CAMPHRE
CANTHARIDINE.
quièmo homologue de la pyridine, et peut se représenter par la formule
C8H‘< Jl ^ AzlI.
Camphre monoiodé, C10H18IO. — En faisant réagir du sodium sur du camphre en solution benzique on obtient un mélange de camphre et de bornéol sodés. On obtient du camphre iodé quand on fait réagir une solution benzique d’iode sur ce mélange, ou bien encore de l’iodure de cyanogène.
CAzI + Cl0H15NaO = CAzNa + C»0H'8lO.
Le camphre iodé est blanc; il cristallise en prismes orthorhombiques de 110°18' modifiés sur e. Il est actif; [a] D = -H 160“42'. L’eau ne le dissout pas; il est soluble dans l’alcool, la benzine et l’éther. 11 fond entre 43 et 44°, se solidifie à 28°.
L’azotate d’argent n’agit pas sur sa solution alcoolique chaude [Haller, Thèses de la Faculté des Sciences de Paris, 18791.
Camphre cyané, CluH15(CAz)0. — On prépare ce dérivé en faisant arriver une solution benzique de camphre sodé sur du cyanure de mercure bien sec et à l’abri de l’air; on chasse la benzine et on épuise la masse par de l’eau alcaline qui, saturée par un acide, laisse déposer le camphre cyané. Celui-ci séché, dissous dans l’éther et évaporé, se dépose en magnifiques prismes clinorhombiques de 77° portant les faces m, p, h', a1.
Le camphre cyané est insoluble dans l’eau froide, soluble dans l’eau bouillante qui l’abandonne en fines aiguilles. Soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme et l’acide acétique. Il se volatilise déjà à 100“ fond à 127-128° et bout à 250° en se décomposant partiellement. Pouvoir rotatoire : [a] o = + 44°41'.
Le camphre cyané se dissout dans les lessives alcalines sans former de combinaison stable; soumis à l’ébullition avec elles, le groupe CAz se transforme selon une équation connue en carboxyle C O2 H ; en même temps il se dégage de l’ammoniaque. Il se forme dans ce cas du carboxylcamphre qui est un véritable acide, l’acide carboxyle-camphorique [Haller, loc. cit.] .
Camphre cyanobrome, C1#H1*Br(CAz) O. — Le brome en solution sulfocarbonique transforme le camphre cyané en dérivé bromé; ce dernier est insoluble dans l’eau, soluble dans l’éther, l’alcool et le sulfure de carbone. Il se volatilise un peu à 100°, fond à 75°. L’acide azotique ne l’attaque pas [Haller, loc. cit.]. Le cyanogène réagit directement sur le camphre sodé en donnant du camphre cyané, mais il se forme en même temps une matière rouge mal définie.
Azotate île camphre, [C)0 H160]2Az205. — Distille avec l’acide nitrique dans la préparation de l’acide camphorique, ou se forme par l’action de l’acide nitrique sur le camphre à froid. L’azotate de camphre se décompose par la chaleur en émettant des vapeurs nitreuses; l’eau, l’alcool et la plupart des réactifs le décomposent; cependant on peut le débarrasser des corps volatils mélangés par un courant d’acide carbonique sec et le sécher sur de la potasse. C’est le produit ainsi obtenu qui a été analysé [Kachler, Deutsch. chem. Gescllsch., 1871, p. 380|.
Oxycamplire, C10Ill3(OII)O. — R. Schiff (loc. cit.) a obtenu un oxycamphre différent de celui de Wheeler, qui fond à 137°, en faisant réagir l’acide azoteux sur l’amido-camphre qu’il a découvert. Cet oxycamphre fond à 154-155°, et distille avec la vapeur d’eau; ses solutions alcalines sont précipitées par les acides.
Le camphérol décrit p. 392, constitue un troisième oxycamphre.
Amyl-cumplire, C10 H15(C5IRi)0. — Baubigny a préparé ce dérivé par l’action de l’iodure d’amyle sur le camphre sodé en vase clos. C’est un corps huileux bouillant à une température élevée.
Constitution. — Le camphre présente d’étroits rapports de structure avec les carbures C10 II16 dont il est le produit d’oxydation. Divers auteurs, entre autres Hlasiwetz, Kachler, Meyer et Flavitzky ont donné pour ce corps des formules schématiques, mais seule la formule de Flaviizky, qui tient compte de la nature aldéhydrique du camphre, peut être conservée. La voici :
On peut aussi résumer les formules connues jusqu’à ce jour par la formule suivante, applicable à l’ensemble de la série :
h£=ch-ch*-cii ^
et qui rend compte de l’action du perchlorure de phosphore, de la formation facile de cymène ou isopropylbenzine paraméthylée et eD même temps du rôle du camphre comme produit intermédiaire entre la série grasse et la série aromatique par les dérivés qu’il donne, appartenant complètement et sans réversion possible à l’une ou à l’autre série. A. Étard.
CAMPHKÉSINIQUE (ACIDE). — Schwanert avait donné ce nom à une masse sirupeuse provenant des eaux mères de la préparation de l’acide camphorique. D’après Kachler, cet acide est un mélange d’acides camphorique et camphoronique. (Voyez p. 395.)
CAMPObELLO (JAUNE DE). — Le sel sodique de l’a-nitronaphtol, porte ce nom dans le commerce.
CAMPYLITE. — Voyez Mimétèse.
CANAAN1TE (Min.). — Pyroxène blanc ou grisâtre, compacte de Canaan (Conn.) ; a été considéré parfois comme une scapolite.
CANADA (BAUME DU). — L ’Abies balsamea (Marshall), qui est originaire du nord-ouest de l’Amérique, fournit le baume du Canada. De même, le Pinus Fraseri (Pursh) et l’Abies canadensis (Michaux), etc., le donnent en petite quantité. Le baume du Canada ressemble beaucoup à la térébenthine de Strasbourg. Il est jaune clair transparent, et ne devient pas trouble en séchant. Il est dextrogyre; la résine tourne le plan de la lumière polarisée fortement à droite, tandis que l’essence, qui forme 24 °/0 du baume, le dévie à gauche. Il n’est complètement soluble ni dans l’acide acétique glacial, ni dans l’alcool absolu.
L’essence du baume possède la composition CI0H16; elle bout à 167°. Le chlorhydrate ne cristallise pas de suite, mais seulement après avoir été traité par l’acide azotique fumant.
La résine semble être formée de deux substances, dont l’une est soluble dans l’alcool.
CANDITE (Min.). — Spinelle ferro-magnésien de Ceylan. — Voyez Plkonaste.
CANTIIAKÈNE. — Voyez Cantharidine, Suppl.
CANTHAIUDINE, C‘°H>20*. — Pendant longtemps on a attribué à la cantharidine la formule C5H602, devenue inadmissible depuis qu’on a pris la densité de vapeur de cette substance et découvert le cantharène C8 H1S.
L’extraction de la cantharidine se fait par le chloroforme, qui peut en enlever des traces dans un liquide complexe. La préparation en grand
CANTHARIDINE. — 399 — CANTH ARI DINE.
peut se faire par la benzine ou par l’éther
ULLtKiue ite grammes de poudre de cantharides par 2000 grammes de benzine bouillante duns un appareil à déplacement. On concentre le liquide par distillation jusqu’à ce qu’il n’occupe plus qu’un volume de 80 cc., puis on laisse cristalliser. Les cristaux de premier jet sont souillés d’une huile verte dont on les débarrasse par le sulfure de carbone, qui est sans action sur la cantharidine. Le rendement est de quatre à cinq millièmes [G. Boivaux et E. Léger, Monit. scienlif. de Quesneville, t. XVII, p. 304].
A l’état de pureté, la cantharidine est tout à fait incolore et cristallise en prismes obliques à base rhombej elle se ramollit vers 210° et fond à 218° (Piccard). Sa densité de vapeur prise dans l’appareil de V. Meyer a donné les nombres 6.6, 6.3, 6.4, tandis que l’ancienne formule en C5 exige 3.3; cette formule doit donc être doublée. La cantharidine doit être considérée comme un anhydride interne analogue à la lactide. Elle fixe deux molécules d’eau et se comporte alors comme un acide bibasique faible, capable de former une série de sels très vésicants.
Cantharidate de potassium,
G<° Hu06K8 + H* O.
— On le prépare en ajoutant 0,573 de potasse à 1 gramme de cantharidine, le tout dissous dans 80 centimètres cubes d’eau ; il se dépose sous'forme d’aiguilles groupées, solubles dans 23 parties d’eau froide et dans 12 parties d’eau bouillante. Ce sel est peu soluble dans l’alcool, presque insoluble dans l’éther et le chloroforme ; il est alcalin et vésicant.
Sel de sodium, Cl0Ht*O6Na* -f- H2 O. — Se prépare comme le précédent; il cristallise plus difficilement.
Sel de lithium. — Ressemble au sel de potassium, mais il est moins soluble.
Sel d’ammonium, C10HuO6i;AzH*)8 -f- 11*0.
— Il se prépare en dissolvant de la cantharidine dans un excès d'ammoniaque vers 40°. Il cristallise en aiguilles soyeuses par refroidissement, et perd son ammoniaque à 100°. Très vésicant.
Sel de baryum, C10ll“OGBa + 11*0. — On l’obtient par double décomposition; très peu soluble dans l’eau.
Sel de magnésium, Cl0Hi4OeMg -f- 4 H5 O. — Onchauffe pendant plusieurs heures 1 gramme de cantharidine avec 0,25 de magnésie et 35 centimètres cubes d’eau ; la solution abandonne par évaporation le sel en longues aiguilles, plus solubles à froid qu’à chaud.
Sel de zinc, Ci®H»06Zn + 4H*0. — Même préparation que le sel magnésien, et propriétés analogues.
Sel de cadmium, C10 tI“06Cd -f- 8HsO. — Sel très peu soluble, préparé par double décomposition.
Sel de cobalt, Ci«Hi‘0«Co + H5 O. — Poudre cristalline rose obtenue par double décomposition, ainsi que le sel de nickel, pulvérulent, vert, ayant la même composition. Très peu solubles l’un et l’autre.
Sel de cuivre, C'°H1406Cu -f- 3 H2 O. — Précipité grenu cristallin.
Sel de plomb, Ci0H>‘O8Pb + 6II20. — Précipité cristallin formé de tables hexagonales [Masinget Dragcndorff, Zeitscbr. Chem., 1867, p. 464],
Par la distillation sèche de la cantharidine avec de la chaux sodée ou par la distillation d’un des cantharidates alcalins ou terreux décrits ci-dessus, on obtient du cantharène , du xylène et des corps de nature acétonique.
Distillée avec un excès de pentasulfure de phosphore, la cantharidine donne comme produit
principal de V orthoxylène , caractérisé par ses dérivés d’oxydation, l’acide orthotoluique et l’acide phtalique (1. 2).
L’acide iodhydrique, d’une densité de 1.9, attaque la cantharidine à 100° en la transformant en un corps isomère, l’acide cantharique. Cet acide parait résulter de la décomposition d’un dérivé iodé intermédiaire qui prend naissance dans cette réaction et qu’on peut isoler parmi les produits secondaires de l’acide cantharique.
Cantharidine bi-iodée, C,0II|Sl:’O3. — Ce corps résulte de l’action de l’acide iodhydrique sur la cantharidine selon l’équation
Cl0H12O -f 2HI = H8 O + C10II18I8O3.
On le sépare de l’acide cantharique formé en même temps, en profitant de son insolubilité dans la potasse.
La cantharidine bi-iodée se dépose de ses solutions alcooliques en fines aiguilles, la benzine et le chloroforme donnenè-de gros prismes anorthiques fusibles à 131°. Elle est complètement insoluble dans les lessives alcalines froides.
Sous l’influence de la potasse bouillante et concentrée la cantharidine bi-iodée se dédouble en iode, acide carbonique et cantharène pur [J. Piccard, Deutsch. chem. Gesellscli., 1879, p. 5771.
Acide cantharique, C,0HwO*. — Cet acide découvert par Piccard, provient de la transformation isomérique de la cantharidine sous l’influence de l’acide iodhydrique concentré à 100°. On sépare l’acide qui s’est formé dans ces conditions de la cantharidine non transformée en le dissolvant dans de l’ammoniaque, on le précipite de cette solution pour le sécher et le laver à la benzine, après quoi on le redissout, et on le décolore par le noir animal pour le faire cristalliser.
L’acide cantharique est un acide monobasique énergique. Par l’évaporation lente de ses solutions aqueuses, il cristallise en prismes orlhorhombiques anhydres dont les angles sont : mm = 107° e'p = 121° 30’. Rapport des axes 1,62 : 1 ; 0,74.
Il est insoluble dans la benzine et l’éther, très soluble dans l’alcool, soluble dans 120 p. d’eau froide et 12 p. d’eau chaude. L’acide cantharique fond à 278° et se décompose vers 400° en donnant du cantharène et du xylène. Distillé avec de la chaux ou à l’état de sel de baryum, il donne ces mêmes produits en même temps qu’un peu d’acide butyrique et xylique qui restent unis aux bases terreuses.
Canllxarate de potassium, sel très soluble qui s’obtient cristallisé en aiguilles quand on mélange des solutions alcooliques de potasse et d’acide cantharique.
Cantharate de cuivre (C10 II11 0'*,2Cu. — Petites aiguilles bleues se formant par le mélange de solutions de chlorure cuivrique et de cantharate de sodium.
Cantharate d'éthyle. — L’iodure d’éthyle réagit sur le cantharate de sodium, il se forme un liquide bouillant vers 300° sans altération, mais dont l’analyse n’a pas été faite.
Piccard attribue à l’acide cantharique la formule
CO2 II C H \ ç, o C6H’^ V C H* - O
les chaînes latérales de l’hydrobenzine occupant les positions ortho [J. Piccard, Deutsch. cliem. Gesellsch., 1878, p. 2120].
Cantharène, C8H1S. — Le cantharène est un hydrocarbure qui, par l’ensemble de ses propriétés, se comporte comme un homologue supérieur des térébènes dont il diffère cependant en ce que,
CANTHARIQUE (ACIDE). — 400 — CAPROÏQUES (ACIDES).
(tu lieu d’appartenir à la série para comme ces derniers, il fait partie de la série ortho. C’est un dihydroxylène.
Le cantharène se prépare par la distillation sèche de l’acide cantharique ou mieux des cantharates terreux ; dans ces circonstances, il est toujours accompagné d’un peu d’orthoxylène. On 11e l’obtient rigoureusement pur que par l’action de la potasse sur la cantharidine bi-iodée.
Le cantharène rectifié sur du potassium bout à 134°, son odeur est 'érébique et camphrée. Il possède à un haut degré la propriété d absorber 1 oxygène. Un volume d’hydrocarbure dissout 150 volumes de ce gaz, sr it 47 % en poids. Les solutions éthérées de cantharène absorbent le gaz chlorhydrique en devenant brunes; après l’évaporation de l’éther, il reste une huile ayant l’odeur du camphre. Quelle que soit la méthode qui ait servi à préparer le cantharène, il fournit constamment de l’acide orthotoluique par oxydation. A. Étard.
CANTHARIQUE (ACIDE). — Voyez CantiiamniNE, Suppl., p. 398.
CANTONITE (Min.). — Covelline de la mine de Canton (Géorgie); se trouvant en cubes avec clivage cubique.
CAOUTCIIÈNE. — Voyez t. I, p. 728.
CAOUTCII I \ E. — Ce carbure d’hydrogène Cio[ji6, qUi a été trouvé par Himly dans les produits de distillation du caoutchouc (t. I, p. 728), doit être considéré, d’après les recherches de G. Bouchardat, comme du diisoprène C5H8-C3 II8. On peut en effet l’obtenir en polymérisant l’isoprène, par l’action d’une température de 280- 290°, maintenue pendant dix heures. La caoutchine doit être rangée, d’après ses propriétés, dans le groupe des hydrocarbures térébiques ; sauf l’absence du pouvoir rotatoire, elle se rapproche de l’isotérébenthène (t. III, p. 317). CAPILLOSE. — Voyez Mlllkiute. CAPRIXOXE [Syn. Dmonylacétone].
— Grimm l’aobtenue en distillant du caprate calcique. Elle se dépose dans l’alcool en lamelles nacrées blanches, d’un toucher gras, qui nagent sur l’eau. Elle fond à 58° et bout au delà de 350“ en s’altérant un peu. Le mélange chromique et l'acide azotique étendu l’attaquent à peine [F. Grimm, Ann. Chem. Pharm., t. CLVII, p. 2ü4; Bull. Soc. chim., t. XV, p. 235J.
CAPKIQUE (ALDÉHYDE). — D’après les recherches de Gorup-Besauez et Grimm et de Giesecke, le composé que l’on retire de l’essence de rue n’est point l’aldéhyde caprique mais l’acétone méthylnonylique (voyez t. II, p. 1376).
Borodine a obtenu l’ aldéhyde, isocaprique, C10II?0O, par l’oxydation de l’alcool isocaprique. Elle forme un liquide incolore, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, bouillant à 169°, d’une densité de 0,8278 à 0°, doué d’une odeur aromatique. Elle ne secombine pas avec le bisulfite; la potasse fondante et l’acide chromique la convertissent en acide isocaprique [Zeitschr. Chem., 1870, p. 416].
6APRIQUES (ACIDES), C10H2<>02. — Un des deux acides cupriques connus a été décrit, t. I, p. 732. Son éther mélliylique, C10 II 19 O2. Cil3, est un liquide plus léger que l’eau, bouillant à 223- 234°, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, doué d’une odeur de fruits. L’éther amylique, C'OH^O^C5!!11, bout entre 275 et 290° [F. Grimm, Ann. Chem. Pharm.. t. CLVII, p. 264; Bull. Soc. chim., t. XV, p. 235J.
Acide isocaprique. — Borodine a préparé cet acide en oxydant l’alcool ou l’aldéhyde isocaprique par le mélange chroinique [Zeitschr. Cltem., 1870. d. 416J.
Le produit de condensation du valéral C1(>Hl80 fournirait ce même acide par oxydation [Borodine, Deutsch. chem. Gesellsch ., 1872, p. 435; liull. Soc. chim., t. XVIII, p. 245].
On purifie l’acide brut par précipitation fractionnée de son sel de baryum en solution alcoolique au moyen de l’eau, ou par cristallisation des sels de calcium ou de cadmium dans l’alcool. Il forme une huile épaisse bouillant à 241°, 5; d’une densité de 0,9096 à 0", douée d’une odeur désagréable, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool. Son sel barylique ne cristallise pas. Les sels de calcium (C«>Ht902)2Ca et de cadmium (C10Hl9O2)2Cd sont des précipités blancs peu solubies dans l’eau, qui se déposent en aiguilles de leurs solutions alcooliques. Les sels de sodium et de potassium sont des masses amorphes solubles dans l’alcooi ; l’eau précipite un sel acide de cette solution (?).
Le sel d’argent est insoluble dans l’eau ainsi que les sels des métaux lourds. M. Wassermann.
CAPRIQUES (ALCOOLS). (Syn. Alcools décy ligues, alcools rutyliques). G10 H22 O. — On connaît trois alcools de la série caprique. L’un d’eux, l’ alcool isocapi ique, a été obtenu par Borodine en traitant l’aldéhyde valérique par le sodium (voyez t. I, p. 734). Cet alcool est une huile peu soluble dans l’eau, douée d’une odeur agréable, bouillant à 203° sous 764 millimètres, et possédant une densité de 0,8569 à 0°.
L’éther acétique se forme par l’action de l’acide acétique sur l’alcool à 150-170°. Il bout à 219°5; à 0° sa densité est de 0,883.
L’éther benzoïque bout au delà de 280°.
Le perchlorure de phosphore transforme cet alcool en un chlorure C10HalCl, bouillant à 175- 185°. L’acide sulfurique le convertit en un acide caprylsulfurique ; l’acide nitrique à 1,4 le transforme en une huile lourde. La combinaison sodique est cristalline. Chauffé à 250-300° avec de la chaux sodée, ou oxydé par l’acide chromique, il fournit l’acide isocaprique.
2°. Un second alcool de la formule C10H22O a été obtenu par éthérification du chlorure C10 H2> Cl, provenant de l’action du chlore sur le diamyle, et saponification de l’éther formé. Il bout à 212°, et possède une odeur agréable.
3°. Anitow [Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 479] a préparé un alcool de la formule C10H22O par l’action du zinc-éthyle sur le chlorure de monobromacétyle ; il bout à 155-157°. C’est probablement un alcool tertiaire.
CAPROÏQUES (ACIDES). — La théorie prévoit l’existence de huit acides caproïques chimiquement isomères (c’est-à-dire non compris ceux qui ne diffèrent que par le sens du pouvoir rotatoire). De ces huit acides, cinq sont actuellement connus avec certitude. Parmi ceux qui ont déjà été décrits dans cet ouvrage (t. I, p. 735), l’acide de fermentation est le seul qui soit bien défini. Celui qui provient de l’alcool amylique de fermentation! peut être en effet un mélange, puisque l’alcool amylique dont il provient est lui-même un mélange de deux, peutêtre de trois alcools de constitution chimique différente.
1° Acide caproïqoe normal,
C il»- C II2- C H2 - C H2- C II2 - C O2 H.
Lieben et Rossi ont préparé cet acide synthétiquement par en partant de l’iodure d’amyle normal synthétique [Lieben etRossi, Bull. Soc. chim., t. XV, p 81 et t. XIX, p. 312; Ann. Chem. Pharm., t. CLIX, p. 75J. Il est identique avec l’acide de fermentation étudié déjà par Grillone [Bull. Soc. chim., t. XIX, p. 308; — Lieben, \'ïid., t. XXI, p. 358, et Ann. Chem. Pharm., t. CLXX, p. 89J. On l’obtient encore en oxy-
CAPROÏQUES (ACIDES). — 401 — CAPROÏQUES (ACIDES).
dant l’alcool hexylique de l’essence d’héracléum ; (Franchimont et Zincke). Il fait également partie des acides gras obtenus dans certaines usines, comme produits secondaires dans la distillation par la vapeur d’eau surchauffée des acides bruts destinés à la fabrication des bougies [Cahours et Demarçay, Compt. rend., t. LXXXIX, p. 331].
Il bout à 201-205° sous la pression de 738mm,5; sa densité à 0° est de 0,9449, à 20° de 0,9294, à 40° de 0,9172, à 99", 1 de 0,8947.
Son éther éthylique bout à 166,9 -167°, 3 sous la pression de 735mm,8. A 0° sa densité est de 0,8898, à 20° de 0,8728, à 40° de 0,8594.
Sel de baryum, (C6H'iO*)*Ba. — Ce sel est anhydre; 100 p. d'eau à 18°, 5 en dissolvent 8p,49. Il est notablement plus soluble à chaud qu’à froid. Il se sépare de sa solution chaude en cristaux penniformes. D’après Kottal [Ann. Chem. Pharrn., t. CLXX, p. 95], il retiendrait 3 molécules d’eau de cristallisation et 100 p. d’eau à 23° dissoudraient 1 1 p, 53 de sel anhydre.
Sel de cadmium, (C«H» 0*)*Cd + 2H*0. — 100 p. d’eau dissolvent 0p, 96 de sel anhydre a 23°, 5 (Kottal).
Sel de calcium, (C«H*<0*)*Ca -f H*0. —
100 p. d’eau à 18°, 5 dissolvent 2p,66 de sel anhydre. Il est à peine plus soluble à chaud. Il se présente en longues lamelles brillantes.
Sel de strontium, (C«H"02)*Sr -f 3I120. - 100 p. d’eau à 24° dissolvent 8p, 89 do sel anhydre (Kottal).
Sel de zinc, (C6HH 02)*Zn -f II2 O. — 100 p. d’eau dissolvent à 24°, 5, 1 p, 03 de sel anhydre (Kottal).
Traité par l’acide azotique étendu, cet acide donne des acides succinique et acétique sans acide oxalique [Erlenmeyer, Sigel et Bell i. Hui. Soc. chim., t. XXII, p. 461, et Deutsch. chem. Gesellsch ., 1874, p. 696]. Soumis à 100’ à l'action du brome, il se transforme complètement eu acide a-bromocaproïque:
(CH3- C U* - CH*-C H* - C H. Br-C O* H.
A une plus haute tempérât lire, vers 1 40°, il se forme en outre un second acide isomère. L'acide obtenu à 100° possède bien la constitution indiquée, car il se transforme par le carbonate de sodium en un acide leucique que l’acide chromique oxyde en donnant de l’acide valérianique normal [Erlenmeyer, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 636, et 1876, p. 1810] .
2° Acide isobutyi.acétique,
Cil* CH-CH*-CH*-CO*H
[W. Rohn, Liebig's Ann. Chem., t. CXC, p. 305]. — Cet acide, qui doit, être l’un de ceux que l’on prépare à l’aide de l’alcool amylique, s’obtient à l’etat de pureté au moyen de l’éther isobutylacétylacétiquc (voyez Acétylacktique). On l’obtient aussi en hydrogénant l’acide pyrotérébique [Mielk, Ann. Cliem. Pliarm,, t. CLXXX, p. 571. Il bout à 198°, 6-198”, 9 (199-199', 5, Mielk).
Son sel de calcium est anhydre suivant Rohn. se présente en aiguilles nacrées réunies en touffes. 10U p. d’eau à 19° dissolvent 9 p. de ce
? mÂiel.ik,m °bïnu ce scl à 1,élat hydraté avec 3 H- O. 100 p. deau à 21° en dissolvaient 5P, 48 Le sel de baryum obtenu par Rohn était anhydre et présentait le même aspect que le sel de caicium 100 p d’eau à 19° en dissolvaient -0 ,3 et E|p,9o a Lt°. Mielk a obtenu le même sel cristallisé avec 2 H* O et 100 p. d’eau en dissolvaient 34P,65 à 18°, 5.
Vi'ther éthylique de cet acide (?), obtenu par Lieben et Rossi, bouillait à 160”, 4 sous la pres-
Scppl.
sion de 737,nra; à 0°, sa densité est de 0,887, à 20“ de 0,8705, à 40° de 0,8566.
On peut rattacher à l’isobuty lacétique les acides monobromocaproïque et dibromocaproïque, préparés au moyen dos acides sorbiqne et hydrosorbique [Fittig, Deutsch, chem. Gesellsch., 1876, p. 120]. La solution d’acide sorbiqne dans l’acide bromhydrique concentré laisse déposer lentement un acide dibromocaproïque fusible à 68°, difficilement soluble dans l’eau, même bouillante, et décomposable par une chauffe prolongée avec cet agent.
3° Acide diéthylacétiqde,
CH3 -CH* v.