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ARGENT. — 199 — ARGENT

Les chlorures stannique, mercurique, cuivrique, de zinc, etc., ne paraissent exercer aucune action dissolvante sur le chlorure d’argent. Le chlorure d’argent est soluble dans une solution chaude d’azotate mercurique [VVackenroder, Ann. Chem, uncl Pharm., t. XXIX, p. 328], et, d’après Liebig, cette solution laisse déposer le chlorure d’argent par le refroidissement. Debray a confirmé ces indications, qu’il a étendues au bromure et à l’iodure d’argent [Compt. rend., t. LXX, p. 995].

Cette solubilité du chlorure d’argent dans le nitrate mercurique est une causo d’erreur du dosage volumétrique de l’argent à l’état de chlorure, lorsqu’il y a du mercure en présence. L’acétate mercurique ne possède pas la môme propriété que l’azotate, aussi peut-on éviter cette cause d’erreur en ajoutant un acétate alcalin, notamment l’acétate d’ammonium, à la solution. C’est ce qu’avait déjà établi Levol et c’est ce qu’a confirmé plus récemment Debray, qui a cependant reconnu que le procédé de Levol pour le dosage de l’argent contenant du mercure n’est applicable que lorsque l’argent ne renferme que quelques millièmes de mercure [Compt. rend., t. LXX, p. 851].

Le chlorure d’argent forme avec l’iodure mercurique une combinaison 2 AgCl, HgP [Car.

Lea, Sillim. Amer. Journ. (3), t. VII, p. 34] .

Traité par l’hydrosulfite de sodium, le chlorure d’argent est décomposé suivant l’équation

S Os Na! -f 2 AgCl = Ag* + NaCl -f SOs

[Skurati, Gazz. chim. ital., 1874, p. 28].

Bromure d’argent. — Dans un mémoire très détaillé [Ann. de Chim. et de Phys. (5), t. III, p. 289], Stas décrit les différents états physiques que peut affecter le bromure d’argent. Ce corps existe :

1° A l’état floconneux blanc ;

2° A l’état floconneux jaune;

3° A l’état pulvérulent jaune intense;

4° A l’état pulvérulent blanc perlé;

5° A l’état grenu blanc jaunâtre;

0° A l’état cristallin ou fondu, jaune pur.

Floconneux ou pulvérulent, il peut être considéré comme insoluble dans l’eau pure ou acidulée, à la température ordinaire (de 0 à 33°); il est un peu soluble à une température plus élevée. Le bromure grenu blanc jaunâtre et le bromure blanc perlé ne se dissolvent , le premier qu’au delà de 50° et le second qu’à 100°; cette solubilité est très faible. Stas estime à rzszrzzz la limite de précipitation de l’argent sous forme de bromure.

Le bromure d’argent, en subissant l’action de la lumière, perd du brome et donne, d’après H. Vogel, un sous-bromure ; pour constater le dégagement du brome, il suffit de disposer audessus du bromure d’argent exposé à la lumière une feuille de papier ioduro-amidonné; ce papier ne tarde pas à bleuir. H. Vogel a fait en outre de nombreuses expériences sur la sensibilité du bromure d’argen t dans diverses conditions et pour les diverses raies du spectre (voyez pour les sources : Chlorure argenteux).

Le bromure d’argent est soluble dans l’azotate mercurique à chaud et s’en dépose sous forme cristalline par le refroidissement [Debray, loc.

Iodi re d’argent — Suivant A. Vogel, il se forme lorsqu’on triture le chlorure d’argent avec l’iode sec.

L’iodure d’argent n’est pas décomposé par la potasse bouillante; il se modifie seulement en devenant gris; fondu avec la potasse, il n’éprouve qu’une décomposition partielle [ Revert, für Pharm., t. XX, p. 129]. '

Chauffé entre 116° et son point de fusion y l’iodure d’argent se transforme en une modification plastique jaune rougeâtre, tenace, amorphe et translucide. Au-dessous de 116°, il est cassant,, opaque, d’un gris bleuâtre et cristallin. Enfin, fondu et projeté dans l’eau, il se transforme en une masse friable, amorphe, jaune. Le maximum de densité de l’iodure d'argent est à TIC0 [G. F- Rodwell, Chem. News, t. XXXI, p. 4].

Sturemberg a décrit les combinaisons déjà connues d’iodure d’argent et d’azotate d’argent, et fait connaître en outre des combinaisons complexes d’iodure d’argent, d’azotate d’argent et d’azotate de plomb obtenues en dissolvant l’iodure de plomb dans l’azotate d’argent. Ces combinaisons renferment:

8 Az O3 Ag. (AzOs)*Pb.4AgI et 2Az03Ag.(Az03)sPb.2AgI

[Archiv. Pharm. (2), t. CXLIII, p. 12].

Fluorure d’argent. — G. Gore a obtenu le fluorure d’argent anhydre, sous la forme d’une masse terreuse jaune brun, en dissolvant le carbonate d’argent dans l’acide fluorhydrique et évaporant à sec. Il est déliquescent et soluble dans Oc, 55 d’eau à 15°, 5; il se dissout avec dégagement de chaleur ; sa solution est alcaline. Saturée, elle a pour densité 2,61 à 15°, 5. Le fluorure terreux a pour densité 5,852. Il est insoluble dans l’alcool, inaltérable à la lumière. 11 fond au-dessous du rouge sombre en un liquidemobile, brillant, d’un noir de jais; il se décompose en partie si la fusion a lieu à l’air humide ; fondu, il attaque les vases d’argent et même un peu ceux de platine.

D’après Pfaundler, le fluorure cristallisé renferme, après avoir été fondu , de l’argent métallique. L’hydrogène réduit le fluorure d’argent au rouge; mais il est sans action sur sa solution» L’ammoniaque réduit le fluorure d’argent fondu, mais est absorbée abondamment par le fluorure froid, qui en prend jusqu’à 844 fois son volume»

Exposé à l’air, le fluorure d’argent fondu absorbe de l’eau, perd de l’acide fluorhydrique et. se transforme en un corps cristallin jaune qui se produit aussi lorsqu’on expose sur l’acide sulfurique des cristaux de fluorure hydraté. Ces cristaux jaunes, qui sont décomposés par l’eau avec mise en liberté d’oxyde d’argent, constituent un oxyfluorure qui a pour composition : AgFl.AgHO [Pfaundler, Journ. für prakt. Chem., t. LXXXIX, p. 135].

Le chlore décompose le fluorure d’argent au rouge, mais non à froid. Si l’on opère dans un: vase de platine, ce métal est attaqué et l’on obtient la combinaison 4AgCl.PtFP. Les vases decryolithe ou de spath-fluor sont attaqués par lefluorure d’argent fondu. Le chlore agit sur la solution de fluorure d'argent avec élévation de température et dégagement d’oxygène d’après l’équation

8AgFl-f 8 Cl + 4HsO = 7 AgCl + CICPAg -j- 8F1H + O.

Si l’on opère dans des vases de plombagine, le fluor se dégage à l’état de fluorure de carbone.

Le brome et l’iode agissent comme le chlore sur le fluorure d’argent au rouge ou en solution. L’action de l’iode donne naissance à du fluorure d’iode. Suivant Pfaundler, l’oxygène dégagé par l’action de l’eau bromée sur le fluorure d’argent est fortement ozoné.

Chauffé au rouge dans un courant de gaz d’éclairage, le fluorure d’argent donne de l’argent, de l’acide fluorhydrique et du tétrafluorure de carbone. Il est réduit au rouge par lecyanogène.

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