PRODUITS DE SUBSTITUTION DE L’ACIDE ACÉTIQUE
ACIDES BROM ACÉTIQUES. — ACIDE MONOBROMAcÉTiquE, G- ll:i Br O3. — Pour préparer cet acide, il suffit de chauffer, au réfrigérant ascendant, un mélange d’acide acétique, de brome et d’une petite quantité de sulfure de carbone. Quand la majeure partie du brome a disparu, on distille. — L’acide monobromacélique se forme aussi :
4° Par l’action du brome à 150° sur l’acétate d'éthyle [Crafts, Bull, de la Soc. chim., 1865, t. III, p. 394], ou sur l’acétate de méthyle [E. Grimaux, même recueil, 1874, t. XXII, p. 24] ; t 2° Par l’action de l’acide bromhydrique sur l’acide glycolique (Kékulé, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXXX, p. 11] ;
3° Par l’action du brome sur la glycérine anhydre ; il se forme, en outre, de la dibromhydrine et d’autres produits [Barth, Ann. der Chem. u. Pliarm., t. CXXIV, p. 341];
4° Par l’oxydation à l’air de l’acétylène monobromt, CsIlBr en solution alcoolique [Glœckner, Ann. der Chem. u. Pharm., Supplementb. VII,
107> et Bul1- (le la Soc ■ chim., 1870, t. XIII,
,5° L’éthylène dibromé C2lI2Br2 absorbe l’oxygene a froid et se transforme en bromure de bromacetyle CMI2 Br O, Br, que l’addition d’eau mit passer a l’état d’acide monobromacétique [Demote, Bull, de la Soc. chim., 1878, t. XXIX, p. 204J. ’ '
L’acide bromacétique chauffé à 130° avec de I argent en poudre donne de l’acide succinique :
2 CMl^BrO2 + 2Ag = C4H«04 4- 2 A» Br Acide Acide
bromacétique. succinique.
fSteiner, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VII, n 184- Dull. de la Soc. chim., 1874, t. XXII, p. 60], ’
Le bromacétate de plomb cristallise en lames blanches, brillantes; par l’ébullition prolongée de la solution aqueuse, il se décompose en glycolate et bromure.
Acide dibromacétique, C2HsBrsOs. — On le prépare par l’action du brome sur l’éther acétique; on chauffe l’éther acétique avec 4 molécules de brome à 120-130°, en tubes scellés, pendant quelques heures. Quand tout le brome a disparu, on distille, pour chasser le bromure d’éthyle mélangé de bromure d’éthyle bromô; le résidu est formé d’acide dibromacétique [Garius, Deutsch. chem. Gesellsch., t. III, p. 336, et Bull, de la Soc. chim., 1870, t. XIV, p. 170].
On peut aussi distiller le résidu; l’acide dibromacétique passe entre 220-240° et ne tarde pas à se solidifier, mais on en perd une partie, car il ne distille pas entièrement sans décomposition.
L’acide dibromacétique prend naissance, comme produit secondaire, dans la préparation du bromal [Schaeffer, Deutsch. chem. Gesellsch., t. IV, p. 366, et Bull, de la Soc. chim., 1871, t. XV,
L’acide dibromacétique forme une masse cristalline blanche, déliquescente; il fond entre 45-50" et bout avec décomposition partielle entre 232-234° (Schaeffer).
Chauffé à 140" pendant 24 heures avec 10 parties d’eau, il se transforme en acide glyoxylique [E. Grimaux, Bull, de la Soc. chim., 1876, t. XXVI, p. 483].
Dibbomacétates (Schaeffer). — Le sel de baryum cristallise avec 4HsO; il est en prismes volumineux, transparents, efflorescents.
Le sel d’argent, C2IlBrs02Ag, est en petites aiguilles peu solubles. Lorsqu’on le fait bouillir avec de l’eau, il se forme du bromure d’argent, de l’acide glyoxylique et de l’acide dibromacétique
2 C* IIBr2 0*Ag + 2 II* O = 2 AgBr-(- C2fl2Br2 O2 -f C2H2OL
[Perkin, Chem. News, t. XXXI, p. 65, et Bull, de la Soc. chim., 1875, t. XXIV, p. 180].
Le dibromacétale de plomb cristallise en petites aiguilles blanches, brillantes, anhydres.
Le sel de potassium, 2(C2HBr2Ô2K) -f II20, est en gros prismes transparents.
Dibromacétate d’éthyle (Schaeffer). — Cet éther bout à 192°; c’est un liquide incolore, d’une odeur rappelant celle de l’essence de menthe.
Acide tbibromacétiqi e, C2HBr302. — L’acide tribromacétique s’obtient par l’action de l’acide azotique fumant sur le bromal; on dissout le bromal dans l’acide azotique, on chauffe légèrement, et quand il se dégage d’abondantes vapeurs nitreuses, ou retire le feu. Après quelques heures, la réaction est terminée, et l’acide tribromacétique se dépose par le refroidissement en une masse cristalline que l’on purifie par une nouvelle cristallisation [Schaeffer, mémoire cité plus haut].
L’acide tribromacétique cristallise en tables incolores et. brillantes, inaltérables à l’air. Il fond à 130“ et bout à 2456 en émèttant des vapeurs de brome et d’acide bromhydrique. Il est inodore. 11 est en cristaux monocliniques; prismes m avec la base p; clivage suivant o1. Inclinaison m p = 109° 54’, o1 p = 107° 42’ (Groth).
L’acide tribromacétique, chauffé avec les alcalis, se décompose facilement en bromoforme e* carbonate.
Les tribromacétates sont solubles, le sel d’argent est très instable; le sel de baryum
(C2Br30,)2Ba + 3 HsO