VERBES CREUX SOUFFLÉS
Verre a bouteille. ( Verre vert.) — L’emploi; du verre pour la fabrication des bouteilles date d’une époque très-reculée; les Égyptiens et les Romains eu firent usage. La fondation delà ver-rerie à bouteilles de MM. Van Lempoel et Deul-lin, à Quiquengrogne (Aisne), remonte à 1200. La fabrication des bouteilles a pris un grand dé-veloppement en France, à causo de la grande production vinicole de ce pays.
La fabrication du verre vert, bien que des plus simples, demande cependant de très- grands; soins : le verre doit être très-bon marché, résister parfaitement à l’attaque du vin et à la pression pour les vins mousseux. On essaye les bouteilles à champagne à 15 atmosphères de pression.
Les matières premières que l’on emploie varient beaucoup suivant les localités ; le bas prix auquel se vendent les bouteilles (de 12 à 18 fr. le cent) ne permettant pas de faire venir de loin des matières premières, on utilise celles qu’on trouve; près du lieu de fabrication : on se sert de sables calcaires argileux, ferrugineux qui nécessitent moins de fondants alcalius. L’alcali est introduit sous forme de cendres ou de sulfate de sodium. Le verre à bouteille peut se faire à l’aide de laves, de basalte, ou de traebyte additionné de sable et de chaux.
D’après l’analyse, les verres à bouteille de bonne qualité ont la composition suivante :
Silice
Chaux
Baryte
Soude
Potasse
Magnésie
Alumine
Oxyde de fer
Oxyde de manganèse,
Verre
Verre
Bouteille
Follembray.
de Saint-Étienne.
d'Epinuc.
à champagne.
Pour obtenir des verres à bouteille de bonne qualité, on employait il y a quelques années, à Rive-de-Gier et Givors le mélange suivant :
Sable du Rhône 100
Chaux éteinte 24
Sulfate de sodium 8
Le sable du Rhône est ferrugineux et contient 20 °/„ de calcaire.
En Belgique, dans la province de Charleroi, ou prend :
Sable du pays.. 10
Cendres de tourbe do Hollande 20
Sulfate de sodium • • lj>
Calcaire r“
Groisil JU
En général, on n’ajoute pas de charbon pour
décomposer le sulfate de sodium : les gaz du foyer suffisent dans ce cas pour faciliter cette décomposition.
Pour vitrifier le trachyto, on met :
100 de trachyto,
60 de sable.
"0 do pierres calcaires.
La couleur verte plus ou moins foncée des verres à bouteille est due au silicate de protoxyde do fer. Quand on ajoute une certaine quantité de bioxyde de manganèse à la composition, le verre à bouteille au lieu d’être vert devient jaune brun, comme celui des bouteilles employées sur les bords du Rhin
Les matières premières finement pulvérisées sont mélangées avec soin, puis frittées. Les fours en usage dans cette branche de la verrerie sont en général de vioillo construction et analogues à celui que nous avons indiqué figure 708 ; mais ils sont chauffés il la houille.
Les creusets sont très-grands et contiennent jusqu’à 100U kilogrammes de verre, poids qui permet de souffler environ 750 bouteilles par pot; lepoids d’une bouteille variede 600 à 950 grammes.
On charge les creusets avec la fritte encore portée au rouge. La fonte, l’affinage et le travail durent environ 21 heures. Le charbon brûlé pour la fonte, le travail et la recuite est de 4l,4 par kilogramme de verre fabriqué.
Par deux pots, il y a un four à recuire où l’on porte les bouteilles aussitôt qu’elles sont façonnées.
On a construit des fours contenant jusqu’à 12 creusets.
Les fours Siemens apportent dans la fubricacation des bouteilles une économie de 25 à 30 % sur le combustible. Cette économie est très-importante, vu le bas prix de vente des bouteilles on verre vert. On emploie aussi (à Blanzy, par exemple) de véritables fours à réverbère sans creuset où l’on charge directement la masse à fondre.
Quand la masse est bien fondue et affinée et que l 'apaisement a amené le verre à une consistât ce convenable, on commence le travail.
Il y a quatre ouvriers par creuset : le gamin, le grand garçon, le souffleur et le porteur.
L’iustrument principal pour façonner le verre est la canne (fig. 770). C’est un tube de fer forgé de 1,50 à 1"‘,80 do long, d’un diamètre exté-
Fig. 770. — Canne do verrier.
rieur de 2,5 à 3cn\ et à l’intérieur de 1cm. Ce tube est renflé à une extrémité b: c’est le nez de la canne ; l’autre extrémité a est polie : c’est celle que le souffleur met dans la bouche ; de plus, elle est entourée d’un petit manchon en bois qui sort de poignée.
L’ouvrier pendant le travail se trouve debout
i sur une estrade élevée de 0m,80 à 1 métro au-dessus j du sol auprès des ouvreaux. Pour commencer le travail, on chauffe la canne convenablement nettoyée en l’introduisant dans un petit ouvreau spécial; quand elle est chaude, lepamm la plonge j dans le creuset, en la tournant sur elle-même; le 1 verre s’attache à la canne; il la sort, puis rocom-
Fig. 771 et 772. — Fabrication des bouteilles.
mence une seconde fois la même manœuvre. La canne passe alors dans la main du grand garçon, qui recommence une troisième fois à prendre du verre si c’est nécessaire, et ensuite prépare son verre en tournant la masse sur le mabre, de façon à le distribuer également autour de la canne. Le mabre ou marbre est une plaque on fer bien plane, sur laquelle se trouvent des cavités hémisphériques; il peut être en fonte, en laiton, en grès ou en bois. La masse de verre prise au bout de la canne dite paraison, bien arrondie sur le mabre, est réchauffée dans l'ouvreau de travail. La paraison à ce moment a la forme d’une poire A (fig- 771).
Pendant que la canne est à réchauffer, on la
tourne tantôt à droite, tantôt à gauche, pour que la masse vitreuse ne se déforme pas. Quand elle est suffisaminentchaude, le grand garçon relève la canne verticalement et souffle dedans en lui imprimant un mouvement d’oscillation ; la masse prend alors la forme B
On réchauffe de nouveau la masse; quand elle est ramollie, le souffleur la prend pour lui donner la forme de bouteille. Pour cela, il introduit la masse vitreuse C (fig. 771) dans un moule en bois cerclé ou en argile et souffle fortement ; à mesure que le verre soufflé s’approche des parois du moule, l’ouvrier tire la canne vers le haut pour former le col et pour que le passage du col au ventre se fusse insensiblement. 11 allonge le col
VERRE
en donnant à la canne un mouvement de battant de cloche. On réchauffe alors le fond seul de la pièce, et, pour lui donner la forme habituelle, le grand garçon appuie il l'aide d’une tige de fer appelée pontil, préalablement chauffée et portant un peu do verre à son extrémité, au centre du fond en le repoussant un peu au dedans (fig. 772). La canne estalors séparée du col de la bouteille, la bouteille est soutenue par le pontil fixé au fond; il reste à entourer le col d’une bague B, ce qu'on fait avec du verre rapporté. La bouteille ainsi terminée est reçue par le porteur dans une pince