‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 384 sur 589 · CONICINE. — 519 — COPAHU (BAUME DE · texte numérisé non relu

CONICINE. — 519 — COPAHU (BAUME DE

transforme en conicine que sous 1 influence du sodium, la dibutyraldine ou son chloroplatinate donnent immédiatement, par distillation seche, une base isomérique avec la conicine, la paraconicine : C8H>7AzO = H20 + C8H>SAz.

Pour préparer la paraconicine, le meilleur procédé consiste à exposer pendant plusieurs mois au soleil une solution d’aldéhyde butyrique dans l’alcool ammoniacal. Après avoir chassé par distillation l’alcool, l’ammoniaque et l’excès de butyral, on chauffe le résidu sirupeux pendant douze heures entre 130 et 150°; après ce traitement, on distille dans la vapeur d’eau tant que les liquides condensés entraînent des alcaloïdes; on chauffe de nouveau le résidu pendant douze heures à 200° en tuhes scellés, puis on entraîne les parties volatiles par la vapeur d’eau. Les eaux alcalines, saturées par un acide, sont évaporées, les bases sont déplacées par la potasse. Après les avoir séchées sur cet alcali, on les distille dans un courant d’hydrogène. Le liquide se sépare en deux portions : l’une bouillant a 100-170°; l’autre à 205-215°.

La paraconicine bout à 108-170°. Ses densités à 0°, 15° et 90“ sont : 0,913, 0,899 et 0,842; elle est donc plus dense que l’alcaloïde naturel, elle diffère encore de ce dernier par l’absence de pouvoir rotatoire.

La paraconicine est une base tertiaire; comme telle, elle ne peut s’unir aux aldéhydes avec élimination d’eau, et ne forme, avec l’iodure d’éthyle, qu’un iodure quaternaire dont l’hydrate est peu stable. Ces différences fonctionnelles la séparent nettement de la conicine. Les réactifs généraux des alcaloïdes, tels que le tannin, l’iodure ioduré de potassium, l’acide phosphomolybdiqueet l’acide picrique donnent, avec la paraconicine, les mêmes réactions qu’avec la conicine; il n’en est pas tout à fait de môme avec les chlorures de mercure et d’or, ni l’azotate d’argent. Ses propriétés vénéneuses sont énergiques.

Hydrate d’élhylparaconium. — Liquide trèsalcalin et très amer, obtenu par l’action de l’oxyde d’argent et de l’eau sur l’iodure correspondant; il se décompose par la concentration, même dans le vide, et absorbe l’acide carbonique en donnant un sirop.

Chloroplatinate d’éthylparaconiwn,

[C8 H15 Az . C* H8 Cl]1 Pt Cl*.

— - Précipité cristallin peu soluble; sa solution se décompose à l’ébullition, en donnant une résine basique et on répandant une forte odeur butyrique.

La formule

CH3-CH*-CH3-CH^az

exprimerait, selon Schiff, la constitution de la paraconicine [H. Schiff, Ann. Chem. Pharm., t. CLVII, p. 352; Deutsch.cliem. Gesellsch., 1870, p. 946, et 1872, p. 42].

Paradiconicine, CI8H!7Az.— Cette base se forme par l’action de la chaleur sur la paraconicine : 2C8H,5AZ— AzH8 = C16H,7Az, ou encore par la distillation sèche de la tétrabutyraldine. Dans la préparation de la paraconicine, elle se rencontre dans les produits bouillant à 205-215°; on peut la purifier par précipitation fractionnée de son chloroplatinate.

La paradiconicine est un liquide huileux bouillant vers 210°, d’une densité de 0,915, plus soluble dans l’eau à froid qu’à chaud. Elle réduit les sels d’argent et d’or à 100°. Les sels de paradiconicine sont incristallisahles [II. Schiff, loc. cit.l.

Selon Hofmann, une base présentant les caractères de la conicine se forme dans la réaction de l’ammoniaque sur le bromure de butylène;

d'après sa préparation, elle devrait répondre à la formule d’une dicrotonylamine (C4 H7)5 Az H fA.-W. Hofmann, Deutsch. chem. Gesellsch., 1879, p. 990].

Constitution. — Les propriétés vénéneuses de la conicine, sa grande stabilité et la formation de dérivés iodés avec le periodure de potassium et l’iode libre, doivent faire regarder la conicine comme un dérivé pyridique. De même que la pipéridine et la nicotine sont des hydrures pyridiques, de même la conicine serait l’hydrure d’une collidine. En admettant que la collidine, d’où elle dérive, fût une triméthylpyridine, sa formule serait

C H* - Az H — C (C II3

i H! - C H (C H3) - <ï (C II3) fl).

A. Etard.

CONIFKRIXE. — Voyez Vanilline, Appendice, t. Ill, p. 645.

COXIFÉRYLIQUE (ALCOOL). — Voyez Vanilline, Appendice, t. III, p. 646.

CONLMA (RESINE). — Stenhouse et Groves ont étudié récemment la résine de ce nom qui est formée par Vlcica heptaphylla (Aubl.), arbre de la Guyane anglaise. Cette résine, d’une odeur balsamique agréable, contient une essence, une matière cristallisée et des corps amorphes.

L’essence, extraite par la vapeur d’eau et purifiée par distillation sur le sodium, est formée en très grande partie par un hydrocarbure, le conimène C15II34, bouillant à 264°, doué d’une odeur agréable.

La matière cristallisée, ïicacine, forme environ 1/5° de la résine; elle se dépose directement au sein de la solution de la résine dans 6 p. d’alcool bouillant, et est facile à purifier par des cristallisations dans le pétrole et finalement dans l’alcool.

L’icacine est en aiguilles soyeuses d’un blanc éclatant, de la formule C4,iII760, fusibles à 175°, insolubles dans l’eau, très solubles dans la benzine, l’éther, le sulfure de carbone. Elle ne s'unit pas aux alcalis et ne s’y dissout pas ; l’acide sulfurique la détruit.

Les eaux mères de l’icacine renferment une résine jaune, incristallisable et très soluble [Stenhouse et Groves, Liebig's Ann. Chem., t. CLXXX, p. 253].

Il se peut que la résine conima soit identique avec la résine icica étudiée par Scribe (t. II, p. 86) et que l’icacine se confonde avec le bréan cIg Scribe

COXQUINIXE. — Voyez Qüinidine, t. II, p. 1283.

COPAIIU (RAUME DE). — Voyez t. I. p. 974. D’après Strauss, le baume de copahu ne renferme pas toujours les mêmes substances. Le copahu de Maracaîbo possède une densité de 0,990 à 15°. Traité par la soude, il se sépare en deux couches; l’une d’elles est formée d’essence qui bout à 250-260° et possède une densité de 0,921 à 10°. L’acide azotique la colore en rouge et la transforme en une résine C20H32 dont la densité de vapeur est de 9,5. La seconde est formée de métacopahuvate de sodium. L’acide chlorhydrique en précipite l’acide eh flocons blancs qui sont solubles dans l’alcool et s’en déposent sous forme de lamelles cristallines. Cet acide est bibasique, sa formule est C22 II34 O4. Il fond à 205-206°. Les sels argentique et cuivrique renferment 1 molécule d’eau. L’acide métacopahuvique est probablement identique avec l’acide que Werner a retiré du baume de gurgu [E.

(1) Cet article était composé lorsque M. Hofmann a publié \ Deutsch. chem. Gesellsch., 1881, p. 705] un travail où il attribue, d’après de nouvelles analyses, à la conicine la formule C8H'7Az=(C8H">) AzH.

COPALCHINE.

— 520 — CORALLINE

Strauss, Ann. Chem. Pharm-, t. CXXVIII, p. 148; Bull. Soc. chim., t. XI, p. 502J.

Le copahuvène, partie principale de l’essence do copahu, chaude à 280° avec de l’acide iodhydrique, fournit del’hydrure d’amyle, de l’hydrure de décyle C10H*2, et un carbure C15H32 [Bertlielot, Bull. Soc. chim., t. XI, p. 30].

COPALCHINE. — Matière amère de l’écorce de Croton Pseudochina. Elle n’est pas précipitée par l’acétate de plomb, mais par le tannin. Soluble dans l’alcool et le chloroforme, peu soluble dans l’éther et dans l’eau. L’acide sulfurique la colore en rouge. Ce n’est pas un glucoside [F. Mauch, jeune. Vierteljalirschr. prakt. Pharm., t. XVIII, p. 161 J.

COPTINE. — Nom donné par E.-Z. Gross à un alcaloïde incolore qui accompagne la berbérine dans la racine de Coptis trifolia (Salisbury) ( Helleborus trifolius, L.). La coptine donne, avec l’iodomercurate de potassium, un précipité cristallisé. Elle se dissout dans l’acide sulfurique, sans coloration à froid; à chaud la solution devient pourpre [Jaliresb. Chem., 1874, p. 914].

CORALLINE. — Nous désignerons sous le nom de coralline la matière colorante qui se forme par l’action de l’acide oxalique sur le phénol, en présence de l’acide sulfurique, réaction très complexe, qui donne naissance à plusieurs corps différents.

Dans cet article nous étudierons, outre la coralline, dont la préparation industrielle a été décrite t. II, p. 823, les matières colorantes analogues, comme Vaurine, l’acide rosolique, et celles qui se trouvent dans la coralline commerciale, et qui ont été isolées par Zulkovvsky. Sous le nom d’aurine, nous désignons le corps qu’ont obtenu Dale et Schorlemmer, en purifiant la coralline commerciale, ou bien en faisant agir, à basse température, l’acide oxalique sur le phénol chimiquement pur, ou encore en faisant agir l’acide azoteux, d’après la méthode de Wanklyn et Caro, sur la pararosaniline.

L’acide rosolique est le corps obtenu par l’action de l’acide azoteux sur la rosaniline ordinaire.

Kolbe et Schmitt donnent les proportions suivantes comme devant produire les meilleurs rendements en coralline. Ils chauffent, durant cinq à six heures, à 140-150°, 1 partie d’acide oxalique cristallisé, 1 p. 1/2 de phénol et 2 p. d’acide sulfurique. D’après Frésenius, le rendement en coralline est de 16 à 17 % de la quantité de phénol employée.

Théoriquement, cette quantité d’acide sulfurique est beaucoup trop forte pour la transformation du phénol en acide phénylsulfureux. D’après les recherches de Zulkowsky [Liebiq's Ann. Chem., t. CXCIV, p. 114; t. CC1I, p. 179], on peut obtenir un rendement de 70 °/0 de la quantité de phénol employée en se servant d’acide oxalique déshydraté et en prenant les proportions suivantes : 100 p. de phénol, 50 p. d’acide sulfurique à 66°, et 15 à 16,6 p. d’acide oxalique déshydraté. On ajoute au phénol l’acide sulfurique par petites portions, afin d’éviter un trop grand dégagement de chaleur, puis on y introduit l’acide oxalique et l’on chauffe le ballon, muni d’un réfrigérant ascendant, au bain de sable à 120-130°. L’acide oxalique se dissout à cette température; on maintient cette dernière constante entre 125-130° durant vingt-quatre heures, c’est-à-dire jusqu’à ce que tout dégagement gazeux ait cessé et que, par le refroidissement, le contenu du ballon forme une masse épaisse fortement colorée. Le produit de la réaction étant alors versé dans de l’eau, la coralline se précipite à l’état de résine mordorée; on la fait bouillir à plusieurs reprises avec de l’eau bouillante. Le liquide décanté peut fournir, par

un traitement convenable, une nouvelle quantité de coralline.

Commaille [Monit. scientif. (3), t. III, p. 48 et p. 902, Compt. rend., t. LXXVII, p. 678] a trouvé que la proportion d’acide oxalique est d’ordinaire beaucoup trop grande.

Pour isoler la matière colorante de la coralline brute, obtenue parle procédé à l’acide oxalique, Fresenius [Journ. prakt. Chem., t. V, p. 184, Bull. Soc. chim., t. XVI, p. 375] fait bouillir la coralline avec de l’eau jusqu’à disparition de l’odeur du phénol; après refroidissement, il filtre et épuise le résidu, mélangé avec de la magnésie calcinée, à diverses reprises par de l’eau bouillante. La solution filtrée est traitée par du chlorhydrate d’ammoniaque ; il se précipite une résine d’un beau rouge carmin, qui est séparée par le filtre, lavée avec une solution concentrée de sel ammoniac, enfin décomposée par l’acide chlorhydrique.

La matière colorante, ainsi obtenue, cristallise dans l’alcool en longues aiguilles entrelacées, d’un rouge cramoisi; cristallisée dans l’acide acétique, elle est en prismes verts avec reflets métalliques. Elle fond à 156°.

D’un autre côté, Dale et Schorlemmer f Deutscli ■ cliem. Gescllsch., 1871, p. 971; Bull. Soc. chim., t. XVI, p. 374] ont isolé du produit commercial une matière colorante différente, infusible à 200°, qu’ils ont étudiée sous le nom d’aurine et que nous allons décrire plus loin.

Zulkowsky ( loc . cil.) a cherché à isoler les différents principes constituant la coralline brute. II a employé la méthode de purification adoptée par Gracbe et Caro pour extraire l’acide rosolique pur du produit obtenu par la décomposition de la rosaniline par l’acide azoteux. La coralline est dissoute dans de la soude caustique, et cette solution est saturée de gaz sulfureux, puis additionnée d’eau; les corps résineux se précipitent, tandis que la matière colorante reste en dissolution. La quantité de résine s’élève jusqu’à 70 °/0 de la coralline.

Zulkovvsky appelle cette résine acide pseudorosolique et pense que ce corps, décrit plus loin sous ce nom (corps E), est identique avec la matière colorante obtenue par Liebermann et Schvvarzer au moyen de l’aldéhyde salicylique, et sur lequel nous allons revenir plus loin. Mais, indépendamment de cette résine, la coralline du commerce renferme, d’après Zulkowsky, d’autres corps qu’il a cherché à isoler en employant le procédé suivant :

Le liquide, d’où s’est précipité l’acide pseudorosolique, laisse toujours déposer, après un repos plus ou moins long, une nouvelle quantité de cette résine. On chauffe la solution à 70-80°, et l’on précipite, par l’acide chlorhydrique concentré, les corps cristallisés qui ont été dissous par le bisulfite de sodium; il se dégage de l’acide sulfureux, et il se précipite une masse de consistance résineuse, colorée en rouge minium, et formée d’une combinaison des corps cristallisables avec de l’acide sulfureux. Après le refroidissement, le dépôt est séparé par décantation, pulvérisé, lavé à l’eau, ensuite séché à une douce chaleur et chauffé finalement à 120°, jusqu’à ce qu’il ne dégage plus de gaz sulfureux. La coralline fournit environ 30 0/o de ce corps. Pour en séparer les principes constituants, on le dissout dans de l’alcool à 60 %• La solution alcoolique, qui est brune, laisse déposer, au bout de quelques jours, des cristaux formés d’un mélange de deux corps, dont l’un cristallise en aiguilles douées de reflets métalliques verts, et dont l’autre se présente en aiguilles d’un bleu violet. Le premier est le corps A de Zulkowsky.

Les eaux mères d’où se sont déposés ces cris-

Page 1