OH)8 C«H<C
(OH)8 C6 H < Cq
peut représenter la constitution de l’acide ellagique. On objectera que ce corps, ne possédant plus de groupement CO'2 II, ne devrait pas former de sels ; mais nous rappellerons que les corps phénoliques, si riches en oxygène, donnent de véritables sels et déplacent l’acide carbonique des carbonates, comme c’est le cas pour le pyrogallol, l’hexaoxydiphénylène-acétone et même les hexaoxydiphényles décrits plus haut. Voir dans les mémoires de Barth et Goldschmiedt [Deutsch. chem Gesellscli., 1879, p. 1237 J une autre formule de l’acide ellagique; voir aussi une note de SchifT [ibid., 1879, p. 1533]. A. Henninger.
ELLAGOTANNÏQUE (ACIDE), C'*Hl<>0I#. — Lcewe a nommé ainsi le tannin de dividivi (gousses du Cœsalpiniacoriaria).Cest une poudre jaune dont les réactions se rapprochent de celles du tannin ordinaire. Par l’action de la chaleur, il perd de l’eau et se transforme en acide ellagique; il suffit de chauffer pendant plusieurs heures à 110° eten vase clos sa solution aqueuse pour obtenir un dépôt d’acide ellagique (voyez ce met) [J. Lœwe, Zeitschr. analyt. Chem., 1875, p. 35 J. ,
ELLEBORE. —Voyez t. I, p. 1223 et 1 57.
EBltOKITE (Min.). — Minéral massif d’un vert pomme, accompagnant la phosphochromito, à Ebroque, côte de Musquito (Indes Occidentales). AI8 O8 = 16,4, Fe808 = 13,8, SiO8 = 16,4, II2 O = 21,8, Ph205 (par différence) = 32.
Densité, 2,25 à 2,40; dureté, 6.
EMETINE, C15 II22 AzO8?. — On prépare l’émétine en épuisant par l’éther dans un appareil à reflux un mélange de racines d’ipécacuanha et de chaux en poudre. Les solutions éthérées agitées ]
ÉMU LSI NE.
avec un acide étendu cèdent leur alcaloïde à celui-ci; on n’a plus qu’à le précipiter par l’ammoniaque. Si l’acide employé pour enlever l’émétine à l’éther est de l’acide chlorhydrique, l’ammoniaque n’en précipite pas complètement la base qui est soluble dans le chlorhydrate d’ammoniaque, mais on n’a qu’à évaporer pour obtenir une masse cristalline formôo d’aiguilles de chlorhydrate d’émétine disposées en faisceaux; après une nouvelle cristallisation, ce chlorhydrate est pur.
L’émétine séchée à 100° présente la composition indiquée; Bon chlorhydrate séché à la môme température renferme C15 II82 AzO2, II Cl [A. Glénard, Compt. rend., t.LXXXI, p. 100].
Scion J. Lefort et F. Wurtz la composition de l’émétine serait différente et représentée par C2*H'°Az*0*, mais ils n’ont pas opéré sur un produit cristallisé. Ces auteurs indiquentun procédé spécial pour extraire l’émétine, qui est fondé sur l’insolubilité de l’azotate de cette base. Lorsqu’on traite l’extrait concentré d’ipéca par une solution saturée d’azotate de potassium, ii se sépare bientôt une masse résineuse d’azotate alcaloïdique qu’on lave et qu’on épuise par l’éther, après l’avoiradditionnéede chaux [J. Lefort etFr.Wurtz, Compt. rend., t. LXXXIV., p. 1299J.
D’après Podwyszotsky [Chemical Society, 1880, t. II, p. 720], l’émétine fond à 02-65"; elle est soluble dans l’éther, le chloroforme et le sulfure de carbone. L’eau la dissout peu, à moins qu’elle ne ,soit acidulée. A. Etard.
EMODINE (voyez t. I, p. 1220). — D’après les recherches de Liebermann, l’émodine, que Warren de la Rue et Millier ont retirée de la racine de rhubarbe, est identique avec l’acide frangulique du Rhamnus frangula. D’après ce même auteur, l’émodine n’est autre chose que la trioxyméthylc-anthraquinoneCn H1 (C II8) (O II)8 O2 [Liebermann, Deutscli. chem. Gesellsch., 1875, p. '--70 ; Bull. Soc. chim., t. XXV, p. 224; — Liebermann et Waldstein, ibid., 1876, p. 1775; Bull. Soc. chim, ., t. XXVIII, p. 310],
L’acide chrysophanique brut, tel qu’on le retire de la rhubarbe, renferme de l’émodine. Pour séparer ce dernier corps, on épuise le mélange par un peu de benzine; l’émodine reste non dissoute : on la purifie par cristallisation dans l’acide acétique glacial ou dans l'alcool.
On peut aussi effectuer la séparation au moyen d'une solution bouillante de carbonate de sodium dans laquelle l’émodine seule est soluble. L’acide chlorhydrique la précipite de la solution en flocons jaunes qui, après cristallisation dans l’alcool, se présentent en aiguilles clinorhombiques [Rochleder, Deutsch. chem. Gesellsch., 1869, p. 373; Bull. Soc. chim., t. XIII, p. 811.
L’émodine cristallise en aiguilles brillantes, rouge orangé, fusibles à 250°, sublimables. Elle est soluble dans les alcalis et fournit avec la chaux et la baryte des composés rouges. Chauffée avec de la poudre de zinc, elle donne de l’anthracène et du méthylanthracène (Liebermann).
Dérivés acétylés. — Lorsqu’on chauffe l’émodine avec de l’anhydride acétique, on obtient, selon la température à laquelle on opère, deux dérivés. Le premier, la monoacétyle-émodine, C,s II9 (C2 H8 O) O5, cristallise dans l’acide acétique en lamelles d’un jaune d’or, fusibles à 180". Le second, la triacétyle-émodine, G'B H7 (Ca II3 0)305. est en aiguilles d’un jaune pâle, fusibles à 190" (Liebermann). M. Wassermann.
ÉMl'LSINE (voyez t.I, p. 1226).— Schmidt indique de légères modifications dans la préparation de l’émulsine. Après avoir précipité l’émulsine par l'alcool, il dissout dans un peu d’eau, acidulé légèrement par l’acide acétique et fait passer un ] courant de gaz carbonique dans la solution pour
ERBIUM.
ÉOSINE
précipiter les matières albuminoïdes. On continue cette opération aussi longtemps quelaliqueur fournit un précipité avec le ferrocyanure de potassium et l’acide acétique, puis on précipite par l’alcool, on dissout dans l’eau et on évapore la solution dans le vide. L’émulsine forme une poudre blanche hygroscopique; sa solution dévie la lumière polarisée à gauche. Les chlorures de mercuroet de fer, les sulfates ferreux, cuivrique et zincique, ainsi que le nitrate d’argent, la précipitent de sa solution aqueuse. Sa solution glycérique ne dédouble pas l’amygdaline [A Schmidt, Thèse. Tubingue, 1871].
D’après Müntz, le chloroforme n’exerce aucune influence sur la propriété de l’émulsine comme ferment [Compt. rend., séance du 17 mai 1875].
EOSINE. — Nom commercial de la tétrabromofluorescéine, qui est employée comme matière colorante rouge.
ÉOSITE (Min.). — D’après les réactions, c’est un vanadio-molybdate de plomb en petits octaèdres quadratiques, d’un rouge aurore foncé, qui se trouve sur la pyromorphite et la cérusite à Leadhills.
Dureté, 3 a 4.
Caractères. — Attaqué plus lentement par l’acide chlorhydrique que lacrocoisc et lawulfénite.
ÉOSPIIOH ITE (Min.). — Phosphate de manganèse et d’alumine hydraté,
Ph* O5, 2 R O, Al* O9, 4 H* O,
compact ou cristallisé , transparent ou translucide, d’un rouge pèle. Poussière blanche. Se trouve dans un filon de pegmatite à Branchville, comté de Fairfield (Connecticut).
Orthorhombique; clivage A1 parfait.
EPIROUI.ANbÉRITE (Min.). — Antimoniosulfure de plomb plus riche en soufre (21 à 22 °/0 de soufre) que la boulangérite. Se trouve avec galène, pyrite, blende et mispickel à Altenbcrg (Silésie).
Eclat métallique, couleur gris bleuâtre foncé.
Densité, 6,31.
Forme cristalline. Orthorhombique7
EPICHLORHYDRINE [Syn. Glycide chlorhydrique]. — Voyez Glycide, 1. 1, p. 1597, et Suppl.
ÉPIGENITE (Min.). — Arséniosulfure de cuivre et de fer, 6 RS. Az*S5, R = Fe,Cu, avec un peu de bismuth, de zinc et d’argent. Gris d’acier; éclat faiblement métallique; cassure grenue. Se trouve à la mine Neuglück, près Wittichen, pays de Bade.
Dureté, 3,5.
Caractères. — Dans le tube bouché donne du soufre, puis du sulfure d’arsenic.
Forme cristalline. — Orthorhombique, ma * = 110° 50'.
ÉPIIIYDRINE C \RBONIQUF. (ACIDE),
c*n«o3 = ch
— C’est le produit de saponification de l’épicyanhydrine par l’action de l’eau de baryte ou de 1 ac*de chlorhydrique fumant. On ajoute 20 grammes d’épichlorhydrine à une solut ion de 15 grammes de cyanure de potassium pur (préparé par fusion du ferrocyanure) dans 60 grammes d’eau, 1 et 1 on modère la réaction en plongeant le vase 1 dans leau froide; l’épicyanhydrine se dépose 'au I bout de quelque temps et peut être purifiée fa- I cilement par cristallisation dans l’alcool ou dans ' l’eau. Elle est en prismes fusibles à 163°. Lors- ^ qu’on la fait bouillir avec de l’acide chlorhy- 1 dnque ordinaire, l’acide épihydrine-carbonique cristallise par le refroidissement en longues aiguilles groupées concentriquement. Purifié par
une cristallisation dans l’eau, cet acide fond à 225”. Il ne possède plus, comme l’épichlorhydrine, la propriété de s’unir à l’acide chlorhydrique, au chlorure d’acétyle ou au bisulfite de sodium. L’acide iodhydrique fumant le convertit à 160® en acide butyriqne normal.
Sel d'argent, C4 II5 O3. Ag. — Précipité blanc, peu soluble, ne s’altérant que lentement à la lumière, stable à 60”.
Sel de plomb. — Larges lamelles incolores [J-O. Pazschke, Journ. prakt. Chem., (2), t. I, p. 83; — W. Hartenstein, ibid. (2), t. VII, p. 295].
Éther éthylique. — Kelly a obtenu un corps de la composition de l’épihydrine-carbonate d’élhyle Ci n10 O3 en traitant par l’amalgame de sodium un mélange d’épichlorhydrine et d’éther chloroxycarbonique; mais rien ne prouve que ce composé, bouillant à 145-150°, d’une densité de 0,0931 à 21°, 5, possède réellement cette constitution. Le fait que les alcalis le dédoublent en carbonate, alcool éthylique et alcool allylique semble au contraire plaider contre une telle hypothèse [O.-J. Kelly, Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 2225]. A. Henninger.
ÉlMPII INITE (Min.). — Substance analogue à la chlonte, décrite par Igelstrôm. Se trouve à Tviiren, Wermcland (Suède).
ÉQl'IXIQUE (ACIDE). — Ce nom a été donné à un acide que Duval a isolé du lait de jument. Il y existe combiné à une base volatile qui n’est pas l’ammoniaque. L’acide libre cristallise en petites aiguilles, non volatiles sans décomposition, d’une odeur fragrante et d’unesaveur particulière. Scs réactions avec le nitrate d’argent, le chlorure de fer et le chlorure d’or le distinguent de l’acide hippurique.
Le sel de cet acide qui existe dans le lait se décompose par la chaleur seule, la base se volatilisant; ce serait, d’après Duval, la raison pour laquelle le lait de jument, faiblement alcalin, devient acide par l’ébullition [J. Duval, Compt. rend., t. LXXXII, p. 419],
ERBIXE. — C’est le sesquioxyde d’erbium Er*03.
I RBIUM. — Depuis l’impression de l’article Yttiiium (t. III, p. 747) les connaissances desterres d’yttria ont fait des progrès considérables.
En 1878, Lawrence Smith [Compt. rend., t. LXXXVII, p. 146] trouva dans la samarskite de la Caroline du Nord un oxyde jaune, dont il appela le radical métallique mosandrium.
Peu après, Marignac [Compt. rend., t. LXXXVII, p. 448, et Arch. scienc. phys. nat., t. LXIII, p. 172] démontra l’identité de l’oxyde de mosandrium avec l’oxyde jaune, que Delafontaine avait toujours regardé comme l’oxyde troisième de Mosander et qu’on appelle à présent la terbine. Marignac était parvenu à obtenir cet oxj de, extrait de la gadolinite, a l’état de pureté approximative, et Delafontaine [Ai ch. scienc. phys. nat., t. LXI, p. 273] l’avait isolé de la samarskite. Néanmoins il me parait douteux que cet oxyde jaune soit l’oxyde auquel Mosander avait donné le nom d’erbine. L’oxyde de Mosander doit être le moins basique parmi les oxydes de l’yttria. H se précipite le premier par l’addition d’ammoniaque. Au contraire, la terbine de Marignac et Delafontaine est plus basique que l’erbine (ou la terbine de Mosander). Au surplus, Mosander avait trouvé que l’hydrate se colore en jaune à l’air, ce qui indique la présence du cérium. Il parait plus probable que l’erbinc de Mosander a été un mélange d’yt'erbine, de scandine et d’un peu d’oxyde de cérium. En tout cas, l’oxyde jaune de Smith, Marignac et Delafontaine a reçu le nom de terbine et son radical métallique le nom de terbium.
Marignac observa en même temps que l’yttria
ERBIUM.