‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 225 sur 430 · C-OH · texte numérisé non relu

C-OH

Il-C C-OII

CHV.

Thymol.

Cymol.

Un troisième corps présente la formule C18 H14 O du thymol et du cymol ; c’est le carvol que l’anhydride phosphorique transforme en cymol ou carvacrol. La constitution de ce corps n’est pas connue ; mais il est très-voisin des précédents, car, traité parle protosulfure de phosphore, il donne du cymène, et par le persulfure de phosphore, il donne du thiocymol. E. G.

THYMOQUINONES. — M. Lallemand, en oxydant le dérivé sulfoconjugué du thymol, obtint un composé qu’il appela thymoïle.et qu’il représenta par la formule C12tl1602; ce corps se transformait par les ageutsréducteurs d’abord en thyméide,

et finalement en thymoïlol, Cl2Hl802; il décrivit un acide thymoïlique, C24H30O3, et un oxythymoïle, C12 II16 O8. 11 fit remarquer l’analogie de ces corps avec la quinone, l’hydroquinone verte, l’hydroquinone et l’acide quinonique. Mais, comme l’avait fait observer Gerhardt, il était peu vraisemblable que, dans une action oxydante, la molécule se compliquât, et que des corps renfermant C12 pussent dériver du thymol C10H14O. M. Carstanjen a repris l’étude de ces composés, et en reconnaissant l’exactitude des expériences do Lallemand, a modifié les formules de ces corps d’après de nouvelles analyses, et montré qu’ils dérivent du thymol, comme la quinone dérive du phénol. Il a de plus fait connaître les oxyquinones et les bromoquinones [Lallemand, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XLIX, p. 103; — Carstanjen, /o«rn. fur prakt. Chem., (2), t. III, p. 50; Bull, de la Soc. chim., 1871, t. XVI, p. 150].

thymoqüinone ( thymoïle ), C10H12O2. — On l’obtient en ajoutant peu à peu du bioxyde de manganèse ou du bichromate de potassium à une solution aqueuse d’acide thymolsulfureux renfermant un excès d'acide sulfurique. Le mélange s’échauffe beaucoup et la distillation commence. 11 passe dans le récipient des gouttelettes huileuses, qui se solidifient, et que l’on fait cristalliser dans l’alcool éthéré.

La thymoqüinone cristallise en tables quadrangulaires d’un grand éclat, fusibles à 48° (Lallemand), à45°5 (Carstanjen); elle bout vers 2o0°; elle est peu soluble dans l’alcool, très-soluble dans l’éther; l’acide sulfurique et l’acide azotique la dissolvent sans l’altérer. Sous l’influence de la lumière solaire, ello s’altère et s’oxyde, en fournissant une poudre cristalline jaune citron, insoluble dans l'eau et l’alcool, très-peu soluble dans l’éther, fusible â 190°, insoluble dans les alcalis, et que M. Lallemand a appelé oxylhymoïle; il la représentait par la formule C12lI10O8; ce corps, probablement une oxythymoquinone, diffère du corps de ce nom et de la formule C10II12O8, qui a été obtenu par Carstanjen au moyen de la monobromothymoquinoue et que nous décrivons plus loin.

Les agents réducteurs convertissent la thymoquinone en thymoquinhydrone {thyméide),

THYMOQUINONES. - b\h ~ THYMOTIQUE (ACIDE).

et finalement en hydrothymoquinone (thymoïlol). Cio H'1 02 (Lallemand).

BnoMOTHVMOQUiNONKS. — Lorsqu’on chauffe la thymoquinone sous l’eau, avec 2 molécules de brome, on obtient uno huile rougeâtre qui lavée avec de l’eau se prend en une masse cristalline formée de deux produits de substitution. En reprenant par l’alcool bouillant, on sépare le dérivé dibromô moins soluble, du dérivé monobromé qui reste dans les eaux mères.

La thymoquinone monobromée, C10Il<i BrO2, cristallise on longues aiguilles jaunes par l’évaporation lente de la solution alcoolique; elle n’a pas été obtenue exempte de produit dibromé. Dissoute dans la potasse, elle se convertit en oxythymoquinone, C10Hti (ÜII)O3, qui se précipite par l’addition d’un acide.

La thymoquinone dibromée, CK>[Ii<>Br202, cristallise en lamelles brillantes, d’un jaune clair, fusibles h 73", 5, se colorant peu à peu en rouge à la lumière. C’est un composé très-stable que l’acide sulfureux ne réduit pas. La potasse la dissout à chaud et la convertit en diox y thymoquinone, C10II10(O I1)202. Avec l’aniline, elle donne une solution pourpre, abandonnant des lamelles cristallines de même couleur, peu solubles dans l’alcool froid.

thymoquinhydrone ( tliymèide ). — Ce corps n’a pas été analysé, mais, d’après son mode de formation, qui serait analogue à celui de l’hydroquinone verte, il doit renfermer C20 II-G O 11 prend naissance dans l’oxydation de l’hydrothymoquinoue ou dans la réduction de la thymoquinone, et s’obtient à l’état de pureté quand on mélange à poids égaux les deux corps précédents en solution alcoolique. La liqueur prend aussitôt une teinte rouge de sang, et donne par évaporation de beaux cristaux violets, à reflets bronzés et métalliques.

HYDROTHYMOQUINONE ( thymoïlol ), C10 H1'1 O2. — Obtenu par l’action des agents réducteurs (acide sulfureux), ce composé cristallise dans l’alcool étendu, en petits prismes incolores à 4 pans, fusibles à 145° (Lallemand), à 139° (Carstanjen), et distillant sans altération à 290°.

Dans l’essence d’arnica, MM. Spiegel a trouvé un liquide bouillant à 230-240°, et qui par oxydation fournit de la thymoquinone, et par réduction avec l’acide iodhydrique de l’iodure de méthyle et de l’hydrothymoquinone. C'est donc l’hydrothymoquinone diméthylée, C10 H12 O3 (C H3)2 [O. Spiegel, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CLXX, p. 345 ; Bull, de la Soc. chim., 1874, t. XXI, p. 512].

oxythymoquinone, Cl0H*t (OH)O2. — On peut l’obtenir, soit en dissolvant dans la potasse la thymoquinone monobromée, soit en réduisant le dinitrothymol par l’acide chlorhydrique et l’étain, et oxydant le chlorhydrate de diamidothymol ; cette oxydation se fait facilement, à l’ébullition, sous l’influence du chlorure de fer ou de platine. L’oxythymoquinone distille avec les vapeurs d’eau.

Ce composé cristallise dans l’alcool en tables rhomboïdales, dans l’éther en cristaux allongés à faces courbes. 11 fond à 187° et se sublime en tables ou en aiguilles. Il se dissout dans les alcalis en donnant des combinaisons très-solubles, qui fournissent des sels de plomb et d’argent, sous forme de précipités bruns. Le chlorure d’acétyle ne l’attaque pas, mais avec l’iodure d’éthyle il donne un dérivé éthylé.

L’aniline en solution alcoolique agit facilement sur l’oxythymoquinone, et, par évaporation de la solution, sublimation du résidu, on obtient de belles aiguilles bleu violet, à éclat métallique, fusibles à 200° et très-solubles dans l’alcool.

L’acide sulfureux ne réduit pas l’oxythymoquinone, cette réduction a lieu facilement par l’étain et l’acide chlorhydrique; après avoir séparé l’étain

par l’hydrogène sulfuré, on obtient une solutioa J qui, évaporée dans un courant d’acide carbonique.; fournit une masse cristalline blanche, très-soluble, s’oxydant rapidement à l'air, et qui est probablement Voxylhymohydroquinone.

DIOXYTHYMOQUINONE, C’» H'° (O 11)2 O2. — On dissout la thymoquinone dibromée, humectée d’alcool, dans la potasse chaude qu’on neutralise ensuite par uu acide. 11 se sépare des flocons jaune brun, que l’on dissout dans l’alcool; le nouveau composé se sépare en cristaux souillés par une résine qu’il est difficile d’enlever.

Oxydée par le chlorure ferrique, la dioxythymoquinone laisse déposer dos paillettes jaunes qui sont peut-être la thymodiquinone,

acide thymoquinonique (Acide thymoïlique). — Obtenu par l’action des alcalis sur la thymoquinone, il forme des flocons d’un jaune sale, incristallisables, dont tous les sels sont solubles, excepté les sels de plomb et d’argent. E. G.

THYMOTIQUE (AUDE),

CuH1403 = C10 fl1* (0H;C02H

[Kolbe et Lautemann, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXV p. 157; Répert. de Chim. pure, 18ü0, p. 474]. — L’acide thymotique présente avec le thymol (phénol d ; l’essence de thym), C10 HnO, les mêmes relations que l’acide salicylique avec le phénol. Il s’obtient dans les mêmes conditions; on dirige un courant de gaz carbonique dans du thymol où l’on dissout en même temps du sodium. Il se produit une masse jaunâtre, visqueuse, formée de thymylcarbonate de sodium et de thymotate de sodium. On décompose ce mélange par l’acide chlorhydrique, ou reprend par une solution de carbonate d'ammoniaque le liquide qui se précipite, on décante la solution ammoniacale, on la concentre par l’ébullition et on l’additionne d’acide chlorhydrique. Il se sépare ainsi des flocons blancs d’acide thymotique, que l’on purifie en les distillant avec de la vapeur d’eau.

L’acide thymotique forme une masse blanche, légère et amorphe. Il fond à 120° et se sublime sans altération. Presque insoluble dans l’eau froide, il est peu soluble dans l’eau bouillante, d’où il cristallise, par un refroidissement lent, en aiguilles longues et soyeuses. Traité par une solution étendue de pcrchlorure de fer et abandonné dans un endroit chaud, il se colore en bleu. La solution aqueuse du sel d’ammonium se colore immédiatement en bleu foncé par le perchlorure de fer.

Traité par le perclilorure de phosphore, ou l’anhydride phosphorique, il donne un anhydride, la thymotule, C11 II12 O2.

Chauffé avec de l’hydrate de baryte, il so dédouble en acide carbonique 3t thymol.

Les sels d'argent, de cuivre et de plomb sont insolubles.

En traitant le cymol ou carvacrol par le sodium et l’acide carboniquo, on obtient un acide isomère de l’acide thymotique, l 'acide carvacrol inique, fusible à 133-134°, cristal lisable dans l’eau en longues aiguilles [Kekuléct Fleischer, Deutsche cliem.nGesellsch, t. VI, p; 1087; Bull, de la Soc. chim., 1874, t. XXI, p. 35].

thymotide ( Anhydride thymotique ), C11 II12 O3 [Naquet, Bull, de la Soc. chim., 1805, t. IV, p. 93]. — On traite 1 molécule de thymotate de sodium bieu sec par 2 molécules de perchlorure de phosphore, et l’on termine la réaction en chauffant jusqu’à 200°. Lo produit de la réaction traité par l’eau pour enlever l’oxychlorure, le perchlorure en excès et le chlorure de sodium, est repris par l’éther. La solution éthéréo, après évaporation, laisse un résidu formé d’acide thymo-

THYMYLSULFUREUX (ACIDE). — 415 — TITANE.

tique non attaqué et de thymotide; on reprend par les solutions alcalines étendues qui dissolvent l’acide thymotique et laissent la thymotide. On purifie celle-ci par plusieurs cristallisations dans l’alcool bouillant. La thymotide s’obtient aussi dans l’action il ISO" de l’anhydride phosphorique sur l’acide thymotique.

La thymotide cristallise en aiguilles assez volumineuses, transparentes, ou en petits cristaux microscopiques, dont la réunion forme une poudre cristalline blanche. Elle fond à 1S7°. L’eau à 200“, la potasse aqueuse il 150° ne l’altèrent pas; mais avec la potasse en fusion, elle régénère du thymotate.

La thymotide paraît devoir être représentée par la formule

Cto Ht2

C'est un anhydride analogue à la coumarine.

THYMYLSULFUREUX (ACIDE). — Voyez Sl'LFOCYMÉ.NIQCE (ACIDE), t. 111, p. 110.

TIIYMYLSULFURIQUE (ACIDE). — Voyez Tiivmoi. ( Dérivés sylfoconjugués).

TIEMAJYMTE (Min.). — Séléniure de mercure, HgttSe10, ou plutôt HgSe, avec un peu de soufre. Couleur gris d’acier, éclat métallique, fragile, se trouve avec chalcopyrite près de Zorge ; ù Tilkerode, près de Clausthal; eu Californie, près du lac Clear.

Caractères. — Dans le tube, décrépite, et lorsqu’il est pur, se sublime entièrement en un anneau noir bordé de rouge brun. Dans le tube ouvert, donne une odeur de sélénium et un sublimé rouge brun, avec un bord de séléniate de mercure blanc fusible. Sur le charbon, se volatilise eu colorant la flamme en bleu.

Dureté, 2,5. Densité, 7,1 il 7,37.

TIGLIQUE (ACIDE). — D’après un travail récent de Geuther et Frülich, l’huile de croton ne contiendrait ni acide crotonique, ni acide angélique, comme Schlippe l’avait indiqué; indépendamment des acides acétique, butyrique, valérianique et d’acides homologues supérieurs, elle renfermerait un isomère de l’acide angélique, qui a reçu le nom d’acide tiglique. Cet acide semble être identique avec l’acide méthylcrotonique (t. II, p. 405) (A. Geuther et O. Frolich, Jenaische Zeitscli., t. VI, p. 46; Bull, de ta Soc. chim., t. XIII, p. 523].

Néanmoins l’indication de Schlippe, en ce qui touche l’acide angélique, est peut-être exacte, et les résultats si divergents peuvent s’expliquer par des différences dans le mode d’extraction do l’acide. D’après les recherches toutes récentes de M. E. Demarçay, nous savons, en effet, que l’acide angélique se convertit sous l’influence de la chaleur seule, par la distillation fractionnée, par exemple, en un acide isomérique qui est probablement l’acide méthylcrotonique. Or c’est précisément ce mode do purification que Geuther et Früjich ont employé, tandis que Schlippe a purifié son acide par distillation avec la vapeur d’eau. A. II.

TILKEUODITE. — Voyez Clausthalite.

TIXGAL. — Voyez Borax.

TIXUALCITE. — Voyez Hayésine.

T1ROLITE. - Voyez Tyrolite.

TITANE, Ti =50 (équiv. = 25). — L’oxyde de ce métal lut signalé pour la première fois en 1791 par Gregor dans la ménaccanite (fer titané). Klaproth, trois ans plus tard, le découvrit dans le rutile et en fit connaître quelques propriétés. H- Dose publia des recherches plus étendues sur x sujet eu 1821 et dans les années suivantes |P oggend. Ann., t. III, p. 103; t. Xll, p. 492 ; *• XV’ P’ 145; t- XVI, p. 57; t. XXIV, p. 141;

t. XLII, p. 527 ; voyez aussi Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XII, p. 170, et t. XV, p. 290J. Ce métal a été depuis l’objet d’un grand nombre do travaux.

Le titane entre dans la composition d’un grand nombre de minéraux dont nous indiquons plus loin les principaux. — Voyez p. 424.

On trouve fréquemment dans les scories des hauts-fourneaux des cristaux cubiques que l’on a pris longtemps pour du tilano métallique; mais Woehler a reconnu qu’ils constituent un azotocyanure de titane, renfermant 73 0/o de titane [Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XXVIII, p. 382].

Ilees [Phil. Mag., t. V, p. 398] avait annoncé l’existence du titane dans le vin et dans le sang; mais cette assertion a été démentie par Marchand.

Préparation du titane métallique. — Borzelius traitait le lluotitanate de potassium par le potassium ; la réaction a lieu avec production de lumière ; on traite la masse refroidie pour enlever le fluorure de potassium. Le titane reste sous la forme d’une poudre grise, non cristalline [Poggend. Ann., t. IV, p. 3]. Woehler l’a préparé par le même procédé. Examiné sous le microscope, ce titane présente la couleur du fer et l’éclat métallique [Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XXIX, p. 181]. Morz est arrivé au même résultat en remplaçant le potassium par le sodium.

La calcination de l’oxyde de titane avec du charbon, dans un creuset brasqué, au feu de forge, est le procédé le plus aérien nement décrit (Laugier, Woltaston, Bertliier). Mais le titane que l’on obtenait ainsi, et qui présentait la couleur du laiton ou du cuivre, est de l’azoture de titane dont la formation est due au passage do l’azote de l’air à travers le creuset.

Le titane n’a jamais été obtenu dans un état métallique proprement dit; ce qu’on a décrit comme titane cristallisé, est un azoture ou de l’azoto-cyanure do titane (Woehler). La couche métallique jaune obtenuepar Ebelmen en réduisant à chaud du chlorure de titane par l’hydrogène, n’est sans doute aussi qu’un azoture.

Propriétés. ■ — Le titane pulvérulent brûle avec un grand éclat lorsqu’on le chauffe au contact de l’air; si on le chauffe dans l’oxygène, sa combustion a lieu brusquement en produisant un éclair. Un mélange de minium ou d’oxyde de cuivre avec le titane brûle avec une élévation de température considérable. Le chlore n’attaque pas le titane à froid, mais à chaud la combinaison a lieu avec incandescence.

Dn des faits caractéristiques dans l’histoire du titane est son affinité énergique pour l’azote, à. une température élevée (Woehler).

Le titane décompose faiblement l’eau à 100°, avec dégagement d’hydrogène. L’acide chlorhydrique le dissout à chaud avec dégagement d’hydrogène et la solution incolore renferme probabablement du protochlorure de titane Ti C1‘- (Wœhler). L’acide azotique l’attaque énergiquement en donnant l’acide métatitanique (R. Weber).

Poids atomique et atomicité du titane. — Le titane forme trois groupes de composés correspondant au protochlorure TiCl”, au sesquichlorure Ti2Cl6 et il l’anhydride titaniquo TiO2 ou au tétrachlorure Ti CD. La densité de vapeur de ce dernier montre que sa molécule est bien exprimée par la formule Ti Cl4. Le titane appartient donc au même groupe d’éléments que le silicium et l’étain ; il est tétratomique.

La constitution des fluotitanates est la même que celle des fluosilicates. Des rapprochements analogues se retrouvent, du reste pour la plupart des combinaisons du titane.

11 est il remarquer que les combinaisons du type ’liX2 sont extrêmement altérables.

TITANE. — Z,16

Le poids atomique du titane a été trouvé par H. Hose égal à 48,6 ; Rose décomposait le chlorure de titane par l’eau, traitait la solution par l'ammoniaque et dosait le chlore dans la liqueur filtrée. Isid. Pierre a opéré d’une manière analogue avec du chlorure de titane dont la pureté avait été mise hors de doute; les nombres qu’il a obtenus sont notablement plus élevés que ceux de H. Rose, ce qu’il attribue à la rapidité avec laquelle le chlorure de titane s’altère à l’air humide. La moyenne des nombres qu’il a obtenus est 50,35 lAnn. de Chitn. et de Phys., (3), t. XX, p. 257). Le nombre déduit par Dumas de la densité de vapeur du chlorure de titane serait beaucoup plus fort, soit 55,6.

Le nombre que l’on admet généralement est 50.

Alliages dd titane. — Le seul que l’on ait décrit est celui que le titane forme avec l’aluminium. Wœliler a obtenu cet alliage on fondant dans un creuset d’argile, à la température de fusion de l’argent, un mélange de 10 grammes d’acide titanique, 30 grammes de cryolithe, 30 grammes d’un mélange de chlorures de potassium et de sodium et 5 p. d’aluminium. Le culot métallique obtenu, privé de l’excès d’aluminium par la soude caustique, laisse des lamelles cristallines irisées, brunes et brillantes qui deviennent incolores lorsqu’on les arrose d’acide chlorhydrique étendu. Ces lamelles, dont la densité est égale à 3,3, ne présentent pas une composition constante. Elles sont infusibles au chalumeau; le chlore les attaque vivement à chaud; l’acide chlorhydrique les attaque lentement avec dégagement d’hydrogène et formation d’une solution bleue. L’acide azotique les oxyde énergiquement [Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXII1, p. 248 ; Répert. de Chim.pure, t. II, p. 1G0J.

Le fer et l’acier renferment quelquefois de petites quantités de titane.

Chlorures de titane. — Le protochlorure ou plutôt dichlorure de titane TiCl2, s’obtient en décomposant par la chaleur, dans un courant d’hydrogène, l’bexachlorure dititanique, Ti2Cl6. Il est noir, volatil au rouge, sans fusion préalable ; trèsaltérable à l’air humide; il se dissout dans l’eau avec un bruit de fer rouge et en dégageant de l’hydrogène. La solution précipite en noir bleuâtre par l’ammoniaque. Le dichlorure de titane est insoluble dans le sulfure de carbone, le chloroforme, l’éther, le tétrachlorure de titane. Il agit sur l’alcool à 09, 5 centièmes avec dégagement d’hydrogène. Le brome l’attaque avec incandescence et donne un chlorobromure liquide qui bout vers 176° et qui paraît êtreTi CI2Br2 [Friedel et Guérin, Compt. rend., t. LXXI, p.889l.

D’après Wœhler, la solution du titane daus l’acide chlorhydrique renferme du protochlorure de titane. [Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XXIX, p. 182). Glatzel a démontré récemment que cette solution, qui est violette, renferme du sesquichlorure.

Ebelinen avait obtenu par l’action de l’hydrogène sur le tétrachlorure de titane des lamelles d’un jaune d’or qu’il pensait pouvoir être ce protochlorure. Friedel a reconnu récemment que ces lamelles constituent un oxychlorure.

SaSQUICULOr.URB DE TITANE, OU IIeXACHLORURE dititaniqle, Ti2Cl6. — Ce composé a été découvert et décrit par Ebelmen [Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. XX, p. 380]. Il se produit lorsqu’on fait passer à travers un tube de porcelaine ou de verre, chauffé au rouge, des vapeurs do tétrachlorure entraînées par un courant d’hydrogène sec. L’air de l’appareil doit être remplacé par de l’hydrogène avant l’opération. Le sesquichlorure de titane se dépose dans la partie non chauffée du tube; pour le débarrasser du tétrachlorure qui l’imprègne, il suffit de le chauffer doucement en maintenant le courant d’hydrogène.

TITANE

Le sesquichlorure de titane se produit auèshi lorsqu’on chauffe à 180°, en tubes scellés, le tétrachlorure de titane avec de l’argent métallique : :

2TiCl‘ + 2 Ag = 2 AgCl + Ti*Cl«.

On ne peut séparer par volatilisation lescsqui-.chlorure du chlorure d’argent, car à la tempéra- 1 ture élevée qui est nécessaire pour volatiliser lé, sesquichlorure, il se produit une réaction inversa de la précédente, c’est-à-dire que le sesquichlorure de titane se transforme de nouveau en tétrachlorure en réduisant le chlorure d’arcgent [Friedel, Bull, de la Soc. chim., t. XXII, p. 145].

Le sesquichlorure de titane se présente er: larges écailles d’un violet foncé. Il ne fume pas : j l’air, mais en attire l’humidité; il se dissout dan:, l’eau avec une couleur rouge violacé. Évaporéi à sec, cette solution dégage de l’acide chlorhy drique et laisse un oxychlorure bleu. Chauffé ai contactée l'air, le sesquichlorure de titane réé pand d’épaisses fumées de tétrachlorure et 1m résidu est formé d’acide titanique. Cette décoma position s’opère lentement à la température orr dinaire (Ebelmen).

En même temps que le sesquichlorure détitane, on trouve dans le tube des lamelles d’un jaune d’or, très-peu volatiles et qui d’après Frie-: del sont un oxychlorure; leur formation est du, à la présence d’un peu d’air dans l’appareil.

Enfin Ebelmen a remarqué sur les parois dm tube une couche mince miroitante, d’un jaun-j d’or, qu’il regardait comme du titane métallique! et qui est sans doute un azoture.

Le sesquichlorure de titane est un réducteur énergique; il décompose à chaud l’acide sulfu. reux, avec dépôt de soufre. Il ramène au minimum les chlorures cuivrique et ferrique et réduit à l’état métallique les sels d’or, d’argent e de mercure (Ebelmen).

L’hexachlorure dititanique n’est pas volatil Chauffé daus un courant d’hydrogène à la terni pérature d’ébullition du soufre, il commence dégager du tétrachlorure en donnant un résidi de dichlorure. La décomposition est plus rapid, à une température plus élevée. L’hexaclilorur est attaqué par le brome, avec production d chlorobromure; le produit formé bout vers 154, et parait être le corps TiCPBr [Friedel et Guérin loc. cit. ).

M. Glatzel a obtenu un hydrate du sesquichlo rure de titane Ti2Cl6 -f-81I!0 en évaporant 1 ; solution violette qui se forme lorsqu’on dissou le titane métallique dans l’acide chlorhydrique La liqueur se colore de plus en plus et finit pa devenir rougo cerise. En même temps il se dé pose de l’acide titanique en poudre line, ce qu oblige à filtrer plusieurs fois la liqueur. O: obtient finalement un sel vert qui présente 1 composition indiquée pins haut et qui ne se dis sout pas dans l’eau sans laisser en suspension un petite quantité d’acide titanique finement divisé circonslance qui rend la liqueur opaline [Deutsch chetn. Gesells., t. IX, p. 1831].

Tétrachlorure de titane, Ti CD. — Il a ét décrit pour la première fois par George [Anr,i Phil., t. XXV, p. 18], qui l’avait obtenu par Tac tion du chlore sec sur le titane métallique.

Préparation. — On le prépare par l’action d chlore sec sur un mélange de charbon et d’acid titanique anhydre, en opérant comme pour le chlçi rure de silicium [Dumas, Ann. de Chim. et d Phys., (2), t. XL, p. 288]. Le chlorure de titanes condense dans le récipient; pour le priver d ] chlore qu’il tient en dissolution et qui le color I en jaune, on l’agite avec du mercure et oti le rec t tille par distillation.

Page 1