C18H>60 = (C«H5)3C.0II
Ce corps, comparable par sa formule au triméthylcarbinol, prend naissance lorsqu’on oxyde le triphénylméthane (t. II. p. 908) pur un mélange de dichromate de potassium et d’acide sulfurique étendu; on arrête l’opération lorsque la couche fondue du triphénylméthane est convertie entièrement en une masse cristallisée.
(C6 H3)3 CII-j-0 = (C6H5)3C. OH.
On l’obtient encore en ajoutant la quantité théorique de brome à une solution sulfocarbonique de triphénylméthane, évaporant la solution et ajoutant de l’eau au résidu.
(C« H»)» CH -f Br2 = II Br + (C6 II3)» CBr
(C« II»)» CBr+IPO = HBr -(- (C«H»)3 C. OH
Le produit, préparé d’après l’un ou l’autre procédé, est lavé à l’eau et soumis à des cristallisations dans la benzine bouillante. Lo triphéuylcarbinol se présente en cristaux clinorhombiques, durs, brillants; formes : m, b p, o 1/2 o >« ; rapportées axes :a:b:c : = 9,75188 : 0,0237 1 ; angle des axesiac = 119° 42’. Il est très-solublo
ni — 33
TRIPHÉN YLMÉTIIANE. — 51/) — TiUTIGINE.
dans l’alcool, l'éther, la benzine. Il fond à 157° et distille sans décomposition au-dessus do 3G0°.
Le triphénylcarbinol est très-stable ; on peut le distiller sur de la chaux sodée, le traiter par les alcalis, les acides étendus, l’amalgame de sodium, etc., sans l’altérer. L’acide, sulfurique concentré le dissout et l’eau le précipite non altéré de la solution. Le brome et l’acide nitrique donnent des produits de substitution difficiles à puriflor.
Lorsqu’on chauffe le triphénylcarbinol avec la benzine et l’anhydride phosphorique, on obtient du diphénylméthane et du diphényle
(C6IIS)3 C. OH -f 2C°H6 = 1120 + (C6 11+ c H + (G6 11+
Le tétraphénylméthane, qui aurait pu se former n’a pas été trouvé parmi les produits de la réaction.
Dérivés do triphénylcarbinol. — Le tripliénylcarbinol est un alcool monatomique tertiaire; par la faible stabilité de ses éthers, il se rapproche singulièrement des acides.
Dérivé sodé. — Le triphénylcarbinol, en solution dans le toluène, dissout à chaud du sodium et se convertit en une masse pulvérulente blanche, très-hygroscopiqae, que l’eau dédouble en soude et en triphénylcarbinol.
Dérivé acétique. — Le chlorure d’acétyle agit sur le triphénylcarbinol en dégageant abondamment de l’acide chlorhydrique; il se forme une masse radiée qui, à l’air humide, émet de l’acide acétique et régénère l’alcool. Par la distillation, cet éther acétique se charbonne en partie, en même temps qu’il distille de l’acide acétique et du triphénylcarbinol.
Chlorure. — Obtenu en traitant l’alcool par le perchlorure de phosphore, il constitue une masse cristalline radiée, que l’eau froide décompose lentement, l’eau bouillante immédiatement en acide chlorhydrique et triphénylcarbinol. Ce chlorure commence à s’altérer vers 150“; chauffé plus fort, il fournit au-dessus de 300° une huile presque incolore qui se solidifie par le refroidissement; ce corps cristallise dans l’acide acétique en fines aiguilles soyeuses, enchevêtrées, fusibles à 138°, peu solubles dans l’éther et dans l’alcool froid; il possède la composition du diphènylphénylène-méthane C19 H14 = (G6 H5)* C=C6H‘. Le même hydrocarbure se forme lorsqu’on fait agir le zinc en poudre sur une solution benzénique du chlorure; le tétraphénylméthane, qui aurait pu se former dans cette réaction, n’a pas élé trouvé parmi les produits.
Dérivé éthylique fC° Hs)*C.O. CSI15. En traitant le chlorure précédent par l’alcool, on obtient l’éther éthylique sous forme d’une huile incolore qui se fige au bout de quelque tomp. Ce corps, cristallise dans l’alcool en petits cristaux indistincts, fusibles à 78°, et volatils sans décomposition lorsqu’on les chauffe avec précaution dans uu courant d’air [W. Hemilian, Deutsche chem. Gesellsch., t. VII, p. 1203 ; Dull. delà Soc. chim., t. XXIII, p. 372,]. A. IL
TK 1 P H ÉN YLMETIIANE. — Voyez PlIÉNYL- MÉTHAXES, t. Il, p. 008.
TRIPUYLINE (Min). [S|/n. Tétraphilline, Perowskyne.j — Phosphate de manganèse, de fer et de lithine : RLiPhO4; R = Fe,Mu; avec un peu de magnésie, de chaux, de soude, etc. Se présente quelquefois en très-grands cristaux, inégaux, et plus souvent en masses clivables, qui sont d’un gris verdâtre ou bleuâtre, et brun-noir dans les parties altérées. Translucide en fragments très-minces ; éclat gras ou résineux. Se rencontre en uids dans les roches granitiques à Rabenstein, près de Zwiesel (Bavière); à Tammela (Finlande); près de Limoges; à Norwich Mass.) ; à Keityü, Finlande (Perowskyne).
Caractères. — Soluble dans l’acide chlorhydrique. Dans le tube bouché, noircit et donne un pou d’eau. Au chalumeau, fond facilement en colorant la flamme en un rouge bordé de bleuverdàtre. Avec le borax, réaction du for, et avec la soude, réaction du manganèse, etc.
Dureté, 5. Poussière grise. Densité, 3,51 à 3,6.
Forme cristalline. — Prisme orthorliombique mm — 98°, p e' = 133° 32’. Clivage : p, facile sur les cristaux inaltérés; m, pi, moins faciles. F. et S.
TRIPL1TE (Min.). — Fluophosphate de fer et de manganèse : P O* R (R" Fl)’, R = Mn,Fe; avec traces de chaux. Se rencontre en masses cristallines, sans formes extérieures reconnaissables, mais présentant trois clivages rectangulaires inégaux. D’un brun noir, d’un éclat gras ou résineux Cassure subconchoidale. Fragile. Trouvé dans los pegmatites des environs de Limoges, et à Peilau (Silésie).
Caractères. — Soluble dans l’acide chlorhydrique. Avec l’acide sulfurique, dégage de l’acide fluorhydrique. Au chalumeau, fond facilement en un globule magnétique; humecté d’acide sulfurique, colore la flamme en un bleu-verdàtre. Avec le borax, réactions du fer et du manganèse.
Dureté, 4 à 5,5. Poussière jaune-brun.
Densité, 3,44 à 3,8.
Forme cristalline. — Orthorliombique (?) F.etS.
TRIPLOCLASE. — Voyez Thomsonitb.
TR ITH IONIQUE (ACIDE). — Voyez Soufre, t. II, p. 1621.
TUITICINE, C15HÎ30U. — Cet hydrate de carbone se trouve, indépendamment du sucre de fruits, dans la racine de chiendent ( Triticum repen). Les racines, séchées et coupées, sont épuisées à chaud par de l’alcool à 25 à 30 centièmes, la solution est précipitée par le sousacétate de plomb et la liqueur filtrée et débarrassée de l’excès de plomb, est évaporée au baiD-marie. Le résidu, lavé à l’alcool fort, est dissous dans l’eau, traité de nouveau par le sous-acétate de plomb, évaporé une deuxième fois, et cette série d’opérations est répétée jusqu’à ce que le sel de plomb ne produise plus de précipité. Enfin le résidu est dissous dans 8 à 10 p. d’eau, décoloré par le noir animal, concentré et soumis à la dialyse pendant plusieurs jours. Une dernière évaporation fournit alors la tr: ticine pure, qu’on lave à l’alcool fort et qu’on sèche à 80-100° d’abord, 110° à la fin. La racine de chiendent ne fournit par ce procédé, que 1,5 à 2 % de triticine quoiqu’elle en renferme de 6 à 8 °/„.
La triticine forme une masse gommeuse, transparente, hygroscopique, colloïde; elle est neutre et sans saveur, extrêmement soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool et dans l’éther; l’alcool ne la précipite qu’incomplétement de sa solution aqueuse. Elle est lévogyre; |a]= 50°, 1. Chauffée à 150°, elle fond ; à 160°, elle se transforme en uno masso brune, à saveur sucrée, soluble dans l’alcool.
L’acide nitrique transforme la triticine en acide oxalique; le peroxyde de manganèse et l’acide sulfurique étendu produisent de l’acide formique. L’acide sulfurique concentré fournit un a ide triticine-sulfurictue qui forme avec les alcalis des sels solubles, avec les autres métaux des sels insolubles, gélatineux et colorés.
Par l’ébullition de sa solution, sous pression ou en présence d’un acide, la triticine se transforme en lévulose, CHII«0'> 4- 11*0 = 2C6Ht‘0«.
La diastase peut produire cette saccharification.
La levûre de bière ne fait pas fermenter la triticine [Il Müller, Arch. f. Pharm.. (3), t. II, p. 500; t. III, p. 1 ; Dull. de la Soc.chtm.,t . XXI, p. 134]. A. H.