C3II503 = 2 CO2 + 2 II2 + C* II10 O + ÏI
elle indique une quantité d’alcool égale à 20 % du poids de la glycérine; on en a obtenu jusqu'à 16 et 18 "/„.
La fermentation est assez vive, il se forme une mousse épaisse et crayeuse à la surface du liquide; elle tombeau bout de 10 à 12 jours; on met alors de côté la partie crayeuse qui renferme les spores ou corpuscules germes du bacillus et on distille le liquide surnageant; si le ferment est pur, on obtient de suite de l’alcool surnageant l’eau ; celle-ci est distillée à son tour. La couche huileuse déshydratée sur le carbonate de potassium sec est distillée à l’aide d’un appareil Uenninger-Le Bel, pour séparer l’alcool éthylique qu’elle renferme toujours en quantité plus ou moins forte et une trace d’alcool propylique normal. Les autres produits accessoires sont les acides butyrique, acétique, caproïque et lactique, les trois derniers en très laible quantité ; c est afin de les neutraliser qu’on est obligé d’ajouter de la craie qui les sature a mesure qu’ils se forment; dans le môme milieu sans craie, il se développerait des organismes tout différents. Le bulylbacillus paraît anaérobie, cependant pour la germination des spores l’oxygène est nécessaire. Si l’on met 10 »/0 de glycérine dans le liquide au lieu de 5, il ne peut les transformer
en une fois, car l’acide butyrique gêne son développement: il y a formation de spores et cessation de la fermentation; celle-ci reprend si, après avoir enlevé l’alcool par la distillation du liquide surnageant la couche de spores, on le laisse refroidir et on le reverse sur les spores. Enfin la fermentation peut être arrêtée par le développement d’une bactérie qui forme de l’hydrogène sulfuré avec le sulfate d’ammonium ; dans ce cas, le ferment forme encore des spores qui restent vivantes. Fitz indique que le même ferment semé dans une dissolution semblable renfermant 3 °/n de mannite donne 16 % du poids de la mannite en alcools bruts renfermant 2/3 d'alcool éthylique, 1/3 d’alcool butylique normal et des traces d’alcools supérieurs; en même temps il se forme un peu d’acide lactique et beaucoup d’acide succinique.
Pasteur avait déjà signalé, dans cette fermentation, la production d’un peu d’alcool butylique (probablement l’alcool normal).
Propriétés. — L’alcool butylique normal bout à 116°, sa densité à 0° est de 0,826 (Saylzeff)et de 0,8135 à 22° (Linnemann); il dissout 15°/0deson volume d’eau et exige 12 parties d’eau pour se dissoudre; son odeur est analogue à celle de l’alcool isobutylique.
Chlorure, C4 II9 Cl. — On sature l’alcool par du gaz chlorhydrique; on ajoute de l’acide liquide et on chauffe en vase clos à 106° (Liebcn et Rossi) ; la couche supérieure contient le chlorure butylique qui est rectifié, lavé à l’acide et séché. 11 bout à 78"; sa densité à 0° est 0,9076.
Bromure, C4H9Br. — L’alcool saturé de gaz bromhydrique est chauffé pendant quelque temps à 80°, puis à 100° en vase clos; on opéré comme pour le chlorure. On peut aussi laisser tomber du brome dans l’alcool chauffé au contact du phosphore, l’appareil étant monté comme pour l’iodure; cette méthode est beaucoup plus rapide; il y a formation d’une petite quantité de produits bromés supérieurs que la distillation élimine. Le bromure bout à 101° ; sa densité à 0° est de 1,305, à 40° do 1,257.
Jodure, C*H9I. — On peut l'obtenir en chauffant l’alcool avec de l’acide iodhydriqtte; mais il est préférable d’ajouter de l’iode par petites portions à do l’alcool butylique additionné de phosphoreet contenu dans une cornue qui communique avec un tube très large ou avec un réfrigérant ascendant; on termine à chaque fois la réaction en chauiïant légèrement, et on laisse refroidir avant d'ajouter une nouvelle portion d’iode. En général, l’iodure donne des réactions plus faciles et plus avantageuses que le bromure et le chlorure. Il bout à 129°, 8; sa densité à 0° est de 1,643 et à 40". de 1,589.
Éther butylique (C4I19)20. — Obtenu par l’action de l’iodure de butyle sur le butylate de sodium. Sa densité à 0" est de 0,784; il bout à 141", 5.
Éther éthylbutylique, CAII'.O. C4H9. — Il s’obtient en quantité plus forte que l’éther isobutylique correspondant dans la préparation du butylène avec l’iodure butylique et la potasse alcoolique. Sa densité à 0° est de 0,769 ; il bout à 91°, 7.
Carbonate (G4 H9)2 CO3. — Obtenu par l’action de l’iodure butylique sur le carbonate d’argent; il y aen même temps production d’acide carbonique, de butylène, d’éther et d’alcool butyliques. Sa densité à 0° est de 0,9407 ; il bout à 2079.
Acétate, C2II302 (C4H9). — Il s’obtient en faisant réagir l’iodure butylique sur l’acétate d’argent, ou l’acétate de potassium dissous dans l’acide acétique. 11 est soluble dans 90 p. d’eau; sa densité à 23° est de 0,8718, il bout à 124®.
Cyanure. — Voyez Cyanhydriques (Étiiers).
BUTYLIQUES (ALCOOLS). — 378 — BUTYLYQUES (ALCOOLS).
Propionatc, G3 IR O2 (C4H9). — Sa densité à 15° est de 0,8828 ; il bout à 140°.
Benzoate, G7 H602(C4H9). — Sa densité à 20° est de 1,000; il bouta 247°-
Acide sulfobutylique, SO‘H.C‘H®. — Il a été préparé par Lieben et Rossi par l’action directe de l’acide sulfurique sur l’alcool; après repos, on sature le mélange parle carbonate de baryum, on en obtient le sel de baryum
(SOL C4 n9)sBa + Iis O,
paillettes grasses au toucher, solubles dans l’eau a froid, davantage à chaud. Ce sel perd son eau de cristallisation dans le vide sur l’acide sulfurique; une fois sec, il est inaltérable à 00°, mais il brunit à 100°. En précipitant la baryte exactement par l’acide sulfurique, on peut isoler l’acide sulfobutjdique.
Sulfure debutyle (C4II9)2S. — n a été obtenu par N. Grabowsky et A. Saytzeff [Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 1258, et 1874, p. 1050; Liebig’s Ann. Chem., t. CLXXI, p. 251 ; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 313; — Grabowsky, Liebig’s Ann. Chem. t. CLXXV, p. 344], par l’action de l’iodure butylique sur le sulfure de potassium en solution alcoolique. Sa densité à 0° est de 0,852, et à 16° de 0,838; il bout à 182°. Traité par l’acide azotique d’une densité de 1,3, il fournit l’oxysulfure de butyle (C4 H9)2 S O, corps cristallisé en aiguilles, fusible a 32°, non volatil, insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et l’éther; par réduction il fournit du mercaptan butylique. L’acide azotique concentré fournit la butylsulfone (C4H9)2S02, cristaux tabulaires fusibles à 43°, 5, que la réduction transforme également en mercaptan.
Mercaptan butylique, CM!9. S 11. — Prépare par Grabowsky et Saytzeff [loc. cit.], par la réaction de l’iodure butylique sur le sulfhydrate de potassium. Sa densité à 0° est de 0,858, et à 10° de 0,843; il bout à 97-98°; l’acide azotique le transforme en acide butylsulfureux.
Acide butylsulfureux, C4H9. S O3 II. ' — Grabowsky [loc. cit,.] l’a préparé en traitant le mercaptan par l’acide azotique à 1,3; il est soluble dans l’eau et incristallisable.
Sel de sodium, C4II9.S03Na. — Anhydre, en cristaux tabulaires, soluble à chaud dans l’eau et l’alcool.
Sel de baryum, (C4 H9. S 03)2Ba I120. —
Grandes lamelles efïlorescentes.
Sel de calcium, (C4 II9. S 03,2Ca -|- 2 H20. — Aiguilles groupées en boules, efïlorescentes.
Sel de plomb, (G4H9.S03)2Pb. — Aiguilles groupées en cercles, solubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool.
Sel basique de plomb,
(C4H9. SO3)2 Pb -f 2 Pb O2 H2.
— Il s’obtient en chauffant avec l’hydrate de plomb le sel précédent ; il ne perd son eau qu’au delà de 100° ; il est soluble dans l’eau et forme une poussière cristalline.
Solde cuivre (C4II9. S03)2Cu -f 5 II2 O. — Agrégats sphériques d’aiguilles bleues. Soluble dans l’eau et l’alcool. Efllorescent.
Sel d'argent, (C4II9. S03Ag. — Paillettes solubles dans l’eau, peu altérées par la lumière.
SuLFOCABBIMIDE. — Voy. t. III, p.l 17. '
Butylamine. — Lieben et Rossi [loc. cit.] l’ont préparée en chauffant entre 100 et 110° le chlorure de butyle avec du cyanate de potassium ; le cyanate de butyle est décomposé par distillation avec la potasse et fournit la butylamine et accessoirement la di-et la tributylaminc. La première bout à 75°, 5, et se comporte en général comme l’ammoniaque, elle redissout les précipités formés dans les sels de cuivre et d’argent. Traitée
par l’acide azoteux, la butylamine fournit les alcools normaux primaire et secondaire, et non 1 alcool isobutylique.
Dibutylamine (C4H9)2AzH. — Elle a été obtenue dans la préparation do la monamine par la méthode du cyanate; elle bout à 158-160°.
Tributy lamine, (G4 II9)3 4z. — lie s’obtient accessoirement dans la préparation de la monamine par le cyanate de butyle et dans celle de l’acide valérianique normal par le cyanure de butyle. Dans cette dernière opération, on l’obtient presque pure si on emploie toujours le môme alcool comme véhicule dans plusieurs préparations successives. On peut isoler le mélange d’amines brutes qu’il renferme et le traiter en tubes scellés à 100° par l’iodure de butyle (Lieben et Rossi, loc. cit. ] Elle bout à 211-215°; sa densité à 0° est 0,791.
alcool isobutylique!, (G H3)2 C H-C IIsO II. [Syn. Alcool butylique de fermentation ou isopropylméthylique]. — Préparation. — On trouve l’alcool isobutylique dans l’huile de pommes de terre et dans les alcools amyliques provenant des eaux-de-vie de mélasse; on l’en extrait facilement en rectifiant l’huile brute dans un bon appareil à boules de Henninger et Le Bel, avec 10 à 15 plateaux; on l’obtient dès la première rectification, et à la seconde il bout à température fixe. Il existe aussi dans le mélange à point d’ébullition fixe signalé par Pierre et Puchot ( Nachlauf ou queues de distillation) qui bout à 85“ environ et et qui passe après l’alcool ordinaire. Ce mélange peut être décomposé par le carbonate de potassium sec qui s’empare de l’eau; la rectification de la couche huileuse fournit alors les alcools éthylique, propylique, butylique et amylique. On observe aussi la production de ce mélange dans la rectification de l’alcool amylique brut du commerce. Enfin on trouve encore quelquefois, et en grande quantité l’alcool butylique dans les premières parties ( têtes de distillation) qui passent pendant la rectification de l’alcool ordinaire dans un appareil à colonne industriel [Kraemer et Pinner, Deutsch. chem. Gesellsch., 1869, p. 401, et 1871, p. 787; Bull. Soc. chim., t. XIII, p. 341]. Pierre et Puchot ne l’ont point rencontré dans ces produits.
On trouve aujourd’hui très couramment dans le commerce l'alcool isobutylique presque pur.
On n’a pas constaté, dans les liqueurs fermentées, la présence de l’alcool butylique tertiaire, quoiqu’on trouve du chlorure tertiaire dans le chlorure d’isobutyle préparé avec l’alcool de fermentation (voyez plus loin Chlorure d'isobutyle).
La synthèse de l’alcool isobutylique par l’acide azoteux etl’isobutylamine préparée par la réduction du cyanure d’isopropyle a été réalisée par Sicrsch [Ann. Chem. Pharm., CXLVIII, p. 261, et Bull. Soc. chim., t. XII, p. 274] ; cet auteur n’a obtenu accessoirement que l’alcool tertiaire. Linnemannet Zotta [Ann. Chem. Pharm., CLXII, p. 7, et Bull. Soc. chim., XVII, p. 512], opérant sur l’acide isobutyrique dérivé de l’alcool isobutylique, mais qu’on peut préparer avec le cyanure d’isopropyle, ont distillé le mélange de butyrate (1 molécule) et de formiate (3/2 molécules) de calcium, ce qui a donné l’aldéhyde isobutylique bouillant entre 61 et 63°. L’aldéhyde dissoute dans 30 volumes d’eau et traitée par 20 parties d’amal-
1. Le nom d'alcool isobutylique que les chimistes allemands emploient généralement aujourd’hui est parfaitement impropre pour désigner l'alcool butylique de fermentation, le préfixe iso devant être réservé pour les alcools secondaires. Du moment qu'on a conservé le nom d’alcool amylique à l'alcool primairo de fermentation (CH3)5CH-C H2-CHJOH, il fallait conserver à son homologue infériour le nom d’alcool butylique que je lui ai primitivement donné. A. W.
BUTYLIQUES (ALCOOLS). — 379 — BUTYLIQUES (ALCOOLS).
game de sodium à 5 °/„ a fourni l’alcool isobutylique passant a 10(1-107°, d’une densité de 0,802 à 19°, et dont l’iodure bouillait à 118-119°. Cette •expérience prouve que dans ce cas il n’y a pas ■de changement isomérique dans le passage de l’acide àl’alcool correspondant; il est donc probable que si Linnemann a obtenu accessoirement de l’alcool isobutylique en faisant la synthèse de l’alcool butylique normal avec le cyanure de propyle, le changement isomérique n’a pas eu lieu dans la préparation de l’aldéhyde avec l’acide butyrique, mais dans la transformation du cyanure de propyle en acide butyrique.
Propriétés. — AlexejetT [Deutsch. chem. (7esellsch , 1876, p. 1442J.,aobservê que l’alcool isobutylique forme comme l’alcool amyliqueun hydrate plus soluble dans l’eau que l’alcool, car une solution saturée à froid se trouble quand on la chauffe, et il se sépare une couche d’alcool ; au contraire, la solubilité de l’eau dans l’alcool isobutylique augmente avec la température. Distillé avec un excès d’eau, il passe dans les premières parties comme tous les corps gras solubles; cotte propriété est utilisée pour le retirer des dissolutions très étendues.
Action des oxydants. — I. Pierre et Pucliot ( Compt. rend., t. LXIX, p. 2G6 et Bull. Soc.cnim., t. XIII, p. 1S0J avaient annoncé que l’oxydation par le dichromate de potassium et l’acide sulfurique fournit de l’aldéhyde butyrique, du butyrate de butyle et de l’acide butyrique. Erlenmeyer [Deutsch. chem. Gesellsch., 1870, p.897, et Bull. Soc. chim., t. XV, p. 91] a rectifié cette conclusion et a caractérisé l’acide obtenu comme isomère de l’acide butyrique normal obtenu par la fermentation but'-rique du glucose; il a signalé comme produit d’oxydation plus avancé l’acide acétique sans acide propionique. Barbaglia [Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 910] a signalé parmi ces produits d’oxydation l’acétone qu’il attribuait à la présence d’alcool isopropylique. G. Kraemer f Deutsch . chem. Gesellsch., 1874, p. 252 et Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 189] a montré que cette acétone s’obtient avec l’alcool parfaitement pur; elle est, du reste, un produit d’oxydation de l’acide isobutyrique; Paldéhydo isobutyrique fournit de môme, par l’action du chlore, de l’acétone trichlorée.
Chlorure, (C II3)* Cil -CH5 Cl. — Prunier [Compt. rend., t. LXXX, p. 1603 et Bull. Soc. cliim., t, XXIV, p. 24] a étudié l’action du chlore à 80° passant dans le chlorure chauffé dans un appareil à reflux. On obtient différents corps de plus en plus chlorés; le plus riche en chlore, C4H4Cl6, bout à 146-148° sous une pression de 45 à 50 millimètres; sa densité est de l,f>7. Si on chauffe ce corps en vase scellé à 250° avec du chlorure d’iode, il y a décomposition et formation de CCP, C*C1« et C3 Cl» [Krafîts et Merz, Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 1045 et 1296, et Bull. Soc. chim., t. XXVI, p. 76].
Quand on prépare le chlorure d’isobutyle par l’alcool et l’acide chlorhydrique, la réaction est notablement plus difficile que pour les alcools normaux. Dans cette préparation on obtient accessoirement du chlorure tertiaire [Boutlerow, Zeits. fur Chem., 1867, p. 367, et Bull. Soc. chim., t. VIII, p. 268]. Ce fait, joint à l’observation que l’iodure préparé avec l’alcool de fermentation traité par l’acétate d’argent fournit un éther dont la saponification par la potasse alcoolique donne un mélange d’alcool isobutylique et d’alcool tertiaire, avait fait penser que l’alcool tertiaire se trouve dans l’alcool de fermentation. On n a jamais pu isoler ce dernier quoique les queues d’alcools de mélasse et de pommes de terre aient été examinées et séparées par distillation avec grand soin par plusieurs
chimistes, en particulier par I. Pierre et Puchot ; ceci était de nature à faire douter de la présence de l’alcool tertiaire. Freund [Journ. fur prakt. Chem. (2), t. XIII, p. 25 et Bull. Soc. chim., t. XXVI, p. 78] a montré qu’en chauffant l’alcool isobutylique avec l’acide chlorhydrique sec à 100° on n’obtient que 3 °/0 de chlorure tertiaire, tandis qu’en chauffant avec 7 parties d’acide aqueux saturé, on en obtient jusqu’à 36 °/0 : la présence du chlorure tertiaire est donc due aune transformation isomérique; il en est de même dans les expériences de Linnemann.
Bromure, (CH3)8 CIf -CH2 Br. — Chapmann l’a préparé en saturant l’alcool de gaz bromhydrique et en chauffant à 100° en vase clos avec un excès d’acide aqueux saturé. Point d’ébullition, 92", densité à 16°, 1,1270. Eltekoff [Deutsch. cliem. Gesellsch., 1873, p. 1258] a trouvé qu’il suffit de chauffer ce corps à 230-240° pendant un certain temps pour le transformer en bromure tertiaire. Merz et Weith [Deutsch. chem . Gesellsch ., 1878, p. 2244] ont étudié l’action du brome additionné d’iode sur le bromure d’isobutyle qui, d’après Wahl, se brome plus facilement que le bromure normal. En opérant en vase clos à 150-170° ces auteurs ont obtenu le corps C4H4Br6 correspondant au corps chloré; il fond à 108-109° et se décompose en distillant. A 320° la réaction du brome va plus loin et l’on obtient un corps fusible à 52-53° de la formule CA H2 Br6; ensuite la molécule se détruit avec production de corps perbromés moins carbonés.
lodure, (CH3)SCH-CHSI. — On peut le pré- | parer en chauffant l’alcool avec une solution | saturée d’acide iodhydrique, mais il vaut mieux introduire l’iode peu à peu dans l’alcool placé j dans une cornue tubulée communiquant avec un | réfrigérant à reflux et contenant du phosphore ; j on achève chaque fois la réaction en chauffant et I on laisse refroidir avant d’ajouter une nouvelle | portion d’iode. Point d’ébullition, 121°; densité j à 0°= 1,6301. L’iodure réagit assez facilement sur les métaux et les sels. Linnemann [Ann. Cliem. j Pharm., CLIV, p. 130 et 367; t. CLXI1, p. 12; t. CLXX, p. 211 et Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 169, 234 ; t. XVII, p. 513] a montré que l’iodure traitée par l’acétate d’argent fournit un éther acétique qui saponifié par la potasse alcoolique, ou mieux par la baryte, fournit de l’alcool isobutylique avec des proportions plus ou mpins fortes dVlcool tertiaire, suivant la façon dont on opère; si l’on ajoute de l’acide acétique à l’acétate d’argent on obtient une forte proportion de ce dernier; enfin, si on traite l’iodure par de l’oxyde d’argent, ou de mercure on n’obtient, presque que de l’alcool tertiaire. Boutlerow [Ann. Chem. Pharm., t. CLXVIII, p. 145] a confirmé ces résultats, mais il a obtenu des quantités moins fortes de triméthylcarbinol.
Mercure-isobutyle (C4 II9)2 Hg. — On le prépare, comme le mercure-éthyle, par l’action de l’amalgame de sodium à 2 °/o sur l’iodure d’isobutyle additionné de 10 % d’éther acétique. C’est un liquide incolore, bouillant à 205-207°, d’une densité de 1,835 à 15°. L’iode l’attaque vivement j en donnant des lamelles brillantes d' induré de mercure-mono-isobutyle. Ce dernier réagit à chaud sur l’o.xyde d’argent humide et fournit l'hydrate C4 II9. Ilg. O H, qui, par évaporation de sa solution aqueuse, se dépose en petits cristaux. Les sels correspondant à cet hydrate sont en général peu solubles [A. Cahours, Compt. rend., t. LXXVII, p. 1403; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 356].
Zinc-isobulyle. — Il se forme par l’action à j 120-130° du zinc sur le mercure-isobutyle. Rectifié j dans un courant de gaz carbonique, il constitue un liquide incolore, bouillant à 188°, qui fume à
BUTYLIQUES (ALCO LS). — 380 — BUTYLIQUES (ALCOOLS).
l’air et s’enflamme lorsqu’il est un peu chaud. Par l’action des trichlorures de phosphore et d’arsenic, il produit la phnsphine et l'arsine d’isobutyle. L’arsenic en poudre réagit à 175" sur l’iodure d’isobutyle et forme des cristaux rouges, combinaison d’iodure d’arsenic et de triisobutylarsine [A. Cahours, loc. cit.].
Stannisobutyle. — L’alliage d’étain avec G °/o de sodium attaque facilement à 1011° l’iodure d’isobutyle et fournit Viodure de slanntrnsobutyle Sn(C4Il9)3I, liquide dense, bouillant à 292-296°. Densité =1 ,540 à 15°. Distillé sur des fragments de potasse, il se transforme en hydrate volatil qui se concrète lentement en une masse amorphe. L 'acétate forme des prismes minces, très brillants. Le sulfate se dépose de sa solution alcoolique sous forme d'un liquide huileux qui se concrète à la longue en une masse de prismes entrecroisés. Il en est de môme du nitrate.
En même temps que l’iodure de stanntributyle, il se produit une petite quantité d’un corps cristallin, probablement Viodure de stanncliisobutyle; parla distillation sur la potasse, il fournit également l’hydrate de stanntriisobutylc [A. Cahours, loc. cit.].
Aluminium- isobutyle, A12(C4II9)8. — Liquide fumant à l’air qui se produit par l’action de l’aluminium sur le mercure-isobutyle à 125-130”. L’eau le décompose énergiquement en isobutane et hydrate d’aluminium [A. Cahours, loc. cit.].
Silicate, Si (O C4 II9)4. — Obtenu par la réaction du chlorure de silicium sur l’alcool butylique; corps stable, non décomposé par l’eau, bouillant à 25G-2G0". Densité à 15° = 0,953. Il réagit sur le chlorure de silicium et forme des chlorhydrines siliciques (Cahours).
Oxalate, C204 (C4 119)2. — Cahours l’a préparé [Compt. rend., t. LXXVII, p. 1403, et Bull. Soc. chim., t. XXI, p, 256], en faisant réagir l’acide oxalique partiellement déshydraté, sur l’alcool isobutylique.il bout à 224-226°, sa densité à 14° est de 1,002; il est insoluble dans l’eau et soluble dans l’alcool. Traité par la potasse alcoolique, il fournit l’isobutyloxalate de potassium, et par l’ammoniaque, l’oxaméthaneisobutylique.Dans la réaction de l’acide oxalique desséché (2 molécules) sur l’alcool butylique (1 molécule), on rencontre outre l’oxalate neutre de l’oxalate acide qui se décompose déjà vers 155°, en acide carbonique et formiate d’isobutyle, ce dernier passe à 92-96". Si l’on opère de même avec l’alcool isopropylique, celui-ci échappe presque entièrement à la réaction, surtout quand il est mélangé à l'alcool primaire, qui réagit seul. Cette méthode peut servir pour séparer les alcools secondaires et peut-être tertiaires, mélangés aux alcools primaires [Cahours et Demarçay, Compt. rend., t. LXXXIII, p. 688 et Bull. Soc. chim., t. XXVII, p. 511].
Acétate, C2H302 (C4H9). — Préparé en chauffant en vase clos un mélange d’acide acétique cristallisable et d’alcool isobutylique saturé d’acide chlorhydrique; on lave avec de l’eau et du carbonate de potassium étendu [Chapmann et Smith, Journ. of lhe chem. Soc., t. VII, p. 153, et Bull. Soc. chim., t. XII, p. 463]. Linnemann l’a obtenu par la réaction de l’iodure sur l’acétate d’argent; il bout à 113-115°.
Isobulyrate, C4H702(C4I19). — Dans la préparation de l’acide isobutyrique par l’oxydation de l’alcool par le dichromate de potassium et l’acide sulfurique, Is. Pierre et ’Puchot [/oc. cit.] ont obtenu des quantités notables de cet éther. On peut aussi le préparer en chauffant l’acide isobutyrique, l’alcool et l’acide chlorhydrique; il bout à 149”, 5, sa densité à 0° est de 0,872, et à 51°, 8, de 0,82 45.
Oxyde d'isobutyle (C4 II9)5 O. — Puchot l'a obtenu en grande quantité dans la préparation de
1 isobutylène par l’alcool isobutylique et l’acide sulfurique (Suppl., p. 374); il bout à 98°.
Azotate, AzO3. C4H*. — On mélange l’alcool avec 2 vol. d’acide sulfurique et 1 vol. d’acide azotique à 1,4, on laisse reposer, on étend d’eau, puis on lave aver l’eau et le carbonate de potassium et on rectifie; il bout à 123"; sa densité à 0° est do 1,0384 [Chapmann et Smith, loc. cit.].
Âzolite, Az O- O - C4 H9. — Obtenu par les auteurs précédents, en dirigeant un courant de vapeurs nitreuses dans l’alcool refroidi. Le produit de la réaction, lavé à l’eau et rectifié, fournit l’éiher azoteux qui bout à 67°, sa densité à 0° est de 0,8944.
Isonitrobutane, C4H9-AzOs. — Demole l’a obtenu en faisant agir l’iodure d’isobutyle sur l’azotite d’argent [Ann. Chem. l’harm., t. CLXXV, p. 142; Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 710; Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 453], L’iodure d’isobutyle est ajouté par petites portions à l’azotite d’argent sec mêlé à un égal volume de sable et reniermé dans un appareil à reflux. On sépare par la distillation les produits de la réaction qui contiennent parties égales d’éther azoteux et d’isonitrobutane. C’est une huile insoluble dans l’eau, douée d'une légère odeur de menthe, bouillant à 137-140°, par conséquent 12° plus haut que le nitropropane normal. Il se dissout dans la potasse et les acides le séparent de nouveau, mais la soude alcoolique ne fournit point de précipité, ce qui le distingue des homologues inférieurs. Par l’acide acétique et la limaille de fer, il fournit l’isobutylamine; le brome donne des produits de substitution passant entre 135 et 190°, et qui contiennent un corps mono et un corps bibrome, et si l’on traite le mélange par la potasse, le second reste non dissous : c’est une huile attaquant les yeux fortement et bouillant à 180-185°. Agité ^.vec une dissolution de nitrite de potassium contenant de la potasse libre, puis additionné goutte à goutte d’acide sulfurique étendu, l’isonitrobutane donne la coloration rouge des acides nitroliques (Suppl., p. 78).
Isobuty lamine, C4H9.AzH2. — Au lieu d’employer la méthode des cyanates, Reiraer [ Deutsch . chem. Gesellsch., 1870, p. 756, et Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 395] chauffe l’iodure d’isobutyle à 150° avec une solution alcoolique d’ammoniaque; l’alcool étant chassé par la distillation, on traite par la potasse pour mettre les amines en liberté, et on les sépare approximativement par distillation. La partie volatile avant 110° est traitée par l’éther oxalique, qui fournit facilement la diisobutyloxamide
C202(AzH.C4H9)2
qu’on purifie par des cristallisations. Par la potasse, on régénère l’isobutylamine qui bout à 62-65°; d’après Mac. Hughes et Roemer, à 65°, 5; par la méthode des cyanates, on n’obtient qu’un mélange d’isobutylamine etde trimèthylcarbinolamine [Linnemann, .1 nn. Cliem. Pliarm., t. CLXII, p. 19; — Hoffmann, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 508.].
Diisobuty lamine (C4ll9)îAzH. — La fraction 110-130° fournie par l’opération précédente (Reimer), est mise en digestion avec l’éther oxalique, elle fournit le diisobutyloxamate d'éthyle
(C4II9)2Az-CO-OC2H8
qui régénère par la potasse la diisobutylamine pure bouillant à 120-122°.
Triisobuty lamine, (C4 H9)8 Az. — Les portions passant après 130" dans l’opération précédente, sont de nouveau traitées par l’iodure isobutylique jusqu’à ce que la base mise en liberté
. liUTYLIQUES (ALCOOLS). —381— BUTYLIQUES (ALCOOLS).
bouille à I77-! 80°- On n’a pas réussi a préparer l’iodure de télrabutylammonium : quand on chauffe l’iodure et la tributylamine, il se forme ; du butylène et de l’acide iodhydrique. D’apres Smidt et Sachleben [Deutsch. chem. Gesellsch., I 1878, p. 729 et 782], on obtient des quantilés notables de triisobutylamine dans la préparation de l’acide valérianique par le cyanure d’isobutyle, j quand on emploie pour dissoudre l’iodure d’isobutyle et le cyanure de potassium toujours le même alcool rectifié sur la potasse et séché 1 après chaque opération. Densité à 21° = 0,785; point d’ébullition, 184-185'’. Le sel de platine cristallise en belles tables analogues à l'hydrate de baryum.
Isobutylphosphines. — Voyez Piiospiiines.
Isobut ylcarby lamine. — - Voyez Éthers cïanïiy-
DlttQUES.
Sulfocyanates. — Voyez t. III, p. 112.
Chloroxy carbonate, C4 H9. 0. CO Cl. — Voyez Carbone, Suppl.
Acide isobutylxanthique , C4H90-CS-SH, disulfure isobutylxanthique (C4 H90. C S)?S et dérivés (voy. Carbone, n° 10, Sulfocarbonates, Suppl.).
Sutfocarbonate d'isobutyle, éthyllhiocarbonate d'isobulyle ,
CO (SC2 II5) OC4 II9, et isobutyllhiocarbonate d’éthyle ,