymotique (acide).
thymine. — Le nom de thymine avait été donné à un corps cristallin retiré du thymus, et dont on a reconnu depuisl’identitéavec la# leucine.
T1IYMOÏLE, THYMOÏLOL, TIUYMEIDE. —
Voyez Thymoquinones.
THYMOL, C10HuO. — Le thymol est un phénol qui se trouve dans l’essence de thym avec le cymène et le thymène : M. Doveri l’a d’abord obtenu légèrement impur, et gardant l’état liquide. M. Lallemand l’a préparé à l’état solide et en a étudié les principaux dérivés. Le thymol a été trouvé également dans l’essence do monarde (Monarda punctata ), par M. Arppe, et dans l’essence de Ptychotis Ayowan, par M. Stenhouse. Il a été depuis l’objet de diverses recherches de la part de MM. Éngelhardt et Latschinoff; de M. Carstanjen, etc.
L’identité du thymol et de l’essence de ptychotis a été indiqué par M. II. Müller.
De plus, M. II. Müller et M. Pott ont dérivé du cymène du camphre un phénol isomère du thymol, et qui, d’après les recherches récentes de Kekulé et Fleischer, est identique avec le carvacrol. Nous le décrirons en appendice après l’étude du thymol et de ses dérivés (Doveri, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XX, p. 174. — Lallemand, même recueil, (3), t. XLIX, p. 148. — Arppe, Ann. der Chem. u. Pharm., t. LVIII, p. 42. — Stenhouse, Ann. der Chem. u. Pharm., t. XCIII, p. 209].
Le thymol qui forme environ la moitié de l'essence de thym, se dépose quelquefois de l’essence elle-même. Pour l’obtenir, on agite l’essence avec une solution moyennement concentrée de soude caustique, et l’on précipite sa solution aqueuse étendue d’eau par l’acide chlorhydrique. Le thymol liquide qui s’en sépare ne tarde pas à se solidifier.
Purifié par compression et par cristallisation dans l’alcool, le thymol se présente sous la forme de tables rhomboidales, transparentes, striées parallèlement aux côtés, qui se réunissent souvent de manière à simuler des hexagones irréguliers. Quand il se dépose de l’essence de thym, il forme des prismes obliques à base rhombe, assez volumineux, ayant des facettes supplémentaires sur les arêtes latérales. Son odeur douce diffère de celle de l’essence ; sa saveur est piquante et poivrée. Il fond à 4i° et reste facilement en surfusion ; il bout à 230". Très-soluble dans l’éther, l’alcool et l’acide acétique concentré, il est un peu soluble dans l’eau qui en dissout environ 3 millièmes, et qui ne le précipite pas de sa solution alcoolique.
Le thymol donne avec les alcalis des combinaisons définies, très-solubles dans l’eau, peu stables, analogues à celles que fournit le phénol. Traité par le sodium et l’acide carbonique il fixe CO2 et fournit l’acide thymotique G11 O3 (Voyez ce mot, p. 414).
L’acide sulfurique dissout le thymol en donnant plusieurs dérivés sulfo-conjugués.
Lorsqu’on le chauffe avec un excès d’acide sulfurique jusqu’à 240°, il fournit un produit vis-
ueux, qui donne des sels gommeux très-solubles
ans l’eau; le sel de baryum cristallise dans l’alcool faible. D'après M. Lallemand, cet acide paraîtrait identique avec le composé décrit par Laurent sous le nom d’acide sulfodraconique et qui provient de l’action de l’acide sulfurique sur l’essence d’estragon (t. I, p. 330).
Dissous dans l’acide acétique cristallisable et traité par l’acide sulfurique concentré, le thymol donne l'acide sulfacètothymylique ou mieux acétyl-thymolsulfureux , C10Il12(O C2 II3 O) S O3 II (voir plus loin).
THYMOL.
L’acide azotique convertit le thymol on un dérivé trinitré. Le chlore et le brome donnent des produits de substitution; l’un d’eux, le thymol pcntnchlorô, sc dédouble, par l’action de la chaleur, en crésylol trichloré, propylène et gaz chlorhydrique (Lallemand).
Ce dédoublement du thymol en propylène et en un corps du groupe crésyiique a été depuis réalisé par MM. Engelhard et LatschinolT dans l’action de l’anhydride phosphoriqne sur le thymol; [Zeitsch. [tir Cliem., 186!), p. 015, et Bull, de la Soc. chim., 1870, t. XIII, p. 250]. En traitant 100 grammes de thymol par 35 grammes d’anhydride phosphoriqne, on obtient du propylène pur, et une masse épaisse qui fournit du y-crésylol par l’action de la potasse fondante.
Le thymol, traité par les iodures alcooliques en présence de la soude ou de la potasse donne des dérivés alcooliques. Avec l’oxychlorure de carbone à 110-150°, il fournit un corps cristallisé en lamelles et qui paraît être le carbonate de thymyle, mais ce corps n’a pas été obtenu à l’état de pureté [Kcmpf, Bull, de la Soc. Chim., 1870, t. XIV, p. 280 1.
Par l’action du chlorure de fer sur le thymol, on obtient du dithymol, C20Hs6O2, fusible à 162° et cristallisant de sa solution dans l’alcool aqueux en tables rhombiques renfermant
C20H36O2 -f 2 II2 O
[Dianine, Bull, de la Soc. chim., 1875, t. XXIII, p. 265],
Le thymol dissous dans l’acide sulfurique et additionné d’un mélange d'acide sulfurique concentré et d’azotite de potassium se colore en vert, puis en bleu. Après avoir ajouté à la solution le double de son volume d’acide sulfurique, pour dissoudre l’excès de thymol, on verse le tout dans l’eau; il se précipite alors une matière résineuse violette renfermant C30H36Az2O'> [Liebermann, Deutsche chem. Gesellsch, t. VII, p. 1098; Bull, de la Soc. chim., 1875, t. XXIII, p. 285J.
Le thymol, traité par le persulfure de phosphore, fournit du cymène et du thiothymol ou thiocymol, C10H14S (voyez Thiothymol, t. III, p. 403) [Fittica, Deutsche chem. Gesellsch., t. VI, p. 938; Bull, de la Soc. chim., 1873, t. XX, p. 558].
Lorsqu’on traite un mélange de chloral et de thymol par l’acide sulfurique, il se forme du dithymyltrichloréthane, C22 1127 Cl3 O2 [Jaeger]. Voyez plus ioin, Action du chloral sur le thymol.
Le perchlorure de phosphore convertit le thymol en un cymène chloré qui, par hydrogénation, fournit un cymène identique avec celui du camphre [Carstatijen, Journ. [ür pralst. Chem. (2) t. III, p. 53].
Les dérivés sulfoconjugués du thymol, soumis à l’action des oxydants, donnent des dérivés quinoniques (Lallemand, Carstanjen). — Voyez Thymoquinone, t. III, p. 413.
Dérivés alcooliques et éthers du thymol.
M. Jungfleisch a fait connaître l’éthyl-thymol ; M. Paterno a décrit le dérivé acétylique et le dérivé éthylénique \Gas. chim., 1875, p. 15; Bull, de la Soc. chim., 1876, t. XXV, p. 32]. MM. Engclhardt et LatschinolT ont fait connaître les autres composés.
Acétate de tiiymvi.e, C10I1i3O, C! II® O. — Liquide incolore, bouillant à 244° 7 sous une pression de 754 millimètres; D = 1,009 il 0°.
Amyl-thymol, O0 lin o, c» IP'. — On l’obtient, ainsi que les autres dérivés alcooliques, en faisant bouillir un excès d’iodure d’amylc avec un mélange à molécules égales de thymol et de potasse
THYMOL.
en solution alcoolique, puis ajoutant de l’eau au mélange et rectifiant l’huile qui se sépare.
C’est un liquide oléagineux , insoluble dans l’eau, bouillant à 238-243° avec décomposition partielle.
Ethylène-thymol, (C<°JI,30)2 C*HL — Obtenu par l’action du bromure d’éthylène sur une solution de thymol dans la potasse alcoolique, il forme de belles lames fusibles à 99".
Étiiyl -thymol, C101I)3O,C2Hs [E. Jungfleisch, Bull, de la Soc. chim., 1865, t. IV, p. 171. — Il a été obtenu par l’action de l’iodure d’éthyle sur le thymol sodé, il 190°, pendant 24 heures. C’est un liquido incolore, mobile, d’une odeur aromatique, d’une saveur brûlante, distillant à 222°, moins dense que l’eau. Insoluble dans l’eau, il est facilement soluble dans l’alcool et dans l’éther. Traité par l’acide sulfurique, il donne l’acide éthylthymol-sulfureux.
Métiiyl-thymol, C|0ni3O, C H5. — C’est un liquide huileux, bouillant à 205°, d’une odeur aromatique et d’une saveur brûlante. Sa densité est de 0,941 à 18°. Suivant Paterno, il bout à216°, 7 et sa densité est de 0,954 à 0". Traité par l’acide nitrique fumant, il donne un dérivé trinitré,
C'1 H13(Az0s)30.
— Voyez plus loin Dérivés nilrès.
Benzoate de thymyle ( benzoyl-thymol ),
C10H13O, C7IIsO.
— Formé par l’action du chlorure de benzoyle sur le thymol, il forme un liquide volatil sans décomposition, se concrétant à la longue en une masse cristalline, fusible à la chaleur de la main.
Cümol-thymol, (C10H13O)2C'° H12. — On l’obtient en faisant réagir une molécule de chlorocumol, C10Hl2Cl2 (provenant de l’action du perchlorure de phosphore sur l’aldéhyde cumique), 2 molécules de thymol et 2 molécules de potasse en solution alcoolique. Ce composé cristallise en tables rhombiques, fusibles à 157°.
Phosphate de thymyle, (C10Hi3O)3POL — On chaufTe le thymol avec l’oxychlorure de phosphore, on traite par la potasse, on dissout dans l’éther, et après avoir distillé l’éther, on chaufTe jusqu’à 200". Le résidu est une huile brune qui finit par se prendre en une masse solide, cristallisant dans l’alcool en gros prismes transparents, fusibles à 59°.
Dérivés de substitution.
dérivés chlorés et bromés [ Lallemand , Mem. cité].
Thymol tiuchlobé, C10 FI11 CFO. — Le thymol traité par un courant de chlore jusqu’à ce qu’il ait augmenté des deux tiers de son poids, et dans les cas où l'on évite une trop grande élévation do température, se transforme en une matière de la consistance du miel, formée par des aiguilles prismatiques que souille une substance huileuse. La portion solide purifiée par compression, et rccristallisée dans l’alcool étiiéré, constitue des prismes obliques à base rliombe, d’une couleur jaune citron, et possédant la composition du thymol trichloré. Ce corps insoluble dans l’eau, est peu soluble dans l’alcool; il fond à 61° et se décompose vers 180°. L’acide sulfurique concentré, à 100°, le détruit en fournissant du phénol trichloré.
Thymol pentaciiloré, C10 II9 Cl5 O. — En prolongeant l’action du chlore sur le thymol à une lumière diffuse un peu vive, on obtient une huile jaune rougeâtre, très-visqueuse, au sein de laquelle il se forme, avec le temps, des cristaux durs, incolores, do thymol pentaciiloré, que l’on purifie par une cristallisation dans l’éther. Ce corps fond à 98° et se décompose vers 200° en
THYMOL.
THYMOL.
donnant de l’acide chlorhydrique, du propylène, et du crésylol trichloré, CM!5 Cl3 O.
Thymol pentarromé. — A la lumière solaire
10 brome agit sur le thymol, et fournit un dérivé brome qui peut cristalliser dans l’éther.
dérivés nitrés (Lallemand).
Thymol mononitbé C10I112 (Az02),0H (R. Schiff) — On l’obtient en chauffant au bain-marie, avec du ferricyanure de potassium, le nitrosothymol C10H13 (AzO) O en solution alcaline. Il cristallise en aiguilles rayonnées, jaunes, fusibles à 137" (Voir plus loin Nitkssothymoi.).
Thymol dinitrê, C10IT'2(Az O2)2 O. — Il s’obtient par l’action de l’acide azotique sur la dissolution aqueuse des acides thymolsulfureux : le mélange s’échauffe un peu, et il se sépare une huile rougi étre qui finit par se solidifier. Ce dérivé fond â 55°; très-peu soluble dans l’eau,
11 se dissout facilement dans l’alcool et dans l’éther, d’où il se sépare à l’état liquide. Les sels sont cristallisables en aiguilles soyeuses; ils se ctécomposent à 150° avec une légère explosion.
Le sel île potassium est peu soluble dans l’eau ; fl est jaune orangé à l’état hydraté et rouge rubis à l’état anhydre. Le sel de baryum est en aiguilles rouges brillantes renfermant
Cl0iI|0(AzO2)5OI3a -f I i II* O.
(Engelhardt et Latschinoff.)
Thymol trinitrê, C10!!'1 (Az02)30. — On le prépare en dissolvant le dérivé dinitré dans l’acide sulfurique concentré, et ajoutant peu à peu de l’acide azotique, de manière à éviter une trop grande élévation de température. Par l’addition d’eau, on sépare le trinitrothymol, qui cristallise dans l’eau bouillante en belles aiguilles d’un jaune citron, un peu solubles dans l’eau froide, trèssolubles dans l’alcool et dans l’éther, et fondant à 111°. Les sels sont plus solubles que ceux du dérivé nitré et d’une couleur jaune plus pâle.
Trinitrothymate de méthyle (méthyl thymol trinitrê), C'» Rio (,\z O2)3, 0 C U3 JAtcherloy, Chem. News. t. XXIV, p. Ou; Bull. île la Soc. chim., 1871, t. XVI, p. 337]. — On l’obtient en dissolvant le méthylthymol dans l’acide sulfurique concentré, et traitant par l’acido azotique fumant. 11 se présente en lamelles nacrées jaunes, fondant à 92", presque insolubles dans l’eau bouillante, aisément solubles dans l’alcool et dans l’éther.
dérivé nitrosé. — Nitrosothymol,
C'°FIl2(AzO),OII
[R. Schiff, Deutsche chem. Gesellsch., t. VIII, p. 1506, Bull, de la Soc. chim., 1876, t. XXVI, p. 296]. On le prépare en dissolvant le thymol (10 grammes) dans la potasse étendue (28 grammes) versant cette solution dans l’eau (18 â 20 litres), et ajoutant de l’azotite de potassium dissous (10 grammes), puis, en agitant le mélange, on y verso de 1 acide sulfurique (60 grammes) étendu d’un litre d’eau. Il so sépare une bouillie do cristaux, qui sont recueillis, lavés, séchés et purifiés par cristallisation d’abord dans la benzine, puis dans le chloroforme.
Le nitrosothymol est en petites aiguilles; il fond â 155-150°; il est insoluble dans l’eau froide, peu soluble dans l’eau bouillante, soluble dans l’alcool. Il donne avec les alcalis des combinaisons qui cristallisent dans le vide en longues aiguilles d’un jaune foncé et qui sont décomposées par l’acide carbonique de l’air.
Oxydé en solution alcaline par le ferricyanure de potassium, il se convertit en thymol mononitré; avec 1 acide azotique concentré, il fournit le dinitrothymol.
Son sel potassique, traité par le chlorure de benzoyle, donne l’éther benzoylique (benzoate de nitroso-thymol), G>»iI‘2 (AzO)0,C7 H30, cristal-
lisant dans l’alcool ou le chloroforme en aiguilles jaunes, brillantes, fusibles à 110°.
L’acide chlorhydrique et l’étain le réduisent en donnant le chlorhydrate d’amidothymol,
C10 II ,3 (Az II2) O, H Cl,
en petits cristaux blancs, se décomposant à 210°. L’amido-thymol libre est très-instable.
Le nitrosothymol traité en solution éthéréc par l’acide azoteux, et additionné d’acide chlorhydrique donne un précipité cristallin blanc constituant un chlorhydrate très-instable. Le sulfate beaucoup plus stable est une masse cristalline présentant la composition du sulfate de diazothymol, CtoH>3Az2,OH,SO*.
dérivés sulfoconjugués. — M. Lallemand avait décrit, sous le nom d’acide sulfothymique, un acide sulfoconjugué du thymol. Suivant MM. Engelhardt et Latschinoff, cet acide est un mélange de deux isomères l’acide, a et l’acide (3-thymolsulfureux et d’un acide thymoldisulfureux; en outre, dans l’action de l’acide sulfurique iumant sur le thymol, il se forme un nouvel isomère des deux premiers et qu’ils ont désigné par la lettre y.
Acide a-TiiYMOLSDi.FiinEDX, C10II12(O H) S O3 II. — C’est le principal produit de la réaction lorsqu’on opère à une douce chaleur. On abandonne à 50° un mélange de 60 grammes de thymol et do 10 grammes d’acide sulfurique. Quand il s’est solidifié, on le dissout dans l’eau, on agite la solution filtrée avec de l’éther, puis on la neutralise par du carbonate de baryum.
Le mélange des thymolsul fîtes de baryum ayant été traité par le sulfate de potassium pour transformer les sels de baryum en sels potassiques, le sel de potassium se dépose en beaux cristaux par l’évaporation; les eaux mères fournissent des lamelles peu solubles de (3-thymosulfite de potassium. Le liquide dans lequel a cristallisé ce sel étant évaporé â sec et le résidu dissous dans l’alcool bouillant, on obtient, par le refroidissement, des aiguilles do thymol-disulfite de potassium, CiOHH(OH) (S03K)!, peu solubles dans l’alcool, tandis que l’eau mère alcoolique fournit du 6-thymolsulfite de potassium en tables rhomboïdales.
a-thymolsulfites. — Ils sont colorés en violet par le chlorure ferrique.
Le sel de baryum,
[C'» h» (O II) S O3]2 Ba -f 4 II2 O,
cristallise de sa solution aqueuse bouillante en prismes aplatis et transparents, décomposables à 100°.
Le sel de cuivre se dépose de l’alcool en croûtes cristallines confuses.
Le sel de plomb renferme
[Cio IR2 (OH) S O3]2 Pb -f- 4 H* O,
il est très-soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool bouillant, il cristallise en aiguilles réunies en étoiles.
Le sel de potassium,
C>o III2 (O H) S O3 K 2 j.HSOi
cristallise d’une solution aqueuse très-concentréo on tablos rhombiques transparentes ou en prismes volumineux efflorescents.
Acide (3-thymolsufureux. — Son sel potassique ,
Cio un (O II) S 03K j h2 O,
est peu soluble dans l’eau ; il cristallise d’une solution aqueuse bouillante en fines lamelles se décomposant à 115°.
^ Acide y-thymolsoi.fdreux. — Il Se forme par l’action de l’acide sulfurique fumant sur le thymol i la température du bain-marie. Le produit,
THYMOL.
— 412 — THYMOL.
drssous dans l’eau et neutralisé par le carbonate de baryum, fournit le sel de baryum,
[C10 H1! (O H) S O3]* Ba -f 311*0,
en aiguilles réunies en faisceaux, ne se décomposant pas au-dessous de 120°.
Le sel de potassium,
C10 II1* (O H) S O3 K -f II* O,
est très-soluble dans l’eau et dans l'alcool, et no se décompose pas â 135°.
Dans la préparation de l’acido -y, il se forme on même temps de l’acide thymol-disulfureux,
— Voyez plus bas.
Les sels de potassium des acides a, (3 et y traités par les iodures alcooliques en présence de la potasse donnent des acides éthylthymolsulfureux, amylthymolsulfureux, etc.
Acide acétïl-thymolsdi,furecx,
C*°Hls(0 C* H3 0)S03H.
(Lallemand). — On le prépare en dissolvant le thymol dans l’acide acétique cristallisable, et en ajoutant au mélange de l’acide sulfurique très-concentré, renfermant un peu d’acide fumant. La combinaison s’opère à une faible chaleur, et par le refroidissement on obtient une bouillie de cristaux prismatiques, qui, après avoir été égouttés, sont débarrassés de l’excès d’acide acétique par un séjour dans le vide sur de la chaux. On les dissout ensuite dans l’eau et l’on sature la solution par le carbonate de baryum. Tous les sels sont solubles dans l’eau et dans l’alcool.
Le sel de baryum séché à 100° a pour formule
[G10 H1* (O C2H3 O) S O3]8 Ba.
Acide c£-amyi.-tuymolsulforeux. — Le sel de baryum, [G10 H12 (O G® H") S 03]!Ba -f- 311*0, se forme soit par double décomposition avec le sel de potassium, soit par saturation avec le carbonate de baryum, du produit de l’action de l’acide oulfurique sur l’amyl-thymol. C’est un précipité blanc, soluble dans l’eau bouillante et cristallisant par le refroidissement.
Les sels de magnésium et de plomb présentent les mômes caractères.
Selde potassium, C10H,2(OCS II11) S03K. Il se forme par l’action de l’iodure d’amyle sur une solution alcoolique de potasse et de a-thymolsulfite. Il est peu soluble dans l’eau froide et cristallise dans l’eau bouillante en fines aiguilles.
Acides étiiyl-thymolsui.foreux. — On en connaît deux : l’un, l’acide a, se produit dans l’action de l’iodure d’éthyle sur un mélange de potasse et d’a-thymolsulfite de potassium; le second, l’acide y, s’obtient d’une manière analogue avec le Y-thymolsulfite de potassium. Le premier se forme aussi par l’action do l’acide sulfurique sur l’éthylthymol C10lI13O, C2 H5.
Sels de l’acide a. — Le sel de baryum
[G10 H15 (OC* II5) S03]sBa -f- 311*0
cristallise par refroidissement en belles lamelles peu solubles dans l’eau froide.
Le sel de plomb est un précipité cristallin blanc, soluble dans l’eau bouillante; le sel de magnésium présente les mêmes caractères. Le sel de potassium est très-peu soluble dans l’eau froide et cristallise par le refroidissement en lames minces, ne se décomposant pas à 140°.
Sels de l'acide y. — Le sel de plomb cristallise en belles aiguilles par le refroidissement de sa solution. Le sel de potassium peu soluble à froid, cristallise e» aiguilles aplaties. Le sel de baryum [G10 H 15 (O G* II5) S 03j*Ba est en tables hexagonales solubles dans l’eau bouillante.
Acide MéTHYL-THYuoi.-soLFunEux. — Il se forme par l’action de l'acide sulfurique sur le méthvlthymol, G'» H» O, CH3. 3
Le sel de baryum
[C10 H,! (0CH3)S03]*Da -f 311*0
est très-soluble dans l’eau pure et cristallise en petits mamelons.
Acides ben/.oyi.-tiiymoi,sci.fdrf.ijx. — On obtient leurs sels de potassium en faisant réagir le chlorure de benzoyle sur l’oc-thymolsulfite de potassium ou le y-thymolsulfite, à la température de 125°. Le sel d’argent-a cristallise en aiguilles brillantes solubles dans l’eau bouillante. Le sel de calcium-o. renferme
f(Ci0 H,2(0 C7 H60) S 03)]!Ca -f 4H*0; le sel de baryum-a renferme 5 IIsO, de même que le sel de plomb ; ce sont des précipités blancs solubles dans l’eau bouillante Le sel de potassium-u C,0H12(O C1 H5 O) S O3 K + 2H*0 est en aiguilles aplaties, peu solubles à froid.
Le sel de potassium-y renferme 3 H* O; il ressemble au sel a.
Acide thymol-disulfureux. — Il se forme en même temps que l’acide y dans l’action de l’acide sulfurique fumant sur le thymol ; on sépare ces deux acides en les transformant en sels de potassium que l’on dissout dans l’alcool bouillant; celui-ci dépose par le refroidissement le thymoldisulfite peu soluble dans l’alcool. Ce sel très-soluble dans l’eau est en fines aiguilles; il renferme
G10 H11 (0 H) (S O3 K)1 + liH*0.
Dérivés par oxydation :
Voyez l’article Thymoquinonb, t. III, p. 413.
Action du chloral sur le thymol.
On ajoute à un mélange de I molécule de chloral et de deux molécules de thymol 4 à 5 fois son poids d’acide sulfurique étendu du tiers de son volume d’acide acétique, en ayant soin de bien refroidir, de n’ajouter l’acide que lentement et d’agiter. Il se sépare peu à peu une masse blanche, résinoïde, qui est chauffée avec de l’eau bouillante pourchasser l’excès de thymol, puisque l’ap fait cristalliser dans l’alcool h plusieurs repues. On obtient ainsi le dithymyle-trichloréthane combiué à 1 molécule d’alcool,
Cs* H37 Cl3 Os + CsII5,0 H,
Ce corps qui a la constitution suivante, /C>OH>*01I
LLF-l.tl^ c,0U12O H.
;st insoluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool 3t l’éther; l’acide azotique le convertit en un dérivé nitré cristallisable. Il ne se dissout pas dans la potasse à froid; à chaud, il se décompose et la masse noircit. Avec l’anhydride acétique ou le dilorure de benzoyle, il donne un éther diacétique ou dibenzoique.
Traité en solution alcoolique bouillante par la poudre do zinc, il donne une masse blanche, pâteuse que l’on fait cristalliser dans l'acide acétique. Elle se sépare en une partie peu soluble, oui est le dithymyléthanc,
CSîHttoo* = CH3-GH^ pîôml’oH.
et une partie très-soluble, renfermant, C,lHs80*.
Le mélange de ces deux corps, oxydé par le ferricyanure de potassium en solution neutre, donne des fines aiguilles vertes, très-brillantes, solubles seulement dans l’acétone, renfermant OUI5605 [E. Jæger, Deutsche cliem. Gesells.,
THYMOL. — 413 — THYMOQUINONES.
t. VII, p. 1197, et Bull, de la Soc. chim., 1875, t. XX11I, p. 3G7J.