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URIQUE (ACIDK). —601— URIQUE (ACIDE

qu’il devienne parfaitement blanc, et se dissolve dans la potasse sans la colorer. Ce procédé permet de purifier en une heure un kilogramme d’acide urique brut. [Gibbs, Sillim. Amer. Journ. (2) T. XLV1II, p. 215). et Bull, de la Soc. chim., 1870, t. XIII, p. 171].

Propriétés. — L’acide urique sec renferme

C5H4Az'*03,

mais lorsqu’on mélange une dissolution froide et très-étendue d’urate alcalin avec un acide, et qu'on abandonne le mélange dans un endroit froid, il se dépose un hydrate d’acide urique, en eristaux dendritiques et renfermant

C3II4Az403, 21I20.

Cet hydrate perd peu à peu son eau à la température ordinaire, et rapidement par l’action de la chaleur [Fritzsche, Rapp. arm. de Berselius 1 840, p. 330]. Par l’addition d’acide chlorhydrique à la solution d’un urate, l’acide urique se précipite à l’état d'une masse gélatineuse qui, par une douce chaleur, so convertit en paillettes ne renfermant pas d’eau de cristallisation.

L’acide urique sec est en paillettes satinées, d’un blanc éclatant, sans odeur et sans saveur. Il est pou soluble dans l’eau bouillante, presque insoluble dans l’eau froide. Il exige pour se dissoudre, de 1800 à lfOO parties d’eau bouillante et à 10°, 14000 à 15000 parties. [Bensch, Mémoire cité.]. La solution aqueuse rougit le papier de tournesol.

L’acide chlorhydrique le dissout un peu mieux que l'eau pure; l’alcool et l’éther ne le dissolvent pas.

M. Lipowitz a examiné la solubilité de l’acide urique dans divers sels. L’acétate de potassium en dissout à l’ébullition une assez forte proportion qui se sépare par le refroidissement. De même le lactate de sodium en dissout, à 35°, une certaine quantité qui se sépare à une plus basse température. Certains sels alcalins basiques dissolvent l’acide urique, mais alors il se convertit en urate ; tels sont le bicarbonate de potassium, le borax, le phosphate de sodium [Lipowitz Ann. der Chem, et Pharm. t. XXXVII, p.348, et Rapp. ami. de Berselius, 1843, p. 324 et 1845, p. 388.) L’acide urique se dissout aussi à chaud dans les solutions de sulfate de potassium et de chlorure de sodium. [Berzélius, Rapport annuel, 1847, p. 5U1].

Par la distillation sèche, il donne une grande quantité d’acide cyanhydrique, de l’urée, du cyanhydrate d’ammoniaque et de l’acide cyanurique (d’abord appelé acide pyro-urique). [Wohler, Ann. de Cliim et de Phys., t. XLI1I, p. 04, 1830].

Chauffé dans un courant de chlore sec, il donne de l’acide cyanurique et de l’acide chlorhydrique. Un courant prolongé de chlore, transforme l’acide urique en suspension dans l’eau, en alloxane, acide parabanique, acide oxalique, cyanate d’ammonium.

Le brome agit de la même façon; il se forme de l’alloxane et de l’urée, si la température ne s’élève pas pendant la réaction. Dans le cas contraire, il so forme en outre du bromure d’ammonium, de l’acide oxalique et de l’acide parabanique. Avec l’iode, on arrive à des résultats analogues. Seulement comme sa réaction nécessite l’emploi d’upe légère élévation de température, il est moins facile de s’arrêter è la production d’alloxane et d’urée [E. Hardy. Bull, de la Soc. chim., 1864 ; t. I, p. 445],

Quand on chauffe l’acide urique à 160-190°, eu vase clos, avec un peu d’eau, il se transforme en une masse jaune, gélatineuse (Liebig); d’après Woehler, cette masse est formée d’urate acide d ammonium, tandis ïue Hlasiwetz la regarde

comme du mycomélate d’ammonium [Liebig, Trait, de Chim. organ., 1. 1, p. 206; — Woehler, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CI1I, p. 117; — Hlasiwetz, ibid., t. CIII, p. 200].

L’acide chlorhydrique concentré est presque sans action sur l’acide urique, même par une longue ébullition; on ne trouve dans la liqueur

3ue~ des traces de sel ammoniac [Staedeler, Ann. er Chem, und Pharm., t. LXXV1II, p. 286, et Ann. de Chim. et de Pliys. (3) t. XXXIV. p. 487. L’acide sulfurique concentré le dissout; sa solution chaude dépose par le refroidissement de gros cristaux d’une combinaison renfermant :

C5II4Az403,4S04Il5;

elle est fort déliquescente et est immédiatement décomposée par l’eau (Fritzsche).

Suivant Lœwe, la composition de ce corps correspond à la formule Csll4Az403,2S04lI2. Il fond entre 60-70». Chauffé à 110-115°, il se colore en jaune, dégage de l’acide sulfureux, et après 12 heures de chauffe se converiit en une masse visqueuse qui se solidifie par le refroidissement en prenant une couleur orangée. Cette masse est soluble dans l’eau bouillante, mais les corps qu’elle renferme n’ont pas été étudiés [Lœwe, Journ. f. praltt Chem., t. XCVII, p. 108; Bull, de la Soc. chim., 1867, t. VII, p. 442].

Lorsqu’on chauffe l’acide urique avec deux fois son poids d’acide sulfurique pendant quelque temps à 130-140°, il se dégage de l’acide sulfureux, de l’acide carbonique, et il arrive un moment où la masse délayée dans l’eau ne fournit plus le dépôt cristallisé d’acide urique. Alors on reprend par l’eau et l’on filtre après 24 heures; la liqueur renferme une matière ulmique, de l’acide urique non altéré, de l’acide hydurilique et un composé C5H''Az403, la pseudoxanthine. [Schultzen et Filehne, Deulsch. chem. Gesellsch. 1868, p. 150, et Bull, de la Soc. chim, t. XI, p. 490],

Chauffé en tubes scellés à 160-170° avec de l’acide iodhydrique, l’acide urique donne du glycocolle, de l’acide carbonique et de l’iodure d’ammonium. Le dédoublement consiste en une hydratation, et on peut représenter la réaction par l’équation suivante :

C3 H4 Az4 03+5 H2 0=C2 II3 Az 02+3 C O3 + 3 Az H3

Acide urique Glycocolle

[Strecker, Zeitsch. für Chem., 1868, p. 215, et Bull, de la Soc. Chim., t. X., p. 250].

L’acide azotique dissout l’acide urique avec effervescence en donnant un mélange d’alloxano et d’alloxantine, en même temps que de l’urée qui se décompose sous l’influence de l'acide azotique en excès. Par l’ébullition de l’acide urique avec l’acide azotique concentré, l’alloxaue et l’alloxautine sont détruites et il se forme de l’acide parabanique. La solution d’acide urique dans l’acide azotique, additionnée d’ammoniaque et légèrement chauffée devient pourpre par suite de la formation de murexide ou purpurate d’ammonium C8H4(AzII4) Az506 (Liebig et Woehler).

Pour caractériser l’acide urique et les tirâtes, on met à profit l’action successive de l’acide azotique et de l’ammoniaque. Ou chauffe une parcelle d’acide urique avec quelques gouttes d’acide azotique, on évapore à sec, et dans la capsule encore chaude, on ajoute une goutte ou deux d’ammoniaque II se développe alors une magnifique couleur pourpre caractéristique et qu’on a regardée comme étant duc h du purpurate d’ammonium. Suivant Hardy, la couleur ainsi obtenue n’est pas la vraie murexide, mais un isoalloxanate d’ammonium, C.4H* Az*03(AzH4)2, qu’on obtient aussi en chauffant l’alloxane à 215°, et la pro-

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jetant ensuite dans l’ammoniaque. Cet isoalloxanate d’ammonium parait identique avec un corps analogue à la murcxide, signalé par Grégory en 1810 et différant de la murexide vraie, en ce qu’il est plus soluble dans l’eau et ne précipite pas d’uramile par l’addition d’un acide. (Hardy, Mém. cit. — Grégory, Rev. scient., 1840, t. II,

Les alcalis dissolvent l’acide urique en donnant des urates neutres. Par l’ébullition asec la potasse, l’acide urique n’est que faiblement attaqué, même après 8 jours d’ébullition. Il se forme en trèspetites quantités un nouveau sel, 1 ’uroxanate de potassium (Staedeler). — Voyez Uroxanique (acide).

Fondu avec de l’hydrate de potassium, l’acide urique donne un résidu de cyanure mélangé d’oxalate et de carbonate (Gay-Lussac). Lorsqu’on ajoute peu à peu du peroxyde de plomb à l’acide urique mis en suspension dans l’oau et chauffé à 100°, il se forme de l’allantoïne et de l’urée, tandis que de l’acide carbonique se dégage avec effervescence ; une portion de l’allantoïne est détruite en même temps, et il se produit de l’oxalate de plomb (Liebig et Wohler).

Traité en présence de potasse, par le ferricyanure de potassium, l’acide urique donne également de l’allantoïne [Schlieper, Ann. der Cliem. u. Pharm., t. LXV1I, p. 214; Ann. de Millon , 1849, p. 307].

Le permanganate de potassium ajouté à l’acide urique le convertit en acide carbonique et allantoïne : le rendement est théorique et correspond à l’équation :

C*H‘Ai‘0* -f H!0 + O

= CO*+ C4H6 Az403

[Clauset Emde, Deutsch. cliem. Gesellsch.,t. VII, p. 220; Bull, de la Soc. chim., 1874, t. XXII,

Traité par l’aride sulfurique et l’azotite de potassium, l’acide urique donne de l’alloxane, de l’alloxantine et de l’acide parabanique. Si l’on remplace l’acide sulfurique par l’acide acétique, on obtient l'acide stryphnique, C4II3Az502, et les eaux mères renferment de l’allantoïne [Gibbs, Sillim Amer. Journ., (21, t. XLVIII, p. 215; Bull, delà Soc. chim., 1870, t. XIII, p. 282].

Socoloff est arrivé à d’autres résultats en faisant agir l’acide acétique et l’azotite de potassium sur l’acide urique; il aurait eu un acide tribasique, C8 H7 Az7 O0, l'acide urinilique (p. 599) [Socoloff, Zeitsch. f. Chem., 1869, p. 78; Bull, de la Soc. chim., 1869, t. XII, p. 155].

Dosage de l’acide urique. — Voyez Urines, t. III, p. 596.

urates. — Les urates ont été étudiés par M. Bensch et MM. Bensch et Allan. L’acide urique est bibasique, mais il ne chasse que difficilement l’acide carbonique des carbonates. Les urates sont peu solubles ou insolubles dans l’eau (Bensch, Ann. der Chem. u. Pharm., t. LIV, p. 189; Bensch et Allan, ibid., t. LXVI, p. 181; en extrait, Ann. de Millon, 1846, p. 392, et 1848, p. 296].

Urates d’ammonium. — Le sel neutre n’est pas connu. Le sel acide, C3H3Az403, Az II4, s’obtient en cristaux aciculaires, lorsqu’on ajoute de l’ammoniaque en excès à de l’acide urique tenu en suspension dans l’eau bouillante. Si l’on traite à froid l’acide urique par un excès d’ammoniaque liquide, et que l’on chauffe le mélange, l'acide urique se prend en une gelée qui après lavage et dessiccation forme une masse blanche, compacte, amorphe, difficilement soluble dans l’eau et présentant également la composition de l'uratc acide;

1 p. d’urate acide d’ammonium se dissout à 25° dans 1008 p. d’eau (Bensch).

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