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SELS DE CHROME

Sulfate chromique. — Pour préparer ce sel, Etard dirige des vapeurs d’éther dans une solution de 100 p. de dichromate de potassium dans 225 p. d’eau et 150 parties d’acide sulfurique. On obtient ainsi une masse cristalline composée de lamelles inaltérables à l’air et renfermant (SO'‘)3Cr2 18 H20. Ce sel perd

12 H2 O à 100' et se transforme en une masse déliquescente, qui ne se déshydrate complètement qu’au rouge naissant et qui constitue la modification verte. Ce passage de la modification violette à la modification verte parait, en général, être dû à une déshydratation ; en effet, il peut être provoqué par les agents déshydratants tels que l’acide sulfurique concentré, le trichlorure de phosphore, etc. [Compt. rend., t. LXXXIV, p. 1089]. Etard a aussi constaté que l’azotite de

Îiotassium, ainsi que le sulfocyanate, provoquent a transformation inverse [loc. cit., t. LXXX,

Alun de chrome. — Lielegg le prépare en décomposant le dichromate de potassium par l’acide oxalique en présence de l’acide sulfurique. La réduction ayant lieu à froid, il n’y a pas production de la modification verte [Dingl. polyt. Journ., t. CCVJI, p. 321]. D’après Gernez, la solution du sel vert peut fournir des cristaux lorsqu’on y introduit un cristal d’alun de chrome ou d’un autre alun [Compt. rend., t. LXXIX, p. 1332].

Lecoq de Boisbaudran [Bull. Soc. chim., t. XII, p. 30] a constaté que la solution du sel vert se modifie graduellement en passant au bleu verdâtre ; elle renferme alors une certaine proportion de sel violet et est apte à cristalliser. De même, la solution du sel violet se modifie spontanément et passe du bleu violet au vert sale. Ainsi, les solutions violette et verte tendent vers un môme état d’équilibre stable constitué par un mélange des deux modifications.

B. Franz a déterminé la densité des solutions d’alun de chrome, à 17°, 5, depuis 1 jusqu’à 30 parties de sel cristallisé par 100 parties de solution [Journ. prakt. Chem. (2), t. V, p. 274] ; nous en extrayons les résultats suivants :

Teneur. Densité. Teneur. Densité.

Autres sulfates doubles. — Wernicke a obtenu des sulfates doubles, de la forme générale (Cr04)3Cr2.3 S 0‘M2, en fondant, pendant huit heures, l’alun de chrome, le sulfate ou l’oxyde de chrome avec un disulfate alcalin [Poggend. Ann., t. CLIX, p. 572]. Ces sels doubles sont anhydres et appartiennent à la modification verte.

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Ils sont insolubles dans les acides. Le sel de potassium se présente en aiguilles microscopiques constituant des prismes hexagonaux. Le sel de sodium s’obtient en cristaux plus volumineux, et le sel de lithium en fines aiguilles d’un gris vert.

I Etard a obtenu les mômes sels en aiguilles feutrées, d’un vert jaunâtre, en introduisant du chlorure chromique dans du disulfate de potassium ou du sodium en fusion [Compt. rend., t. LXXXIV, p. 1089].

Sulfates doubles, (S04)8Cr2(Bl*)TI. — On obtient le sulfate chromieo-ferrique

(S04)8Cr2 Fe2. S O1 II*

en dissolvant du sulfate ferreux et de l’acide chromique, molécule pour molécule, dans une petite quantité d’eau bouillante, suroxydant le fer par l’acide azotique, ajoutant un grand excès d’acide sulfurique concentré et chauffant à 200°; le sulfate double se sépare sous la forme d’un précipité cristallin jaunâtre, insoluble dans l’eau. A une température plus élevée, il perd 1 molécule S04H2 et laisse le sel (SO4)8 Fe2Cr2.

On prépare d’une manière analogue les sels doubles aluminique et manganique. Le premier (S04)8Cr2 Al2.SOlII2 est un précipité cristallin vert bleu. Le second (S04)8Cr2Mn2.2 SOvH2 cristallise en tables brunes qui perdent l’acide sulfurique en excès à une température élevée et se transforment en une poudre verte [Etard, Compt. rend., t. LXXXYI, p. 1399],

Enfin, Etard a encore signalé l’existence des sulfates doubles suivants, produits en chauffant à 200° la solution sulfurique des sulfates respectifs :

SO! Cr2.2SO* Cu S O1 H2 . - Aig. soyeuses verd.

S0‘ Ci*. 2 S O* Fe.SO* H3 4- 2 H5 O. Vert brunâtre. SG4Cr2.S0'Ni.2S04H2 -]- 3H20. Jauno verdâtre.

Sulfite ciiiiomico-potassiqub basique,

(S03)2K2Cr202 + a; II2 O.

— Précipité volumineux vert produit par le mélange des solutions de sulfite de potassium el d’un sel de chrome [Berglund, Bull. Soc. chim t. XXI, p. 213].

Phosphate. — Le phosphate violet (P04)2Cr2 -f 10 H2 O

perd 7 II2 O à 100° et se transforme en phosphate vert. Les acides sulfurique et azotique produisent la même transformation (Etard).

Composés chromammoniqoes. — Fremy a le premier signalé l’existence de ces composés, qu’il a nommés amidochromiques [Compt. rend..

t. XLVII, p. 883, 1858]. Ils ont ôte étudiés un peu plus tard par Cleve, qui a décrit principalement les combinaisons octammoniques, et tout récemment par Jœrgenscn, qui a fait connaître les combinaisons décammoniques ou purpuréo-chromiques [Cleve, Juurn. pralct. Chem., t. LXXXVI, P- (1862) ; Kongl. SvenskaVet. Akad. Ilandl.

~ Jœrgenscn, Journ. prakt. Chem.,

t xxxîn ’ pP'ioof ^ et B u S°c- chim.,

L’oxyde de chrome, non modifié par la chaleur, se dissout dans les sels ammoniacaux en présence de 1 ammoniaque libre, avec une couleur d un rose violacé. Le corps ainsi engendré peut être précipité par l’alcool. Le composé forme par le chlorure d’ammonium est d’un beau violet quand il est sec; il est soluble dans l’eau, à peine alcalin, et sa solution n’est pas précipitée par l'azotate d argent. Soumis à l’ébullition, ce produit se dédoublé en ses composants, suivant les raDports 4 Az H4 Cl : 8 Az H3 : 3 Cr2 O3. Une décomposition analogue, mais moins complète, a lieu à la longue au contact de l’air. Il se dépose alors un composé yiolet insoluble, en grains arrondis,

transparents, à reflets chatoyants et renfermant Cr2 O3. 2 Az II3 12 II20, ainsi que l’indique sa décomposition par l’ébullition (Fremy).

Composés octammoniques ou roséochromiqucs.

— Le corps Cr203.2Azfl3, étant traité par les acides, donne naissance à de nouveaux dérivés, que Fremy a nommés roséochromiqucs; cette transformation se produit suivant l’équation

4 (Cr2 O3 . Az2 II6) + 12 S O4 II2 = 3 (S O4)3 Ci-2 + (S04)3Cr2 . 8 AzII* + 12 H2 O.

Les sels roséochromiqucs se produisent directement par l’addition d’un acide à la solution de l’oxyde de chrome dans un sel ammoniacal avec excès d’ammoniaque libre (Fremy).

Chlorure roséochromique,

Cr2Cl6. SAzII3 + 2 II2 O.

— C’est le sel roséochromique qui cristallise le mieux. Il s’obtient en octaèdres réguliers suivant Fremy, et est décomposé par l’eau pure en donnant un nouveau sel, qui cristallise en beaux prismes orthorhombiques, et un composé salin plus soluble. D’après Cleve, ce chlorure se dépose peu à peu, en présence de l’acide chlorhydrique concentré, sous la forme d’une poudre cristalline et, dans l’acide chlorhydrique étendu, en prismes orthorhombiques, d’un rouge foncé, à éclat vitreux, solubles dans l’eau et inaltérables à l’air. Sa solution aqueuse est neutre; soumise à l’ébullition, elle dégage de l’ammoniaque. Les cristaux se déshydratent à 100° et se décomposent à 220°.

La formule de ce chlorure peut s’écrire Cr* Cl2 (Az* H8)4 Cl4,

car il donne facilement naissance à d’autres sels par échange de 4 atomes de chlore contre un radical acide.

11 forme un cliloroplalinate qui renferme

Cr* Cl2(Az2II8)4Cl4,2PtCl4

et qui se précipite sous la forme d’une poudre cristalline d’un rouge brun. 11 forme également un chloromercurate.

Sulfate acide, Cr2Cl2 (Az2 II8)4 (S04H)4+ 4 H2 O.

— Aiguilles déliquescentes roses, obtenues en traitant le chlorure par l’acide sulfurique concentré. L’eau pure le décompose en produisant le sulfate neutre Cr2 Cl2 (Az2 H8)4 (S O4)2 -[-2 II2 O (Cleve).

Azotate, Cr2Cl2(Az2 H8)4(Az03)4 -j- 2 H* O. — Tables hexagonales solubles dans l’eau, produites par double décomposition entre le chlorure roséochromique et l’azotate d’argent (Cleve).

Cleve a aussi fait connaître les sels roséochromiques ou octammoniques suivants ;

Bromure chloré Cr2Cl2(Az2H6)<Br< + 2H!0.

loduro chloré Cr2 Cl2 (Az2 H8)' I4 + 2H20.

Chromalo chloré Cr’Cl2( \z2H')4(CrG')2+ x H20

Bromure Cr2Br2(Az2 '!«)» Br* 4-->h20.

Chlorure bromé ... Cr2Br2 (Az’H'l'Cl1 -f- 2H50.

Sulfite bromé Cr2Br2(Az2Hli)<(S04j2-f2H20

lodure Cr2 l2 (Az2 H8)' I* — {— 2 H2 O.

Composés décammoniques ou punpunÉociinoMiques. — Ces composés, analogues aux sels purpuréocobaltiques, ont été obtenus par Jœrgensen en partant du chlorure chromeux : tous ceux qu’il a décrits renferment 2 atomes de chlore.

Chlorure purpurèoehromique,

Cr2 Cl2 (Az II3)10 Cl4.

Pour le préparer, on réduit le chlorure chromique par un courant d’hydrogène pur et sec, au roug sombre, dans un tube que l’on peut fermer après refroidissement dans le courant d’hydrogene. L’opération terminée, on aspire à travers

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