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C23 H25 CIO

[Zulkowski, Ann. Chem. Pharm., t. CCII, p. 203]. Lorsqu’on fait passer dans une solution alcoolique de méthylaurine saturée un courant d’acide sulfureux, il se forme un précipité amorphe rouge carmin, qui se dissout en partie dans l’eau et qui perd, chauffé à 100°, de l’eau et de l’acide sulfureux.

L’oxydation de la méthylaurine par le manganate de potassium n’a pas conduit à des résultats concordants.

Corps JJ. Nommé par Zulkowsky acide rosolique rouge grenat ou aurine. On l’obtient en grands cristaux très brillants, rouge grenat à reflets bleuâtres. Il se dissout dans l’alcool avec une coloration rouge -jaunâtre ; mais par les alcalis la solution devient rouge carmin. Il ne renferme pas d’eau de cristallisation et peut être chaufféà2ÜU°sans fondre. Sa formulecstC19 Hu O3.

Le leuco-dérivé s’obtient facilement ; il se laisse oxydor plus facilement que le leuco-dérivé de la méthylaurine.

Corps C, ou aurine oxydée, C19H1606. — Aiguilles violettes. La solution alcoolique possède une coloration jaune-brunâtre ; les alcalis la font passer au rouge carmin. Ce corps se dissout facilement dans l’alcool à 50 % bouillant, et cristallise de cette solution par le refroidissement. Chauffés à 130°, les cristaux deviennent verts et prennent un reflet mordoré; à ISO", ils fondent partiellement et l’on obtient une masse cassante, d’un beau vert à reflets mordorés. Ce corps se décompose à 100°. Séché sur l’acide sulfurique, il renferme Ci9H'«08 ou C>9H‘*03 -j- II20. Par réduction, il fournit le même leuco-dérivé que les cristaux grenats.

L’aurine oxydée ne paraît pas être un des principes de la coralline commerciale: elle s’est probablement formée pendant les traitements. Elle se décompose comme si elle renfermait les éléments de

En effet, par l’action de l’alcool bouillant ou par l’hydrogène naissant, elle se convertit en leucoaurine; par l’action de l’acide sulfureux, de l’anhydride acétique, elle forme des dérivés de l’aurine.

Zulkowsky a pu l’obtenir d’ailleurs par oxydation de l’aurine, au moyen du manganate de potassium. Récemment, le même auteur a constaté la formation de l’aurine oxydée par l’action de l’oxygène sur une solution alcalisée d’aurine [Monatshefte für Chem. t. I, p. 782],

Corps D, acide leucorosolique. — Il a pour formule C20 H18 O3 et se présente en cristaux d’un rouge clair. Par oxydation avec du manganate de potassium, la solution alcaline de ce corps ne se transforme pas en acide rosolique. Le produit de l’oxydation ne cristallise pas dans l’alcool à 60 %, mais se précipite sous forme d’une poudre rouge clair amorphe.

Corps E, acide pseudorosolique. — C’est une matière résineuse formant la majeure partie de la coralline commerciale. Préparée récemment, elle constitue une masse compacte, plus ou moins colorée en rouge et qui fond facilement ; par exposition à l’air, elle se colore de plus en plus et prend un aspect mordoré. Les alcalis dissolvent ce corps avec une coloration rougeviolet qui devient excessivement intense par les oxydants, comme le ferrocyauure de potas-

CORALLINE

sium ou le manganate de potassium (1). L’analyse de ce corps n’a pas donné de nombres concordants. Le produit d’oxydation , par l’action du manganate, forme une poudre amorphe rouge, infusible à 140° ; sa solution alcoolique est jaunebrunâtre; c’est une matière colorante. D’après sa formule C20Il'4O4, il pourrait posséder une constitution analogue à celle des phtaléincs de Baeyer.

AuniNE.

Dale etSchorlemmer [ Deutsch . chem . Gesellsch., 1871, p. 574; Chem. News, 1871, p. 34 et 232; Bull. Soc. chim., t. XVI, p. 374], en essayant de purifier la coralline jaune obtenue par l’action de l’acide sulfurique et de l’acide oxalique sur le phénol, ont trouvé que ce produit est un mélange de plusieurs corps, d’où ils ont retiré une matière colorante bien définie, Vaurine. Ce corps cristallise dans l’acide acétique concentré en beaux cristaux rouges brillants, ou en petites aiguilles avec reflets bleuâtres. Pour l’obtenir à l’état de pureté, on ajoute à une solution ammoniacale d’aurine de l’alcool ammoniacal : il se précipite une combinaison d’ammoniaque et d’aurine insoluble dans l’alcool ; on la filtre, on lave avec de l’alcool, et l’on chasse l’ammoniaque soit par exposition à l’air, soit par un traitement a l’acide acétique.

Dale et Schorlemmer [Chem. News, 1872, p. 102 et 208; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 217; Liebig’s Ann. Chem., t. CLXVI, p. 129] ont comparé ce corps avec la coralline de Fresenius, qui avait été obtenue par purification de la coralline commerciale, en passant par le sel de magnésie; les deux substances ne sont pas identiques; la coralline fondant à 156°, l’aurine ne fond pas encore à 220°.

Les mêmes chimistes ont préparé l’aurine avec du phénol chimiquement pur, en maintenant la température pendant la réaction aussi basse que possible vers 100-110°, et en chauffant pendant quatre à cinq heures. La matière colorante étant précipitée par l’eau, ils l’ont épuisée par l’eau bouillante, pour la dissoudre ensuite dans la soude et la reprécipiter par un acide. Le produit cristallin est identique avec le corps obtenu à l'aide de l’alcool ammoniacal

L’aurine cristallise dans l’acide chlorhydrique concentré et chaud, en aiguilles très fines, qui retiennent encore de l’acide chlorhydrique à 110°. Cet acide précipite Taurine de sa solution dans la soude. Elle cristallise d’une solution alcoolique en aiguilles d’un rouge mat avec reflets verts. Ces cristaux retiennent de l’alcool et de l’eau. Chauffée à 200°, Taurine ne fond pas encore; mais elle a perdu toute son eau et donne alors à l’analyse des nombres répondant à la formule C'9H1403; séchée à 110°, elle renfermerait C‘9H*403 -f II2 O. L’aurine peut être considérée comme une combinaison analogue à la phtaléine du phénol :

CO2 -f 3 C« II9 O = C'9 II'4 O3 -(- 2 II2 O.

Combinaison d’aurine et de bisulfite de potassium, C19 U14 O3. S O3 II K. — Cette combinaison s’obtient en ajoutant à une solution alcoolique chaude d’aurine une solution de bisulfite de potassium, jusqu’à ce que la coloration jaunerougeâtre ait disparu. Il se précipite une poudre fine et blanche formée de lamelles rectangulaires microscopiques. Ce composé est plus soluble dans l’eau que dans l’alcool, et cristallise dans l’eau

(1) L'auteur prépare le manganate en ajoutant au permanganate uno quantité équivalente de potasse ot de l'alcool jusqu’à ce que la liqueur soit devenuo verte.

CORALLINE

chaude; à l’ébullition il se précipite de l’aurine.

Une combinaison d’aùrine et de bisulfite de sodium ou d'ammonium s’obtient d’une façon analogue.

Combinaison de l’aurine avec les acides. — L’aurine se combine avec les acides pour former des sels très stables et cristallisant très bien. Lorsqu’on fait passer un courant de gaz sulfureux dans une solution alcoolique chaude et saturée d’aurine, la solution jaune-rougeâtre disparait pour faire place à une coloration plus claire, et il se dépose une combinaison hydratée d’acide sulfureux et d’aurine. Elle forme ou des croûtes cristallines d’un rouge brique, ou des cristaux grenat , sans reflet mordoré. Ce composé , qui renferme (C19 II'4 O3)2 S O3 II2 + 4H20, peut être chauffé à 100° sans fondre; à une température plus élevée, il y a décomposition avec dégagement de gaz sulfureux et d’eau.

En saturant une solution concentrée chaude d’aurine dans l’acide acétique cristallisable par du gaz chlorhydrique, on voit le liquide se décolorer, et bientqt se précipiter des aiguilles d’un rouge clair, très brillantes, offrant la composition C'9 H'4 O3. HCl 4- G2 H4 O2 ; à l’air, ces cristaux dégagent de l’acide acétique, deviennent d’un bleu d’acier et perdent leur forme.

En dirigeant du gaz chlorhydrique dans une solution alcoolique d’aurine , on obtient des cristaux analogues aux précédents , mais plus petits. Chauffés à 100°, ils perdent de l’alcool en môme temps que leur éclat ; ensuite ils peuvent être chauffés à 200° sans se décomposer. Ce corps possède la composition C19 H14 O3, HCl.

En ajoutant de l’acide sulfurique à une solution saturée à chaud d’aurine dans de l’acide acétique cristallisable, on obtient par le refroidissement des prismes ou de larges aiguilles très brillantes; dans les mêmes circonstances il se précipite de petites aiguilles courtes, rouges, d’une solution alcoolique. Ces sels, suivant la manière de les préparer, renferment de l’acide acétique ou de l’alcool, qu’ils perdent lorsqu’on les chauffe. La poudre rouge qui reste est décomposée par l’eau en acide sulfurique et en aurine.

Il se forme une combinaison analogue avec l’acide azotique ; elle cristallise très bien.

Si Ton chauffe Taurine avec l’anhydride acé tique à une température élevée, il ne se forme pas de produit acétylé, mais on observe une réaction complexe. A froid ou en chauffant au bainmarie, on obtient un produit d’addition d’aurine avec une molécule d’anhydride acétique. Ce produit renferme C19II1403 -f- (C2H30)s0; il cristallise dans l’alcool en tables incolores et fond à 159-160°. Il est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool froid, très soluble à chaud ; il se transforme de nouveau en aurine avec la plus grande facilité (Graebe et Caro).

Tétrabromaurine, C19 II'9 Br4 O3. — On ajoute à un mélange d’acide acétique cristallisable et de brome, en excès, une solution saturée d’aurine dans l’acide acétique. 11 se précipite, au bout de quelque temps, des cristaux de tétrabromaurine sous foi’me de lamelles bronzées, brun-verdâtre.

Combinaison de Vaurine avec l'ammoniaque. — Ce composé, qui renferme C19H'403(Az II3)2, s’obtient facilement en saturant d’ammoniaque une solution alcoolique et concentrée d’aurine. Il cristallise sous forme de belles aiguilles d’un rouge foncé avec reflets métalliques bleus ; à l’air, il perd de l’ammoniaque

Action de l’ammoniaque sur Vaurine. — L’aurine, chauffée avec de l’ammoniaque à 140°, se transforme en corallino rouge [voyez Industmb du phénol, t. II, p. 825] qui teint la laine et la

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