‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 359 sur 589 · CHRISTIAN I TE · texte numérisé non relu

CHRISTIAN I TE

CHROME

hydrique. Au chalumeau, se gonfle et fond en un émail blanc.

Dureté, 4 â 4,5, poussière blanche. Densité, 2,2.

Forme cristalline. — - Prismes orthorhombiques de 61,s m= 147"30'. Les cristaux sont

habituellement maclés de manière que leurs faces p fassent entre elles un angle de 90°. Clivages peu nets, g1 et p.

Le nom de christianite a été donné à cette espèce par Des Cloizeaux pour, éviter la confusion avec la phillipsite (cuivre panaché).

CIIIIISTIANITE (Min.). — Syn. d’ANORTiiiTE.

CHKISTOPIUTE (Min.). — Variété de blende noire brillante renfermant 18 °/0 de fer, trouvée à Breitenbrunn , près de Johanngeorgenstadt (Bohême).

CHROME. — Em. Zetlnow prépare le chrome cristallisé en suivant le procédé de Woehler, qui consiste à réduire le chlorure de chrome par le zinc; mais il remplace le chlorure chromique par le chlorure double de chrome et de potassium. On prépare ce chlorure double en décomposant 100 gr. de dichromate de potassium par l’acide chlorhydrique, ajoutant 100 à 180 gr. de chlorure de potassium et évaporant à sec. Le résidu, fortement desséché dans un creuset, est mélangé avec 200 gr. de zinc et conservé dans des flacons bien bouchés pour être introduit par portions successives dans un creuset chauffé au rouge clair. Quand toute la masse est entrée en fusion, on brasse le mélange et on maintient le feu pendant 30 à 45 minutes. Le culot métallique qu’on trouve an fond du creuset, après relroidissement, est traité par l’acide azotique étendu, qui dissout le zinc et laisse le chrome cristallisé [Poggend. Ann., t. CXL1II, P- 477].

On obtient le chrome amorphe en chauffant à 350", dans un courant d’hydrogène, l’amalgame de chrome, qui se prépare par l’action de l’amalgame de sodium pâteux sur une solution concentrée de chlorure chromique. Débarrassé du sodium en excès, par l’eau bouillante, cet amalgame est liquide et se recouvre à l’air d’une couche d’oxyde [Moissan, Bull. Soc. chim., t. XXXI, p. 149J.

Bioxyde de chrome, CrO2 ou CrO3, Cr203. — Voir Chromate de chrome, p. 485.

Acide chromique. — E. Duvillier prépare cet acide en décomposant le chromate de baryum par l’acide azotique. On délaye 100 p. de chromate de baryum dans 100 p. d’eau, et on y ajoute peu à peu 140 p. d’acide azotique à 40' Baume, puis 200 p. d’eau. On fait bouillir, et, après quelque temps, on sépare, par décantation, la solution rouge de l’azotate de baryum déposé, on l’évapore au volume de l’acide azotique employé, on sépare de nouveau les cristaux d’azotate de baryum, puis l’on chasse par évaporation l’acide azotique en excès et l’on fait cristalliser l’acide chromique dans l’eau [Compt. rend., t.LXXV, p. 71 IJ.

Chauffé avec précaution, l’acide chromique pur peut être fondu sans décomposition. Il cristallise par le refroidissement, à 170-172”; pendant la cristallisation, le thermomètre remonte à 193". La densite de l’acide chromique cristallisé est

?8(le(ZeUno^ ^ raC,d° l0nClu °Sl ésala à

Une solution saturée d’acide chromique, qui en renferme 62,23 °/0, a pour densité 1,7028. Voici les densités observées par Zettnow pour des solutions moins concentrées à 18-20° :

Densité.

Acide •/..

Sur TL.

Dunsilé.

Acido y..

Chlorure chromique. — Densité=2,357 à 17", 2 [F. W. Clarke, Silliman’s Amer. Journ., (3), t. XIV, p. 281).

Chloroplatinate de chrome,

Cr*Cl«,2PtCl* -j- 21 H2 O.

— Prismes volumineux brillants, d’un vert sombre, très déliquescents [Nilson, Bull. Soc. chim., t. XXVII, p. 208).

Chloroplatinite de chrome,

Cr2 Cl6, 3 Pt Cl2 -f 18 H20.

— Petits prismes rouges [Nilson, loc. cit.,

Monochlorhydrine chromique,

■Cl

CrOsC

O II

— Elle est inconnue, mais on connaît son sel de potassium, qui a été décrit (t. I, p. 894) sous le nom de bichromate de chlorure de potassium et le sel de magnésium correspondant. Le composé signalé ci-dessous Cr306Cl! en constitue le sel chromeux

CrO2'^^ ^1-

Ll U ^O-Cr-O-

; Cr O2

(voir Chromâtes, p. 485).

Acide chlorochromique (chlorure de chromyle; dichlorhydrine chromique), Cr02Cl!. — Purifié par plusieurs distillations dans un courant de gaz carbonique, il bout à 116°, 8, sous une pression de 733"l,n. Densité à 25° = 1,970 [T.-E. Thorpe, Journ. chem. Soc., (2), t. VI, p. 514]. Il se décompose spontanément, à la longue, en chlore et bioxyde de chrome. Chauffé à 180", il se convertit en chlorochromate de chrome Cr30°Cl2, en perdant du chlore [Thorpe, loc. cit., t. VIII, p. 31].

Le trichlorure de phosphore exerce sur la dichlorhydrine chromique une action très énergique, avec production de lumière et quelquefois avec explosion. Cette action a lieu d’après l’équation

4 CrOsCl2 -f- 6 P Cl3 =

2 Cr2 Cl6 + P Cl5 + 3 POC13 + P203

[Michaelis, Journ. prakt. Chem. (2), t. IV, p. 449].

L’action de l’ammoniaque est également violente, même à 0°; elle est plus calme si l’on dissout la dichlorhydrine dans l’aride acétique cristallisable, ou dans le chloroforme; dans le premier cas, l’acide acétique prend part à la réaction et l’on obtient de l’acétate de chrome, du sel ammoniac, de l’azote et de l’acétamide. Dans le second cas, on obtient un sel brun, incristallisable, peu soluble dans l’eau et qui constitue un chromate chromoso-ammonique Cr306(0AzH*)2

r n2x Az H’* Az II* ^ ,

LlU x O - Cr - O /Cr0 -

J. Heintze espérait, par ces réactions, arriver à l’amide chromique,

CrO2

/AzII2

\ Az II2

[Journ. prakt. Chem. (2), t. IV, p. 212J.

L’action de la dichlorhydrine chromique sur les matières organiques est à la fois oxydante et chlorurante. Pour modérer l’énergie de la réaction, Carstanjen a recommandé d’employer la solution de ce corps dans l’acide acétique cristallisable, qui n’est, pas attaqué à froid [Deutsch. chem. Gesellsch., 1869, p. 632]. Etard a étudié le sens de ces réactions qui, d’une manière générale, ont lieu d’après l’équation de décomposition

4 CrO2 Cl2 = Cr2 Cl6 -f 2 CrO3 + O2 -f Cl2.

CHROME

CIIROME.

Il a signalé notamment, parmi les produits de la réaction du chlorure de chromyle sur la benzine, la quinone, sur la nitrobcnzino, la nitroquinone, sur le nitrotoluène, la nitrotoluquinone ; le chloroforme fournit de l’oxychlorure de carbone. L’acide acétique, qui reste inaltéré à froid, donne lieu à 100°, sous pression, à un acétochromate de chrome hydraté

Cr2 O7 '

Cr2(C2H302)8 , Cr2(C2 H3 O2)5 1

[Compt. rend., t. LXXXIV, p. 391; Bull. Soc. chim., t. XXVII, p. 249, et t. XXVIII, p. 275J.

Lorsqu’on fait réagir le chlorure do chromyle en solution sutfocarbonique sur le toluène, le xylène, l’éthylbenzine et d’autres carbures de la série aromatique, on constate d’abord la formation de produits d’addition renfermant à la fois les éléments de 1 molécule de l’hydrocarbure et ceux de 2 molécules de chlorure de chromyle. Par l’action de la chaleur, ces produits d’addition perdent de l’acide chlorhydrique; par l’action de l’eau, ils se dédoublent en acide chlorhydrique, sesquioxyde de chrome et aldéhydes. C’est un nouveau mode de formation des aldéhydes que Étard a signalé dans cette réaction [Thèses de la Faculté des Sciences de Paris , 1880]. C’est ainsi qu’il a obtenu par l’action du chlorure de chromyle sur le toluène le composé

C5 116 -CH3, 2 CrO2 Cl2,

qui perd, lorsqu’on le chauffe, 2 II Cl, pour se transformer en C61I°-CH (Cr02Cl)2. Traités par l’eau, l’un et l’autre composé fournissent de l’essence d’amandes amères.

1 CrCl2

HO

Page 1