I2 + K202 = 2KI + O
Les chlorures de potassium et de sodium agissent de même, mais beaucoup plus lentement et sans qu’on puisse constater la mise en liberté de l’élément halogène.
Réactions diverses. — Struve a fondé un procédé de recherche de l’eau oxygénée sur la transformation de l’oxyde de plomb en peroxyde. On ajoute à 100cc de l’eau à essayer 3 gouttes d’une solution alcaline d’oxyde de plomb, et, au besoin, quelques gouttes de sous-acétate de plomb. On recueille le précipité sur un filtre et on y caractérise le bioxyde de plomb en le traitant par l’acide acétique et l’iodure de potassium amidonné [Compt. rend., t. LXVIII, p. 1551].
L’eau oxygénée colore en rouge une solution de
sulfate ferreux additionnée de sulfocyanate de potassium (Weltzien).
L acide titauique dissous dansdacide sulfurique étendu est coloré en jaune ou en orangé par le peroxyde d’hydrogène. Le produit de réduction violet de l’acide titanique est de môme coloré en orangé. L’acide molybdique donne une réaction analogue ; l’oxyde bleu est d'abord décoloré avant d’ôtre transformé dans la modification jaune [Scliœne, Zeilschr . anal. Chem., t. IX, p. 41].
Dosage. — Houzeau effectue ce dosage en employant une solution titrée d’acide sulfurique et de l’iodure de potassium. On chauffe pour chasser l’iode mis en liberté et on titre ensuite les liqueurs par une solution alcaline titrée : la perte du titre résulte de la neutralisation d'une partie de l’acide par la potasse provenant de la décomposition de l’iodure [Compt. rend., t. LXV1, p. 46].
Hamel emploie une solution titrée de permanganate et mesure l’oxygène dégagé pendant sa décomposition par l’eau oxygénée [Compt. rend., t. LXXVI, p. 1023]. Cet oxygène représente la totalité de l’oxygène du peroxyde d’hydrogène. Le volume d’oxygène est donc double de celui que fournit l’eau oxygénée lorsqu’elle est décomposée par le peroxyde de manganèse. Ed. Willm.
ÉLIliCÈlt l.\E, C80H48O2. — Avant d’épuiser l’écorce de dita par l’alcool bouillant pour on extraire les alcaloïdes, on l’épuise par le pétrole léger. En évaporant le pétrole, on obtient un extrait dont le poids s’élève à 3 °/„ de l’écorce employée et qu’on traite par l’alcool bouillant tant que celui-ci se trouble par refroidissement. Les solutions alcooliques ainsi obtenues laissent bientôt déposer une résine élastique, soluble dans le chloroforme et la benzine en se gonflant, insoluble dans la potasse et renfermant C-sH,,0Os. Cette résine a reçu le nom d'échicaout chine [O. Hesse et J. Jobst, Liebig’s Ann. Chem., t. CLXXV1II, p. 40].
Les eaux mères de l’échicaoutchine ne tardent pas à laisser déposer une abondante cristallisation blanche, mélange d’échicérine et d’cchitine; en mettant à profit la faible solubilité de l’échitine dans le pétrole, comparée à celle de l’échicérine, on sépare facilement ces deux corps, puis on les purifie par cristallisation dans l’alcool.
L’échicérine est un corps neutre, fusible à 175° et restant après cela amorphe ; elle est dextrogyre : en solution éthérée [a]D = -f- 63°, 75; en solution chloroformique [a]u = -f- 05", 65. Ses solutions alcooliques bouillantes ladéposent en petites aiguilles étoilées, presque insolubles dans l’alcool froid, très solubles dans l’éther, la benzine, le chloroforme et le pétrole, insolubles dans l’eau, les acides et les alcalis étendus. La potasse fondante et la potasse alcoolique paraissent sans action sur l’échicérine. L’acide sulfurique concentré la dissout et parait former un dérivé sulfoné (O. Hesse).
La broméchicérine C30H*7BrO! se forme par l’action du brome en solution chloroformique. Ce dérivé cristallise dans l’alcool.
A eide ickicérique, C* 1 II*6 O*. — Il se forme à la longue par l’action simultanée de l’air et du sodium sur les solutions pélroliquos iféchicérine. Inrristallisable; sels mal déduis (J- Jobst et O Hesse). A. Ettird.
ÉC1I l K ÉTINE, C35H56 O2. — Extraite des eaux mères de l’échitéine par cristallisation fractionnée de celle-ci, i’échirétine est un corps neutre, fusible à 52", soluble dans l’éther, le chloroforme et le pétrole, ainsi que dans l’alcool et l’acétone bouillants. Il est neutre et insipide. Pouvoir rotatoire : [a] « = + 54°, 82 en solution éthérée [J. Jobst et O. Hesse, loc. cil.).
LXHITAMIXE, C22U28Az20* + <H!0. —
ÉCHITÉI.NE. - 675 - E1K0SYLÈNE.
Comme laditamine, cet alcali se trouve dans l’écorce de VEchites scholaris; on l’extrait des eaux mères alcalines de la ditamine (voyez ce mot) en neutralisant ces eaux par l’acide acétique, et en concentrant de façon à n’avoir, en liquide, qu’un quinzième ou un vingtième du poids de l'écorce primitive. On ajoute alors un peu d’acide chlorhydrique et du sel marin tant qu’il se forme un précipité; après avoir lavé celui-ci à l’acide chlorhydrique concentré, on le fait cristalliser dans de l’eau chargée de cet acide. En décomposant le chlorhydrate d’échitamine par la potasse solide, et en enlevant la base ainsi mise en liberté par l’éther ou le chloroforme, on obtient, par évaporation de ces dissolvants, de l’échitamine amorphe, identique avec la base désignée par Harnach sous le nom de ditaïne.
L’échitamine cristallise de ses solutions dans l'alcool concentré ou l’acétone en prismes brillants, perdant trois de leurs molécules d’eau à 80° et la quatrième à 150”.
L’eau et l’alcool dissolvent l’échiiamine ; récemment précipitée, elle se dissout dans l’éther et le chloroforme; peu soluble dans la benzine, elle ne se dissout pas dans l’essence de pétrole. L’échitamine possède une réaction fortement alcaline.
Le chlorhydrate d’échitamine, soumis à l'ébullition avec de l'acide chlorhydrique, se transforme en une base dont le chlorhydrate reste en solution et peut réduire le tartrale cupropotassique à la manière d’un sucre. Cette base est complètement précipitée de sa solution acide par l'acide phosphotungstique [O. Hesse, Deutsch. cliem. Gesellsch., 1880. p. 1841].
Hydrate d'échitamine, C**H*8Az* O* -j- 11*0.
— Cet hydrate s’obtient par la dessiccation à 80° de l’échitamine à 4 molécules d’eau ; en raison de la température élevée à laquelle il perd son eau, O. Hesse le regarde comme un hydrate d’ammonium.
L'hydrate d’échitammonium fond à 200", en se décomposant ; jl est lévogyre. L’acide sulfurique concentré et l’acide azotique le colorent en rouge pourpre passant au vert intense; le brome le précipite eu flocons jaunes.
Le chlorhydrate, C**Hs8Az*0*,HCl, est un sel cristallisé en aiguilles incolores brillantes; il est peu soluble dans l’eau froide, complètement insoluble dans l’acide chlorhydrique concentré et dans les solutions de sel marin.
Chloroplatinate d’échitamine ,
[C*2 H*8 Az* 0‘, HCl]* Pt Cl* + 3 H* O.
— Précipité jaune floconneux.
Le chloraurale est un précipité amorphe jaune brun.
Le bromhydrate, C2* H58 Az* O*, H Br -f- 2 H* O, cristallise en aiguilles incolores, et se dissout encore plus diflicilement que le chlorhydrate dans l’eau et dans l’acide bromhydrique.
Hicarbonate, C**HS8Az*0*,CO,H*+ 1 >4 11*0.
— On le prépare en faisant passer de l’acide carbonique dans la solution éthérée de la base; il perd son acide carbonique à 100-110°.
L' oxalate d’échitamine est très-soluble dans 1 eau et peu soluble dans l’alcool absolu. Le sulfate, le tartrale, l’acétate, le benzoate et le salicylate dechitamine sont solubles dans l’eau. Le ‘picrate et le tanna te sont des précipités amorphes.
Les solutions d’échitamine se colorent à l'air en s oxydant ; la base monohydratée absorbe 1 oxygène quand on la chauffo a 100-110°; on obtient ainsi une oxyéchitamine peu soluble dans 1 eau, très soluble dans l’acide chlorhydrique et dans l’alcool, dont les sels sont iucristallisablcs très altérables et amers [O. Hesse, Liebig’s Ann. Chem., t. CGIII, p. 144]. A. Étard.
EC1UTE1NE, C**U-0O*. - Les eaux mères
j alcooliques primitives de l’échicérine et de l’échitine, soumises à l’évaporation à 50°, laissent dé- 1 poser une masse semi-fluide qu’on sépare et qu'on dissout dans l’acétone bouillante. Cette solution fournit d’abord de l’échicérine et de l’échitine; on obtient ensuite de l’échitéine, et finalement, dans les eaux mères de celles-ci, de l’échirétine.
L’échitéine est un corps neutre, inattaquable par la potasse. Elle est anhydre et fond à 195° pour cristalliser de nouveau à 168°; elle se sublime en aiguilles déliées.
L’échitéine cristallise dans l’alcool en aiguilles légères, rhombiques, très solubles dans l’éther et le chloroforme. La solution éthérée est dextrogyre, [a]n =88°. On connaît un dérivé tribromé de l’échitéine, C*! H81 Br3 O*, fusible à 150°, soluble dans l’alcool bouillant, l’éther et le chloroforme [J. Jobst et O. Hesse, Liebig’s Ann. Chem., t. CLXXVIII, p. 49].
ECHITKXl.VE, C20II*7AzO*. — Les eaux mères acides et chargées de chlorure de sodium, d’où l’échitamine s’est précipitée, cèdent cet alcaloïde au chloroforme L’échiténine eslamorphe, fond au-dessus de 120“ et se dissout dans l’alcool, le chloroforme et l'éther; l’acide sulfurique concentré la colore en rouge violacé, l’acide azotique en rouge pourpre, passant au vert, puis au jaune. L’ammoniaque et la soude la précipitent de ses solutions concentrées. Les sels d’échiténine sont amorphes.
Le chloroplatinate est un précipité jaune.
Le chloromercurate d'échiténine,
[C*° H*7 Az O*. H Cl]* 11g Cl* 2 H* O,
est un précipité pulvérulent jaune pùle [O. liesse, Liebig’s Ann. Chem,, t. CCI11, p. 144].
ECHIT1XE, C3*H5S0S. — Cette substance, dont la préparation a été indiquée à propos de l’èchicérinc, cristallise en lamelles blanches, presque insolubles dans l’alcool froid et moins solubles que l’échicérine dans l’éther, l’acétone et le pétrole. Elle est dextrogyre, [aju = 72°, 72 en solution éthérée. L’échicérine est un corps neutre, anhydre, fusible à 172". Son dérivé monobromé, C32HslBrOs, est soluble dans l’alcool et fond à 100° [J. Jobst et O. Hesse, Liebig's Ann. Cliem., t. CLXXVI1L p. 49].
EIKOSYLEXE, C*°H38. — Ce carbure d’hydrogène se forme lorsqu’on distille sur du sodium le chlorure C*°H39C1. Ce chlorure dérive de la paraffine des lignites. Pour préparer le carbure, on chauffe la paraffine à 250“ avec du sodium pour enlever les composés oxygénés, puis, après avoir fait cristalliser le produit dans l'alcool, on le traite par le perchlorure de phosphore. Cette opération s’effectue dans un ballon fermé par un bouchon à trois trous, et communiquant d’une part avec un réfrigérant, de l’autre avec un ballon renfermant le pentachlorure de phosphore; dans le troisième trou, on introduit un thermomètre. On chauffe la paraffine à 170" et l’on ajoute peu à peu 2 p. de perchlorure de phosphore. Vers la fin de l’opération, on élève la température à 200". Le contenu du ballon devient liquide; on refroidit alors à — 15" pour enlever la paraffine et on sépare par filtration à — 15" un liquide qui bout entre 225-230° et qui correspond à la formule C*° H39CI. Celui-ci, distillé à plusieurs reprises sur du sodium, perd de l’acide chlorhydrique et donne une fraction bouillant à 314-315°. C’est Veikosylène liquide C20 ll:i8. Ce carbure possède une densité de 0,x|81 à 24". Lorsqu’on veut prendre sa densité de vapeur à 440”, il se décompose. 11 possède les propriétés des oléfines et se combine avec avidité aux halogènes.
Üichlorure, Cso Hi8Cl?. — Ce composé est une
EKABORE.
huile jaunâtre d’une densité de 1,013 à 24°. Il se forme lorsqu’on fait passer un courant rapide de chlore dans une solution d’eikosylène dans le tétrachlorure de carbone.
Dibromure, C*°HïsBr*. — Il se forme lorsqu’on ajoute du brome à une solution éthérée d'eikosylène. 11 constitue une huile lourde jaunâtre [Lippmann et Hawliczek, Deutsch. chem. Gesellsch , 1879, p. 69 j Bull. Soc. cliim., t. XXXII, p. p 17]. M. Wassermann.
EK A BORE. — Ce nom avait été donné par Mendéléeff à l’élément inconnu correspondant à la lacune de la série du bore, dans sa classification dns corps simples. D’après Clève, cet èkabore n’est aiure que le scandium de Nilson.
EKDEi.MTE (Min.). — Chloroarséniate de plomb, 5 Pb O, As2 Os, 2 Pb Cl*.
0< taèdres carrés jaunâtres, à un axe optique et à clivage basique, engages dans un calcaire magnésien de Langben (Suède).
ELÆOCOCCA. — L ’Elœococca vernicia, ou arbre à huile de la Chine, est une plante de la famille des Euphorbiacées dont les graines fournissent, par expression, une huile incolore, inodore et peu sapide. La densité de cette huile est de 0,936; assez lluide à la température ordinaire, elle s’épaissit à — 18“ sans cristalliser. En épuisant les graines d’élæococca par l’éther, on prut obtenir 41 “/„ d’huile liquide; mais si on remplace ce dissolvant par le sulfure de carbone, celui-ci agitcomme modificateur isomériqueeton obtient un corps gras solide fusible à 34° possédant la même composition que l’huile ci-dessus.
La lumière, surtout dans la partie la plus réfrangible du spectre, agit sur l’huile d’élæococca et la solidifie en un ou deux jours sans changement de composition. Outre cette mobilité de propriétés physiques l’élæococca, qui est la plus siccative des huiles, s’oxyde quand on la chauffe à l’air; son point de fusion s’élève à 200“, en même temps qu’elle devient à peine soluble dans l’éther et le sulfure de carbone.
L’huile d’élæococca liquide, traitée à l’abri de l’air par une solution alcoolique de potasse au cinquième, se saponifie en donnantdela glycérine et deux acides gras. L’un de ces acides, l’acide élœomargarique ou margarolique, est solide et peut être séparé d’un acide liquide qui raccompagne, l’acide élœolique, par la pression entre des doubles de papier buvard; on achève la purification par quelques cristallisations dans l’alcool. L’acide élœomargarique peut encore être obtenu en laissant refroidir le produit de la saponification par la potasse alcoolique; on obtient ainsi des cristaux d’élæomargaratc de potassium, purs après une recrislallisation dansl’alcool. Pour obtenir l’acide élœolique, il convient de transformer les acides liquides, résidus des préparations précédentes, en sels decalcium ou de plomb qu’on épuise ensuite par l’éther. Les élæolates métalliques étant seuls solubles dans ces conditions, on peut obtenir leur acide à l’état de pureté en le déplaçant par un acide minéral.
Acide élœomargarique, G 11 11 30 O1. — Cet acide existe dans l’huile d’élæococca à l’état de triélasi-margarine associée à 25 % environ d’oléine ordinaire. C’est un acide non saturé, oxydable à l'air, même à la température ordinaire; il appartient à la série de l’acide sorbique à titre d’homologue supérieur, et se place entre les acides palmitolique et stéarolique.
L’acide élœomargarique cristallise en lamelles rhomboîdales; il fond à 48°; il est soluble dans l’eau et très soluble l’éther, le sulfure de carbone et l’alcool.
De même que le glycéridc dont il denve par saponification, l’acide élœomargarique se modifie avec une extrême facilité sous l’influence des
ELLAGIQUE (ACIDE).
agents physiques. Si on l’expose, en solution sulfocarbonique, à la iumière il se transforme sans se précipiter; mais si on chasse le dissolvant, on constate que le point de fusion a monté de 48° à 71°. La solution alcoolique donne les mômes résultats : exposée à la lumière, elle se remplit très rapidement decristaux; commele produit précédent, ces cristaux fondent à 71“ ; ils constituent un isomère, V acide élœostéarique, probablement polymère de l’acide élæomargarique.
La chaleur agit également sur l’acide élæomargarique; celui-ci étant maintenu en tubes scellés dans une atmosphère d’azote pendant vingt heuresà 175° se transforme eu un acide liquide, l’acide élœolique, isomère des deux précédents. Ce fait explique comment il se fait qu’on ne puisse reconstituer de l’élæomargarine à l’aide de la glycérine etde l’acide libre; on n’obtient, dans ce cas, que de Pélæolèine, le glycéride de l’acide liquide, seul stable à la température de la réaction.
La saponification de l’huile d’élæococca rendue solide par insolation ne donne plus d’acide élæomargarique, mais bien directement de l’acide élœostéarique fusible à 71°.
Les élæomargarates sont monométalliques. On connaît les sels de potassium et de plomb ; le premierdc ces sels, décomposé pir un excès d’eau, donne des lamelles d’un sel contenant deux molécules d’acide pour une de métal [S. Cloëz, Compt.rend, t. LXXXI, p. 649; t. LXXXU, p. 501 ; t. LXXXJII, p. 943J. A. Etard.
EI.ASTINE (voyez t. I, p. 1218). — Ililger a retiré de la coquille et du jaune des œufs de la couleuvre commune une substance qui paraît identique avec l’élastine [ Deutsch . chem. GeselGe.h' , 1873, p. 160].
EI.ÉMI. — L’amyrine, principe cristallisé de la résine élèmi (Suppl., p. 133), étant soumise à la distillation par portion de 20 grammes avec dix fois son poids de poudre de zinc dans un courant d’hydrogène, fournit les mêmes produits que la colophane ou l’acide abiétique, savoir: du toluène, de la métaméthyléihylbcnzine, de la paraméthyléthylbeuzine et de l’éthylnaphtaline [G. Ciamician. Deutsch. chem. Gesellsrh., 1878, p. 1341].
El.l. vi.ioLt: (ACIDE), Cu H6Os. — Le nom de bezonrdique, qui est synonyme d’ellagique et sous lequel cet acide est décrit, t. 1, p. 586, est de moins en moins usité.
L’acide ellagique préexiste dans un certain nombre de produits tannifères, les noix de galle, la racine de tormentille, l’écorce de racine de grenadier, la gousse dedividivi ( Cœsulpimacoria ria) (Lœwe), peut-être le castoreum (Wœhler). Il a aussi été rencontré dans l’écorce de pin Slrohmer, Monatschefte Chem., t. 11, p. 539]. I doit être considéré comme un produit d’oxydation de l’acide gallique ou du tannin, produit formé sous l’influence d’une moisissure, par divers oxydants ou directement par l’oxygène de l’air :
2C7H605 + O = C1* Il6Os + 311*0.
Ainsi, il se trouve dans le tan ayant servi au tannage des peaux TJ. Lœwe, Journ. prakt. Chem., t. CI1I, p. 464].
Le perchlorure de phosphore, l’iode [Griessmaver, Ann. Cliem. Pharm., t. CLX. p. 40], l’acide arsénique sirupeux, agissant sur 1 acide gallique, le transforment en acide ellagique. j Zwenger, enfin, a obtenu le même acide en saponifiant, à 60“ et au contact de l’air, le gallate d’éthyle par une solution aqueuse de carnonate sodique [Zwenger et Ernst, Ann. Client. Pliarm., t. CL1X, p. 27]; cette dernière réaction semble môme donner un assez bon rendement.
L’acide ellagotannique, qui abonde dans les gousses de dividivi, et qui semble aussi exister en petite quantité dans l’écorce de chêne, fournit
ELLAGIQUE (ACIDE). — 677 - ELL\GIQUE (ACIDE).
de l’acide ellagique par simple déshydratation lorsqu’on chauffe vers 110° sa solution aqueuse: (U»j|io0'o = 2H*0 -|- C“H608 [J. Lœwe, Zeitschr. analyt. Chem., 1875, p. 15].
Préparation. — On l’extrait avantageusement des gousses de dividivi. Les gousses concassées sont épuisées par l’alcool, la solution est débarrassée d’alcool par distillation et le résidu versé dans l’eau : il se précipite de l’acide ellagique impur. La solution aqueuse contient l'acide ellagotannique, que l’on transforme en acide ellagique en la chauffant à 110° en vase clos (Lœwe), ou en l’évaporant simplement à consistance sirupeuse et reprenant la masse par l’eau bouillante qui laisse à l’état insoluble l’acide ellagique formé par la déshydratation de l’acide ellagotannique. L’acide impur est épuisé plusieurs fois avec de l’alcool chaud, qui enlève des matières colorées [L. Barth et G. Goldschmiedt, Deutsch. chein. Gesellsch., 1878, p. 816]. D’après ce procédé, 30 kilogrammes de dividivi ont fourni 255 grammes d’acide ellagique précipité par l’eau de l’extrait alcoolique, et environ I kilogramme retiré ensuite de la solution aqueuse.
Propriétés. — L’acide ellagique est une poudre cristalline, jaunâtre, insipide, d’une densité do i,G6, insoluble dans l’éther, à peine soluble dans l’eau bouillante, et peu soluble dans l’alcool. Séché à l’air ou sur l’acide sulfurique, il renferme CuH608 2 H2 O; à 100”, il ne perd que très lentement son eau, mais à 110-120" il se déshydrate complètement, et ne subit alors plus de perte à 210"; l’acide anhydre CllHB08 absorbe de nouveau 2 molécules d’eau à l’air humide, et cela d’autant plus rapidement qu’il a été séché à une plus basse température. Rembold d’une part, Barth et Goldschmiedt de l’autre, auxquels on doit ces observations, n’ont donc pas confirmé le fait avancé par Schiff, à savoir que l’acide ellagique perd facilement une molécule d’eau à 100", et la deuxième vers 200" seulement [IL Schiff, l.iebig’s Ann. Chem., t. CLXX, p. 43; — Rerabold, ibid., t. CXCI1I, p. 285; — L. Barth et G. Gold-chmiedt, Deutsch. chem. Gesellsch., 1879, p. 1237].
Ellagate de sodium, CuH*0*Na* -f- HsO. — Barth et Goldschmiedt ont obtenu un sel de cette composition, en dissolvant l’acide dans la soude caustique et faisant passer du gaz carbonique dans la solution : le sel sodique se dépose alors à l’état d’une poudre jaune clair, formée d’aiguilles microscopiques réunies en faisceaux (Barth et Goldschmiedt).
Dérivé ac.étylé. — Schiff l’a obtenu en chauffant l’acide ellagique sec à 150" avec un excès d’anhydride acétique; l’addition d’une certaine quantité d’acétate de sodium facilite la réaction. Ce corps constitue une poudre jaune, à peine soluble dans l’eau, l’alcool ou l’acide acétique. Il représente d’après Schiff un dérivé tétracétylé CliH*(C*H*0)‘08. Barth et Goldschmiedt sont portés à y admettre la présence de cinq groupements acétiques.
Action de l’hydrogène naissant. — Par l’action de 1 amalgame de sodium sur une solution sodique et chaude d’acide ellagique, cet acide fournit une série de corps qui n’ont pas été complètement étudiés. L’éther enlève au produit de la réaction deux matières, dont l’une A es^jP?.cU S0*u*1'0 dans l’eau, surtout dans l'eau acidulée par l’acide chlorhydrique, l’autre B au contraire se dissolvant très facilement (Rembold)
La substance A peu soluble, l’acide rufohudroellagtque, C'* H80« (séchéà 160”), cristallise en aiguilles incolores, groupées en étoiles, qui se colorent rapidement à l’air. A 150" dans un courant d’hydrogène, il perd 9 ”/0 d’eau. Sa solution aqueuse est colorée par le chlorure ferrique
d’abord en vert, puis en rouge vineux et enfin en brun sale. 11 s’oxyde facilement au contact des alcalis et de l’air; avec l’anhydride acétique, il engendre un dérivé acétylé.
La portion B, très soluble dans l’eau, contient des substances plus altérables encore que l’acide rufohydroellagique; en la traitant, au sein de l’éther, par une nouvelle quantité d’amalgame de sodium, on parvient à isoler des aiguilles enchevêtrées, verdâtres, soyeuses, d’acide glaucohydroellagique, C“Hl0O7 (séché à 120"). La solution de ce corps est colorée en bleu, puis en vert par le chlorure ferrique [Rembold, loc. ct'G.
Cobenzl a repris l’étude de l’action de l’amalgame de sodium sur l’acide ellagique, mais sans réussir à saisir tous les produits; il signale la formation ultime du y-hexaoxydiphényle que Barth et Goldschmiedt ont obtenu par l’action de la soude [Wien. Acad. Ber., t. LXXXI1, 2e part., p. 500].
Action de la poudre de sine. — Mélangé de 15 fois son poids de poudre de zinc et distillé dans de larges tubes dans un courant d’hydrogène, à une température qui atteint à peine le rouge sombre, l’acide ellagique fournit du lluorène (diphénylène-méthane) C18II'°, en notable proportion (L. Barth et Goldschmiedt). Rembold, qui le premier a étudié les produits de cette distillation sèche, avait méconnu la nature de cet hydrogène carboné et l’avait désigné par le nom d ’ellagène, avec la formule CUH10.
Action des hydracides. — L’acide chlorhydrique concentré détruit partiellement à 280° l’acide ellagique; mais, indépendamment d’une matière noire, Barth et Goldschmiedt n’ont pu isoler que de l’acide ellagique cristallisé et anhydre, CuH60®. L’acide iodhydrique et le phosphore donnent aussi des cristaux d’acide ellagique, exempts d’eau de cristallisation, sans noircir le produit, et même à 200" on n’observe aucune réduction.
Action de la potasse. — Lorsqu’on fait bouillir l’acide ellagique pendant cinq minutes avec une lessive très concentrée de potasse, il se forme un composé de la formule CnH807 de Vhexaoxydiphénylène-acétone. Ce corps cristallise en aiguilles microscopiques, qui ne fondent pas encore à 250”, à peine solubles dans l’eau froide, peu solubles dans l’éther, très solubles dans l’alcool. Une trace d’alcali caustique colore sa solution en un jaune qui par l’agitation passe au rouge carmin. Le chlorure ferrique le colore en bleu verdâtre et donne un précipité floconneux bleu noirâtre; le sulfate ferreux produit la réaction de l’acide pj'rogallique, coloration bleue, ensuite précipité bleu foncé. L’hexaoxydiphénylène-acétone déplace l’acide carbonique du carbonate sodique. Distillée avec la poudre de zinc, elle donne du fluorène.
Ce corps n’est pas le produit ultime de l’action de la potasse; si l’on fond l’acide ellagique avec de la potasse, jusqu’à ce qu’une tâte dissoute dans l’eau et acidulée ne donne plus qu’un trouble insignifiant, qu’on dissolve alors la masse dans l’eau et qu’on agite la solution acidulée 15 ou 20 fois avec de l’éther, on obtient un corps de la formule de Vhexaoxydiphényle, C^H^O6. Pour distinguer ce composé de son isomère l’ahexaoxydiphényle que Liebermann a obtenu en traitant l’hydrocérulignone par les acides chlorhydrique ou iodhydrique ou par la potasse, on l’a désigné par la lettre p.
Le p-hexaoxydiphényle est en aiguilles blanches, noircissant vers 250" avant de fondre, peu solubles dans l’eau froide, dans l’éther et dans la benzine, assez solubles dans l’alcool bouillant. Une trace d’alcali donne à ces solutions une coloration bleu violacé qui, à l’air, passe peu à peu au
ELLAGOTÀNNÏQUE (ACIDE).
rouge sang, puis au jaune brun. Le chlorure i ferrique colore en un jaune brun intense, et la teinte vire au bleu, puis au rouge violet paraddition de carbonate de sodium. Le dérivé acétylé, obtenu avec l’anhydride acétique, fond vers 170° (Barth et Goldschmiedt).
Action de la soude. — Elle est semblable à celle de la potasse en fusion; mais, indépendamment du p-hexaoxydiphényle, on obtient une nouvelle modification de ce corps, moins soluble. Ce y-hexaoxydiphényle est en aiguilles brillantes, incolores, qui noircissent à 230° 3ans fondre. Les alcalis colorent immédiatement ses solutions en rouge sang; le chlorure ferrique donne une teinte verte, passagère, que le carbonate sodique fait passer au violet.
Les hexaoxydiphényles |3 et y chassent l’acide carbonique du carbonate de sodium. Distillés avec du zinc en poudre, ils donnent du diphényle. On trouve dans le mémoire de Barth et Goldschmiedt beaucoup d’autres réactions de ces hexaoxydiphényles, ainsi qu’un tableau comparatif des réactions des trois modifications a,
P et y.
Constitution de l’acide ellac.ique. — Les transformations si variées de cet acide s’expliquent, à notre avis, de la manière la plus simple, si l’on considère ce corps comme l’anhydride interne d’un acide hexaoxydiphényldicarbonique,
(OH)8 CGII - CO. O H 2HSQ (OH)8 CBH-CO.OII
On peut faire plusieurs hypothèses sur la manière dont cette perte d’eau s’accomplit, mais il nous semble très probable que la condensation interne porte sur un OII acide et un OH phénolique, et que par conséquent la formule suivante