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— Les xylènes appartiennent à la seconde série des homologues de la benzine; ce sont des diméthylbenzines. Comme tous les dérivés disubstitués do la benzine, ils existent sous trois modifications isomériques, que nous distinguerons par les préfixes ortho, mêla et para, ou par les symboles (1.2), (1.3) et (1.4) (voyez la note de la p. 433 du t. III). Ces trois modifications sont isomériques avec l’éthylbenzine, C6H5-C*ll!.
Ce n’est que depuis une dizaine d’années que ces notions ont été acquises à la science; avant les travaux de Fittig, en 1807, on confondait les trois hydrocarbures, et toutes les indications antérieures à cette époque ont trait à leur mélange.
Nous désignerons ce mélange sous le nom de xylène et nous dirons comment il se forme et quelles sont ses propriétés physiques avant d’étudier les modes de formation et de synthèse, les propriétés et les dérivés de chaque hydrocarbure en particulier.
Le xylène a été découvert en 1850 par Cahours dans l’huile qui se sépare lorsqu’on ajoute de l’eau à l’esprit de bois brut.
Depuis, on l’a trouvé dans les parties volatiles du goudron de hêtre (Voelckel); dans les gaz provenant de la combustion du bois (Roissig); dans le goudron de houille (Ritthausen, Church); dans les produits de distillation de l’huile de Menhaden (extraite de 1 ’Alosa Menhaden, espèce de hareng, (Warren et Storer) ; dans les produits de décomposition du camphre par le chlorure de zinc (Fittig, Koebrich et Jilke). Le xylène existe tout formé dans l’huile minérale de Burmah (nommée aussi rangoon-tar) (Warren de la Rue et Millier) et dans l’huile minérale de Sehnde, près Hanovre; il peut en être extrait au moyen d’un courant de vapeur d’eau sous une pression de 4 à 5 atmosphères (Bussenius et Eisenstuck). L’hydrocarbure retiré de cette dernière huile minérale avait reçu d’abord le nom de pétrol, mais H. Müller a démontré qu’il est identique avec le xylène [A. Cahours, Compt. rend., 1850, t. XXX, p. 319; — Voelckel, Ann. der Chem. u. Pliarm., t. LXXXVI, p. 331 ; — Roissig, Zeitsch. für anal. Chem.,
t. III, p. 9; — Ritthausen, Journ. fllr prakt, Chem., t. LXI, p. 74; — Church, Pliil. Mag., (4), t. IX, p. 453; — C.-M. Warren et F.-H. Storer, Journ, für prakt, Chem., t. CH, p. 436; — 1!. Fittig, A. Koebrich et T. Jilke, Ann. der Chem.
u. Pliarm., t. CXLV, p. 129; Bull, de la Soc. chim., t. XI, p. 78; — Warren de la Bue et Hugo Müller, Journ. für prakt. Chem., t. LXX, p. 300;
— Bussenius et Eisenstuck, Ann. der Chem. u. Pliarm., t CXIII, p. 151 ; liépert. de Cliim. pure, 1860, p. 176; — Hugo Müller, Zeitsch. für Chem., 1804, p. 161].
Le xylène se produit aussi lorsqu'on fait passer à travers un tube chauffé au rouge les vapeurs de cumène du goudron bouillant de 160-165°; il se forme en môme temps une grande quantité de naphtaline, de la benzine et d’autres hydrocar-
XYLÈNES. — 733 — XYLÈNES.
tmres La réaction principale peut être exprimée par l’équation
2 C9 II 1 * = C8 H10 + C‘°II3 -f- 3 il*
Cumène. Xylène. Naphtaline.
Berthelot, Bull, de la Soc. chim., t. VII, p. 229]. Tout récemment, Friedel et Crafts sont parveuis à produire synthétiquement le xylène en nême temps que ses homologues supérieurs m traitant la benzine ou le toluène par le chloure ou l’iodure de méthyle en présence du chlo- ■ure d'aluminium :
C6H6 + 2 (JH3 Cl == 2UC1 + C6H4(C U3)*. Benzine. Xylène.
Ce!I5.C H3 + CH3 Cl = HCl + C6H‘(CH3)!.
Toluène. Xylène.
Ce xylène contient une forte proportion de laraxylène.
Ou l’a vu plus haut, le xylène, comme ses liomoogues, se forme par la décomposition pyrogénée l’un grand nombio de substances organiques, •éactions violentes qui fournissent, indépendamnent du xylène, une multitude d’autres produits.
Le goudron de houille est la source la plus ibondante du xylène; cet hydrocarbure peut être ixtrait des huiles légères de goudron par la disillation fractionnée; l'industrie se sert, à cet iffet, des puissants appareils à colonne qui ont ■té décrits à l’article Benzine (Industrie), t. I, ). 541.
Le xylène ainsi purifié bout de 138 à 140°, et lossède une densité de 0,8770 à 0"; son volume iux dilïérentes températures comprises entre 0° it 100° est donné par la formule
V = 1 -f- 0,0009500 t + 0,000001032 t3 Louguinine).
Lorsqu’on fait barboter de la vapeur d’eau dans lu xylène, cet hydrocarbure est entraîné à la disillation ; les vapeurs qui se dégagent possèdent me température de 91°, 5 et renferment 44 p. l’eau pour 100 p. de xylène, chiffres indépendants le la forme des vases, de la rapidité avec laquelle a distillation a lieu, et constants tant que la valeur arrive directement au sein du carbure et ton dans la couche aqueuse placée au-dessous A. Naumann, Deutsche chem. Gesellsch., t. X, >. 1426].
Le point d’ébullition assez fixe du xylène a fait lonsidérer pendant longtemps cet hydrocarbure omnio un corps défini; mais Fittig a montré qu’il "institue en réalité un mélange de corps isomères i points d'ébullition très-rapprochés ; d’après ce himiste, il renfermerait environ 90 % d’isoxyène et 10 % de paraxylène. Les travaux postéieurs sont venus compléter ces indications, et ccemment Jacobsen a fait voir que le troisième somère, l’orthoxylène, existe aussi dans le xylène >rut; il estime la proportion de paraxylène 20-25 % et celle de l’orthoxylène à 10-15 °/0, hiffresqui, du reste, semblent être soumis à. des ariations notables, suivant la provenance du ylène [R. Fittig, Ann. der Chem. u. Pliarm.,
. CLIII, p. 205; Bull, delà Soc. chim., t. XII, i. 300; — O. Jacobsen, Deutsche chem. Gesellsch.,
ï. — ORTHOXYLÈNE.
Syn. Orthodiméthylbenzine (1.2),