DÉRIVÉS PAR SUBSTITUTION DE L'ACIDE VALÉRIQUE
j Acide amidovalérique,
C» II 4 ‘ Az OS = C8 II2 (Az H2) O2.
— Cet acide a été découvert par Gorup-Besanez en même temps que la leucine ou acide arnidocaproique dans le pancréas du bœuf.
Il a été extrait du pancréas par l’eau froide. !La solution bouillie, filtrée, mélangée avec un iexcès d’eau de baryte pour séparer l’acide pltos- Iphorique, et évaporée au bain-marie après filtration en consistance sirupeuse, laisse déposer un mélange d’acide amidovalérique et de leucine. On jsépare les deux acides par dissolution fractionnée idans l’alcool d’une densité de 0,82, dans lequel l’acide amidovalériqne est beaucoup moins soluble que la leucine. On le purifie finalement en le faisant cristalliser dans l’alcool fort [Gorup-Besanez, Ann. der Chem. u. Pharm., t. XCVI1I, p. 25).
Il se forme aussi par l'action prolongée pondant 24 heures de l’ammoniaque aqueuse conceutrôesur l’acide bromovalérique. Le liquide débarrassé de l’excès d’ammoniaque est traité par l’hydrate de plomb, filtré, traité par l’hydrogène sulfuré et j évaporé en consistance sirupeuse. La masse cristalline qui se sépare est lavée avec un mélange d’alcool et d’éther et dissoute dans l’alcool. La solution alcoolique fournit des lames incolores, clinorhombiques, solubles dans l’eau, presque insolubles dans l’alcool froid, peu solubles dans l’alcool bouillant [Cahours, Compt. rend.; — Fittig et Clark, Zeilsch. für Chem., 1805, p. 503).
M. Schlebusch a obtenu l’acide amidovalériqne en faisant réagir l’ammoniaque alcoolique sur l’acide chlorovalérique à 120°. Le contenu des tubes, après évaporation, a été traité par l’eau de I baryte pour décomposer le sel ammoniac, la bajryte a été précipitée par l’acide sulfurique et le produit obtenu dissous dans l’alcool et précipité par l’éther. Au besoin, on le fait encore digérer avec de l’oxyde d’argent pour enlever une trace de chlore [Ann. der Chem. u. Phafm., t. CXLI, p. 326J.
L’acide amidovalérique ressemble beaucoup à la leucine, mais est moins soluble dans l’eau et dans l’alcool; il est insoluble dans l’éther. 11 forme avec les acides des combinaisons cristallisées, qui sont beaucoup plus solubles que les sels correspondants de leucine. 11 se dissout facilement, sans décomposition dans les alcalis aqueux formant avec eux des composés pour la plupart cristallisables.
Chauffé dans un tube, il fond et se sublime avec décomposition partielle, en donnant des va- I peurs ayant une forte odeur de hareng, et renfermant probablement de la butylamine. A l’air, 1 il brûle facilement avec une flamme bleue, ji Le chlorhydrate C6HuAz02.UCl cris. allise sur « l’acide sulfurique en tables inaltérables à l’air, insolubles daus l’éther, très-solubles dans l’eau et !li dans l’alcool. Les solutions, même concentrées,
| ne sont pas précipitées par le tétrachlorure de platine.
L'azotate C8H11 Az02.Az03II forme une masse rayonnée, très-soluble dans l’eau et dans l’alcool, j insoluble dans l'éther, fondant lorsqu’elle est j chauffée et détonant ensuite en émettant des fu- ’j mées rouges.
L ’amidovalèrate cuivrique , (C! H^Az 02)2Cu, ; se sépare d’une solution d'acide amidovalérique, ! mélangée avec de l’acétate de cuivre, eu lamelles
vertes transparentes, un peu solubles dans 1 eau chaude.
L ’amidovalérate d'argent, C5II10AzO2. Ag, se précipite quand on ajoute de l’ammoniaque à une solution d’acide mélangée d’azotate d’argent. 11 forme des cristaux groupés en petites sphères, peu solubles dans l’eau à chaud, à peu près insolubles à froid, devenant gris à la lumière.
Acide bromovalérique, C5 II9 Br O2. — 11 se forme par l’action du brome sur l’acide valérique à 140-l5üu [Cahours, Compt. rend., t. LIV,
Liquide huileux incolore, ayant une odeur pénétrante, bouillant de 220 à 230°, sans notable décomposition (Cahours). D’après Fittig et Clark, il se décompose par la distillation, en donnant de l’acide bromhydrique, de l’acide valérique et en laissant un résidu de charbon.
L’acide bromovalérique sépare l’acide valérique des valérates. Ses sels alcalins et alcalino-terroux sont très -solubles et incristallisables. Le sel d’argent est blanc, insoluble et très-altérable [Borodinel.
Il s’étherifie très-facilement. L’éther éthylique bout entre 190 et 194°.
M. Borodine avait obtenu par l'action du brome sur le valôrate d’argent un produit non distillable, qu’il avait considéré comme l’acide bromovalérique. 11 a reconnu ensuite que c'était un composé analogueà l’acétate de chlore de M. Scltützenberger [Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXIX, p. 121, et Zeitschrift, 1869, p. 342J.
Acides chlorovalériques. — L'acide monochlorovalérique, C5 II9 Cl O2, a été obtenu par l’action de l’acide hypochloreux, préparé à i’aide du chlore et de l’oxyde de mercure, sur le valérate de sodium,
C8II«>02 4- Cl H O = C5 II9 Cl 0! -f- 11*0.
Le produit est extrait de la solution à l’aide de l’éther, après traitement par l’hydrogène sulfuré, et avec addition de chlorure de sodium. Il ne peut être séparé facilement de l’excès d’acide valérique, car il se décompose à la distillation. Le produit brut a servi à préparer l’acide valérolactique (voyez ce mot, [Schlebusch, Ann. der Chem, u. Pharm., t. CXLi, p. 323).
Acide trichlorovalérique, C8 H1 Cl3 0!. — On l’obtient en faisant passer du chlore, à l’abri de la lumière, dans de l’acide valérique d’abord refroidi, puis chauffé à 50-60°; l’excès de chlore est expulsé à l'aide d’un courant d’acide carbonique.
L'acide trichlorovalérique est un liquide huileux, très-visqueux à — 18°, très-mobile à 30°. 11 est inodore et offre une saveur brûlante; il est plus lourd que l’eau et se décompose à 110-120° avec dégagement d’acide chlorhydrique. En contact avec l’eau, il forme un hydrate très-fluide, qui va au fond de l’eau. L’acide se dissout dans les alcalis aqueux ; les acides minéraux le précipitent de ses solutions. La solution aqueuse donne avec l’azotate d’argent un précipité soluble dans l’acide azotique [Dumas et Stas, Ann. de Chim. et de Phys. (2), t. LXX1II, p. 136).
Acide lélrachlorovalértque, C* fl6 Cl* O2. — Il se produit par l’action prolongée d’un excès de chlore au soleil sur l'acide valérique, action qui est complétée lorsqu’on chauffe le liquide à 60°. 11 est incolore, inodore, huileux; il possède une saveur brûlante; il est plus lourd que l’eau, ne se solidifie pas à — 15°. Il se décompose lorsqu’on le chauffe au-dessus de 150°. Il forme avec l'eau un hydrate huileux C5 116 Cl4 O2, II20. 11 se dissout dans une grande quantité d’eau ; il est très-soluble dans l’alcool et dans l’éther. Les solutions, après un certain temps, contiennent de l’acide chlorhydrique libre. L’acide est facilement décomposé par ies alca-
VALÉRIQUES (ACIDES). — 62A — VALÉRIQUES (ACIDES).
lis Lacs, mais non par l’ammoniaque. L’acide tétraclilorovalérique décompose les carbonates. Ses sels alcalins sont solubles dans l’eau; les autres sont insolubles ou peu solubles. Le sel d’argent, C6 HSC1'02. Ag, obtenu par précipitation du tétrachlorovalérate d’ammonium par le nitrate d’argent, est blanc, peu soluble dans l’eau, facilement soluble dans l’acide azotique. La solution exposée à la lumière laisse déposer du chlorure d’argent. Le sel sec se décompose peu à peu it la lumière, en formant du chlorure d’argent et une substance qui fait sur le papier des taches huileuses (Dumas et Stas).
ACIDE NITROVALÉniQUE C6 H9 (Az O2 ) O2. — 11 résulte de l’action de l’acide azotique concentré sur l’acide valérique à l’ébullition. Il cristallise de la solution acide en fines aiguilles, de l’eau en lamelles rhomboïdales. 11 se sublime à 100°, mais son point d’ébullition est situé beaucoup plus haut.
Le sel de plomb est très-soluble et cristallise en prismes minces. Le sel de baryum et celui de 'calcium sont également très-solubles; le dernier cristallise eu aiguilles. Le sel d’argent,
G5 H8 (Az O2) O2. Ag,
cristallise de la solution aqueuse bouillante en prismes minces.
11 est possible que l’acide nitrovalérique ne soit autre chose que l’acide nitroangélique, C5H7 (AzO2) O2 [Dessaignes, Compt • rend., t. XXXIII, p. 164].