‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 70 sur 430 · II. ÉTHERS DE LA SULFOCARBIMIDE · texte numérisé non relu

II. ÉTHERS DE LA SULFOCARBIMIDE

Les éthers de la sulfocarbimide ou éthers isosulfocyaniques se préparent par la distillation des sulfocarbamides disubstituées correspondantes avec de l’anhydride phosphorique :

c s C Az H S U» = G S = 06 H5 + Az H'2 C° Diphénylsulfocarba- Phénylsulfocarbi- Pbénylaqiino. mide. mido.

L’acide étliylthiosulfocarbamique libre 'te scinde en sulfure de carbone et en éthylamine,

= CS! + AzH!- C*HS-

Traités par l’iode en solution alcoolique, les sels des acides thiosullocarbamiqucs substitués fournissent également des sulfocarbirnides [A.W. Ilofmann, Deulsch. chem. Gesellsch., t. II, p. 452; Bull, de la Soc. chim., 1870, t. XIII, p. 54].

r n ^ Az II C2 II8 uo^S.AzU3C2 H8

Éthylthiosulfocarbamate d’ôlhylammonium.

= CS Az G2 II5 -j- IAzIl3C2H! -f HI +S.

Éthylsulfo- Iodure d'éthylcarbimide. ammonium.

Les carbylamines prennent encore naissance lorsqu’on traite les amines primaires par le sulfochlorure de carbone.

Az H2 . C2 H5 -f- CS Cl2 = 2HG1 + CSAzC2H3.

Les sulfo-urées dialcooliques ou diphénoliques subissent une transformation analogue sous l’influence du sulfochlorure de phosphore,

CS(AzHC6H5)2+CSCl2=2HCl + 2CSAzC« H!

[B. Rathke, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CLXVII,

Weith a obtenu la phénylsulfocarbimide en chauffant directement la phénylcarbylamine avec du soufre [Deulsch. chem. Gesellsch., t. VI,

C Az C6H5 S = C S Az C6 H5.

Phénylcarbyl- Phénylsulfo-

amine. carbimide.

Les carbylamines alcooliques sont peut-être susceptibles de subir une réaction analogue.

Enfin le môme chimiste a récemment observé un mode de production intéressant de la phénylsulfocarbimide qui pourra probablement s’appliquer d’une manière générale à la série aromatique ; ce corps se forme dans la réaction du sulfure de carbone vers 150“ sur la carbodiphénylimide (produit de désulfhydration de ladiphény lsulfocarbam ide) ,

L’acide chlorhydrique produit le même dédoublement. L’iode en agissant sur la diphénylsulfocarbamide fournit également do la phénylsulfocarbimide, en même temps qu’il se forme de la triphénylguanidine [Hofmann, t. II, p. 901].

Il est probable que les sulfocarbamidos monosubstituées donneront aussi des éthers de la sulfocarbimide sous l’influence de l’anhydride phosphorique ou de l’acide chlorhydrique ; du moins la crésylène-disulfocarbimide (p. 118) se forme-t-elle en vertu d’une semblable réaction.

La production des éthers de la sulfocarbimide au moyen des sulfocarbamides substituées est une réaction générale et peut servir à la préparation des sulfocarbirnides alcooliques et phénoliques; mais on obtient plus facilement les isosulfocyanates alcooliques en décomposant, par la chaleur et en présence de l’eau, les sels métalliques des acides thiosulfocarbamiques alcooliques (voyez p. 89),

2Cs^AzIIC*U5

Éthylthiosulfocarbamata

(Tqrgent.

2(CS=Az-C2 II5) + Ag*S U2S BthylsuKocnrbimide.

AzC^HB S Az G6 II5

1zC«H« '$ S

Carbodiphé- Sulfure Phénylsulfonylimide. de carbone, carbimide.

[VV. Weith, Bull, de la Soc. chim., t. XXIII, p. 510].

Pour préparer les sulfocarbirnides alcooliques, on traite par le sulfure de carbone une solution alcoolique de la monamino primaire ctrrespondantc; pour les termes inférieurs de la oirie, la combinaison a lieu immédiatement et est accompagnée d’un dégagement do chaleur; pour les homologues supérieurs, le concours do la chaleur est nécessaire. Cotte réaction fournit un sel d’amine de l’acido thiosulfocarbamique substitué correspondant :

CS2 + 2 (Az II2 . C5 II5) = C S ^ g (Az lD . C2 IIS).

Sulfure de Éthylamine. Éthylthiosulfocarbamata

carbone. d’élhylammonium.

Le produit est débarrassé d’alcool par distillation au bain-marie, dissous dans l’eau et porté à l’ébullition après addition d’une solution do chlorure mercurique (1 molécule de IlgCl5 pour 2 molécules de l’amine employée) : il se forme le sel mereuiique de l’acide thiosulfocarbamique substitué qui se dédoublé par l’ébullition de la

SULFOCYANIQUES (ÉTHERS). — 117 — SULFOCYANIQUES (ÉTHERS).

liqueur selon l’équation précédemment donnée; la sulfocarbimide alcoolique produite passe avec la vapeur d’eau.

Les amines secondaires, telle que la diéthylamine, soumises à ce traitement, ne donnent pa.s de sulfocarbimides, comme M. Hofmann l’avait annoncé d’abord. La formation d’une sulfocarbimide aux dépens d’une amine peut donc servir pour caractériser les amines primaires. Cette réaction est d'ailleurs très-sensible, Il cause de l’odeur intense des sulfocarbimides [A. W. Hofmann, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. LIV, p. 200 ; — V. Hall., Phyl. May., (4), t. XVII, p. 304; — Hofmann, Derl. Acad. Ber., 1808, p. 24 et 464; Compt. rend., t. LXVI, p. 132; t. LXV1I, p. 925 et976;B«//. de la Soc. chim., 1808, t. IX, p. 478; 1800, t. XII, p. 362; Deutsch. chem. Gesellsch., t. VIII, p. 107].

Nos connaissancessür les sulfocarbimides étaient restées très-incomplètes pendant longtemps; jusqu’en 1858, l’essence de moutarde (sulfocarbimide allylique) avait été le seul représentant de cetto classe d’éthers sulfocyaniques; il cette époque, M. Hofmann a fait connaître la phénylsulfocarbimide, et Hall la naphthylsnlfocarbimide; mais ce n’est que dix ans plus tard que M. Hofmann a publié un travail d’ensemble remarquable sur les sulfocarbimides substituées, et, en préparant les sulfocarbimides de la série grasse, il a bien établi l’isomérie des deux classes d’éthers sulfocyaniques. Ce savant a proposé pour la classe des éthers do la sulfocarbimide le nom générique d’essences de moutarde (Senfœle en allemand), désignant, par exemple, Véthyl sulfocarbimide par le nom d’essence de moutarde éthylique: le mot sulfocarbimide nous parait préférable, car il est plus rationnel; nous l’adopterons dans le courant de cet article.

Les éthers de la sulfocarbimide possèdent un point d’ébullition situé plus basque celui des véritables éthers sulfocyaniques ; la différence est d’environ 12°. Ils offrent une odeur forte et irritante rappelant l’essence de moutarde et fort différente d’ailleurs de celle des éthers du véritable acide sulfocyanique.

AcÉTYLSULFOCAIUIIMIDE,

C3Il3AzSO = CSAz.CsH30.

— Le chlorure d’acétyle, en agissant à une douce chaleur sur le sulfocyanato de plomb, ne fournit pas le sulfocyanate d’acétyle, mais bien son isomère l’acétylsulfocarbimide qu’on isole en soumettant à la distillation le produit de la réaction. C’est un liquide incolore, qui rougit au contact de l’air; il bout à 131-132° et possède à 16° une densité du 1,151. Sa saveur est brûlante, et son odeur extrêmement piquante; il attaque fortement les yeux.

L’acétylsulfocarhimide se dissout dans l’alcool et l’éther; l’eau la décompose à l(i0° en donnant de l’acide acétique et de l’acide sulfocyanique ; une autre partie se dédouble en oxysulfure de carbone et acétamide,

CSAz.CsH3 O -f IIsO = CSAzH+ CHI3O.OII CS Az.C8 H3 O + Ï130 = COS -]- C2H30. AzII2

L’acétylsulfocarbimide, fixant directement une molécule d’ammoniaque, se transforme en acétylsulfo-urée, CS Az2H3. C! II3 O. — Voyez t. III, p. 134 [P. Miquel, Compt. rend., t. LXXXI, p. 1209 ; — Bull, de la Soc. chim., t. XXV, p. 104 et p. 252]. ’

Ai-lylsulfocabbimide, S = C=Az-C3II5. — C’est l’essence de moutarde. —Voyez 1. 1, p. 155.

AMYLSIILFOCAnBIMIDE, C6 H'» S Az = C S Az . CG IIH.

— Cet éther correspondant à l’alcool amylique de ferma atation, forme un liquide incolore bouil-

lant 5 182° dont la densité est : 0,9575 à 0"; 0,9419 à 17°, et 0,7875 à 182° (L. Buflf); sa densité de vapeur est de 4,40 (cale. 4,48). Son odeur se rapproche de celle de l’étliylsulfocarbimido (Hofmann).

Angélylsolfocarbimide,

C6 H9S Az = CSAz.C5H9.

Pour obtenir cet éther, on transforme le bromure d’amylène (de l’alcool de fermentation) en un mélango de bases, par l’ammoniaque alcoolique. La partie la plus volatile de ce mélange contient de l’angély lamine, C5H9.AzIl!; on la traite par le sulfure de carbone, puis par le chlorure mercurique. L’angélylsulfocarbimide constitue un liquide bouillant à 190° et possède l’odeur de l’essence de moutarde, quoique à un degré plus faible [A. W. Hofmann, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VIII, p. 105].

Benzoylsulfocarbimide,

C8 U!AzSO = CSAz. C’H«0.

— On la prépare en chauffant à 150° un mélange de chlorure de benzoyle et de sulfocyanate de plomb; la masse est reprise par l’éther, et après avoir chassé ce dernier au bain-marie, on distille le résidu dans le vide. Cette réaction, de mémo que celle du chlorure d’acctyle sur le sulfocyanate plombique, est accompagnée d’un changement moléculaire, car, normalement, elle devrait fournir le sulfocyanate de benzoyle et non son isomère,’ la benzoylsulfocarbimide. Celle-ci constitue un liquide incolore, très-réfringent, d’une odeur piquante, possédant une densité de 1,197 à 10°. lille bout dans le vide entre 200 et 205° ; lorsqu’on cherche à la distiller à la pression ordinaire, elle se décompose en dégageant de Poxysulfure de carbone. Sous l’influence de l’eau, elle se dédouble partiellement en acide benzoïque et acide sulfocyanique, tandis qu’une autre portion fournit de la benzamide et de l’oxysulfure de carbone [P. Miquel, loc. cit.].

Elle fixe directement une molécule d’ammoniaque en produisant la bcnzoylsulfo-urée — Voyez t. III, p. 134.

Lorsqu’on fait agir le chlorure de benzoyle sur le sulfocyanate de potassium sec, on observe une réaction très-vive, et l’on n’obtient que les produits de décomposition de la benzoylsulfocarbimide, anhydride carbonique, sulfure de carbone et benzonitrile. Si la réaction a lieu en présence de l’alcool, les éléments do ce corps s’ajoutent à la benzoylsulfocarbamide et la transforment en acide bensoyléthylthiocarbamique,

rr, y Az.C2 II6, G7 II5 O v SH.

— Voyez Sülfocabbamiqdes (acides), t. III, p. 86.

Benzylsulfocarbimide,

C8H’SAz = CSAz.CH5-C6H3.

— Lorsqu’on dissout la benzylamine dans le sulfure do carbone, on obtient un corps blanc cristallisé qui, chauffé en solution alcoolique avec du chlorure de mercure, fournit la benzylsulfocarbimido. C’est un liquide bouillant vers 243° et offrant une odeur de cresson (Hofmann).

Bbtylsolfocarbimides. — M. Hofmann a préparé les sulfocarbimides correspondantes à trois alcools butyliques : alcool butylique normal, alcool butylique secondaire et alcool isobutylique; mais il n'a pu obtenir la sulfocarbimide de l’alcool butylique tertiaire car, malgré plusieurs tentatives, il n’a pas réussi à préparer l’amine de cet alcool.

Butylsulfocarbmide normale,

C5II9AzS = C S Az . C II! - C II* - C Hs - C II3.

— Préparée en partant de l’alcool butylique nor-

SULFOCYANIQUES (ÉTHERS). — 118 — SULFOCYANIQUES (ÉTHERS).

mal, elle constitue un liquido incolore bouillant à 167°; en s’unissant à l’ammoniaque, elle produit la butylsulfo-urée fusible A 711° [A. W. llofmann, Deulsch. chem. Gesellsch., t. VII, p. 508; Dull.de la Soc. chim.,t. XX.II, p. 304]. Butylsulfocarbimido secondaire,

C8II9AzS = C S Az . C II < £ c H,

— Ou l’obtiont en partant de la butylamine correspondante à l’alcool butylique secondaire de M. de Luynes (préparé avec l’érythrite) ; elle se présente sous la forme d’un liquide incoloro, bouillant à 159°, 5, et possédant A 12° la densité 0,944. Elle offre l’odeur de l’essence de Cochlearia officinalis, avec laquelle elle est complètement identique. La sulfo-urée butylique qui prend naissance par fixation directe de l’ammoniaque sur la butylsulfocarbimide, fond A 133-134° [Hofmann, loc. cil. ; Deulsch. chem. Gesellcsh. , t. III , p. 102; Dull. de la Soc. cliim., 1869, t. XII,

Isobutylsulfocarbimide,

C«H»AzS = GSAz.CH*-CH^^®g

— Elle correspond à l’alcool butylique de fermentation. C’est un liquide incolore bouillant A 162° et possédant A 14° une densité de 0,9038; la sulfo-urée résultant de la fixation de l’ammoniaque sur cette sulfocarbimide, fond à 93°, 5 [Reimer, Deulsch. chem. Gesellsch., t. III, p. 756; Dull. de la Soc. chim., t, XIV, p. 395; — Hofmann, loc. cit.].

Crésïlsulfocabbimide,

C8 II7 Az S = C S Az . C6 H* - C II3.

On en connaît trois qui correspondent aux trois toluidines : ortho-, méta-, et paratoluidine.

La première forme un liquide d’une odeur piquante, bouillant à 239°, qui s’unit facilement A l'ammoniaque et aux ammoniaques composées [E. Girard, Deulsch. chem. Gesellsch., t. VI, p. 444],

La seconde est également liquide et ne se solidifie pas A — 20°; elle bout A 244° (pression 732 millimètres) ; elle est plus dense que l’eau [W. Weith et A. Landolt, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VIII, p. 715J.

Enfin, la troisième se présente sous la forme de longues aiguilles blanches, fusibles A 20° et distillant A 237°; elle possède l’odeur de l’essence d’anis; insoluble dans l’eau, elle se dissout aisément dans l’alcool et l’éther (Hofmann, 1808).

CftÉSYLÈNE -DISOLFOCARBIMIDE,

C9IIcAz8 S* = (CS Az)8.C8II8-CH’.

— On la prépare en partant du dinitrotoluène fusible à 71°, le transformant en crésylène-diamine, puis en crésylènc-disulfocarbamido et chauffant celle-ci avec de l’acide chlorhydrique concentré :

Az II8-C S - Az II N. r- . nnp

AzIP-CS-AzH^- u 11 +

= 2AzII*Cl +

CS=Az-v

CS-Az-"

Au bout d’une demi-heure, toute la sulfocarbamido est décomposée, et on peut alors distiller avec la vapeur d’eau la sulfocarbimide formée. On agite le liquide distillé avec de l’éther, et on évapore la solution éthérée: la sulfocarbimide reste sous la forme d’une huile brunâtre, assez épaisse, non volatile sans décomposition. Avec l’ammoniaque, elle régénère la crésylène-disulfocarbamide. L’anhydride phosphorique ne peut servir pour la préparation de la crésylène-disulfocarbimide, ce qui s’explique facilement par la non-volatilité de cette dernière.

La diphénylcrésylène-disulfocarbamide,

n ne ■ — Az H-C S - Az II. C9 II8

u 11 N'AzH-CS-AzII.C6H5

(produit d’addition de la crésylènc-diamine et de la phénylsulfocarbimide), traitée par l’acide chlorhydrique chaud, se scinde en chlorhydrate d’aniline et crésylène-disulfocarbimide ]R. Lussy, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VIII, p. 607].

CROTONYLSULFOCARBIMIDE,

C8H7AzS = CSAz.CII = C<£^3

— Lorsqu’on traite par l’ammoniaque à 100° le bromure de butylène bouillant A 148-149°, la réaction est terminée au bout de quelques heures et la solution, séparée du bromure d’ammonium formé, contient, indépendamment d’un corps bromé très-volatil que l’ammoniaque n’attaque plus A 200°, un mélange d’ammoniaques composées bouillant entre 80° et 100°. Ce mélange est formé de butylône-diamine, de dibutylène-diamine, etc., et d’une petite quantité de crotonylamine, C',H7.AzH8. Cette dernière base s’est produite aux dépens du butylène bromé naissant formé en premier lieu (le butylène bromé n’est pas attaqué par l’ammoniaque); elle peut être transformée facilement en crotonylsulfocarbimide par le sulfure de carbone et le chlorure mercurique. La crotonylsulfocarbimide est un liquide incolore, bouillant vers 179°, doué d’une odeur voisine de celle de l’essence de moutarde; l’ammoniaquelaconvertiten crotonylsulfo-urée fusible A 85° [A. W. Hofmann, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VII, p. 514; Dull. de la Soc. chim-, t. XXII, p. 366].

Étiiylsulfocarbimide, Cs H8 Az S = C S Az.C5 H8.

— Lorsqu’on chauffe la diéthylsulfocarbamide avec de l’anhydride phosphorique il se dégage, A une douce température, des vapeurs d’éthylsulfocarbimide qui se condensent en un liquide jaunâtre. 11 est plus avantageux de préparer cette sulfocarbimide en décomposant l’éthylthiosulfocarbamatc d’éthylamine par le chlorure mercurique (Voyez p. 116).

i.’éthylsulfocarbimide purifiée par distillation constitue un liquide incolore bouillant A 134° (Hofmann), A 133°, 2 (Buff); sa densité est de 1,0191 A 0° ; de 0,9972 A 22°; de 0,8791 A 0,8735 A 133°, 2 [II. -L. Buff, Deutsch. chem. Gesellsch., t. I, p. 200].

Sa densité de vapeur a été trouvée égale à 3,03 (calcul 3,02). Elle offre une odeur piquante et provoque le larmoiement; appliquée sur la peau, elle cause une douleur brûlante.

Les réactions de l’éthylsulfocarbimide sont celles des autres sulfocarbimides; l’éthylsulfocarbantide, résultant de l’union de l’ammoniaque et de l’éthylsulfocarbimide, fond à 100°; on connaît aussi les combinaisons avec la méthylamine et l’aniline (A. W. Hofmann).

Le chlore agit très-énergiquement sur l’éthylsulfocarbimide et l’altère profondément ; si l’on étend préalablement la sulfocarbimide avec de l’éther anhydre, la réaction est plus calme : le chlore est absorbé avec élévation de température, et il ne se formo que peu d’acide chlorhydrique;

10 liquide se prend peu A peu en une bouillie, qui, après dessiccations dans le vide, laisse une poudre jaunâtre, peu propre A l’analyse. Lorsqu’on traite ce corps par une lessive de soude,

11 se transforme en une huile dense et brune se solidifiant au bout de quelque temps. Purifiée pat cristallisation dans l’alcool, la nouvelle substance est en longs prismes, ou en tables hexagonale! renfermant C9II>°Az9S!0 = (CS Az.CsII5)!0 , c’est-â-dire les éléments de deux molécules d’éthylsulfocarbimide et d’un atome d’oxygène.

SÜLFOCYANIQÜES (ÉTHERS). — 119 - SULFOFORME.

Ces cristaux fondent à 42°; insolubles dans 1 eau, ils se dissolvent facilement dans l’alcool, moins abondamment dans l’éther. Ils donnent avec le chlorure de platine une combinaison rouge, încristallisable. Traités par le sulfure d’ammonium, ils fournissent un beau composé fusible à 60°, en même temps qu’il se sépare du soufre [E. Sel , Deutsch. chem. Gesellsch., t. VI, p. 322; Bull, de la Soc. chim , t. XX, p. 273].

Glycolylsulfocarbijiide (*),

C3H3AzSO! =

CH2.AzCS

ào.OH.

PllÉN YLSUI.FOCARBIMIDE, C7 II8 Az S — CS Az.C6 Hr,

— Voyez t. II, p. 913.

VlNYLSULFOCARBIMlDE. — Ce COrpS II a pas

encore pu être préparé car on ne connaît pas la vinylamine; M. Hofmann a fait un grand nombre d’expériences pour obtenir ce corps, mais ni dans l’action de l’ammoniaque alcoolique sur le bromure d’éthylène, ni dans celle de ce même réactif sur l’éthylène bromé (bromure de vinyle), il n’a pu observer la formation de traces de vinylamine \Deutsch. chem. Gesellsch., t. VII, p. 517; t. VIII,, p. 106]. A. H.

SULFOCYMENIQUES (ACIDES),

— Voyez Sülfocyanacétique (acide), t. III, p. 91. P-Hexysbbfocarbimide,

C7H,3AzS =-= CSAz.CTI13.

— Elle correspond à l’iodure de (3-hexyle préparé par réduction de la mannite.

C’est un liquide incolore bouillant à 199-200“ et possédant une densité de 0,9253. Son odeur est celle de l’essence de moutarde [J. Uppcnkamp, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VIII, p. 54; Bull, de la Soc. chim., t. XXIV, p. 135].

lM F.THYLSU LFOCARBIM IDE, C2U3 AzS = CS Az.C H3.

— Elle se présente sous la forme de cristaux incolores, fusibles à 34° et se solidifiant de nouveau à 26°; elle bout à 119“ et possède la densité de vapeur 2,42 (calcul 2,53) [Hofmann],

Naphtïesulfocarbimidb,

C” Ht AzS = CS Az.C*» II7.

— Voyez t. II, p. 528.

OCTYLSBLFOCARB IMI DE,

C9 II17 Az S = CSAz.C8H17.

— La sulfocarbimidc préparée avec l’alcool octylique de l’huile de ricin, constitue un liquide incolore, bouillant sans décomposition à 234°; son odeur rappelle celle de l’essence de moutarde, mais elle est beaucoup plus faible [II. Jahn, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VIII, p. 803; Bull, de la Soc. chim., t. XXV, p. 117].

SULFOCARBIMIDE OXYBENZOÏQUE,

CSII5 AzSO2 =

C6H'\ AzCS CO. OH.

— M. Rathke et Schæfer ont obtenu un corps de cette composition en traitant l’acide amidobenzoïque, en vase clos à 140°, par le chlorure de sulfocarbonyle,

C» H4 Az 112 CO. OH

+ CSC12 = 211 Cl +

CHD.AzCS CO. OH.

Pour purifier le produit, on le dissout dans la quantité nécessaire de carbonate de sodium en solution étendue, on ajoute un peu d’acétate de plomb. Le liquide, débarrassé par l’hydrogène sulfuré du plomb qu’il contient, est précipité par un acide. La substance ainsi obtenue ne constitue probablement pas la véritable sulfocarbimide oxybenzoïque, mais bien un corps polymère; elle forme une poudre très-légèrement colorée, ne fondant pas encore 5 310»; elle est insoluble dans tous les solvants ordinaires. Les alcalis la dissolvent et lui enlèvent le soufre à une douce chaleur. Traitée par l’oxyde de mercure et l’eau, elle fournit du sulfure de mercure et un composé très-soluble dans l’eau. La sulfocarbimide oxybenzoïquo s'unit directement à l’aniline, produisant ainsi une sulfo-uréc phényloxybenzoïquo fusible à 190-191» [B. Ratlike et P. Schæfer, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CLXIX, p. 101 ; Bull, de la Soc. chim., t. XXI, p. 403],

— Ou en connaît deux : l’un correspondant au cymène a, retiré de l’essence de cumin, et qui n’est autre que le propyl-toluène ; l’autre correspondant au cymène p, venant du camphre et qui paraît être l’isopropyl-toluène.

Acide sulfocyménique a (appelé aussi tliymylsulfureux) [Gcrhardt et Cahours, Aun. de Chim. et de Phys., (3), t. I, p. 1061. — On le prépare en dissolvant à froid le cymène dans l’acide sulfurique; la solution, saturée parle carbonate de baryum, fournit le sulfocyménate de baryum soluble, qui, par la concentration du liquide, s'obtient à l’état de paillettes nacrées d’un grand éclat. Il renferme (C*°1I13S 03)sBa -)- IIsO; il perd son eau à 100°.

Acide sulfocyménique p [Delalande, Ann. de Chim. et de Phys., (3), t. I, p. 308]. — Obtenu par Delalande avec le cymène du camphre ; il a été étudié par Siewerking qui en a décrit quelques sels [Ann. der Chem. u. Pharm., t. GVI, p. 257]. Séparé de son sel de plomb par l’hydrogène sulfuré, il se présente sous la forme de petits cristaux déliquescents.

Le sel de baryum est en paillettes cristallines renfermant (C>« 11'3 S O3)2 Ba -f- 4 Hs O (Delalande). Il ne perd pas entièrement son eau avant 170° (Siewerking). Avec le propyl-toluène synthétique, MM. Fittig, Kœnig et S haeffer ont obtenu un sel en lamelles incolores, présentant l’aspect du sel précédent, mais renfermant 3 II2 O. — Voyez Propyl-méthyl-benzine, t. II, p. 890.

Le sel de calcium, (C*»H'3S03)2Ca-[-1 1/2 H2 O, est en lames incolores, devenant anhydres à 170° (Siewerking).

Le sel de plomb est en paillettes nacrées; il renferme (C'»H*3 S03)2Pb -f 4U20, et perd son eau à 120°.

Le sel de sodium, C*°H13S03Na -]- II2 O (?), est en fines aiguilles, perdant leur eau à 170°.

Les sels d'argeiu et de cuivre sont également en aiguilles.

Quand on fond le sel de sodium ou le sel de baryum de l’acide sulfocyménique p avec la potasse, on obtient un phénol C10HuO, isomère du thymol (voyez Thymol). [II. Muller, Deutsch. Chem. Gesells., t. II, p. 130, et Bull, de la Soc. chim., 1869, t. XII, p. 315; — Pott, même recueil, t. XII, p. 481]. E. G.

SULFOCYAXOCAItBONIQUE (ACIDE). - Voyez Sulfocyaniques (étiiers), t. III, p. 1 15-

SULFOFLAVIQUE (ACIDE). — Voyez Acide SULFINDIGOTIQOK, t. II, p. 103.

SITLFOFOIÎME, ((1H)3S3. — Ce composé paraît se former lorsqu’on chauffe l'iodoforme avec du soufre en vase clos, à une température de 1 10". On traite le produit par de l’eau bouillante, additionnée d’un peu de soude, ensuite par l’étlicr qui enlève l’iodoforme non décomposé, et on le dissout finalement dans le sulfure de carbone. La solution abandonne par l’évaporation d’abord do beaux cristaux jaunâtres do sulfoforme et à la fin des cristaux de soufre | Fr. Pfankuck, Journ. f. pralit. Chem. (2), t. IV,

(1) Voyez la note de la page 115.

SULFOFULVIQUE (ACIDE).

p, 38; Bull, de la Soc. chim., 1874, t. XVI, p. 271].

SULFOFULVIQUE (ACIDE). — Voyez Indigo, t. Il, p. 103.

SULFOIIIPPUHIQUE (ACIDE). — Voyez t. II, p. 3t.

SUI.FOM ANXITIQUE. — Voyez Mannite.

SULFOM EI.ANUIl 'OHE (ACIDE), C3II4Az*S2

fSyn. Sulfomellonique {acide)] (.lamicson, A tm. (1er Chem. u. Pharm., t. L1X, p. 339J. — Ce corps «e forme à l’état de sel de potassium, lorsqu’on traite le persulfocyanogène (voyez t. II, p. 781) par le sulfliydrate de potassium :

2C3HAzsS8 -J* 3KHS + 2H20 = C3II3Az4S2,K

Persulfo- Sulfomélnnurate

cyanogèno. do potassium.

+ 2CAzSK -f 3 II2 S + C02+ S2.

L’acide sulfomélanurique peut être considéré comme do l’acide mélanurique dont l’oxygène aurait été remplacé par du soufre.

Pour le préparer, on dissout le persulfocyanogène à chaud dans une solution de sulfliydrate de potassium : il se dégage do l’hydrogène sulfuré et le liquide se charge de sulfomélanurate, de sulfocyanate, de carbonate et de polysulfure de potassium; neutralisé par l’acide acétique, il donne un abondant précipité blanc, qu’on lave et qu’on traite à froid par l’ammoniaque aqueuse. L’acide sulfomélanurique se dissout et du soufre reste insoluble. On filtre, on abandonne la solution dans un lieu chaud, puis on la fait bouillir avec du noir animal jusqu’à ce qu’elle donne avec les acides un précipité entièrement blanc.

L’acide sulfomélanurique est à peine soluble dans l’eau froide, dans l’alcool et l’éther; l’eau bouillante le dissout en petite quantité et le dépose tso u s forme d’aiguilles très-petites. Il est sans saveur, mais sa solution rougit le tournesol. Il commence à se décomposer entre 110° et 150", dégage à une température plus élevée de l’hydrogène sulfuré et laisse un résidu de mellon. Jamieson, admettant la formule C3Az4 ou (C3Az4)3 que Liebig avait attribuée d’abord au mellon (voyez t. I, p. 1057), représente cette décomposition par l’équation : C3H'>Az‘S2 = 'J IF S + C3Az'*.

Les acides chlorhydrique, sulfurique ou azotique dédoublent, à chaud, l’acide sulfomélanurique en hydrogène sulfuré, ammoniaque et acide cyanuriouG j

C3H>Az* S8 + 3 H* O = 211^3 + AzU3 + G3 H3Az3Os.

Sels de l’acide sulfomélanorique. — Cet acide est monobasique, du moins n’a-t-on obtenu jusqu’ici que des sels renfermant un seul atome d’un métal monatomique.

Sel d’argent, C3 H3 Az4 S!, Ag. — Flocons blancs volumineux, insolubles dans l’eau, qui se précicipitcnt lorsqu’on ajoute du nitrate argontique à la solution ammoniacale de l’acide. Le sel ne noircit pas à la lumière et supporte une température de 1011° sans s’altérer.

Sel de baryum, (CHI3Az4S2;2Ba -f 5 11*0. — Aiguilles incolores, d’un éclat adamantin, fort solubles dans l’eau.

Sel de calcium, (C3U3Az4S2)2 Ca -f 2 II2 O. — Cristaux brillants.

Sel de magnésium, (C8 H3 Az4 S*)* Mg+0 II* O . — Petites aiguilles brillantes, très-solubles dans l’eau.

Sel de potassium, C3H3Az*Ss,K + 1 1/2 H* O. — Lorsqu’on neutralise à chaud l’acide sulfomélanurique par la potasse et qu’on filtre le liquide bouillant, on obtient par le refroidissement des prismes incolores et brillants, très-solubles dans l’eau et dans l’alcool. Chauffé, ce sel se décompose en dégageant du sulfhydrate d’ammonium et de l’acide cyanhydrique, et laissant un

SULFO.N IQUES (ACIDES).

résidu soluble dans l’eau; l’acide chlorhydrique séparo un précipité gélatineux de cette solution. Le chlore gazeux donne un précipité blanc dans la solution du sulfomélanurate potassique.

Sel de sodium, C3 H*Az*S*, Na -f- 1 1/2 H3 O

Il constitue do larges tables translucides, d’un aspect gras, ou des paillettes nacrées semblables à la cholestérine.

Sel de strontium, (C3II3 Az4 S2)2Sr -f 4H*0.— Grosses tables qui ont l’éclat de la cire. A. IL

SULFOM EI.I.O.MQUE (ACIDE). — Syn. de SuLl'OMÉl.ANUniQlIE (ACIDE).

SULFO.N A IMITA L I X Iî. — Voyez t. II, p. 502.

SULFOX A PHTALIQUE (ACIDE). — Voyez t. II, p. 497.

SULFOXIQUES (ACIDES). — Définition. Nomenclature. — On a donné le nom d 'acides sul- (oniques, acides sulfones, acides sutfoconjugués à une série de corps qui résultent de l’union de composés organiques et d’acide sulfurique avec élimination d’eau :

C6H6 + S O4 H* = CeIÎ3-S08II + H«0 Ben- Acide Acide phénylzine. sulfurique. sulfureux.

cm« + 2S04H2 = C6H4(S O3 B)! -f 211*0

Acide phénylènedisuifureux.

L’acide sulfurique éprouve dans ce cas une réduction et l’on voit que les acides sulfoniques dérivent de l’acide sulfureux S O3 Hs et non de. l’acide sulfurique. Ils peuvent être tous rattachés à l’acide sulfureux, dont, ils dérivent par substitution de groupes organiques à un ou plusieurs atomes d’hydrogène dans une ou plusieurs molécules d’acide sulfureux normal, S O3 II2.

La nomenclature de ces corps est très-complexe, et on leur a donné différents noms, dont plusieurs indiquent mal leur nature et peuvent induire en erreur.

En les rattachant à l’acide sulfureux, on leur donne le nom du radical suivi du mot sulfureux; ainsi le composé, C6 H5 -S O3 II, est l’acide phénylsulfureux; le corps C6 H4 (O H)- S O3 H, produit de l’action de l’acide sulfurique sur le phénol, sera l’acide phénolsulfureux ou oxyphénylsulfureux. Cette nomenclature a l’avantage de marquer nettement les relations de ces acides avec l’acide sulfureux, et d’indiquer la nature du groupement qui est substitué à l’hydrogène de

On peut aussi employer la terminaison sulfonique, mais ello 11’olTr aucun avantage, et l'expression d 'acides sulfoniques me semble devoir être réservée comme terme générique pour dénommer les acides sulfoconjugués.

Après avoir donné au produit de l’action de l’acide sulfurique sur la benzine le nom exact d’acide phénylsulfureux, quelques chimistes ont improprement appelé acides phénylsulfuriques les acides formés par le phénol et dont la formule brute CGfI6S04 est comparable à celle des éthylsulfates, C2HGS04, mais il n’y a qu’une apparence d’analogie. Les éthylsulfates sont des éthers de l’acide sulfurique, tandis que les acides CG1IGS04 ne sont pas des produits de substitution du groupe C6 II5 à l’hydrogène de S O* II2, mais représentent de l’acide sulfureux, S O3 H2, dont l’hydrogène est remplacé par CGI140IP, l’oxyphényle, hydroxyphénylène : aussi doiventils ùtreappelésoxyphénylsulfureuxouhydroxyphénylène-sulfurcux. Enfin, une autre nomenclature pius fâcheuse encore a été adoptée. Le nom d’acide benzolsulfureux a été donné au corps que Gerhardt appelait hydrure de sulphophényle.

Page 1