‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 324 sur 430 · URIQUE (ACIDE · texte numérisé non relu

URIQUE (ACIDE

M. Maly a essayé depuis de préparer l’urate ; neutre, mais il n’a obtenu que des combinaisons d’urate acide et d'urate neutre. L’une d’elles constitue un scsquiurate d’ammonium,

C3H3Az403,AzlI4 -f- C5 H* Az4 Os (Az H4)*.

Ce sel se forme quand on met de l’acide urique ; dans de l’eau ammoniacale, et qu’après avoir: chauffé, on filtre avant dissolution complète. C’est: une poudre amorphe, très-peu soluble après m qu’elle a été desséchée.

Si l’on ajoute à la solution précédente de l’ai- cool, il se sépare après 24 heures un sel cristal- - 1 lisé, renfermant 2 molécules de sel acide pourr 1 molécule de sel neutre [Journ. f. praktt Cliem., t. XCII, p. 10; Bull, de la Soc. chim., 1864, t. H, p. 389].

Urate d’argent. — C’est un précipité blanc, i gélatineux, obtenu avec l’urate acide de potassium et l'azotate d’argent. Il noircit promptement. L’ammoniaque le dissout.

Lorsqu’on ajoute du nitrate d’argent à une so- • lution ammoniacale d’acide urique contenant en . | même temps un sel minéral, tels que les nitrates, 1 chlorures ou sulfates des métaux alcalins ou alca-i lino-terreux, il se forme des précipités floconneux, grisâtres; ces composés constituent des urates i doubles très-riches en argent, qui se distinguent de l’urate d’argent par leur faible solubilité dans s l’eau ammoniacale [R. Maly, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CLXV, p. 315 ; Bull, de la Soc. chim., i t. XIX, p. 559].

Urates de baryum. — Sel acide,

(C5II3Az403)sBa -f 2 H* O.

— Poudre blanche, insoluble dans l’eau et l’ai- i cool, qu’on obtient en traitant une solution bouillante d’urate acide de potassium par du chlorure de baryum. Le carbonate de baryum, bouilli avec l’acide urique, laisse dégager beaucoup d’acide carbonique.

Sel neutre, C5 H2Az403.Ba. — Précipité grenu à réaction alcaline, soluble dans 2700 p. d’eau bouillante et 7900 p. d’eau froide. 11 se prépare comme le sel correspondant de strontium. — Voyez plus loin.

Urates de calcium — Sel acide,

(C5 II3 Az4 03)! Ca -(- 2 II2 O.

On l’obtient en ajoutant une solution de chlorure de calcium à une solution bouillante d’urate acide de potassium. Il se forme un précipité blanc, amorphe. Si l’urate de potassium est légèrement alcalin, il se sépare des aiguilles groupées en mamelons.

L’urate acide de calcium est très-peu soluble; il exige 003 p. d’eau froide et 276 p. d’eau bouillante. Le chlorure de calcium augmente sa solubilité.

Sel neutre, C!HîAz403.Ca. — On fait tomber goutte à goutte une solution d’urate neutre de potassium dans une solution bouillante de chlorure de calcium, jusqu’à ce que le précipité qui se redissout d’abord, commence à devenir persistant, puis on fait bouillir le liquide pendant une heure. Le sel se dépose i l’état de grains qui séchés à 100° sont anhydres, fl se dissout dans 1500 p. d’eau froide et dans 1440 p. d’eau bouillante. . .

Urate de cuivre. — C’est un précipité vert, qui brunit par l’ébullition avec l’eau.

Urates de magnésium. — Le sel acide,

(C5il3Az4 O3)2 Mg + 61I!0.

— On l’obtient en mélangeant de l'urate acide do potassium avec du sulfate de magnésium. La liqueur chaude reste limpide pendant plusieurs heures, puis laisse déposer une masse de cristaux

URigUE (ACIDE). — 603 — URIQUE (ACIDE).

mamelonnés, d’un aspect soyeux. Recristallisés dans l’eau bouillante, ils se séparent sous forme d’une masse de cristaux aciculaires qui se dessèchent en une poudre blanche légère. Le sel se dissoutdans 151) à 170 p. d’eau bouillante et dans 3500 à 4000 p. d’eau froide. A 170°, il perd 19,2 % d’eau. Le sel neutre de magnésium n’est pas connu.

Uiiates de plomb. — Sel acide,

(C5 II* Az* O®)2 Pb.

— Précipité blanc formant, après dessiccation, une poudre friable, insoluble dans l’eau et l’alcool, et qu’on obtient en traitant une solution saturée d’urate acide de potassium par un excès d’acétate neutre de plomb.

Sel neutre, CsH*Az4 03.Pb. — On fait tomber goutteà goutte une solution étendue d’urate neutre de potassium dans une solution étendue et bouillante d’azotate de plomb ; il se forme d’abord un précipité jaune que l'on sépare par le filtre; en ajoutant de nouvel urate à la liqueur , on obtient un précipité lourd, amorphe, blanc et se lavant aisément. Ce sel est entièrement insoluble dans l’eau et dans l’alcool. Chauffé à 1G0", il n’est pas altéré.

UnATES de potassium. — Sel acide,

C3H3Az4 O8. K.

— On le prépare en traitant l’urate neutre ou une solution d’acide urique dans la potasse par un courant d’acide carbonique ; on lave le précipité à l’eau froide et on le reprend par l’eau bouillante.

Il se sépare pendant le refroidissement en flocons qui se dessèchent en une masse amorphe. Il se dissout dans 70 à 80 p. d'eau bouillante et dans 780 à 800 p. d’eau froide; il est insoluble dans l’alcool. Il n’absorbe pas l’acide carbonique:

Sa solution est neutre; elle est précipitée par le sel ammoniac, les sels de baryum, de plomb, d’argent et les bicarbonates alcalins; elle ne donne pas de précipité avec le sulfate de magnésium.

Sel neutre, C3H2 Az403.K2. — On sature à froid une solution étendue de potasse, exempte de carbonate, par de l’acide urique délayé dans l’eau, puis on concentre la solution par l’ébullition dans une cornue (pour éviter l’acide carbonique de l’air). Quand la liqueur est suffisamment concentrée, le sel se dépose en fines aiguilles; on décante, après quelques instants, la partie liquide, et on lave les cristaux d’abord avec de l’alcool faible, puis avec de l’alcool plus fort.

L’urate neutre de potassium se dissout dans 4i p. d’eau froide et 35 p. d’eau bouillante, sa saveur est caustique. 11 attire l’acide carbonique de l’air ; il 150", il brunit et fond; il se décompose il une température plus élevée.

UnATES de sodium. — Sel acide, C3H3Az403.Na.

— Il se dépose en petits mamelons quand on dirige un courant d’acide carbonique dans une solution du sel neutre. Si l’on ajoute du bicarbonate de sodium à une solution bouillante d’acide urique dans la soude caustique, l’urate acide se sépare en fort petites aiguilles.

Il se dissout dans 1100 à 1200 p. d’eau h 15°, et dans 120 à t>5 p. d’eau bouillante. 11 n’est pas altéré par l'acide carbonique, mais sa solution est précipitée par les bicarbonates alcalins, ainsi que par les sels de baryum, de plomb et d’argent.

Sel neutre, C! II2Az403Na2. — Obtenu comme le sel neutre de potassium, il est en mamelons ui ne présentent pas de texture cristalline. Il se issout dans 77 p. d’eau froide et dans 75 p. d’eau bouillante. Il est fort peu soluble dans 1 alcool. Il se décompose à 150°. Sa solution

aqueuse absorbe l'acide carbonique de l’air et il se dépose de l’urate acide.

Urates de strontium. — Sel acide,

(C5 II3 Az4 O3)2 Sr -f- 2 II* O.

— Il est blanc, amorphe, soluble dans 003 p. d’eau froide et dans 276 p. d’eau bouillante, insoluble dans l’alcool. On l’obtient comme les sels correspondants de baryum et de calcium.

Sel neutre, C3H2Az403.Sr + 2H20. — On introduit dans une solution saturée et bouillante de strontiane, de l’acide uriquo délayé dans l’eau. Les premières portions d’acide urique sont dissoutes, mais par l’addition des portions suivantes, l’urate neutre de strontium se sépare. Il perd son eau de cristallisation à 165°. Il se dissout dans 4300 p. d’eau froide et dans 1790 p. d’eau bouillante. Au microscope, il se présente sous la forme d’aiguilles groupées en étoiles. Il se décompose à 170°.

ACIDE MÉTHYLURIQOE, C3 H3 (C H3) Az4 O3 [Hill, Deulsch. chem. Gesellsch., t. IX, p. 370 et 1090 , Bull, de la Soc ■ chim., 1876, t. XXVI, p. 346, et t. XXVII, p. 214], — On l’obtient en chauffant l’urate de plomb à 150° avec une molécule d’iodure de méthyle dissous dans le double de son poids d'éther. Le produit do la réaction est repris par l'eau bouillante, et la solution est filtrée à chaud après avoir été débarrassée , par un courant d’hydrogène sulfuré, de l’excès de plomb dissous. L’acide méthylurique cristallise par refroidissement.

Il est en petits prismes probablement orthorhombiques ; il fond au-dessus de 360° en se décomposant; il se dissout dans 260 p. d’eau à l’ébullition, il est presque entièrement insoluble dans l’eau froide, dans l’alcool et dans l’éther. Il forme des sels solubles dans l’eau.

L’acide chlorhydrique le décompose, li 170°, en donnant de la méthylamine, de l’ammoniaque et du glycocolle. L’acide iodhydrique il 100° donne de la méthylhydantoïne, C3 II3 (C 113) Az2 O3. L’acide azotique l’attaque et la solution se colore en rouge par l’ammoniaque, mais on n’a pu en retirer d’alloxaneni de méthyl-alloxane; par l’action prolongée de l’acide azotique bouillant, l’acide méthylurique donne de l’acide méthyl-parabanique ou méthyl-oxalylurée, C2H (C H3) Az203. Oxydé par le permanganate de potassium, il donne la méthyl-allantoïne, C4H3(C H3) Az403.

Méthylurates. — L’acide méthylurique a conservé le caractère bibasique de l’acide urique.

Le sel acide de baryum,

[C3 H2 (C H3; Az4 O3]2 Ba + 4 U2 O .

le sel acide de calcium,

[C3 H2 (C H3) Az4 O3]2 Ca + 3 fl2 O, le sel acide de potassium,

C3 II2 (C II3) Az4 O3 K + H2 O,

se forment par l’action de l’acide mémylurique sur les carbonates correspondants; on opère à l'ébullition et l’on précipite par l’alcool.

Le sel acide de sodium,

C3 H2 (C H») Az4 O3 Na + H2 O,

se prépare par double décomposition entro le sel acide de baryum et le sulfate de sodium, puis précipitation par l’alcool.

Le sel neutre de potassium,

C3 II (C II3) Az4 O3 K2 + 3 II2 O, et le sel neutre de sodium,

C3II (Cil3) Az403Na2 -j- 3 II* O,

se précipitent par l’addition d’alcool A la solution de l’acide méthylurique dans les alcalis.

URIQUE (ACIDE). — GO/i — URIQUE (ACIDE).

Le sel neutre de baryum,

C5II(CH3)Az403Ba + 3 4 H2 O,

ost soluble et cristallise par refroidissement en faisceaux de fines aiguilles. 11 en est de même du sel neutre de calcium.

Constitution de l’acide urique.

— L’acide urique se dédouble par oxydation et hydratation en urée et en alloxane :

C4 H4 Az4 O3 + 0+ II20

Acide urique.

= COAz2II4 + C3 H2 Az204 Urée. Alloxane.

L’alloxane elle-même pouvant être rattachée à l'acide dialurique C3H4Az204, dont elle dérive par oxydation, il est permis de regarder l’acide urique comme se dédoublant par simple hydratation en urée et en acide dialurique :

C4H4Az403 -f 2H20 Acide urique.

= CO Az2Il4 + C3H4 Az204.

Acide

dialurique.

L’alloxane étant la mésoxalyl-urée :

CO-AzH x GO CO,

CO-AzH^

et l’acide dialurique, la tartronyl-urée,

CO — AzII x CH. 011 CO,

CO — AzII /

il en résulte que l’acide urique renferme un groupement de 3 atomes de carbone, résidu de I l’acide mésoxalique ou de l’acide tartronique,* substitué à une partie de l’ydrogène de 2 molécules d’urée ou do cyanamide.

C’est sur cette considération première qu’on s'est basé pour établir diverses formules de con- j stitution de l’acide unique; telles sont les formules de Kolbe et d’Erlenmeyer.

La formule de Kolbe,

tout à fait analogue à celle qu’Erlenmeyer attribue i il l’acide urique. Or cet acide donne bien de l'allo- j : xane par l'acide azotique, mais il ne fournit pas • d’allantoinc par le peroxyde de plomb, preuve que sa constitution, et par suite celle de l’acide iso-urique, différent de celle de l’acide urique.

Il est inutile de rappeler les autres formulesd’Erlenmeyer, celles de Ilüfner, de Streckcr, de Gibbs, qui no présentent aucun caractère de cer-r titudo.

La formation de l’alloxaue par l’acide urique nous indique seulement que ce corps renferme un groupement à 3 atomes de carbone attaché il i 2 atomes d’azote d’une molécule d’urée ou de cyanamide, mais elle ne nous dit rien sur la ma-inière dont l’autre résidu d’urée ou de cyanamide, le : groupement C Az2 se trouve attaché dans la mo-> lécule. C’est sur ce point que l’imagination se i donne carrière dans toutes les formules qu'on;/ a proposées.

Pour éclaircir co point, la production d’alloxane :• est donc insuffisante ; il nous faut chercher un dédoublement fournissant un corps qui renferme les 4 atomes d’azote de l’acide urique, c’est- i- dire un composé dans lequel les deux résidus dé cyanamide ou d’urée ne soient pas .séparés.

Ce composé n’est au're que l’allantoïne, C4H6Az403.

L’acide urique fournit l’allanloïne quand il est; traité par le peroxyde de plomb, le permanga-i nate de potassium ou le ferricyanuredc potassium : en même temps il se dégage de l’acide carbonique :

C5 H4 Az4 O3 -f 0 + H20

Acide unquo.

= C4 II6Az403 -f CO2.

Allan totne.

Or, la constitution de l’aliantoïne, longtemps douteuse et qui doit être d’un si grand secours pour déterminer celle de l’acide urique, nous est indiquée par sa synthèse au moyen de l’acide glyoxylique et de l’urée :

L’allantoïne est

r,,s AzH-CO-AzH2 , ^AzH\

CO — AzH /

CO- AzH-Cf Az CH. O H CO-AzH-C£Az

qui fait de l’acide urique un dérivé dicyané do la tartronamide, présente l’inconvénient de ne pas rendre compte de la chaîne fermée d’urée qui existe dans l’alloxane.

La formule d’Erlenmeyer,

j AzH- CO

CCT CII-Az = C=Az H ^Az-HCO

qui explique bien le dédoublement de l’acide urique en urée et en mésoxyalyl-urée, ne saurait être exacte, puisque M. Mulder a obtenu par synthèse un acide qui ne peut être représenté que par la formule d’Ërlenmeyer et qui diffère de l’acide urique. De plus, M. Baeyer, a combiné la dialuramide et l’acide cyanique, et préparé ainsi l’acide pseudo-urique qui renferme une molécule d’eau de plus que l’acide urique : cet acide pseudo-urique a la formule

/AzII -CO

CO^ ÔH-AzH-CO-AzH»

'Az H - CO

D’après cette formule, nous voyons comment sont attachés, dans l’acide urique, les atomes d’azote des groupes de l’urée ou de la cyanamide; et si nous comparons cette formule à celle de l’alloxane

CO-AzH,

CO ^CO CO-Azh/

nous apprenons que l’acide carbonique produit en même temps que l'allantoïne, doit être formé par un atome de carbone enlevé au groupe mésoxalyle C3 O3, et ce carbone no peut être celui qui est lie dans l’allantoïne, et par conséquent dans l’acide urique, à deux atomes d’azote.

En considérant seulement les atomes de carbone et d’azote de l’acide urique , on arrive à en constituer le squelette, pour ainsi dire, de la manière suivante :

r ^ Az-C- Az V^Azv

Maintenant comment sont fixés les atomes d'hydrogène et d’oxygène? Comment se saturent les atomes de carbone et d’azote du schéma pr cèdent.

En admettant que l’un des deux groupes azotés est à l’état de cyanamide, et l’autre à l’état d’urée, oïl pourrait adopter l’une ou l’autre des formules :

on

x AzH-CO-Az H8 CO

' Az^

CO

r,, / Az=C=AzII V ^ Az II v CO N CO

CO— AzH/

Mais en présence de la résistance que présente l’acide urique à l’action des alcalis, cet acide urique ne paraît pas devoir être une urée composée, mais renfermer plutôt son azote à l’état de cyanamide, en tout ou en partie comme l’ont supposé M. Kolbe dans la formule citée plus haut, et M. Baeyor qui faisait de l’acide urique, la tartronyl-dicyano-diamide avec la formule,

C® H8 O® (AzH.CAz)8.

Une réaction observée par MM. Streckor et Reinecke vient à l’appui de cette manière de voir, car elle ne saurait être expliqué avec la formules précédentes. Ces chimistes ont montré que l’acide urique se convertit par l’hydrogène naissant en xanthine, puis en sarcine, par simple enlèvement d’oxygène, de telle sorte que l’on a la série :

C® II* Az4 O® C«H®Az‘08 C'H'Az'O

Acide urique Xanthine. Hypoxanthine

(sarcine).

11 y a donc simplement enlèvement d’oxygène à la molécule de l’acide urique, et comme la sarcine ne renferme plus qu’un atome d’oxygène, il est impossible d’admettre que cet oxygène ait été enlevé à un groupe d’urée (AzH-CO-Az H) et par suite de supposer dans l’acide urique l’existence de l’urée.

La façon la plus simple de comprendre la transformation de l’acide urique en xanthine et en saisine, c’est de supposer dans l’acide urique l’existence de deux groupes OH que l’hydrogénation remplace par 1 ou 2 atomes d’hydrogène.

C’est ce qu’indique la formule :

^ Az = C = ^ Az .

Page 1