CHI'°0> = CO2 + G8 H10 O
Il est monobasique. Les vératrates alcalins sont cristatlisables, non déliquescents, solubles dans l’eau. Le sel de plomb est insoluble. Le sel d’argent est un précipité blanc légèrement soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et dans l’ammoniaque. Il se décompose dans l’eau bouillante.
L’acide vératrique est peut-être identique avec l’acide diméthylprotocatéchique; dans ce cas, le vératrol serait l’éther dimétbylique de la pyrocatéchine.
Vératrate d’éthyle [Will, Ann. der Chem. u. Pharm., t. XXXVII, p. 198], G8 H9(C2HS)0'>. — On sature de gaz chlorhydrique une solution tiède et concentrée d’acide vératrique dans l’alcool; on chasse l’acide chlorhydrique et le chlorure d’éthyle par évaporation et l’on ajoute de l’eau au résidu. On obtient une huile épaisse qui, lavée avec du carbonate de sodium étendu, se solidifie en une masse cristalline radiée, ayant une densité de 1 ,14 1 à 1 8", i n odore et possédant une saveur légèrement amère, brûlante et un peu aromatique. Les cristaux peuvent être obtenus à l’état d’aiguilles groupées en étoiles par cristallisation dans l’alcool; ils fondent à 42°, se dissolvent bien dans l’alcool et sont presque insolubles dans l’eau. G. S.
VÉRATROL, C8H10O2 [ W. Merck, Compt.
rend t. XLV1I, p. 37]. — Obtenu en chauffant 1 p. d’acide vératrique avec 4 p. de baryte (voyez plus haut). C’est un liquide huileux, incolore, l’une odeur agréable, se solidifiant à -]- 15° et bouillant à 202-205°. Densité 1,086 à + 15°.
Il ne paraît pas s’unir aux bisulfites alcalins et p’est altéréni parles alcalisni par les acides faibles.
Avec le potassium, il donne un composé gélatineux sans évolution de gaz.
Le chlore et le brome l’attaquent vivement et donnent des produits de substitution; les moins avancés sont cristallins, les autres demi-solides.
Le bibromovératrol, G8 H8 Bt-sO!, qu’on obtient d’abord, forme des cristaux blancs insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et dans l’éther, fusibles à 02° et volatils sans décomposition.
L’acide nitrique attaque vivement le vératrol et donne d’abord du nitrovèratrol,
C8 Ii> (Az O2) O2,
qui cristallise en lamelles jaunes dans l’alcool, puis du dinitrovératrol, C8 H8{Az02)202, en longues aiguilles jaunes à peine solubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, fusibles à lt)0° et volatiles sans décomposition. G. S.
VERMILLON. — Voyez t. II, p. 3S0.
VERNIS. — llislurique. — L’art de fabriquer les vernis remonte au xne siècle. Il fut propagé par le moine Théophile ; depuis cette époque jusqu’à îa fin du xvme siècle, il est resté un art manuel. Les procédés étaient et sont encore actuellement, pour la plupart, particuliers à chaque fabricant;
VERNIS
de là cette quantité de recettes empiriques et souvent incompréhensibles, entassées dans les recueils ayant trait à cette industrie. Les premiers progrès datent de 1772 et sont dus à Watin; puis, successivement à Tinguy, 1803, aux frères Soehnée, à Tripier-Devaux, 1815, et, plus récemment, à M. Henry Violette, 1862, et à M. Riban.
Les travaux de ces deux derniers chimistes ont jeté un certain jour sur cette industrie; mais ne portant que sur quelques-uns des corps qui entrent dans la composition des vernis, les conclusions qu’on en peut tirer se trouvent restreintes par cela même et ne permettent pas d’établir la théorie complète et scientifique de la fabrication des vernis.
Si donc cette industrie reste empirique sur bien des points encore, si beaucoup 'des résultats qu’elle obtient sont le produit de tours de mains ou de procédés secrets, il n’en est pas moins vrai qu’il y a dès à présent un certain nombre de faits généraux acquis, liés entre eux rationnellement, donnant la possibilité d’expliquer eu partie la plupart des errements de la pratique.
Considérations générales. — Sous le nom de vernis, on désigne des liquides d'apparence huileuse ou résineuse qui, appliqués sur les corps solides, servent à les recouvrir et à ies protéger contre l’action de l’air ou de l’eau. Étendus en couches minces sur lesobjets, ils leur communiquent, après dessiccation, l’éclat que leur donnerait une plaque de verre. C’est un effet des réflexionset réfractions que subissent les rayons lumineux dans la couche transparente et mince formée à la surface des corps par le vernis résinifié. Par l’application d’un vernis, on cherche donc à donner à une surface quelconque, un aspect semblable à celui qu’elle prendrait si elle était mouillée ou recouverte d’un verre.
Les vernis, en général, sont des dissolutions d’une ou de plusieurs matières résineuses dans des liquides volatils ou pouvant se dessécher à l’air.
La qualité d’un vernis dépend presque toujours de la dureté de lu résine qui s’y trouve dissoute.
Les propriétés requises pour constituer un bon vernis sont les suivantes :
1° Ils doivent, après la dessiccation, rester brillants, sans présenter un aspect gras ou terne;
2° Adhérer intimement à la surface des corps et ne pas s’écailler, même après un temps assez long;
3" Leur dessiccation doit être aussi rapide que possible, sans que leur dureté soit diminuée;
4» Ils doivent, enfin, conserver ces propriétés, sans so colorer ni rien perdre de leur éclat, de leur transparence, ni de leur dureté, et cela pendant do longues années.
Pour préparer les vernis réunissant la plupart ou seulement quelques-unes de ces propriétés, le fabricant devra choisir entre un grand nombre de résines celles qu’il faut mélanger, préciser dans quelles proportions elles peuvent être associées et quels sont les liquides dans lesquels on doit les dissoudre. Du choix du dissolvant, aussi bien que de celui des résines, dépend la qualité du vernis, c’est-à-dire, l’ensemble des propriétés qu’il possède et qui déterminent scs usages. Ces dissolvants sont: 1° les huiles siccatives; 2” l’oîsencede térébenthine; 3° les alcools, alcool méthylique, éthylique, etc.; 4° l'éther. Les vernis aux huiles siccatives et à l’essence sont plus souples, plus élastiques, plus solides que les vernis à l’éther. Ils s'écaillent moins et se prêtent mieux au polissage. Les vernis à l’espritde-vin se gercent, se fendillent plus promptement, mais ils sont plus brillants et plus transparents que les premiers; en outre, ils admettent une plus grande variété de colorations.
VERNIS
— 653 — VERNIS
Presque toutes les résines peuvent être employées dans la fabrication des vernis. Nous renvoyons pour l’étude de ces matières premières à l'article Résines de ce dictionnaire, t. Il, p. 1325. Nous nous bornerons à indiquer les modilications qu’il faut leur faire subir pour les rendre solubles dans les divers véhicules.
En effet, certaines résines sont peu solubles ou même insolubles soit dans les huiles siccatives, soit dans l’alcool, soit dans l’essence do térébenthine. Elles ne le deviennent qu’après avoir subi une altération plus ou moins profonde. ,
D’après MM. Soehnée frères, un procède trèssimple permet de dissoudre complètement la résine; il consiste à laisser au contact de l’air la poudre impalpable préparée au moyen d’un brjyage sous l’eau. Au bout de quelque temps, la poudre se dissout déjà beaucoup plus facilement; après un an d’exposition à l'air, la poudre se dissout complètement dans de l’alcool à 00°.
Le copal dur, à l’état ordinaire, est insoluble dans l’alcool ; on ne parvient à le dissoudre dans ce véhiculo qu’à la faveur de certaines résines trèssolubles, avec lesquelles on doit préalablement le mélanger; on y arrive encore en le faisant brûler pendant quelques secondes; le copal, après cette combustion partielle, acquiert la propriété de se dissoudre facilement dans l’alcool; tel fabricant prétend même qu’il est de toute impossibilité de dissoudre le copal dur sans cette dernière opération, quelles que soient d’ailleurs les résines avec lesquelles ou le mélange.
Malheureusement le copal qui a éprouvé une combustion partielle ne possède plus les qualités qui le distinguaient avant cette opération. Le vernis qu’il donne est plus mou et moins brillant; il est d’ailleurs beaucoup plus coloré. Le copal préparé par lo procédé de MM. Soehnée fournit d’excellents vernis siccatifs, solides et brillants.
Le copal tendre est assez soluble dans l’alcool ; mais il participe des qualités médiocres du copal qui a été partiellement brillé.
M. Henry Violette, dans un travail publié dans les Mémoires de la Société impériale des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille, 1862, a repris l'étude des vernis gras au copal et principalement celle des résines de copal et d’ambre jaune; il a pu, à la suite de longues et nombreuses expériences, en chauffant soit sous pression, soit à l’air libre, préciser la perte que subissent par la chaleur les résines, éviter la coloration en déterminant exactement la température, en un mot, régulariser cette transformation. L’auteur ne donne pas d’explication du phéuomène, il ne signale qu’une sorte de transmutation dont le secret sora dévoilé sans doute par les travaux de l’avenir [A/w. de Chim. et de Phys., t. X, p. 21ÜJ. M. Riban, dans son beau travail sur l'essence de térébenthine, et plus particulièrement en discutant les faits relatifs à. l’action de la chaleur sur le tétratérébenthène, conclut qu’il y a lieu d’euvisager les transformations des résines comme un phénomène dé dépolymérisation do ces carbures avec formation de carbure G10 H16 et de ses polymères moins élevés que le carbure résineux primitif [Hall, de la Soc. chim., t. XXH, p. 256, 1874).
11 fait remarquer qu’un corps est d’autant plus soluble dans un dissolvant déterminé que son degré do polymérisation est moindre. « Enfin, ajoute l’auteur, les substances ré.-ineuses fournissent, par la distillation pyrogéuée, entre autres produits, des carbures Cl0H>6, du ditérébène, Cso II3ï, etc , etc., exactement comme le ferait le tétratérébenthène. 11 y a donc là une
base suffisante à la théorie, que je propose, de la transformation des matières résineuses insolubles en matières solubles sous l’influence do la cha'eur. »
Parmi les diversos résines, celles qui jouent lo plus grand rôle dans la fabrication dos vernis, sont les résines topais, et particulièrement les copals durs et demi-durs, qui sont les plus employés pour les vernis gras.
Le copal de bonne qualité fond vers 350°; sa donsité est de 1,045 à 1,139. Il est insoluble dans la plupart des dissolvants ; chauffé au-dessus de 350°, il émet des vapeurs et devient soluble dans ces mêmes véhicules.
Le procédé suivi pour rendre ces résines copals solubles pouvant s’appliquer à la presque totalité des autres résilies, nous le décrirons eu détail ; il est dû à M. Violette.
« L’appareil consiste dans un creuset en terre réfractaire de 0"’,20de diamètre et0”’,30 de hauteur. Ce dernier est chauffé au rouge sombre à une température telle que des grains de zinc projetés entrent en fusion, tandis que des parcelles d’antimoiue ne fondent pas. J’introduis alors un grand ballon en argent à fond plat contenant 300 grammes de copal dur pulvérisé et suspendu à un fléau de balance, et je referme lo creuset avec un couvercle percé, laissant passer librement le fil de suspension ; l’équilibre est arrangé do manière que le petit plateau contienne ^ = 75 grammes. La résine fond, les vapeurs se dégagent abondamment et se perdent dans la cheminée par l’auvent : on peut les enflammer sans aucun inconvénient, et on les voit brûler avec un grand éclat à l’orifice du col du ballon. La balance se relève peu à peu, et lorsque le copal a perdu 50 grammes, le ballon monte et sort du creuset, indiquant ainsi la fin de l’expérience et se soustrayant de lui-même à l’actiou de la chaleur. On coule alors le copal eu plaque mince. »
Dans l’industrie, il est très-difficile d’employer l’appareil que nous venons de décrire; on a donc cherché à déterminer la marche de l’opération, en condensant les produits qui distillent et en les mesurant ou en les pesant.
Un des appareils les plus employés se compose d’une cornue en cuivre argenté de lm,50 de diamètre et de 0"',50 à 0n,,60 de hauteur, munie d’un agitateur mû par la vapeur. A la partie supérieure, un trou d’homme permet de charger; à la partie inférieure est pratiqué un grand trou destinéàla coulée. Le col de la cornue communique avec un réfrigérant servant à condenser les produiisqui se volatilisent dans le cours de la réaction. Ces cornues sont chauffées sur des voûtes de brique, sur des blocs de fonte ou dans des bains de limaille de fer disposés dans un massif de maçonnerie, de manière à permettre de maintenir la température très-régulière. Le dôme de la cornue est recouvert de sable et porto en outre un témoin en alliage fusible dont le point de fusion est de 460° environ.
On charge parle trou d’homme 100 kilogr. de copal; l’écoulement de l’huile indique à l’ouvrier la marche de l’opération et la manière dont il doit conduire son feu ; lorsqu’il a recueilli le quart environ en poids du copal, l’opération est terminée ; il débouche alors le conduit de coulée et reçoit le copal fondu sur des plaques en cuivre argenté.
La durée d’une opération est de 2 heures environ.
D’après M. II. Violette, on arrive au même résultat en employant de la vapeur d’eau surchauffée à la température de 360 à 400° et en se servant d’appareils analogues à ceux qui sont employés dans la carbonisation du bois. Le co-
VERNIS
VERNIS
pal plongé dans un courant de vapeur surchauffée fond ot les produits volatils entraînés mécaniquement par la vapeur d’eau peuvent facilement être condensés. L'huile de copal qui surnage est séparée par décantation. Depuis quelque temps nous avons pu faire appliquer un appareil semblable à celui que l’on emploio dans la fabrication de l’acide oxalique au moyen de la sciure de bois et du mélange de soude et do potasse. Cet appareil consiste en un cylindre tournant autour de son axe dans lequel se meut en sens inverse une vis d’Archimède; le tout est placé dans un four ot chauffé. La charge et la coulée peuvent s’effectuer par la partie supérieure du cylindre en changeant le mouvement de la vis; les gaz et les produits volatils qui se dégagent peuvent être recueillis et condensés ou servir directement à chauffer d’autres fours. Un témoin en alliage fusible indique la température du four; les produits, lorsqu’on les recueille, servent aussi de guide à l’ouvrier.
Lnfin, on obtient un résultat semblable en chauffant le copal dur à la température de 3(30° sous pression dans un autoclave très-résistant en fonte émaillée ou argentée, et muni d’un agitateur; on coule le produit après un refroidissement suffisant.
Vernis a l’huile. — Dans l’industrie, on a mis à profit la propriété que possèdent certaines huiles (Voir t. IJ, p. 40), telles que l’huile de lin, l’huile de chènevis, l’huile d’œillette, l'huile de noix, etc., de se dessécher peu à peu à l’air, en laissant une masse visqueuse et transparente, sans pourtant devenir rances. Cette transformation à l’air est le résultat d’une absorption d’oxygène et d’une perte de carbone et d’hydrogène par l’huile : elle ne se produit que très-lentement et d’une manière très-imparfaite; la pellicule transparente jaunâtre et flexible qui en résulte et qui se produit d’abord à la surface de l’huile, préserve de l’action de l’air la couche d’huile sous-jacente.
Les huiles qui possèdent ainsi la propriété de former un vernis sont connues sous le nom d’Imiles siccatives.
Cette propriété se manifeste d’une manière plus complète par l’action directe de la lumière, et aussi, lorsqu’on fait réagir sur l’huile certains corps oxydants, soit à la température ordinaire, soit à une température élevée. L’expérience a démontré que la transformation de l’huile, sous l'influence de l’oxygène de l’air, en substance solide et, par suite, la bonne qualité du vernis, dépendent de la rapidité do l’oxydation; que cette oxydation se produit d’autant plus rapidement qu’elle a commencé avec une énergie plus grande. C’est pourquoi on réalise dans la pratique la transformation do l’huile de lin en vernis, en la chauffant avec des corps qui peuvent abandonner facilement de l’oxygène et qui présentent en outre la propriété de se combiner avec les impuretés contenues dans l’huile, ou de les modifier ou même de les détruire. Les corps les plus employés sont la litharge, le minium, l’oxyde de zinc, le protoxyde do manganèse et l’air, le bioxyde do manganèse précipité, l’acétate et le borute de manganèse, l’acide azotique et le nitrite de plomb, l’acide azotique et le chlorate de potassium, et, enfin, le procédé indiqué par M. Bouis : il consiste à préparer directement de l’oléate de plomb avec l’acide oléiquo et la litharge, puis à dissoudre à froid l’oléate dans l’huile; on obtient ainsi des huiles siccatives complètement incolores.
Fabrication des huiles siccatives. — Les huiles les plus généralement employées sont celles de lin de noix, de chènevis et d’œillette. La mé-
thode suivie est à peu près la même pour toutes ces huiles; nous la décrirons en prenant comme exemple l’huile de lin.
1° Le procédé qui donne l’huile la plus blanche consiste â exposer à l’air et au soleil pendant plusieurs mois l’huile en couche de deux ou trois i centimètres dans un vase en plomb à fond plat ot recouvert d’unegaze. On lave ensuite la masse à grande eau en la battant dans des tonneaux jusqu’à ce que l’eau ne soit plus acide, , on la décante et on la laisse exposée dans des i vases de même forme pendant huit jours au i soleil, jusqu’à ce que l’eau soit séparée ou éva- ■ poréc.
Ce procédé ne peut fournir d’huile siccative que pour des usages resireints; il est beaucoup plus dispendieux que Ie3 suivants.
2° Dans une grande chaudière en fonte ou en cuivre de 31)0 litres environ, on introduit 200 litres d’huile de lin que l’on maintientà la température de son point d’ébullition, 316°, jusqu’à ce que la surface de l’huile commence à se ccu rir de petits points d’écume blanche. On verse alors une nouvelle quantité d’huile froide et parfaitement sèche jusqu’à ce que le bouillonnement soit calmé; lorsque l’écume s’attache au parois de la chaudière, on laisse refroidir et l’on ferme la chau- ■ dière avec son couvercle, que l’on entoure de toile, en laissant toutefois un très-petit orifice pour le passage de l’air et des gaz.
3° Procédé à la litharge. — On fait bouillir l’huile de lin pendant 3 à G heures dans une chaudière en fonte émaillée ou dans un pot en terre vernissée ; on y ajoute 7 à 8 p. 0/0 de son poids de litharge ; on remue le tout, on écume1 avec soin, et quand l’huile a acquis une couleur rougeâtre, on enlève le feu et on laisse reposer. . L’huile décantée, puis filtrée, porte le nom d’huile de lin cuite. Actuellement, dans l’industrie, le chauffage de l’huile se fait au moyen de serpentins dans lesquels circule de la vapeur d’eau surchauffée.
4° Procédé au protoxyde de manganèse. — A 1000 parties d’huile de lin on ajoute 2 à 5 parties d’hydrate manganeux pur. Ce mélange est exposé à l’air dans de grands vases ouverts pouvant être chauffés par la vapeur d’eau et agités par un moyen mécanique. On obtient ainsi l’huile à un i état demi-concret; elle est alors très-siccative et peut être mélangée aux huiles ou aux essences.
5" Procédé au borate de manganèse. — On broie d'abord 100 à 130 gr. do borate de manganèso pur et surtout exempt de fer ; à 2 kilogr. d’huile de lin vieille (procédé n° 1), on mélange intimement 98 kilogr. de bonne huile de lin; on chauffe pendant un quart d’heure presque jusqu'au point d'ébullition (310°). Le sel de manganèse se dissout et la masse est colorée en brun; par le refroidissement le sel se sépare et l’huile conserve une couleur jaune verdâtre
0° Procédé au bioxyde de manganèse. — Dans une chaudière en cuivre de 400 litres, on verse 100 kilogr. d’huile de lin vieille et on y suspend une corbeille en toilo métallique contenant 10 kilogr. de peroxyde de manganèse en morceaux gros comme des pois. On chauffe avec précaution sans atteindre le point d’ébullition de l’huile. Après 24 à 30 heures, la réaction est terminée, on laisse éclaircir dans des vases en grès à large ouverture. Si l’huile est devenue trop épaisse, on l’étend d’une nouvelle quantité d’huile de lin fraîche où d’essence de térébenthine.
7° Procédé au chlore (Dullo). — Dans une chaudière en cuivre on verse 2ô0 kilogr. d’huile de lin, on y ajoute 7 k,500 peroxyde de manganèse et 7k,500 acide chlorhydrique pur. On brasse le tout avec un agitateur recouvert de zinc; I opéra-
— 655 — VERNIS
tion est achevée après une demi-heure; il est pourtant bon de prolonger l’agitation pendant 2 heures. Le chlore formé détruitles matières mucilagineuses et colorantes. Son action, suivant l’auteur, serait augmentée par la production d’électricité, au moyen d’un couple zinc et cuivre, ces deux mc- .aux étant d’ailleurs peu attaqués. Après 24 heures de contact, la masse s’est éclaircie, on la coule alors dans des tonneaux. L’huile de lin ainsi préparée est d’une couleur ambrée. Nous ajouterons que dans ces derniers temps on a employé divers mélanges : eau régale, chlorate de potassium ou dichromate de potassium et acide chlorhydrique, etc., pour arriver il des résultats analogues.
Voici quelques formules des vernis gras les plus employés.
\ ® Vernis gras au copal dur. — On chauffe jusqu’à fusion dans un matras en cuivre à anses 3 kilogr. de copal dur, puis on ajoute 1 kil. 500 huilo de lin préalablement chauffée à 150°. On agite fortement, on essaye le produit en faisant tomber uno goutte du mélange sur une vitre froide- Si la goutte ne se tige pas de suite, mais qu’avant de se figer elle s’attache au doigt en fils longs et souples, et que, figée, elle n’adhère plus aux doigts et laisse l’ongle pénétrer comme dans la cire , la quantité d'huile est suffisante. Si la prise d’essai, au contraire, est dure et cassante, il faut ajouter de l’huile. Si, d’un autre côté, elle reste gluante sans se figer, il y a trop d’huile; on continue alors à chauffer. Si le mélange est bon, on le verse peu à peu dans 4 à 5 kilogr. d’essence de térébenthine chauffée sur le n ôme fourneau. On agite avec soin, on passe au tamis et on laisse refroidir. Quelques fabricants préfèrent verser l’essence dans le mélange refroidi à 1 10 ou 150°.
Après le mélange de l’essence, ou essaye le vernis en prenant uno tàto et en faisant tomber quelques gouttes sur une plaque do verre; si les gouttes sont louches, il faut continuer à chauffer. Si la tàto n’est pas assez fluide, il faut ajouter de l’essence. Si, enfin, elle était trop fluide, il ne resterait qu’à la mélanger avec un vernis trop corsé.
2° Vernis gras au copal demi-dur. — Ou chauffe 500 gr. à 1000 gr. d’huile de lin à 200"; d’un autre côté, on fond imparfaitement dans le matras en cuivre 4 kilogr. de copal demi-dur de manière à en faire une pâte molle, ductile et adhérente à la spatule; on verse alors l’huile sur le vernis et on porte le matras sur un feu violent en agitant vivement avec la spatule ; lorsque la résine est presque fondue, on ajoute 5 àü kilogr. d’essence, on reporte sur le feu, on Tait bouillir, puis on complète la quantité d’essence qui est de 10 à 13 kilogr. 500; on tamise et on laisse reposer.
Certains fabricants préparent directement leurs vernis en chauffant à 300° sous une pression de 30 à 40 atmosphères, dans un autoclave, les résines et l’huile mélangées ensemble; quelquesuns même y ajoutent en même temps l’essence de térébenthine. Ceux qui emploient le cylindre tournant le chargent de copal et d’huile, puis, à la sortie du mélange ajoutent l’essence avant le refroidissement complet et obtiennent ainsi le vernis tout fait.
A’° 3. Vernis pour carrosserie.
Copal dur soluble 11,250
Huile préparée n» 2 2 'litres.
Essence de térébenthine 2
Ajouter un peu de térébenthine de Venise pour empêcher le gercement.
A’» i. Vernis pour extérieur de bâtiment.
Copal dur soluble 11,250
Huile préparée n" 2 ou 3 1 litre.
Essence de térébenthino 3 ’
A° 5. Vernis pour intérieur de bâtiment.
Copal demi-dur soluble lk,250
Huile préparée n° 2 et 3 1 litre.
Essence de térébenthine 3 —
Ar° 6 Vernis nu karabi ou succin.
ICarabi soluble lk,250
Huile préparée n» 3 1 litre.
Essence 3 —
A'“ 7. Vernis n i)' pour fer.
Bitume de Judée soluble lk,250
Huile n“ 5 1 litre.
Essence do térébenthine 3 —
Ces nouveaux procédés sont beaucoup plus simples et plus rapides. En effet, lorsque le copal est bien préparé, que l’action du feu a été très-régulière et, par suite, que les surfaces exposées au feu se sont renouvelées constamment, il suffit de dissoudre au bain - marie ou dans des appareils dans lesquels circulent de la vapeur à 10U°, le mélange en proportions convenables du copal soluble, de l’huile siccative et de ressent e.
On peut aussi considérer les encres d’imprimerie comme étant des vernis gras dans lesquels on a incorporé du noir de fumée. De même, certaines couleurs, dites à l’huile, ne sont autres que des poudres colorées incorporées dans les vernis; car les huiles siccatives, cuites, peuvent elles-mêmes être envisagées jusqu’à un certain point comme des vernis.
Vernis a l’essence. — Les vernis à l’essence se préparent par dissolution des résines à feu nu ou au bain-marie dans l’essence de térébenthine incolore ; on ajoute au mélange du verre pilé pour aider à la division de la masse et prévenir l’adhérence aux parois du verre des résines gonflées par l’essence; on facilite l’action par une agitation fréquente.
A'o 1. Veniis extra pour tableaux.
Mastic mondé et lavé 1 kilogr.
Térebenthino de Venise 125 gr.
Camphro pulvérisé ... 50 —
Verre blanc pilé 1100 —
Essence do térébenthine blanche. ... 3 kilogr.
On fait dissoudre au bain-marie dans un matras en cuivro étamé à anses. On laisse déposer et on filtre le lendemain.
A'» 2. Vernis ordinaire pour tableaux.
Copal tendre très-blanc, mondé et
lavé i kilogr.
Camphre 80 gr.
Essence do térébenthine 2 kilogr.
Ar“ 3. Vernis de Hollande pour détremper les couleurs.
Galipot en larmes récent 100 kilogr.
Essence de térébenthine... 123 à 225
A'° 4. Vernis pour les gravures.
Mastic en larmes
Térébenthine
Essence de térébenthine. . . .-.
N" S. Vernis mutulifs
Résine laque en grains
• Sandaraquo ou mastic
Sang-dragon
Terre mérite
Résine gutte
Verre pilé
Térébenthine ’
Essence de térébenthine 7,7,
On prépare une infusion des substances colo-
450 gr.
3 kilogr.
125 gr.
1 kilogr.
VERNIS
rantes dans l’essence ; puis, ou ajoute il la solution les autres corps résineux.
Veknisa l'alcool. — Les vernis à l’alcool se font par le même procédé que les vernis à l’essence; l’alcool doit marquer au moins 92°. On a proposé dernièrement pour remplacer l’alcool, l’esprit de Lois, l’acétone, la benzine, le pétrole ou l’éthcr do pétrole et le sulfure de carbone.
Ces vernis doivent être conservés à la cave dans des bouteilles bien bouchées.
N° 1. Vernis pour boites, carions et découpures.
Alcool à 96» 1000 gr.
Mastic mondé 18' —
Sandaraque 94
Térébenthine de Venise très-claire. 94 —
Verre pilé 125 —
N° 2. Vernis pour boiserie.
Alcool à 95°.. 16 parties.
Gabpot ou encens blanc. 2 —
Résine animé 2 —
Résine élémi 2 —
Verre pile 2 —
N« 3. Vernis pour meubles en boi î blanc.
Gomme laque blanchie, récemment
préparée 1 kilogr.
Alcool à 95» 1 litre.
A’° 4. Vernis de gomme laque, coloré.
Même proportion en prenant la gomme laque en feuilles.
N° 5. Vernis de gomme laque pour acajou.
Gomme laque bntne 500 gr.
Santal rouge en poudre 300 —
Alcool à 90 on 95» 5 litres.
On traite d’abord le santal par 1 litre d’alcool, et on ajoute cette teinture à la gomme laque dissoute dans le reste de l’alcool.
N » 6. Vernis allemand.
Gomme laqn» 500 gr.
Sandaraque 2 kilogr,
Alcool à 95° 18 litres.
Térébenthine de Venise 3 kilogr.
Ajouter la térébenthine à la solution des résines dans l’alcool.
A’° 7. Vernis d sculpture.
Sandaraque 4 kilogr.
Gomme laque 1 —
Sano-dragon 500 gr.
Alcool à 95» 20 litres.
Après dissolution, ajouter 1 kilogr. de térébenthine de Venise.
No 8. Vernis pour instruments d cordes.
Alcool à 95° 2000 gr.
Sandaraque 125 —
Résine laque en grains 62 —
Mastic 31 —
Benjoin en larmes 31 —
Térébenthine de Veniso 62 —
Verre pilé 125 —
AT» g. Vernis pour les tourneurs.
Alcool à 95» 1000 gr.
Résine laque en grains 208
Sandaraque 13
Résine élémi ". . 62 —
Térébenthine de Veniso 73
Verre pilé 208
VERNIS
Nu 10. I émis d l'or. (Instruments
Alcool à 95"
Résine gutlc
Sandaraque Y.'.'.'.'
Résine élémi ”!!!!!!'.”
Sang-dragon
Laque en grains "
Terre mérite ...”
Safran oriental
Verre pilé
de physique.
... 1000 gr.
N° 11. \ a ni 1 d l or s'appliquant sur tes pièces cliaufjées.c
Alcool à 95»
Résine laque on grains
Succin \
Résine gutte ” ”
Extrait de santal rouge à l’eau
— sang-dragon
— safran oriental . . . .
Verre en poudre
1000 gr.
On fait d’abord une solution alcoolique des extraits de safran et de santal, puis on la mêle avec les résines porphyrisées.
On peut aussi faire des vernis colorés en dissolvant dans un dos vernis ordinaires à l’alcool, les matières colorantes dérivées de la houille , qui par leur mélange donnent la nuance désirée, tels que : fuchsine, bleu de Lyon, acide picrique, , coralline, jaune de Martius, éosine, violet et vert, de méthyle, chrysoïne, etc.
V eu ni s a l'éther. — Cos vernis sont seulement! préparés au copai soluble; on laisse le copal, pulvérisé très-finement, digérer pendant 24 heuresavec l’éther.
N° 1. Vernis.
Çopal ambré soluble 250 gr.
Ether pur 1000 —
No 2. Vernis.
Çopal tendre Dammar 500 gr.
Éther pur 1000 —
A'° 3. Vernis.
Copal dur soluble ou demi-dur so-
, lubie 500 gr.
Éther pur 1000 —
Ces vernis s’emploient surtout pour recouvrir! d’autres vernis et leur donner uu aspect brillant de glace.
Veknis divers. — L’industrie des vernis a reçu une nouvelle impulsion depuis l’introduction dans le commerce de l’esprit de bois, de l’acétone, du chloroforme, do l’éther de pétro e, des huiles légères de Boghead et de la benzine; les résiue.». sont dissoutes, comme nous l’avons indiqué plus haut pour les vernis à l’essence, dans ces véhicules purs ou mélangés entre eux. Suivant les mélanges employés, alcool ordinaire (éthylique), ou esprit de bois (alcool méthylique), on classe les dissolvants on hydrocarbures méthylés ou hydrocarbures éthyles.
Nous ajoutons que ces différents alcools doivent être aussi concentrés que possible, c’est-à-dire, presque anhydres.
Pour employer ces mélanges, on opère comme pour les vernis à l’alcool ou à l’éther.
Vernis d voilures.
Copal lk,150
Ambra 500 gr.
Camphre 32 —
Dissolvant d’hydrocarbures éthylés... 10 litres.
Vernis pour meubles.
Copal lk,500
Gomme laque (blanche) 500 gr.
Obban 250 —
Camphre 32 —
Dissolvant d’hydrocarbures éthylés. . . 10 litres.