VINASSES
Malgré cette énorme production, qui n’a fait qu’augmenter depuis 1805, l’extraction des sels de potasse de mélasses a pu, jusqu’à un certain point, être qualifiée d’irrationnelle par certains agriculteurs qui admettent qu’il est plus rationnel de restituer aux terres à betteraves les sels de potassium provenant des mélasses que de les livrer à l’industrie. Il n’en est plus de même depuis qu’on emploie en agriculture les sels de Strassfurt, dont la composition et le prix peu élevé permettent de rendre, non-seulement à la terre les sels de potassium qui lui ont été enlevés par les betteraves, mais encore de donner une plus-value, dans lo sens technologique, aux sels employés comme engrais en les faisant passer à travers l’organisme de la betterave.
Le procédé suivi pour l'extraction de la potasse consistait, jusqu’en ces dernières années, à évaporer les vinasses après la distillation de l’alcool, puis à les calciner dans des fours spéciaux. On obtenait ainsi un charbon do vinasses d’où l'on extrayait, par des lavages méthodiques et des raffinages successifs, des sels potassiques, et surtout du carbonate de potassium.
Voir l’article Potassium, t. II, p. 1131.
Depuis quelques années, on a introduit dans cette industrie divers perfectionnements dus à M. Porion pour la construction des fours et à M. Camille Vincent pour le nouveau mode opératoire.
Les vinasses marquant 4° à l’aréomètre de Baume sont évaporées jusqu’à 36° Baumé dans les fours dits Porion. Ces fours sont construits de manière qu’un courant d’air rapide les traverse ; ils sont munis en outre de roues à palettes mues mécaniquement de façon à agiter constamment le liquide à évaporer. Le liquide concentré est ensuite introduit dans des fours à réverbère pour y être calciné. Dans cette calcination, il se produisait une grande quantité de produits gazeux et de produits combustibles, lesquels ôtaient brûlés et employés à la concentration des premières liqueurs.
M. Camille Vincent, au lieu de calciner les vinasses dans des fours, a proposé de les distiller en vase clos tant qu’il se dégage des produits gazeux.
Le résidu de cette distillation est un charbon poreux, qu’il suffit de lessiver pour en extraire, comme nous l’avons déjà dit, les sels potassiques..
Les produits gazeux, condensés avec soin, donnent une masse composée d’une partie goudronneuse se réunissant au fond des vases, et d'une partie liquide très-alcaline représentant 25 % de la mélasse distillée.
La partie goudronneuse s’élève à environ 5 °/0 du poids de la mélasse employée par la distillation; elle donne 1,05 ”/0 de brai et 0,33 % d’huiles contenant 0,15 d’alcaloïdes solubles dans l’acide sulfurique, enfin 3 % d’eau ammoniacale.
La partie liquide surnageant, la masse goudronneuse marque 5° Baumé. Pour en extraire les différentes substances qui la composent, on la traite par l’acide sulfurique étendu en excès : il se produit un dégagement d’acide carbonique, d’acide sulfhydrique et d’acide cyanhydrique. On distille ensuite le liquide qui laisse dégager d’abord divers produits, parmi lesquels l’alcool méthylique domine (I litre 400 à 90“ pour 100 kil. de mélasse); il passe ensuite une série d’acides volatils compris entre l’acide formique et l’acide caproiquo et composés en grande partie d’acide acétique. La proportion de ces acides est de 1 1/2 0/o de la mélasse.
VIOLANE.
La liqueur acide restant dans l’alambic est évaporée jusqu’à cristallisation : ce premier dépôt est composé presque uniquement de sulfate d’ammonium; les cristaux, recueillis et égouttés, sont lavés avec une solution saturée de sulfate d’ammonium, puis livrés à l’industrie.
Les eaux mères traitées par la chaux dégagent de la triméthylamine mélangée d’un peu d’ammoniaque. On la recueille, soit dans l’eau, soit dans un acide étendu.
Cette triméthylamine est devenue, entre les mains de M. Vincent, la base d’une industrie nouvelle ; en effet, il suffit de distiller avec précaution le chlorhydrate de triméthylamine dans un courant d’acide chlorhydrique sec pour obtenir du chlorure de méthyle, et la décomposition peut être continuée jusqu’à la production exclusive de chlorhydrate d’ammoniaque.
Déjà, depuis quelques années, le chlorure de méthyle avait remplacé, dans l’industrie des matières colorantes, les iodures et bromures de méthyle. Signalons encore en passant les applications des méthylamines et du chlorure de méthyle à la production du froid et à la fabrication de la glace.
La production d’ammoniaques composées, et particulièrement des méthylamines, n’est pas un résultat isolé et particulier à la distillation pyrogénée des mélasses. En effet, William Greville [Chemical News, 1er novembro 1870J appela un des premiers l'attention des chimistes sur la formation de la raéthylamine par la distillation de l’acétate de calcium brut. M. Camille Vincent [Bulletin de la Soc. chim., t. XIX, p. 14, 1873] constata également sa présence dans les produits de la distillation du bois. 11 attribua cette production [Comptes rendus, t. LXXVII, p. 898] à l’action de l'ammoniaque sur l’acétone qui se transformerait en aldéhyde.
MM. Pabst et OEchsner [Bull, de la Soc. chim., t. XXI, p. 295] ont repris cette expérience et ont démontré que, dans l’action de l’ammoniaque sur l’acétone, il ne se produisait pas trace de méthylamine, mais l’acétonine de Staedeler.
La production de la triméthylamine dans la décomposition pyrogénée des mélasses doit être attribuée entièrement à la décomposition pyrogénée de la bétaïne, dont la présence a été signalée dans la betterave en 1866, et dans les mélasses, en 1869, par C. Scheibler [Bull, de la Soc. chim., t. XII, p. 402] .
On sait, en effet, par les travaux de ce dernier chimiste, que la betterave ( Beta vulgaris) renferme un alcaloïde, la bétaïne, qui, en raison de sagrande solubilité dans l’eau, se concentre dans les mélasses.
Liebreich et C. Scheibler [Bull, de la Soc. chim., t. XII, p. 354, et t. XIII, p. 517, 1870] ont démontré, en outre, l’identité de l’oxynévrine avec la bétaïne; ce dernier surtout, après avoir constaté que dans la décomposition de la bétaïne, soit par la chaleur, soit en présence de la potasse, il se formait une grande quantité de triméthylamine, a reproduit synthétiquement la bétaïne, soit par oxydation de la névrine, soit par l’action do la triméthylamine sur l’acide monochloracétique. C. G.
VINÉTIKE. — Syn. d’OxYACANTHINE.
VINYLE [Syn. Ethényle], — Nom du radical C2 115 = 011*= CH, dont on peut admettre l’existence dans les produits monosubstitués de l’éthylène, tels que l’éthylène bromé, CHs = CHBr, ou bromure de vinyle, l’éthylène éthylé,
ou éthyl vinyle de M. Wurtz. etc.
VIOLANE (Min.). — Silicate ayant la forme
VI0LANIL1NE — 717 — V1SCINE.
du pyroxène, et, d’après Damour, la composition suivante :
Si O* = 56,11 ; A1809 = 9.04; Ca O =13,62;
Mg O = 10,40; Na8 O = 5,63; FeO = 2,46; MnO =2,54.
Cristaux fort rares, clivables suivant m; plus souvent masses lamellaires ou fibreuses, d’un éclat gras, d’un violet foncé; se trouvant en petits filons avec quartz blanc, trémolite fibreuse, et épidote manganésifère, dans la braunite de Saint-Marcel (Piémont).
Dureté, 6. Poussière blanc lilas.
Densité, 3,231.
Au chalumeau, fond plus ou moins facilement en un verre incolore.
VIOLANILIlYE. — Voyez t. I, p. 314.
VIOLANTINE. — Voy. t. I, p. 502.
VIOLÉMQUE (ACIDE). — Acide cristallisé en aiguilles incolores, soluble dans l’eau, l’alcool et l'éther, que Peretti a rencontré dans les feuilles de la violette [Buchner' Rep., t. XL, p. 130).
VIOLINE. — Nom d’une matière colorante violette que Price a obtenue par l’action du peroxyde de plomb sur le sulfate acide d’aniline. — Voyez t. 1, p, 311.
VIOLINE. — Boullay a donné ce nom à un alcaloïde doué de propriétés émétiques qui existerait dans toutes les parties de la violette ( Viola oilorata). La pensée ( Viola tricolor ) n’en renfermerait pas.
VIOLUHIQUE (ACIDE). — Syn. de Nnaoso- BARBtTUlUQUB (ACIDE). — Voy. t. J, p. 501.
VIRIDINE, C18U19 Az. — C’est la base la plus complexe de la série pyridique que Thenius ait isolée du goudron de houille. Après avoir purifié les bases pyridiques par le procédé décrit à l’article Picolinb (t. Il, p. 1018;, on les soumet à un très-grand nombre de distillations fractionnées, vingt et plus, et l’on parvient à on retirer la viridine qui bout à 251°. C’est une substance oléagineuse jaunâtre, d'uno odeur aromatique douceâtre, ne se solidifiant pas â — 17°; elle ne se colore pas davantage à l’air. Elle est très-peu soluble dans l’eau. Densité à 22°, 1,024.
Le chloroplalinate de viridine,
(Cls H19 Az, U Cl)8, Pt CD,
est une poudre vert - brunâtre, insoluble dans l’eau, l'alcool et l’éther ; le chloromercurate se dépose de sa solution bouillante en aiguilles incolores, fusibles à 35°. Les autres sels de viridine sont gommeux ou ne cristallisent que très-difficilement; ils jaunissent à l’air [G. Thenius, Bép.de Chim. appl., 1862, p. 184]. A. H. VIRIDIQUE (ACIDE), C“H'» O9 (?). — Lorsu’on expose à l’air une solution ammoniacale 'acide cafétannique (t. I, p. 696), elle se colore en vert jaunâtre, puis, après 36 heures environ, en vert bleu, et contient alors un acide particulier auquel Rochleder a donné le nom d’acide viridique. A la longue, il se forme des produits ulmiques, et la solution prend uue teinte brune.
Le liquide vert-bleu est sursaturé d’acide acétique et additionné d’alcool qui précipite des flocons noirs ulmiques, se rapprochant des acides japoniqueetgallulmique; la solution filtrée donne avec l’acétate de plomb un précipité bleu de viridate de plomb. Ce sol, délayé dans l’eau, est décomposé par l’hydrogène sulfuré et la solution est évaporée (Rochleder).
On peut préparer l’acide viridique d’une manière plus simple, en employant directement le café, au lieu d’en isoler préalablement l’acide cafétannique. La coloration verte du café est due à une faible proportion d’acide viridique qui y
existe tout formé à l’état de sel calcique; cet acide se produit en grande quantité lorsqu’on expose le café à l’influence de l’oxygène et de l’humidité. Le café vert, réduit en poudre grossière, est épuisé à l’ébullition par un mélange d’alcool et d’éther, pour enlever les corps gras, puis exposé à l’air. Lorsque la pâte, après avoir été humectée plusieurs fois avec de l’eau, a pris une teinte vert émeraude ou vert foncé, on la reprend par l’acide acétique et l’alcool qui dissolvent l'acide viridique; la solution est précipitée par l’acétate de plomb, comme ci-dessus (Cech).
L’acide viridique est une masse amorphe brune, soluble dans l’eau; sa composition peut être représentée par la formule C>;111108, qui manque de contrôle. L’acide sulfurique dissout l'acide viridique en se colorant en un rouge carmin intense, et l'eau précipite de la liqueur des flocons bleus. L’acétate de plomb produit dans la solution aqueuse un précipité bleu de viridate plombique, de la formule CuHls08.Pb (î), et l’eau de baryte donne dans la môme solution un précipité vert bleuâtre renfermant CuH10Os.Ba8 (?).
L’acide viridique est un colorant puissant et tout à fait inoffensif ; Cech l’a proposé pour colorer en vert certaines substances comestibles [Rochleder, Ann. der Chem. u. Pharm., t. LXII1, p. 193 ; — C. O. Cech, ibid., t. CXL1II, p. 366; Bull, de la Soc. chim., t. IX, p. 50 i, ett. XXVI, p. 450]. A. H.
VISCAOUTCHINE.— Reinsch a donné ce nom à un des principes qui existent dans la viscino brute; elle se trouve dans la partie insoluble dans l’éther froid (voyez Viscine) et peut en être extraite au moyen de l’essence de térébenthine. La solution est additionnée d’eau et soumise à la distillation tant qu’il passe de l'essence de térébenthine ; le produit insoluble est ensuite lavé à l’éther, puis â l’alcool et séché à 106°. La viscaoutchine est une matière extrêmement visqueuse et gluante; elle offre une faible odeur et une réaction acide. Densité, 0,978. Reinsch lui assigne la formule C8 H16 O.
VISCÈNE. — Voyez Viscine.
VISCINE. — Ce nom a été appliqué à des substances visqueuses, molles et élastiques extraites de divers végétaux : de 1 ’Atractylis gummifera [Macaire, Journ. f. prakt. Chem-, t. I, p. 415], de l’écorce d'ilex aquifolium (Bouillon Lagrange), du suc laiteux de Ficus religiosa (Nées v. Esenbeck), de la matière gélatineuse qui enduit les branches du Robinia viscosa (Vauqueiin), enfin de toutes les parties du gui ( Viscum album). On ne connaît avec quelques détails que la viscine du gui, qui a été étudiée par P. Reinsch [Neues Jahrb. f. Pharm., t. XIV, p. 129].
On extrait de préférence la viscine de l’écorce de gui ; cette écorce, mise à digérer dans l’eau, est exprimée, réduite en bouillie avec une petite quantité d’eau, exprimée de nouveau, et ces deux opérations sont répétées un grand nombre de fois, jusqu’à ce que l'eau n’enlève plus de chlorophylle, ni de matières albuminoïdes. A la fin, la masse est malaxée sous l’eau, et toutes les particules ligneuses sont enlevées au moyen do la pince. On obtient ainsi la viscine brute sous forme • de masse jaune visqueuse et gluante. C’est un mélange de trois principes, de viscine pure (5U°/„), de viscaoutchine (29 %) et de matière cireuse (30 0A). Elle cède à l’alcool de 90 centièmes la substanee cireuse ; l’éther froid enlève au résidu la viscine pure et laisse la viscaoutchine.
La solution éthérôe est distillée, le résidu est malaxé dans l’alcool, puis dans l’eau, et laissé pendant quelques jours au contact de ce liquide; enfin il est séché à 120°.
La viscine forme uue masse incolore trauspa-
VISGINOL. — 718 — VOIGTITE.
rente, sans saveur ni odeur, do la consistance du miel, devenant plus fluide vers 30° déjà et offrant à 100° la fluidité de l’huile d’amandes douces. F, Ile produit une tache transparente sur le papier. Sa densité est celle do l’eau; sa réaction est faiblement acide. La viscine répond à la formule C20 1146 O9.
Par la distillation sèche, laviscino fournit, entre autres produits, un liquide oléagineux d'une densité de 0,85, bouillant entre 227 et 229°, le viscène ; cette huile est fortement acide et possède une odeur.empyreumatique. La soude en sépare un liquide d’odeur agréable, le viscinol, en même temps qu’il se produit un sel sodique cristallisé, dont l’acide a été dénommé acide viscique. Audessus de 230°, il passe des produits de plus en plus épais qui, vers la lin, deviennent cristallins (Rei'nsch). A. H.
VISCINOL. — Voyez Viscine.
VISC1QUE (ACIDE). — Voyez Viscine.
VITELLINE. — Substance albuminoïde phosphorée qui forme, avec les graisses, la partie principale des matériaux organiques du jaune de l’œuf d’oiseau et probablement des poissons cartilagineux. Elle a été séparée pour la première fois et étudiée par Denis [Mémoire sur le sang, p. 185, et Eludes sur les substances albuminoïdes, Paris, 1856J et étudiée depuis par Hoppc-Seyler, auquel ou attribue quelquefois à tort cette découverte.
Voici comment Denis opère. Après avoir secoué le jaune d’œuf avec un mélange plusieurs fois renouvelé d’eau et d’éther, tant que ce dernier se colore, on agite le résidu avec de l’eau chargée de sel marin. Cette liqueur dissout la vitelline; on filtre, et l’on précipite cette substance soit par addition d’eau en grand excès, soit plutôt par quelques gouttes d’acide acétique. La même matière peut être préparée, suivant Hoppe-Seyler, avec les œufs d’esturgeon.
La vitelline ainsi obtenue ne doit pas être confondue avec celle que Dumas et Cahours, ainsi que les auteurs anciens (sauf Denis), ont appelée du même nom. Cette vitelline était la substance qui reste pour résidu lorsqu’on avait épuisé par l’éther et l’alcool le jaune d’œuf cru ou cuit [Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. VI, p. 224] . Celle-ci est exempte de phosphore. Au contraire, celle de Denis et de Hoppe-Seyler se dédouble sous les moindres influences en deux parties qui sont d’un côté la lécithine, très-riche eu phosphore [Diakouovv, Bull, de la Soc. chim., t. X, p. 300], de l’autre une matière albuminoïde, qui n’est autre que la vitelline de Dumas et Cahours, laquelle, insoluble, ne S3 dissout pas dans le sel marin. Sous l’influence de l’acide chlorhydrique au millième, la vitelline de Denis entre en solution, mais ne tarde pas à donner un précipité de lécithine. Lorsque cette même vitelline est traitée par l’eau chaude, ou même par l’alcool, elle ne tarde pas à se dédoubler en un mélange de lécithine, cérébrine et matière albuminoïde insoluble (Hoppe-Seyler).
La solution salée de vitelline, rendue très-légèrement alcaline par une trace d’alcali ou de carbonates alcalins, se coagule par l’alcool ou par la chaleur à 70-74° (Denis).
La vitelline de Denis ressemble beaucoup à la myosine par ses propriétés générales ; elle en diffère par son dédoublement principal et parce qu’elle ne peut être reprécipitée de ses solutions par un excès de sel marin. A. G.
VITRIOL. — Ancien nom des sulfates, employé encore aujourd’hui dans le commerce pour désigner certains d’entre eux; c’est ainsi que les sulfates de zinc, de fer et de cuivre portent les noms de vitriols blanc, vert et bleu. L’huile de
vitriol ou acide vitriolique des alchimistes est 1 acide sulfurique.
V I rit ioi.iilei l'.KZ. — Voyez Anglésite.
V 1 1 Kioi.OLKl.lt. — Voyez Glockeiute.
VI V I AN IT K (Min.) [Syn.Oc/ire martial bleu, fer phosphate, eisenglimmer (Molis), anglarite (Berthier), mullicite (Thomson)]. — Phosphate ferreux hydraté, (PhO‘)2Fe3 -f 811*0. Cristaux prismatiques plus ou moins allongés, bleu clair, mais plus souvent par altération bleu foncé et noir-veidàtre. Transparent et translucide. Tendre et flexible.
Se trouve avec pyrrhotine et chalcopyrite dans les filons stannifères de Sainte- Agnès ( Cornouailles) ; quelquefois avec or dans la grauwacke, à Vorospatak (Transyvanie) ; dans les couches d’argile; comme aussi dans les cavités do fossiles (Crimée).
On en trouve également pjg. -jss. — Viviamta dans les houillères incendiées de Cransac (Aveyron).
Caractères. — Soluble dans l’acide chlorhydrique. Dans le tube, donne de l’eau, blanchit et s’exfolie. Au chalumeau, fond facilement en colorant la flamme en un bleu verdâtre et en donnant un globule magnétique. Avec les flux, réactions du fer.
Dureté, 1,5 à 2. Poussière blanche ou bleuâtre, devenant rapidement bleu indigo.
Densité 2,53 à 2,08.
Forme cristalline. — Prisme clinorhombigue mm = 111° 12' ;p a* = 115° 50’ ; ptn=105° 25’. Faces : m, h >, g', h 2, e2, a2. Clivage g1 parfait.
VOELKNER ITE (Min.) — Syn. d’IlïDROTALClXE.
VOGLIAN1TE (Min.). — Sulfate basique d'urane, vert pistache ou vert de gris, se trouvant en enduits terreux ou globulaires à Joacbimsthal (Bohème).
S O’ = 12,31; UO et U203= 79,5; FeO = 0,12;
CaO = 1,60; H2 O = 5,49.
VOGLITE (Min.). — Carbonate hydraté d’urane en petites écailles rhombiques, sous les angles de 1Ü0 et de 89°, striées parallèlement à leurs côtés. D’un éclat nacré, d'un vert d’herbe; dichroïque. Tendre et friable. Groupées en enduits cristallins , sur le pechurane du filon Elias, à Joacbimsthal (Bohême).
Caractères. — Soluble avec effervescence dans l’acide chlorhydrique. Au chalumeau, noircit et donne de l’eau. Avec le borax, verre jaune à chaud, brun-rougeâtre à froid, au feu d’oxydation; vert à chaud et trouble à froid au feu de réduction.
L’analyse de Lindacker répond à peu près à la formule
2C03U, 2C03Ca, CO3Cu,0II2O.
VOIGTITE (Min.). — Silicate hydraté d’alumine, d’oxyde ferreux et de magnésie, dans lequel les rapports d’oxygène de
RO, R* O3, Si O2, H2 O,
sont: 1 : 1 : 2 ; 1 . Petites lames translucides, vert-poireau, devenant brunes en s’altérant à l’air, qui remplacent le mica dans un granité graphique de l’Ehrenberg, près Ilmenau (Thuringe). . , , , .
Caractères. — Attaquable par 1 acide chlorhy-
VOLBORTHITE.
drique. Dans le tube fermé, donne de l’eau. Au chalumeau, fond facilement en un verre noir qui donne les réactions du fer.
Dureté, 2.
Densité, 2,01.
VOLHOIITIIITE (Min.) [Syn. Cuivre vanadiaté, knau[file\. — Yanadate hydraté de cuivre et de calcium.
Analyse par Credner :
V208 = 33,58; CuO = 44,15; CaO = 12,28;
MgO = 0,50; Mu O = 0,40; II2 O =4,02.
Petits cristaux écailleux d’un vert olive, en tables hexagonales, paraissant régulières, souvent groupés en boules, présentant un clivage parfait, engagés dans les fentes d’une argile, avec malachite, dans les mines de Sissersk, de Goumechefski, de Nijne-Tagilsk (Oural) ; à Friedrichsrode (Thuringe).
Caractères. — - Soluble dans l’acide azotique en laissant un résidu d’acide vanadique. Dans le tube, donne de l’eau. Sur le charbon, fond et se réduit eu une scorie grise mêlée de globules de cuivre. Avec le sel de phosphore, au feu de réduction, donne un verre vert.
Dureté, 3 à 3,5. Poussière vert jaune.
Densité, 3,55. F. et S.
VOLCAMTü (Delametherie). — Voyez Pvnoxène.
VOLGElUTE (Min.) [Syn. Anlimonocre j. — Acide antimonique hydraté,
Sb205,5ll20 = 2Sb(OH)c,
en masses pulvérulentes blanches, trouvées dans la province de Constantine (Algérie).
VOLTAÏTE (Min.). — Sulfate ferroso-ferriquo hydraté, ayant d’après Scacchi la formule
S O4 Fe, (S O4)8 Fe2 + 2 4 U2 O.
Petits cristaux octaédriques ou cubiques d’un vert brunâtre, bruns ou noirs, trouvés à la Solfatare, près de Kaples, et à la mine de Ilununelsberg, près do Goslar. D’un éclat résineux. Difficilement soluble dans l’eau avec décomposition.
YOLTZ1NE (Min.). — D’après l’analyse de Fournet, ce serait un oxysulfure de zinc,
4 Zn S, Zn O.
Petits globules composés de lames curvilignes à éclat nacré. D'un rouge de brique, roses, bruns, jaunâtres. Trouvés â llosières, près Pontgibaud (Puy-de-Dome).
Dureté, 4,5. Densité, 3,0 à 3,8.
Avec les réactifs, se comporte comme la blende.
VOMIOINE. — Syn. de Buccine.
VOKAUL1TE (Delametherie). — Syn. de Kla-
PnOXIUNE.
VOltlIAUSEIUTE (Min.). — Serpentine amorphe d’un brun foncé ou d’un noir verdâtre, de Monzoni (Tyrol), avec grenat granulaire et calcaire bleuâtre.
VOSG1TE (Min.). — Labradorite en cristaux verdâtres extraits d’un bloc erratique de porphyre, trouvé à Haut-Ilovillers, daus les Vosges.
VULPINITE (Min.). — Variété d’auhydrite granulaire de Vulpino (Lombardie), employée comme marbre d’ornement.
VULPIQÜE (ACIDE), C18H140! ( chrysopi crine). — Ce principe a été extrait par Bebort du Cetraria vulpina , lichen très-abondant eu Nor-
VÜLPIQUE (ACIDES
vége, où on l’emploie, mélangé à la noix vomique, pour empoisonner les loups [Journ. de Pharm ., t. XVII, p. 690J. Gerhardt avait pensé que cet acide est identique avec l’acide chrysophanique Traité de Chimie, t. III, p. 787J ; mais des recherches plus récentes de F. Moeller et A. Stieo» ker [Ann. der Chem. u. Pharm., t. CX1JI, p. 56; [/îép. de Chim. pure, t. II, p. 183] ont fait ressortir le caractère particulier de l’acide vulpique. Dn peu plus tard, W. Stein trouvait dans le Parmelia parielina un principe colorant qu’il nomma chrysopicrine et qui fut ensuite reconnu par Bolley et Kinkelin, et par Stein lui-môme, comme identique avec l’acide vulpique décrit par Moeller et Strecker |Bolley et Kinkelin , Schweis polyt. Zeitscli., 1804, p. 134; — Stein, Jauni, (iir prakt. Chem., t XC1, p. 100, et t. XClil, p. 360].
Extraction. — Pour préparer l’acide vulpique, on fait macérer le lichen ( Cetraria vulpina) de Norvège ou des Alpes) avec 20 fois son poids d’eau; on y ajoute une petite quantité de lait de chaux et, après 0 heures, on filtre. Le résidu est soumis à un nouveau traitement semblable. Les liqueurs liltrées, saturées par l’acide chlorhydrique, donnent un précipité floconneux d’acide vulpique, qu’on puritie par cristallisation dans l’alcool concentré et bouillant ou dans l’éther (Moeller et Strecker .
Le refroidissement de sa solution éthérée abandonne l’acide vulpique en aiguilles transparentes jaunes ; l’évaporation lente le laisse en cristaux cliuorhombiques assez volumineux, transparents et d’un jaune de soufre.
Propriétés. — L’acide vulpique est très-peu soluble dans l’eau bouillante, soluble dans 588 p. d’alcool à 90 centièmes, à la température de 17° et dans 88r,3 d’a'cool bouillant; la solution alcoolique refroidie renferme 1 p. d’acide vulpique pour 280 p. d’alcool. 11 est plus soluble dans l’éther et surtout dans le chloroforme. Il fond à 1 10° et fournit â 120° un sublimé de petites pailleites jaunes ^Bolley et Kinkelin).
La composition de l’acide vulpique est représentée par la formule C18Ui4Q5
L’acide vulpique se dissout dans les liqueurs alcalines avec une couleur jaune d’or, qui ne s’altère pas â l’air. 11 ne précipite pas l’acétate neutre de plomb, mais le sous-acétate ea jaune. Il ne réduit pas les liqueurs cupro-alcalines et colore le chlorure ferrique en jaune foncé. Sa saveur est amère.
L’acide vulpique se dissout dans les alcalis sans altération avec une couleur rouge. Sa solution alcaline est réduite par l’amalgame de sodium, et la liqueur réduite colore les sels ferriques en vert. La chrysupicrine donne, suivant Stein, après réduction, une couleur bleue avec le chlorure ferrique, ce qui peut tenir à une différence dans le degré de réduction. C’est là à peu près la seule différence à signaler entre la chrysopicrine et l’acide vulpique (Bolley et Kinkelin).
Sels. — Le vulpate de potassium,