‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 98 sur 430 · TANNAGE. — 189 — TANNAGE · texte numérisé non relu

TANNAGE. — 189 — TANNAGE

i entre l'eau privée de tannin, qui gonfle la peau, j et l’eau chargée de tannin, qui la baigne, une suite continue de phénomènes do diffusions à la suite duquel la peau se charge d’une proportion l de tannin de plus en plus fort.

Le tannage accéléré, au moyen de la j usoe ou d’extraits aqueux d’écorces astringentes, conf stitue un progrès très-notable au point de vue ; de la durée de l’opération. Les produits obtenus sont très-bons quand l'opération est bien conduite et qu’elle ne s’applique qu’aux cuirs légers et non aux cuirs très-forts- destinés aux semelles.

On commence par préparer des solutions astrin- I gentes en épuisant les écorces moulues dune manière méthodique. Nous n’entrerons pas dans ? les détails de cos opérations qui sont analogues à celles que l’on exécute pour préparer les extraits do bois colorants. — Voyez Teinture.

Le tannage doit se faire progressivement, en immergeant les peaux dans des bains, très-faibles au début, et dont la concentration va progressivement en augmentant. Sans cette opération, le tannage ne serait que super iciel.

La durée de l’immersion dans chaque cuve est d’autant plus longue que la jusée est plus forte. Les peaux sont retirées de temps eu temps et [ suspendues à l’air.

Les peaux de bœuf sont tannées en 4 à 8 semaines ; celles do vaches et de chevaux, en 3 à 1 6 semaines; celles de veau, en 8 jours.

Dès 1823, Spilsbury a cherché à accélérer le tannage au moyen des solutions astringentes, en utilisant la pression comme moyen de faire pénétrer les liquides actifs dans les peaux.

■ Deux peaux, appliquées par le côté de la fleur sont pincées sur tout leur pourtour, entre deux cadres serrés au moyen de boulons; cetto espèce de sac clos est mis en communication avec un réservoir à jusée placé au-dessus, il une certaine hauteur. Un robinet supérieur permet à l’air du sac de s’écouler à mesure que celui-ci se remplit de liquide ; ce robinet est fermé au moment où le liquide y arrive. La pression hydrostatique fait marcher la solution à travers les peaux qui durcissent de plus en plus tout en restant mouillées. On considère le tannage comme achevé lorsque le liquide qui suinte contient la même dose de tannin que la solution initiale. Ce procédé donne lieu à un tannage irrégulier, les parties les moins épaisses des peaux laissant passer plus de liquide actif que les autres; on perd aussi toute la partie formée entre les cadres qui ne se banne pas; sans compter que l’emploi des cadres nécessite un matériel coûteux et encombrant W. Drake a cherché à obvier à ces deux derniers inconvénients en faisant subir aux peaux une immersion préalable de quelques jours dans de la jusée faible. On coud ensuite les peaux deux à deux par leurs bords en mettant le côté de la fleur en dedans, de manière à former un sac fermé qui fonctionne comme dans le procédé de Spilsbury. Le tannage s’achève dans une atmosphère dont la température s’élève progressivement à 05°.

Le procédé Knowlis et Duesburg est fondé sur les principes suivants : l’air qui imprègne les peaux doit s’opposer à la pénétration rapide du liquide actif. Si donc on éloigne cet air pendant que les peaux sont plongées dans la solution tannante, l’imprégnation doit être notablement plus rapide et plus complète.

Les peaux suspendues au moyen de crochets à dos traverses en bois sont placées, sans qu’il y ait contact entre elles, dans un réservoir que l’on peut fermer hermétiquement ; on les immerge dans la jusée, puis, après avoir posé le couvercle, on fait le vide au-dessus du liquide. Après 24 heures, on laisse rentrer l’air et l’on fait écouler le liquide. Les peaux restent 4 heures sus-

pendues dans l’air, puis on recommence l’opération précédente et ainsi do suite jusqu’à tannago complet.

Clark prétend que l’on accélère singulièrement le tannage en immergeant les peaux préparées, pendant 6 à 12 heures, dans une solution de bichromate de potasse et en les lavant ensuite.

Carrière se sert dans le même but d’une solution très-étendue de sulfate de cuivre; l’immersion dure 3 à 4 jours et est suivie d’un lavage; le tannage s’effectue comme à l’ordinaire.

Serruys de Bruxelles a proposé de tanner au moyen d’une solution de cachou (300 livres de cachou dissous dans 570 livres d’eau chauffée à 30°). On y immerge les peaux en les étalant. Pendant les 5 premiers jours, les peaux sont rctiréeset suspendues chaque jour et le bain est remué; pendant les 15 jours suivants, on ne relève que de 3 en 3 jours. Les peaux sont ensuite retirées et suspendues. On enlève J du liquide primitif que l’on remplace par de l’eau et 40 livres d’acide sulfurique. On les immerge do nouveau en les retirant pour les suspendre et les immerger de nouveau ; enfin on tanne.

Corroyage. — Les cuirs tannés par l’une ou l’autre méthode subissent encore diverses préparations comprises sous le nom de corroyage. Elles sont ramollies avec de l’eau, assouplies par un foulage avec les pieds, nettoyées du côté de la chair au moyen du couteau à tranchant émoussé, écharnées ou dragées du même côté pour leur donner moins d’épaisseur, au moyen d’un couteau annulaire légèrement courbé, le vide central servant à passer la main ; puis on les tire à la paumelle.

La paumelle est une pièce de bois de 0m,30 de long sur U"’, Il de large, plate et unie ep dessus, bombée en dessous dans le sens de la longueur ; la partie bombée est sillonnée de cannelures transversales peu profondes ; sur la partie plate se trouve une poignée garnie de cuir.

Cet instrument est destiné à opérer des frictions de la peau sur elle-même. A cet effet, on rabat un quartier de la peau fleur contre fleur, on avance la paumelle, puis on la retire fortement en ramenant par soubresauts le quartier do la peau qui frotte sur le milieu de la peau. Cette opération est répétée sur la fleur et sur chaque quartier, puis on étire fortement sur une plaque en fer ou en cuivre, placée de champ, et terminée par un tranchant arrondi on obtient ainsi ce que l’on nomme cuir étiré.

La mise en suif ou en huile, pratiquée pour les cuirs de sellerie et de bourrelerie, consiste à imprégner aussi uniformément que possible les cuirs de suif ou d’huile au moyen de la paumelle et d’étirage.

La mise en couleur s’obtient facilement en badigeonnant la surface du cuir avec une solution ferrugineuse préparée en dissolvant du fer dans de la bière ou du vin aigri, on passe ensuite une couche de bière aigrie; on donne la graisse avec la paumelle, on dégraisse la fleur en frottant avec un morceau de laine, on fait reparaître le grain avec une paumelle fine, et on lustre avec une décoction d’épine-vinette.

Les cuirs de llussie s’obtiennent en préparant les peaux comme ci-dessus et en les gonflant dans un bain monté avec do la farine de seigle et du levain. Le tannage s’exécute on les immergeant et les travaillant deux fois par jour pendant 15 jours dans une décoction d’écorce de saule. Enfin on imprègne le côté de la chair avec l’huile empyreumatique provenant de la distillation de l’écorce de bouleau.

Ce cuir offre une couleur et une odeur spéciales et n’est pas sujet à la moisissure ou à la piqûre des insectes.

TANNASP1D1QUE (ACIDE).

Les cuirs dits hongrogès s’obtiennent par le foulage des peaux simplement tondues et ôcharnécs dans une dissolution de chlorhydrate d’alumine. Celle-ci se prépare en mélangeant de l’alun et du sel marin (3 kilogr. alun, 2 kilogr. sel marin). Après deux passages daus ce bain chaud séparés par un passage à l’eau chaude, on laisse tremper 8 jours dans l’eau alunée, on sèche, on blanchit au soleil et on imprègne de suif.

La mégisserie, qui opère sur des peaux de mouton et de chevreau pour ganterie, ainsi (jue surccllcs qui doivent conserver leur poil, emploie également le chlorure d’aluminium comme moyen de conservation. Les peaux sont épilées au moyen d’un mélange de chaux et d’orpiment dont on recouvre le côté de la chair.

Avant le tannage, on les gonfle au bain de son, puis au bain de chlorure d’aluminium.

La chamoiserie ne diffère de la mégisserie ue par une imprégnation d’huile de poisson par es foulages répétés, suivis d’un dégraissage à la potasse.

Les maroquins se tannent au sumac (peaux de chèvre) et sont teints après, à moins qu’on ne les destine à la nuance rouge, dans ce cas les peaux subissent la teinture au chlorure d’étain et à la cochenille avant le tannage. P. S.

TANNASPIDIQUE (ACIDE). — Voyez Ptéri- TAMNIQl’E (acide), t. II p. 1222.

TANNECORTEPINIQITE (ACIDE). — Espèce de tannin retiré par Kawalier [ tVien. Akad. Ber. t. XXIX, p. 10J de l’écorce, des sapins d’Écosse de 20 à 25 ans, au moment du printemps.

Pour l’extraire, on prépare un extrait alcoolique; celui-ci est desséché et repris par l’eau. La solution aqueuse est précipitée d’abord par l’acétate neutre de plomb, puis, après filtration, par l’acétate basique. Ce second précipité lavé et mis en suspension dans l’eau est décomposé par l’hydrogène sulfuré; le liquide filtré est évaporé dans un courant d’acide carbonique. L’acide, qui reste sous forme de croûtes, se réduit en poudre rouge-brun de saveur astringente. Il est soluble dans l’eau; cette solution se colore en vert par le perchlorure de fer, coloration qui passe au rouge-brun par le repos, avec dépôt d’un précipité vert foncé. L’ébullition avec l’acide sulfurique ou chlorhydrique étendu donne lieu à la précipitation de flocons rouges et à la séparation d’une petite quantité de sucre. Los flocons rouges ont la môme composition que l’acide :

TANXENITE (Min.) [Syn. Emplectite, hémichalcite, kupfer-vismutliglanz]. — Sulfobismuthure de cuivre, CuBiS2 = 1/2 CusSBi2S3. Petits prismes orthorhombiques striés, ou aiguilles, d’un vif éclat métallique, grisâtre ou blanc d’étain, trouvé dans les usines de Tanncnbaum, près de Schwarzenborg (Saxe), et aussi au Ccrro- Blanco, Copiapo (Chili).

Caractères. — Attaqué par l’acide azotique avec séparation de soufre. Dans le tube ouvert, donne des fumées sulfureuses. Sur le charbon, fume et bouillonne; avec addition de soude enduit jaune d’oxyde de bismuth et globule.

Forme cristalline. — Prisme orthorhombique mm = 02" 20’; a < h1 = 128» 52’.

TA NM N<; ÉN AM I QUE (ACIDE). Voyez Gal- RAMIQUR (ACIDEl et GaLLIQOE (ACIDE).

TANMNUÉNIQUE (ACIDE). — Voyez Caté-

chink, Cachou.

TANNINS (ACIDES TANNIQÜES). — On a donné le nom de tannin ou d’acide tannique à un certain nombre de principes immédiats, très-répandus dans l’organisme végétal, et notamment dans les écorces, les feuilles, etc. Ce sont des corps amorphes, à réaction légèrement acide, solubles

— TANNINS (ACIDES TANNIQÜES).

dans l’eau, de saveur astringente; ils précipitent l’albumine, la gélatiueet les alcaloïdes organiques et donnent avec les sels de fer au maximum des précipités tantôt bleu foncé, tantôt verts, vertolive.

Ces divers principes avaient d’abord été considérés comme identiques avec le tannin de la noix de galle ou acide gallotannique ; un essai plus approfondi a permis de les séparer en plusieurs variétés dont les plus importantes sont : le tannin de la noix de galle ordinaire et des galles de Chine et de Turquie ou acide gallotannique, le tannin du café ou acide cafétannique, le tannin du cachou ou aride cachoutannique, le tannin du bois jaune ou acide morintannique, le tannin du qucrcitron ou acide quercitannique, le tannin du quinquina ou acide quinotannique. Toutes ces variétés, sauf l’aride gallotannique, ont été décrites dans des articles spéciaux, nous n’avons donc pas à y revenir — Voyez Café-, Cachou-, Morin-, Querci-, Quinotanniques (acides).

D’après Stcnhouse, les tannins qui précipitent en bleu foncé les sels ferriques sont des glucosides que l’ébullit on avec l’acide sulfurique étendu dédouble en glucose et en un autre principe, tandis que l’on no trouve qu’un seul glucoside (tannin de l’écorce de saule) parmi les tannins qui précipitent en vert les sels ferriques. Ce caractère a perdu toute importance depuis que l’on sait que i’acide gallotannique lui-môme n’est pas un glucoside, comme on le pensait d’après les travaux de Strecker. Le tannin de la noix de galle donne à la distillation sèche de l’acide pyrogallique, tandis que les tannins qui précipitent les sels ferriques en vert fournissent de la pyrocatéchine.

Les tannins qui précipitent en bleu les sels ferriques se rencontrent dans les noix de galle, dans les feuilles et les écorces du chêne, du peuplier, du poirier, du noisetier, les feuilles de VArbutus Uva Ursi, de VArbutus Uvedo, du Lythrum Sain aria, etc.

Les tannins qui précipitent les sels ferriques en vert se trouvent dans le cachou, le quinquina, les pins, la racine de Crameria Iriandra, du Rheum rhaponticum , du Potentilla Tormentilla, l’écorce du >alix Iriandra et undulata, de X'Alvus glutinosa, du IHnus Larix, du Rliisophora Man g le, etc.

B. Wagner \Bull. de la Soc. cliim., 1866, t. II, p. 461] distingue les tannins physiologiques et pathologiques. Les premiers se trouvent dans les tissus végétaux normaux, les seconds dans les productions pathologiques dues à la piqûre d’insectes. Les précipi és formés par ces derniers avec la gélatine ne seraient pas préservés de la putréfaction.

Dosage du tannin. — Le dosage des tannins ou matières tannantes contenus dans les divers produits astringents employés par l’industrie a une importance pratique sérieuse, aussi a-t-on proposé un grand nombre do procédés pour arriver à ce résultat le plus rapidement et le plus exactement possible.

Davy indiqua le premier une méthode fondée sur la précipitation do la gélatine par le tannin. L’extrait aqueux d’un poids connu de matière astringente est addiiionné d’un excès d’une solution do gélatine ou d’icthyocolle (1 p. d’icthyocolle pour 6 p. de solution astringente). Le précipité recueilli sur filtre, lavé, séché et pesé, représente 4/10 de son poids en tannin. Les résultats ainsi obtenus sont trop faibles, car le précipité de tannate de gélatine passe toujours partiellement à travers le filtre. D’après MOIler, on peut obvier à ret inconvénient en employant une solution de gélatine contenant do l’alun. Dans ce cas, le précipité se sépare complètement, et Fehberg a même

TANNINS (ACIDES TANNIQUES). - 191 — TANNINS (ACIDES TANNIQUES).

pu fonder sur l’emploi de la gélatine alunée un procédé de titrage volumétrique. La solution normale contient 10 grammes de gélatine séchée à l’air par litre et 3 grammes d’alun. Cette liqueur est titrée au moyen d’une solution de tannin pur contenant 2 grammes par litre.

11 est évident que ce procédé n’est applicable qu’aux tannins qui précipitent la gélatine; mais comme ce sont aussi ceux qui entrent dans la composition des matières tannantes, cette restriction n’enlève pas sa valeur au procédé. On juge que la réaction est terminée lorsqu’une prise d’essai enlevée à la liqueur claire et placée dans un verre de montre ne se trouble pas sensiblement par la gélatine ou le tannin.

LSetventhal verse une solution de chlorure de chaux ou do permanganate de potasse dans la solution acidulée du tannin, et colore par du carmin d’indigo. Ce dernier n’est décoloré qu’après oxydation complète du tannin. D’après Gauhe, cette méthode donne des résultats concordants quoique un peu plus forts (de quelques dixièmes), ce qui est dû à la présence, dans les extraits végétaux, de certains principes, tels que l'acide pectique, qui réduisent le caméléon avec la même énergie que le tannin lui-même. Ceite cause d’erreur peut être écartée grâce à la propriété que possède le noir animal d’absorber et de fixer le tannin sans toucher aux produits pectiques. Il suffit de faire deux essais successifs, l'un avec la liqueur astringente primitive, l’autre avec cotte même liqueur agitée avec du noir animal; la différence dos deux résultats représente le tannin.

Lorsque los substances astringentes à titrer renferment en même temps de l’acide gallique, cette méthode cesse d’être exacte, vu que l’acide gallique décolore le permanganate et est absorbé par le noir comme le tannin [Noubauer, Zeitscli. Ann. Chem., 1871, p. 1 à. 40 ; — LQwenthal, Jahresb., 18tiü, p. 68(1; — Gauhe, Zeitsch. Ann. Chem., t. III, p. 122].

R. Handtke [Jahresb. f. Chem., 1801, p. 870] dose le tannin en le précipitant par l’acétate ferrique en présence de l’acétate do soude et d’un excès d’acide acétique. Ce procédé donne des résultats variables avec la concentration des liquides. Cependant, si l’on a soin de doser le tannin indirectement, en déterminant la quantité d’oxyde ferrique précipité, on arrive à des résultats exacts.

I’crsoz [Jahresb. f. Chem., 1803, p. 714] mesure volume du précipité obtenu au moyen du protochlorure d’étain.

Hammer [Jahresb. f. Chem. , 1 800, p. 670] propose de déterminer la densité de la solution de tannin. Un poids connu de matière astringente est épuisé par l’eau chaude; la solution est ramenée à un volume détermiué dont on mesure la densité à l’aréomètre. Pour tenir compte des principes solubles autres que le tannin qui peuvent influer sur le degré aréométrique, on élimine le tannin en agitant la liqueur avec de la beau desséchée et pulvérisée; on filtre et on reprend la densité; la différence fournit la teneur en tannin.

Bildeker [Jahresb. f. Clicm., 1859, p. 703] place dans divers verres à précipiter des volumes égaux de la solution de tannin, et y ajoute des quantités croissantes d’émétique jusqu'à ce qu’une goutte du liquide filtré fournisse sur la lame do platine, avec le zinc et l’acide chlorhydrique, une légère tache d’antimoine au bout de 5 minutes.

t Terreil dose le tannin en mesurant le volume d’oxygène absorbé par la solution en présence de la potasse, et se sert à cet effet d’un tube gradué éprouvette, d’une forme et d’une disposition spéciales.

Voici les résultats trouvés par l’une ou 1 autre de ces méthodes, appliquées à l’usage des divers principes astringents.

Pour 100. Tannin.

Écorce de chêne.... 13,2 \

Solonia 32,4 I

Dividivi 36,0 > Handtke.

Sumac do Vérone . . . 17,8 l

Cachou brun 31,8 /

Galle d’Alep 43,6 j

Galle de Chine 53,7 } Flek.

Bablah 20,5 |

Acide gallotannique. — Tannin de la noix de galle. — C’est la mieux connue de toutes les variétés de tannin. Découvert par Lewis au xviii" siècle, l’acide gallotannique fut particulièrement étudié par Pclouzo,qui indiqua un procédé d’extraction qui est encore suivi aujourd’hui, à quelques détails près.

Ce procédé est fondé sur les principes suivants : De toutes les matières contenues dans la noix de galle, le tanniu offre la plus grande solubilité dansl’eau. Le tannin sec est insoluble dans l’éther anhydre, mais en présence d’une petite quantité d’eau, il se forme une solution de tannin dans l’éther aqueux; cette solution sirupeuse n’est pas miscible à l’éther, mais elle se dissout dans l’alcool; mélangée avec de l’eau, cette solution éthérée de tannin aqueux se partage en trois couches : la couche inférieure est une solution de tannin dans l’éther aqueux; la seconde, une solution de tannin dans de l’eau éthérée; et enfin la troisième, de l’éther presque pur contenant fort peu de tannin.

11 en résulte qu’en arrosant des noix de galle grossièrement pulvérisées avec de l’éther anhydre, il s’écoule de l’éther peu chargé de tannin; avec l’éther contenant de l’eau, le liquide qui s’écoule se partage en trois couches semblables à celles décrites plus haut. Avec un mélange d’éther et d’alcool, il s'écoule une solution homogène de tannin dans l’éther alcoolique.

L’extraction se fait dans un appareil à déplacement à froid : l’allonge cylindrique est terminée par deux tubulures étroites, dont l’une est fermée par un tampon fait en coton et se trouve fixée sur un flacon bitubulé, la seconde tubulure est fermée par un bouchon. On remplit les f- de l’allonge avec de la noix de galle grossièrement pulvérisée ; puis on y verse un mélange de 9 p. d’éther et de 1 p. d’eau, de manière à couvrir la substance solide d’une colonne liquide de quelques centimètres. Après 24 heures de contact, et après avoir agité le mélange, on laisse écouler le liquide dans le vase inférieur en mettant la tubulure supérieure de l’allonge en communication avec la tubulure latérale du vase au moyen d’un tube en caoutchouc. Le liquide se partage en deux couches, dont l'inférieure est une solution épaisse et sirupeuse de tannin dans l’éther un peu hydraté, la supérieure une solution très-étendue de tannin et d’acide gallique dans l’éther Ondécante la couche supérieure, tandis que l’inférieure lavée avec un peu d’éther est évaporée au bain-marie ou à l’étuve dans des vases plats. Le tannin reste sous forme d’une masse jaunâtre boursouflée, amorphe, friable, que l’on peut purifier en rodissolvant dans très-peu d’eau, ajoutant de l’éther, évaporant la couche sirupeuse qui se sépare et séchant à 120°- 130».

Mohr se sert pour épuiser les noix de galle d’un mélange de 4 p. d’éther et de I p. d’alcool ou même de parties égales des deux liquides. On distille l’éther et on dessèche.

La préparation industrielle s’effectue par l’un ou l’autre de ces procédés avec des appareils appropriés.

TANNINS (ACIDES TANNIQUES). — 192 — TANNINS (ACIDES TANNIQUES).

aAinsi obtenu, le tannin se présente sous forme d'une masse amorphe, jaunâtre, friable, sans odeur, de saveur astringente, très-soluble dans l’eau, moins soluble dans l’alcool, très-peu soluble dans l’éther. La solution aqueuse a une réaction acide ; mise en contact avec les membranes animales (peau, etc.), elle perd son tannin qui se fixe sur la membrane pour former un composé insoluble et imputrescible ; les solutions de gélatine la précipitent aussi en formant une combinaison.

Les acides sulfurique, chlorhydrique, arsénique, phosphorique, le sel marin, l’acétate de potasse, séparent l’acide tannique de ces solutions aqueuses concentrées sous forme de combinaisons insolubles. Le tannin chauffé fond et se décompose vers 210 à 215" en acide carbonique, acide pyrogallique et acide mctagallique ; la proportion de ces deux acides varie avec la température; à 250° on n’obtient que l’acide métagallique. Chauffé dans une capsule do platine sur un bec Bunsen, il fond, se boursoufle, s’enflamme et brûle avec une flamme éclairante, en laissant un résidu de charbon. L’air ozonisé le brunit en le fluidifiant et finit par le convertir entièrement en acide carbonique et en eau. Les solutions aqueuses de tannin absor! ent énergiquement l’ozone, passent au rouge brun ; par une action plus prolongée de l’ozone la couleur s’éclaircit et il ne reste bientôt plus que très-peu de substance en solution, avant ce terme on constate la production d’acide oxalique et d’une substance qui réduit la liqueur cupmpotassiquo [ Gorup-Bésanez, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CX, p. 106].

Une solution aqueuse étendue de tannin absorbe l’oxygène en dégageant un égal volume d’acide carbonique, en même temps elle se trouble par le dépôt d’acide gallique.

Le tannin dissous à plusieurs reprises dans l’eau et évaporé à chaud, au contact de l’air se transforme peu à peu en une substance brune insoluble (tannin oxydé des anciens chimistes). L’eau oxygénée et l’essence de térébenthine oxygénée sont sans action. Une solution d’acide iodique réagit même à froid sur le tannin avec production d’acide carbonique mélangé d’un peu d’oxyde de carbone. Le brome réagit vivement et donne une résine brune. Le chlore attaque également le tannin et colore ses solutions en brun; l’iode finement pulvérisé est dissous par l’eau chargée de tannin.

L’acide sulfurique concentré dissout le tannin avec une teinte jaune citron ou jaune brun, passan t au rouge pourpre à chaud, avec dégagement d’acide sulfureux ; puis la couleur passe au brun.

Le tannin bouilli ou digéré à chaud avec l’acide sulfurique étendu se transforme en acide gallique (Liebig) ; d’après Strecker [Ann. lier Chem. u. Pharm., t. LXXXI, p. 248; t. XC, p. 328 ; Chem. Soc. Quart. Jnurn., t. V, p. 1U2. Pliil. Mag. (4), t. VIII, p. 157], il se sépare en même temps de la glucose ainsi que des traces d'acide ellagique et de matières ulmiques.

Strecker a considéré d’après cela le tannin comme un glucoside,et lui a donné la formule C*7fl2S017, il représenta sa décomposition par l’équation ;

C17 H** O17 + 411*0 = 3C7 H8 Os + C6H'206.

Des expériences plus récentes ont prouvé que le tannin ne doit pas être considéré comme un glucosido et que la formation du sucre était due à la présence accidentelle de glucosides étrangers à sa composition réelle. D’après Rochleder et Kawalier, le tannin bouilli avec l’acide chlorhydrique, à l’abri du contact de l'air, fournit des proportions variables d’acide ellagique et de sucre. L’acide nitrique attaque le tannin en solution aqueuse, en colorant d abord la liqueur en

jaune rougeâtre et enfin en produisant de l’acide oxalique.

Une solution de tannin additionnée d’une solution à 3 % d’acide osmtque prend une teinte bleu foncé et laisse à l’évaporation un résidu bleu foncé. Ce résidu, traité par la solution d’acide osmique, donne de l’oxyde d’osmium et une liqueur, qui additionnée d’ammoniaque est rouge brun et fournit à l’évaporation des aiguilles cristallines formées d’un mélange d’acide oxalique et probablement d’acide subériqne ainsi qu’une matière ulmique [Boutlerow, Juurn. pralc. Chem. t. LVI, p. 207],

D’après Rochleder et Kawalier f Wien. Akad. Ber., t. XXV, p. 558], le tannin chuuiïé avec des alcalis dans un courant d’hydrogène se dédouble en acide gallique et en une matière gommeuse. L’hydrate de baryte fournit dans les mêmes circonstances de l’acide gallique et du glucate de baryte. Selon Liebig, la potasse transforme le tannin en acide gallique, qu’une ébullition prolongée avec la potasse convertit en acides carbonique et pyrogallique.

Bouilli pendant quelques heures avec son poids de sulfate neutre de potasse ou de soude et 12 p. d’eau, il se forme 5 à 6 °/o d’un corps qui possède la composition du sucre sans en avoir les propriétés (Knop).

L’acide chromique en solution aqueuse décompose complètement à chaud le tannin, avec dégagement d’acide carbonique ; le bichromate de potasse le précipite en jaune brun ou noir.

Le peroxyde de manganèse bouilli avec le tannin, avec ou sans acide sulfurique, dégage de l’acide carbonique, et produit une masse brune extractive. Le tannin réduit les solutions de permanganate de potasse en lui enlevant environ 0p,6 d’oxygène pour 1 p. de tannin.

Il agit sur les sels ferriques, cuivriques, mercuriques et argontiques comme réducteur, en les ramenant au degré inférieur d’oxydation on en précipitant le métal.

Les solutions de tannin impures, telles qu’on les obtient par simple infusion de la noix de galle, conservées au contact de l’air, se modifient ; il se dégage do l’acide carbonique, en même temps qu’il se produit de l’acide gallique et de l’acide ellagique par suite d'une espèce de fermentation appelée fermentation gallique. Robiquet considère la pectase de la noix de galle comme l’agent actif dans cette circonstance.

Constitution de l'acide gallotanniquc. — Les expériences de Streckor avaient conduit ce chimiste à considérer le tannin de la noix de galle comme un glucoside de l’acide gallique. Les recherches plus récentes de H. ScliifT sont contraires it cette opinion. En effet, SchilT est arrivé à préparer synthétiquement le tannin exempt de sucro, en partant do l’a ide gallique. Ce fait avait déjà, été entrevu par Lüwe, mais n’avait pas reçu de lui sa véritable signification [Lôwe, Journ. pralc. Chem., t. CV1I, p. 404; H. Schiff, Deutsch cliem. Gesell, 1871, p. 231 et 967].

D’après SchilT, l’acide gallique cristallisé et séché à 10°, traité à 100-120° par l’oxychlorure de phosphore, dégage de l’acide chlorhydrique. Il se forme une poudre jaune qn’on lave à l’éther anhydre et qu'on dissout dans l'eau. Au bout de 12 heures on sépare une certaine quantité d’acide gallique non attaqué ; le liquide est précipité par le sel marin ; le précipité emplastiquc est lavé à l’eau salée, puis dissous dans l’alcool absolu; on ajoute à la solution plusieurs fois son volume d’éther; on filtre et on distille l’éther; enfin on sèche. Le résidu offre toutes les propriétés du tannin et peut être converti en acide gallique cristallisé par l’ébullition avec l’acide cblorhydn-

TANNO MÉLANIQUE (ACIDE). — 193 — TANTALE.

que. D’après ces expériences l’acide digallique :

Page 1