CH*.OH-C.OH=(CH
— Il a été obtenu par Nevolé [Bull. Soc. chim., t. XXV, p. 289 et t. XXVII, p. 63, et Compt. rend., t. LXXXIII, p. 65] , en faisant bouillir dans un appareil à reflux le bromure d’isobutylène avec une solution concentrée de carbonate de potassium jusqu’à la disparition de la couche de bromure; le rendement est faible. On sépare les sels -de potassium en distillant le tout, et on concentre à basse température; il vaudrait mieux peut-étro ajouter une grande quantité de carbonate potassique jusqu’à ce qu’on puisse extraire par l’alcool qui ne se dissout pas dans les solutions concentrées de ce sel. On peut aussi traiter le bromure d’isobutylène par l’acétate d’argent et saponifier ladiacétine par l’hydrate de baryum.
Propriétés. — C’est un liquide sirupeux, soluble dans l’eau en toutes proportions et bouillant à 176-178°; sa densité à 0° est de 1,0129. Chauffé à 200° avec de l’eau, il fournit de l’aldéhyde isobutylique ; il est probable que dans la préparation par le carbonate potassique cette décomposition a lieu et que c'est là la cause du mauvais rendement (Névolé). Quand on traite le bromure d’isobutylène par l’oxyde de plomb à 180-190”, en présence de l'eau, il se produit également de l’aldéhyde ou de l’acétone [Eltekoff, Deutsch. cliem. Gesellsch.,1818, p. 990, et Bull. Soc. cliim.,
t. XIX, p. 536]. Cette production d’aldéhyde a été signalée par Linnemann et Zotta [Ann. Chem. Pharm., t. CLX1X, p. 33; Bull. Soc. chim. t. XVII, p. 515], comme un moyen de passer de l’alcool tertiaire à l’alcool isobutylique primaire; en effet l’alcool tertiaire fournit le butylène qui donne le glycol, lequel chauffé à 150° fournit l’aldéhyde isobutylique bouillant à 62-65°, dont l’alcool dérive par hydrogénation.
Chlorhydrines. — En traitant leglycol primaire tertiaire par II Cl on obtiendrait probablement la chlorhydrine primaire: CII2C1- C. O 11= (Cil3)2. La chlorhydrine tertiaire : CH2. 0H-C1=(CII3)2 a été préparée par Henry [Bull. Soc. chim., t. XXVI, p. 23], en traitant l’isobutylène par l’acide hypochloreux. Elle bout à 128-130°. Oxydée par l’acide azotique elle fournit un acide chloroisobutyrique qui bout à 190° avec décomposition partielle.
Bromure d’isobutylène, CH2Br-CBr= (CH3)2.
— Il s’obtient en dirigeant un courantd’isobutylène dans le brome refroidi, il bout à 148-149°. Bouflerow [Deutsch. cliem. Gesellsch., 1870, p. 622] a démontré qu’il fournit avec la potasse alcoolique un butylène bromé, mais ce dernier ne peut donner naissance à du crotonylène.
J. -A. Le Bel.
BUTYLIQUES (ALCOOLS). — La série butylique est la première qui présente à la fois des alcools primaires, secondaires et tertiaires; on trouvera à l’article Alcools les caractères généraux de ces classes de corps si différents par leurs propriétés chimiques; ils seront étudiés ici isolément et dans leur ordre respectif; tous les alcools que la théorie prévoit sont actuellement connus dans cette série.
Alcools primaires.
On connaît deux alcools primaires qui sont l’alcool butylique normal,
et l’alcool isobutylique ou butylique de fermenmentation,
alcool butylique normal. — L’acide butyrique de fermentation étant l’acide normal peut servir à la préparation de l’alcool butylique normal qui a été obtenu pour la première fois de cette manière par A. Lieben et Rossi [Compt. rend., t. LXVII, p. 1222; Bull. Soc. cliim., t. XII, p. 469, t. XVI, p. 115 et t. XIX p. 310; Ann. Cliem. Pharm., t. CL VHI, p. 137 et t. CLXV, p. 109],
Le mélange de butyrate et de formiate de calcium est distillé par petites portions : on rectifie le produit brut pour isoler l’aldéhyde butyrique qui bout à 75° et on le traite par l’amalgame de sodium en ayant soin de neutraliser au fur et à mesure la liqueur par l’acide sulfurique. Une autre méthode consiste à convertir l’acide butyrique normal en chlorure de butyryle et à traiter ce dernier par l’amalgame de sodium à 3 °/ 0 [Saytzeff, Zeitsch. fur Chem., 1870, p. 105, ci Bull. Soc. cliim., t. XIII, p. 147, et t. XIV, p. 51J. On obtient le meilleur rendement qui est de 8 o/0 en employant 3 atomes de sodium pour une molécule de chlorure de butyryle qu’on étend préalablement de deux molécules d’acide butyrique; l’opération doit se faire dans un appareil en métal muni d’un agitateur. On isole par la distillation du butyrate de butyle qu’on saponifie ensuite. Linnemann | Ann. Chem. Pharm., CLXI, p. 178 et 190 et Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 318] a étudié comparativement la réduction par l’amalgame de sodium du chlorure et de l’anhydride butyrique; ce dernier parait donner de moins bons résultats. Dans la réduction
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de l’aldéhyde obtenue avec le mélange do formiate et de butyrate calciques, Linnemann signale la formation d’alcool isobutyliquc et de triméthylcarbinol comme produits accessoires. La production de l’alcool isobutylique et celle du triméthylcarbinol peuvent être mises en doute, car le même auteur croyait également avoir observé la présence de l’alcool isobutylique dans la réaction de l’acide azoteux sur la butylamine normale [Linnemann et Zotta, Ann. Chem. Pharm., t. CLX1I, p. 3 et Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 508], mais il a été démontré par V. Meyer, Barbiéri et Forster [Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 130 et Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 273] qu’il se forme uniquement de l’alcool normal et l’alcool secondaire, les produits accessoires de la réaction étant de la dibutylnitrosamine et du butylène. 11 n’y a donc pas eu déplacement de carbone; il serait possible toutefois que dans la réaction pyrogénée qui donne naissance à l’aldéhyde butylique ce phénomène pùt se produire plus facilement que dans la réaction simple que fournit la butylamine.
Une autre méthode indirecte, mais très élégante et avantageuse, pour préparer l’alcool butylique normal a été indiquée par Albert Fitz [Deutsch. chem. Gesellsch., 1876, p. 1348, 1877, p. 276 et 1878, p. 42 et 1290 et Bull, de la Soc. chim., t. XXVIII, p. 24]. On commence par faire bouillir pendant une heure une solution formée de 2000 p. d’eau, 100 p. de glycérine, Otyl de phosphate de potassium, 0P, 02 de sulfate de magnésium et 1p. de sulfate ou mieux 1 p,6 de phosphate d’ammonium, le tout additionné de 20 p. de craie. Dans ce liquide ainsi débarrassé de germes et maintenu à 37°, on sème des spores d’un bacillus particulier existant sur le foin et qu’on peut se procurer en faisant infuser le foin dans le liquide. Si l'on a ensemencé avec du fuin il se développe d'abord deux bacillus dont l’un (Bacillus sublihs ) provoque une fermentation alcoolique, l’autre plus grand (Bulylbacillus) se développe de préférence; la plupart du temps, on le reconnaît à la coloration violette que l’iode lui communique; en choisissant dans les cultures qui ont le mieux réussi et en continuant h ensemencer d’autres, on obtient le ferment pur qu’on trouve assez facilement aujourd’hui. Selon Fitz la réaction s’accomplit à peu près suivant l'équation,