SULFURIQUE (ACIDE) (INDUSTRIE
historique. — La première mention de l’acide sulfurique se rencontre dans les écrits d’un alchimiste persan, Abou-bekr Alrhases, mort en 9 40. Albert le Grand (1193-1280) le désigna sous le nom d 'esprit de vitriol romain. Basile Valentin a indiqué des procédés de préparation, et Gerhard Jornaeus (1570) eu décrivit exactement les propriétés. L’acide sulfurique était alors préparé par la distillation du sulfate de fer (vitriol de fer).
Au commencement du xvu* siècle, Angélus Gala observa la formation d’acide sulfurique en brûlant du soufre dans des vases humides. En 1666, d’après les conseils de Nicolas Le Fèvre et de Nicolas Lémery, on ajouta un peu de salpêtre au soufre. Ce fut un grand progrès, qui permit à Ward d’établir une petite fabrique d’acide sulfurique à Richmoud, près de Londres. Ward faisait usage de cloches en verre de 300 litres de capacité; le prix de l’acide sulfurique tomba de 32 fr. à 6 francs le kilogramme.
En 1 746, Roebuck et Garbett érigèrent les premières chambres de plomb à Birmingham et à Preston-Pans en Écosse. La fabrication était intermittente; on introduisait le soufre, mélangé de 8 à 12 % de salpêtre, dans la chambre de plomb, on y enflammant le mélange, et l’on bouchait toutes les ouvertures afin de laisser réagir les gaz; puis on ventilait la chambre, dont le fond était recouvert d’une couche d’eau dans laquelle l’acide sulfurique formé se dissolvait. Après une succession do plusieurs opérations pareilles, l’eau était suffisamment chargée pour qu’on pût l’évaporer. Le prix de l’acide sulfurique fut réduit à 0 fr. 50 le kilogramme.
En France, la première chambre de plomb fut construite en 1766 par Holcker, à Rouan. En 1774, sur les conseils de la Follie, on introduisit de la vapeur d’eau dans les chambres pendant la combustion du soufre. C’est également en Franco que la fabrication intermittente fut transformée en fabrication continue. Clément Desormes montra, en 1793, que les chambres de plomb pouvaient être alimentées au moyen d’un courant gazeux continu, en réduisant considérablement la dépense du salpêtre. 11 prouva que l’oxydation do l’acide sulfureux a lieu aux dépens de l’oxygène de l’afr pour les neuf dixièmes, et que le salpêtre n’intervient que comme agent intermédiaire entre l’air et l’acide sulfureux. La théorie moderne de la fabrication de l’acide sulfurique était ainsi trouvée; toutefois ce n’est guère que quelques années plus tard qu’on parvint à vaincre toutes les difficultés qui s^étaient présentées à l’adoption régulière et complète du système continu. En 1810, un petit-fils de Holcker fabriquait, à Rouen, l’acide sulfurique par ces nouveaux procédés, en ss servant d’une chambre de plomb unique. Peu ?. peu ces procédés se généralisèrent ot pénétrèrent dans toutes les usines; on substitua à la chambre unique des systèmes de chambres de dimensions diverses et en nombre variable. M. Kestner, de Thann, eut l’idée de recueillir, à titre de témoin, les produits qui se condensaient contre les parois, ce qui lui permit de régulariser avec une plus
prande précision la marche des chambres, en augmentant ou en diminuant l’admission d’air et celle de la vapeur; il fut appelé par MM. Tennants, de Glasgow, à introduire ce perfectionnement dans leur vaste usine de Saint-Rollox. Enfin, c est en 1827 que Gay-Lussac introduisit dans l’usine de Chauny le premier appareil do condensation des composés nitreux qui s’échappent des chambres de plomb, appareils dont l’usage s’est réuandu dans le monde entier.
' Vers 18:17, MM. Perret frères, de Lyon, découvrirent le procédé actuel de préparation de t’acide sulfureux destiné à alimenter les chambres de plomb, savoir : l’emploi des pyrites de fer au lieu et place du soufre; cette découverte nous affranchit de la Sicile, dont l’Europe avait été tributaire jusque-là. C’est à peu près de la même époque que date la soudure autogène du plomb, au moyen du chalumeau à hydrogène et air, de M. Dosbassynsde Uichemont, ingénieur français (*)•