‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 411 sur 430 · Er203 (M203 — Y · texte numérisé non relu

Er203 (M203 — Y

X M (Er2 O3 — Y2 O»)

P.-T.-CIeve.

YTTROCALCITE. — Voyez Yttrocérite.

YTTROCERITE (Min.) [Syn Yttria /luatée.

Yttrocalcite]. — Fluorure d’yttrium, de calcium et de cérium en proportions variables. Analyse de Berzélius : CaO = 50,0; Ce203 = 16,45 ; YO = 8,10 ; F1H = 25,45. Masses cristallisées ou terreuses, blanches, d’un gris violet bleuâtre, ou d’un rouge brun ; très-rare, à Brodbo et à Finbo,

près do Fahlun (Suède) ; engagé dans le quartz et associé à l’albite et au quartz. On en trouve aussi à Amity, N. Y. (États-Unis).

Dureté, 4 à 5. Densité, 3.45.

On a signalé des clivages rectangulaires suivant certains minéralogistes, voisins de l’octaèdre régulier suivant d'autres.

YTTROCOLOMB1TE. — Voyez Yttrotan-

TALITE.

YTTBOILMÉNITE. — Voyez Yttrotantalite et Samarskite.

VIT li OTA XTA LITE (Min.) [Syn. Yttroïlmênite, Ytlrocolombite ]. — Tantalate d’yttria et de chaux, avec un peu d’acide tungstique, d’oxyde de fer et d’oxyde d’urane 3 Ta2Os. 10 (YO, FeO, CaO, UO). Cristaux tabulaires rares, ou masses amorphes d’une couleur noire, brune ou jaune, d’un éclat vitreux passant au gras, se trouvant à Ytîerby dans un feldspath rouge, et à Kararfvet, à Finbo et à Brodbo près de Fahlun (Suède), avec grenat, mica et pyrophysalite.

Caractères. — Inattaquable aux acides. Attaqué par fusion avec le bisulfate de potasse, fournit une solution qui, traitée à chaud par le zinc et l’acide chlorhydrique, donne une couleur bleue qui disparaît. Dans le tube bouché, donne de l’eau, et, à une haute température, devient blanc et dégage des traces de fluor. Infusib'e au chalumeau. Avec le sel du phosphore donne un squelette d’acide tantalique, qui se dissout à une température plus élevée. La perle est colorée en rose par l’acide tungstique pour certaines variétés et en vert, à froid, pour celles riches en urane.

Dureté, 5 à 5,5. Poussière grise ou incolore. Densité, 5,4 à 5,0.

Forme cristalline. — Prisme orthorhombique mm — 123° 10’ ; pei == 131° 26’. Faces : m, p, g', «*, /t3. Souvent aplati parallèlement à g1.

YTTROTITANITE. — Voyez Keiliiauite.

ZARATITE. — Voyez Téxasite.

ZEAGOMTE. — Voyez GlSMONDtNE.

ZEINE. — Gorham avait donné ce nom à un principe glutineux extrait de la farine de mais. Les indications de Gorham ont été contredites par Stopf [Joum. filr prakt. Chem., t. LXXVI, p. 88], qui donna le nom de zéine à un principe contenu dans l’extrait alcoolique de farine de mais et qu’on en isole par des lavages à l’éther pour enlever les matières grasses, et à l’eau pour éliminer le sucre, etc. C’est un corps solide blanc, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool bouillant, iun peu soluble dans l’acide chlorhydrique, d’où l’eau le précipite.

I La zéine renferme 15 °/0 d’azote et constitue peut-être un mélange de gélatine et de caséine végétales. E. \y.

ZÉOLITHES. (Min.) — On applique ce nom, dù aux anciens minéralogistes, à une famille de silicates hydratés d’alumine et de monoxydes, dans lesquels le rapport de l’oxygène, de l’alumine et dos monoxydes est comme 3 est à 1.

Les principales espèces sont : la mésotype, la scolézite, la lévyne, l’anaicime, la chabasie, la phillipsito (voye» au Supplément), l’harmotome, la stilbite, la heulandite, etc. Elles se trouvent principalement dans les cavités des roches amygdaloïdes. (Voyez ces mots.)

ZEOISINE. — Nom donné par Paterno à une substance cristallisable accompagnant l'acide usnique dans le Zeora sordida. C’est une substance neutre, sublimable, insoluble dans l’eau, fusible à 230-231°, peu soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme. Sa composition est représentée par la formule C13H 32 0 Weutscli. chem. Geseltsch., t. IX, p. 345; Bull, ae la Soc. chim-, t. XXVI, p. 509].

ZEPHAROWICHITE (Min.). — Phosphate hydraté d’alumine qui se rencontre en masses compactes verdâtres ou jaunes d’un aspect corné, mélangées de vavellite ou de gibbsite et de phosphate de chaux, dans le grès i Treuic (Bohème). On lui a attribué la formule (PhO4)2 Al2 -f OlI2 O.

ZEUGITE.

ZKUGITE. — Voyez Miîtahhusiiite.

ZEUNEIUTE (Min.). — Arséniate d’urane et de cuivre hydraté Cu0.2U203.As205-|-8H2 O en petits cristaux quadratiques d’un vert d’herbe, à éclat nacré sur la base, ressemblant à la torbernite, avec laquelle elle est isomorphe. Trouvée à Weisserhirsch, près Schneeberg (Saxe), sur le quartz ou l'ocre jaune.

ZEfXITE. (Min.) — Cette substance ne parait être, d’après Greg, qu’une tourmaline ferrifère.

ZIETHISIKITE (Min.). — Variété d’ozocérite, presque insoluble dans l’éther. Fond à 82-90° et bout vers 300°. Trouvée en grandes masses à Zietrisika (Moldavie).

Dureté de la cire. Densité, 09, à 0,946. Brun.

ZIGUEI.INE. — Voyez Cotoite.

ZILLORTIIITE (Min.). — Ancien nom

donné par Dclamétherie à l’actinote.

ZINC, Zn = 05 (équivalent = 32,5). — His'orique. — Ce métal, dont l’exploitation a pris aujourd’hui un très-grand développement, n’était pas connu des anciens, quoique ceux-ci aient employé la calamine pour la fabrication de l’airain. C’est Paracelse, qui en fait mention, pour la première fois, au commencement du xvi” siècle, sous le nom même de sincum. A cette époque, le zinc n’était pas produit en Europe, mais importé ae l’Orient. Son exploitation en Europe ne date que du milieu du siècle dernier.

Les principaux minerais de zinc sont la calamine (voir 1. 1, p. 709), nom par léquel on désigne à la fois le carbonate ( smithsonite) et le silicate de zinc; la blende ou sulfure de zinc ; la zincite ou oxyde de zinc coloré en rouge par un peu de manganèse est moins abondante. On rencontre encore dans la nature de l’aluminate, du phosphate, de l’arséniate et du sulfate do zinc. Enfin le zinc a été trouvé, dit-on, àl 'état natif b, Victoria (Australie).

Extraction. — Le traitement des minerais de zinc comprend deux opérations ayant pour but, la première de ramener le minerai à l’état d’oxyde par calcination ou par grillage; la seconde de réduire l’oxyde de zinc par le charbon dans des appareils distillatoires (voir Zinc, MéiAixcnGiE).

Purification du zinc. — Le zinc du commerce n’est que rarement pur, car il renferme généralement, outre des métaux étrangers, des traces de soufre et d’arsenic. Voici la composition du zinc de diverses origines:

Silésie.

Bleiberg.

Pensyl-

vanie.

New-

Jersey.

La

Salle.

Zinc

Plomb.. . .

Cadmium.

traces.

For

C’est, on le voit, le plomb qui constitue la principale impureté, et ce sont les zincs d’Amérique, obtenus par le minerai rouge de zinc ot la franklinite, qui sont les plus purs, comme le montrent les trois dernières colonnes.

Le zinc de Belgique contient, en général, trèspeu de plomb (0,3 % environ), et pas d’arsenic [Elliot et Storer, liép. Chim. appl-, t. II, p. 361].

Quant à la teneur en arsenic, voici quelques analyses de Schaeuffclé :

Zinc de Franco (?) 0,000426 "/o

— de Silésie 0,000097

— delà Vieille-Montagne. 0,000062

— de Corphalie 0,0000038

Pour obtenir du zinc pur, il ne suffit pas do redistiller celui du commerce, car l’arsenic et le cadmium, et même de petites quantités de plomb sont entraînées dans cette opération. 11 est donc nécessaire de transformer préalablement le zinc en oxyde pur par voie humide, puis de le ré-

Z1NC.

duire par l’hydrogène au rouge ou par du sucre en poudre dans un appareil distillatoire traversé par un courant d’hydrogène. On peut aussi réduire le sulfate de zinc pur par l’électrolyse, comme il sera dit plus loin.

Pour préparer des sels de zinc purs, on prive d’abord le zinc de son arsenic, en le chauffant au rouge avec } do son poids de nitre, qui oxyde l’arsenic en même temps qu’une portion du zinc; on lave à l’eau pour enlever les parties solubles, notamment l’arséniate potassique, puis on dissout le zinc dans l’acide sulfurique; le plomb est transformé en sulfate insoluble. Quant nu cuivre et au cadmium, ils peuvent être précipités par l’hydrogène sulfuré de la solution acide. Le zinc est enfin précipité par le carbonate de sodium.

D’après J. Myers [Compt. rend., t. LXXIV, p. 195] on obtient du zinc pur par l’électrolyse d’une solution ammoniacale de sulfate de zinc, en se servant de zinc comme électrode positive et de cuivre comme électrode négative. Lo zinc se dépose sur le cuivre en arborescences cristallines.

Pour la préparation de l’hydrogène pur, il est nécessaire d’employer un métal exempt de soufre et surtout d’arsenic. Pour enlever ces impuretés, M. Gunning dispose dans un creuset le zinc grenaillé, par couches alternatives avec du carbonate de sodium et du soufre et fond le tout. L’opération ayant été répétée au besoin plusieurs fois, le métal séparé de la scorie est fondu avec de la litharge qui enlève des traces do soufre. Il reste uni à une petite quantité de plomb, ce qui n’offre aucun inconvénient au point de vue de la préparation de l’hydrogène [Jahresb. f. Chem., 1808, p. 238).

Propriétés physiques. — Le zinc est un métal blanc bleuâtre, dont l’éclat métallique se ternit rapidement, à l’air, par suite d’une oxydation superficielle. Il est cassant. Sa texture est lamcllcuse ou grenue, suivant les conditions où il a été coulé; il est lamelleux lorsqu’il a été fondu à une haute température, grenu lorsque la température n’a pas dépassé le point de fusion. Dans le premier cas, il est beaucoup plus cassant. 11 est ductile et malléable, mais ces propriétés varient avec sa pureté. Pur, il se laisse étirer ou marteler à froid; mais quand il est impur, comme cela a lieu pour le zinc du commerce, il faut le travailler vers 130-150°. A une température plus élevée (205°), il devient cassant, aussi peut-on facilement lo pulvériser dans un mortier chauffé i cette température. La ténacité du zinc est faible; un fil de 2 millimètres do diamètre se rompt sous un poids de 12 kilogr. Le zinc est mou et encrasse la lime. Il est peu sonore.

La densité du zinc fondu est égale â 6,862; celle de zinc laminé peut être portée à 7,215.

Le zinc fond à 412° (Daniell) et distille â 1039° (Deville etTroost).

Coefficient de dilatation linéaire de 0 à 100° = 0,002905 (Fizeau).

Chaleur spécifique = 0,0956 (Régnault) ; 0,0935 (Bunsen).

Conductibilité calorifique = 422, celle de l’argent étant 1000 (Calvert et Johnson). Conductibilité électrique = 27,39 à 17°, 6, celle de l’argent étant 100 à 0° (Matthiessen).

Lezinc cristallise dans lesystème hexagonal; mais Nicklès l’a aussi observé en dodécaèdres pentagonaux [Ann. de Chim. et de Phys. (3) t. XXII, p. 37]. G. Rose l’a également observé en cristaux appartenant au système régulier. Suivant Stolba, on obtient des pyramides hexagonales, clivables suivant l’axe principal, lorsqu'on décante une masse de zinc fondu, après solidification partiellc. , ,

Propriétés chimiques. — Le zinc ne s oxyde

ZINC

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pas à froid à l’air sec; mais, à l’air humide, il se recouvre rapidement d’une couche très-mince d’oxyde de zinc, en partie carbonaté ; cette oxydation n’est que superficielle, car la première couche formée préserve le reste du métal.

Chauffé vers £>00° au contact de l’air, le zinc s’enflamme et brûle avec une flamme blanc verdâtre, répandant d’épaisses fumées blanches qui se condensent dans l’atmosphère en flocons neigeux ( pompholix , lana philosophica, nihilum album). On réalise facilement cette combustion en présentant à une flamme du zinc en feuilles minces; ce phénomène est très-brillant dans un courant d’oxygène.

Le zinc décompose légèrement l’eau à 100°; s’il est réduit en limaille, et qu’on l’humectc d’eau, cotte décomposition a déjà lieu à la température ordinaire. Si l’on chauffe du zinc dans un courant do vapeur d’eau, il se produit de l’hydrogène et de l’oxyde de zinc.

Le zinc décompose les acides chlorhydrique, sulfurique, acétique et beaucoup d’autres, avec dégagement d’hydrogène. Il décompose l’acide azotiquo avec production de bioxyde d’azote ; si l'acide est très-étendu, il se dégage du protoxyde d’azote; dans les deux cas, il se produit une petite quantité d’ammoniaque. L’action du zinc sur les acides, notamment sur l’acido sulfurique, varie avec la pureté du métal et avec la concentation do l’acido. En général, le zinc pur est beaucoup moins actif que le zinc impur, les métaux étrangers contenus dans ce dernier constituant avec lui un couple voltaïque sous l’influence duquel la réaction est accélérée. Si •e zinc est pur, ou lui communique l’activité du zinc impur en l’associant à d’autres métaux. C’est ainsi que le zinc recouvert de platine ou de cuivre, par immersion dans une solution de ces métaux, devient extrêmement actif: le zinc platiné décompose l'acide sulfurique étendu de 70U0 p. d’eau. Pour constater cette curieuse propriété, il suffira d’ajouter une goutte do chlorure de platine. Le zinc recouvert de cuivre a été utilisé récemment par Gladstone et Tribe pour produire des réactions que le zinc seul est incapable d’effectuer.

C’est par cette raison que l’addition d’une solution d’acide arsénieux, d’un sel d’antimoine, de cuivre, de cobalt, etc., active beaucoup le dégagement d'hydrogène produit par le zinc et un acide. Quant à l’influence de la concentration de l’acide sulfurique sur son attaque par le zinc pur, elle ressort suffisamment des recherches de Cr. Calvert et R. Johnson, résumées par le tableau suivant (les expériences ont été effectuées avec 2 grammes do zinc, et continuées pendant 2 heures). [Journ. of Chem. Soc. (2), IV, p. 435].

Concentration.

somLaH’op).."’.

Température. Zinc dissous, à froid. o O

à froid. 0,002

à froid. 0,002

à froid. 0,049

à froid. 0,018

à froid, 0,035

Id. 0,005 (3)

Id. 0,033

^ (l)^La solution a beu à chaud avec dégagement

(2) La solution a lieu avec dégagement do H2 S et un peu de S O2.

(3) Si le zinc est recouvert d’uno couche d’oxyde, la dissolution est considérable.

La pression exerce aussi une influence notable sur la dissolution du zinc dans les acides. Ainsi la perte de poids éprouvée par un morceau do zinc dans l’acide chlorhydrique, sous la pression ordinaire, étant 10 n’est, toutes choses égales d’ailleurs, que 4,7 sous une pression de 00 atmosphères et 0,1 sous une pression de 120 atmosphères f Cailletet, Compt. rend., t. LXVI1I, p. 395] .

Le zinc se dissout dans l’acide sulfureux aqueux sans dégagement de gaz, en donnant naissance à de l’hydrosulfite de zinc, ainsi que l’a montré Schützenberger (voir t. II, p. 1600).

Si l’on fait agir le zinc à 200° sur une solution aqueuse d’acide sulfureux, sous pression, il y a formation de sulfure et de sulfate de zinc, avec dépôt de soufre (Geitner).

Le zinc se dissout aussi dans les alcalis avec dégagement d’hydrogène et formation d’une combinaison soluble d’oxyde de zinc et d’alcali,

2KüO-f Zn=ZnO*K* + H».

Cette dissolution est, facilitée par la présence dos métaux moins oxydables que le zinc, tels que le cuivre, le platine, le fer.

Le zinc décompose un grand nombre do sels métalliques en en séparant le métal : c’est ainsi qu’il précipite de leurs solutions le cuivre, l’argent, le mercure, l’antimoine, l’étain et autres métaux moins oxydables que lui. Dans l’action du zinc sur le sulfate de cuivre, il se dépose nonseulement du cuivre, mais il se produit quelquefois un faible dégagement d’hydrogène; il se produit dans ce cas du sulfate basique de zinc, qui résulte de l’action du zinc sur le sulfate de zinc d’abord formé : le cuivre déposé rend cette action plus facile, mais ne la détermiue pas (Loti). Meyer).

Le zinc agit, en outre, sur un grand nombre d’autres sels, mais d'une manière différente et presque toujours avec lenteur.

Ainsi il décompose les sels ammoniacaux en solution aqueuse, avec dégagement d’hydrogène, dans quelques cas à froid, mais généralement vers 40° ou au-dessus,

2Az II» Cl + Zn = Zn Cl2. 2 AzIP + II2

[Lorin, Compt. rend., t. LX, p. 745].

Le chlorure de sodium dissout lentement le zinc avec dégagement d’hydrogène et formation d’oxyde et de chlorure double de sodium et de zinc (Siersch).

’ L’eau de mer attaque le zinc beaucoup plus rapidement que l’oau pure, ce qui tient à la présence des chlorures et autres sels. Uno lame de zinc de 40 centimètres carrés, plongéo pendant un mois dans de l’eau de mer, a perdu 348r,33. Soumis à la même influence, le laiton éprouve, de même, une perte de poids qui porte surtout sur le zinc; en effet, un alliage de 50p. de cuivre et de 50 p. de zinc avait perdu 10er,537 de zinc sur une perte totale de ller,047 (Calvert et Johnson).

Une solution d’alun est attaquée par le zinc avec dégagement d’hydrogène et formation sulfate basique d’aluminium (J. Lœwe).

Le zinc agit comme réducteur sur les sels métalliques au maximum d’oxydation ; il ramène les sels ferriques à l’état de sels ferreux, les sels stauniques à l’état de sels stanneux, etc. Il réduit les acides chromique et permanganique. Il réduit les azotates, d’abord à l’état d’azotites, puis à l’état d’ammoniaque.

Cette action réductrice s’exerce aussi par voie sèche, à une température élevée, sur uno foule de composés. Un grand nombre d’oxydes métalliques sont réduits lorsqu’on les fond avec du zinc. Les chlorures et fluorures métalliques sont de

ZINC. — 750

même réduits par le zinc en vapeur (Poumarède).

Dans les usines à zinc, il se condense dans les tambours adaptés à l’extrémité des récipients une poudre très-fine et dense ftutiej qui contient du zinc dans un grand état de division, et qui, par cette raison, possède une activité chimique considérable. 11 décompose lentement l’eau à froid et agit rapidement sur les azotates et autres corps réductibles. 11 est aujourd’hui très-employé dans les recherches de chimie organique pour effectuer des réductions, soit par voie humide, soit par voie sèche. La composition de cette poussière de zinc a été établie par Stahlschmidt [Poggend. Ann., t. CXXVIII, p. 4G6 ; Bull, de la Soc. cliim. (2), t. Vil, p. 487J. Cette composition est évidemment très-variable. Voici l’analyse d'une poussièro de zinc de Rostberg :

Ziac métallique 39,99

Oxyde de zinc 49,90

Carbonate de zinc 3,29

Plomb 2,47

Cadmium 4,09

rartie insoluble 0,39

Si l’on fait digérer ce produit avec do l’acide chlorhydrique ou sulfurique très-étendu, la majeure partie de l’oxyde de zinc se dissout et le métal reste sous la forme d’une poudre grise trèsfine.

Usages. — La faible altération que subit le zinc à l’air le rend propre à une foule d’usages. Il est employé très-fréquemment pour la couverture des bâtiments, pour les gouttières, etc. La facilité avec laquelle il peut être moulé motive son emploi dans l’ornementation. Il sert, en outre, pour la fabrication du fer galvanisé (voir t. I, p. 1405), du laiton, du maillechort et de quelques autres alliages ; pour celle du blanc de zinc, etc. La fabrication du laiton constitue un de ses principaux débouchés.

Alliages nu zinc. — Le zinc s’allie à la plupart des métaux. Les alliages produits sont, en général, durs et cassants. Ils perdent du zinc par volatilisation, aune température élevée: aussi, pour les obtenir, faut-il éviter d’atteindre cette température.

Argent et zinc. — Le zinc entre pour 72 millièmes dans la composition des monnaies divisionnaires d’argent au titre de 835. Il pourrait môme, d’après Peligot [Compt. rend., t. LV1II, p. 645], être substitué complètement au cuivre sans nuire aux qualités requises pour les alliages d’argent, monétaires et autres. L’alliage à 835 d’argent, 93 de cuivre et 72 de zinc est plus blanc et plus inaltérable à l’air que celui qui renferme 165 de cuivre. La fabrication de cet alliage, qui est d’une malléabilité remarquable, s’effectue aussi facilement que celui qui ne renferme que du cuivre ; sa liquation n’est pas plus considérable.

La substitution complète du zinc au cuivre présenterait en outre des avantages au point de vue hygiénique.

Bismuth et zinc. — Ces deux métaux, fondus ensemble ou mêlés à l’état fondu, ne forment pas d’alliage ; ils se dissolvent seulement l’un dans l’autre en petite quantité, et se séparent en couches distinctes, le zinc retenant 2,4 % do bismuth, et le bismuth 8,6 à 14,3 % de zinc [Matthiessen et Bosc, Journ. für prakt. Chem., t. LXXXIV, p. 323].

Cuivre et zinc. — Cet alliage important constitue le laiton (voyez 1. 1, p. 1008, et t. II, p. 203), On fait en outre entrer le zinc dans la composition de divers alliages de cuivre et d’étain (t. I, p. 1009).

ZINC

Ltain et zinc. — Les alliages formés par tes deux métaux sont moins durs que le zinc, mais plus durs et moins malléables que l’étain. Cependant un alliage renfermant 1 de zinc pour 11 d’étain peut être réduit en feuilles très-minces, imitant les feuilles d’argent.

D’après Rudberg, il n’existe qu’un alliage stable d’étain et de zinc, c’est celui qui répond à la formule ZnSn6 (91,5 d’étain et 8,5 % de zinc). Cet alliage se solidifie â 204°; tous les autres éprouvent une liquation quand on les fait fondre et qu’on les laisse se solidifier. Ils se partagent aloi s en deux parties, l’une renfermant plus ou moins de l’un ou de l’autre métal et se solidifiant à une température supérieure à 204°; l’autre constituant l’alliage stable Zn Sne fondant à 204°. Ainsi, les alliages suivants se solidifient à des tempéra tures comprises entre 210 et 320°.

Sn'*Zn. Point do solidification 210°

Sn6Zn.

Sn'Zn.

Sn3Zn.

Sn2 Zn.

SnZn

Pour les alliages renfermant de l’étain, du zinc et du plomb, voyez t. II, p. 1073.

Fer et zinc et Fer galvanisé. — Voyez t. I, p. 1405.

Mercure et zinc. — Le zinc s’amalgame assez facilement. Pour effectuer cette opération, on décape le zinc à l’aide d’un acide, on le mouille avec uns solution de sublimé corrosif, puis on le trempe dans du mercure métallique. Le zinc amalgamé à sa surface n'est pas attaqué par l’acide sulfurique étendu; cette propriété le fait employer dans les piles : l’attaque du zinc dans ces conditions n’a lieu que lorsque le circuit est fermé et elle cesse dès que le circuit est ouvert. Dans ces conditions, le zinc n’est consommé que pendant le travail de la pile. La difficulté avec laquelle le zinc amalgamé est attaqué par l’acide sulfurique tient, d’après d’Almeida, à l’adhérence d’une couche gazeuse d’hydrogène produite au moment de l’immersion.

L’électrolyse d’une solution de sulfate de zinc en présence du mercure au pôle négatif fournit un amalgame qui, après séparation de l’excès de mercure par expression, a pour composition Zn’Hg [Joule, Journ. of Chem. Soc., 4860, p. 378].

Sodium et zinc. — Rieth et Beilstein obtiennent cet alliage en introduisant 1 p. de sodium dans 4 p. de zinc chauffé dans un creuset de fer, jusqu’à ce qu’il commence à distiller.

Un alliage moins riche en sodium leur a fourni de petits cristaux cubiques renfermant 96 °/0 de zinc.

Gay-Lussac et Thénard avaient déjà constaté l’union du zinc avec le sodium et le potassium ; ils ont décrit ces alliages comme des masses cassantes décomposant l’eau.

Pour les autres alliages du zinc, voyez les divers métaux.

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