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IX. — Type C8X4 -n(C8X

Diphénylbenzine, C’8H’4; triphénylbenzine, C24H'8,etc.

En remplaçant dans ces formules X par H, Cl, Br, I, Az O, AzO2, Az2Cl, Az H2, S O3 II, OH, SH, CH2. OH, C02H, CII O, CAz, etc., ou par des radicaux hydrocarbonés, saturés ou non, fonctionnant comme univalents, on forme toute la série des nombreux dérivés aromatiques : les hydrocarbures fondamentaux et leurs homologues, leurs produits de substitution, les amines, les corps diazoïques, les phénols, les mercaptans, les alcools, les acides, les aldéhydes, etc. Ces points ont été développés t. I, p. 388.

1. X représente un radical univalent quelconque, à. l'exception dos radicaux aromatiques.

AROMATIQUE (SÉRIE). — 20ii — AROMATIQUE (SÉRIE).

Tous les composés aromatiques contiennent donc un reste de benzine; et s’il est vrai que les rapports qui les unissent à cet hydrocarbure soient bien établis dans la plupart des cas, il suffira de fixer la constitution de ce noyau de six atomes de carbone pour mettre en évidence, par cela même, la structure intime de tous ces composés.

Kekulé, dans son remarquable mémoire publié en 1866, a établi hypothétiquement une formule hexagonale de la benzine, en se basant sur la tétravalence du carbone et sur l’existence d’un hexachlorure do benzine; puis considérant, pour ainsi dire, les propriétés géométriques d’un hexagone régulier, il en a déduit les propositions qui suivent :

1° Les six atomes d’hydrogène de la benzine sont équivalents;

2“ A l’un de ces atomes pris arbitrairement correspondent deux paires d’atomes d’hydrogène situés symétriquement par rapport à lui; le sixième atome d’hydrogène se trouve dans une position unique par rapport au premier;

3° Il n’existe que trois séries de dérivés bisubstitués.

L’expérience est venue justifier ces déductions et l’hypothèse de Kekulé a pris le rang d’une théorie ; elle a été exposée dans le premier volume de ce Dictionnaire. On en a argué que, les conclusions s’étant vérifiées, le point de départ était au-dessus de toute discussion. C’est une erreur, et l’on verra dans la suite de cet article que ces considérations, étant rigoureusement interprétées, conduisent à une formule de la benzine qui n’est pas la formule hexagonale.

Mais il y a plus. Les progrès immenses de la science ont fait entrer la question de la constitution de la benzine dans une phase nouvelle : on peut aujourd’hui retourner le problème et substituer aux raisonnements à priori de Kekulé des considérations tirées uniquement des faits et conduisant exactement aux mêmes déductions t. Une seule des trois méthodes que les chimistes mettent en usage pour fixer la constitution d’un corps, c’est-à-dire pour déterminer le mode de liaison des atomes entre eux, permettra d’atteindre ce but : nous voulons parler de l’étude complète des produits de substitution de ce corps. En effet, les de-vx autres méthodes, examen des produits de dédoublement et synthèse de la benzine, n’ont jeté qu’un faible jour sur la question. Est-il nécessaire de rappeler que le noyau C6 résiste énergiquement aux réactifs, et que, si l’on parvient à le rompre au moyen de certains oxydants, il ne forme que les acides acétique ou oxalique? D’un autre côté, la synthèse élégante de la benzine, que Berthelot a effectuée par simple polymérisation de l’acétylène, ne nous enseigne que peu de chose sur la constitution de cet hydrocarbure [Berthelot, Bull, de la Soc. chim ., t. VI, p. 269; t. VII, p. 303]; tout au plus permetelle de conclure que, l’acétylène étant (CH)!, la benzine est probablement (CH)6. La formation du mésitylène nous laisse également dans le doute.

La troisième méthode, l’étude des produits de substitution, a été négligée pendant trop

1. Les raisonnements qui suivent sont empruntés : 1° en grande partie, à diverses notes do M. Ladenburg et à son opuscule sur la Théorie des combinaisons aromatiques [Brunswick, 1876, Vieweg| ; 2“ à deux conférences sur la Constitution de la benzine et sur l’isomérie de ses dérivés, faites au laboratoire de M. Wurtz, en janvier 1876, par M. E. Demarçay, et en décembre de la même année par M. A. Henninger; 3» aux mémoires de MM. Kürner, V. Meyer, Salkowski, Wroblevsky et d'autres dont nous aurons soin de citer les noms dans la suite.

longtemps; aujourd’hui même, elle n’est pas appréciée à sa juste valeur, et pourtant elle va nous donner tout ce que l’on a en vain demandé aux deux autres méthodes.

Cet article est divisé en deux grandes parties :

Dans la première, on établira la constitution du noyau fondamental des corps aromatiques. Chemin faisant, on discutera la valeur des formules qui ont été proposées successivement pour représenter la constitution de ce noyau. On dira aussi* quelques mots relatifs à la formule de la naphtaline.

La deuxième partie comprendra l’étude des transformations que les réactifs font subir aux corps aromatiques. Un paragraphe spécial sera consacré au phénomène remarquable de la formation simultanée de plusieurs dérivés isomériques dans une seule réaction; les propriétés saillantes des dérivés formés dans ces réactions seront indiquées.

Enfin un appendice traitera des produits d’addition des corps aromatiques.

L’histoire générale des hydrocarbures, phénols, amines, acides, acétones, quinones et des corps aromatiques d’autres fonctions est exposée dans des articles spéciaux auxquels nous renvoyons.

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