C H2 = CCI- CO. O II
Beckurts et Otto [Deutsch. chem. Gesellsch., t. X, p. 264, et Bull, de la Soc. chim., t. XXVIII, p. 375] ont préparé l’acide a-chloracrylique dans un état insuffisant de pureté, en décomposant Ta-dichloropropionate d’argent par la chaleur. Dans une cornue munie d'un réfrigérant ascendant, on place de l’acide a-dichloropropionique (1 moléc.) étendu d’un peu d’eau et on introduit du carbonate d’argent ;1 moléc.) par petites portions. On distille le produit de la réaction, qui est fort vive; ce qui passe de 150 à 200°, rectifié entre 176 et 181°, constitue l’acide a-chloracrylique. C’est un liquide incolore, miscible en toutes proportions à l’eau, l’alcool, etc. L’acide sulfurique ou chlorhydrique ne le sépare pas de sa solution aqueuse. Il se volatilise déjà à la température ordinaire, mais ne bout qu’avec
ACRYLIQUE (ACIDE).
décomposition partielle, en dégageant de l’acide chlorhydrique.
Chaull'é avec de l’acide chlorhydrique concentré de 120 à ISO", il se transforme en acide a-dichloropropionique (?).
L’hydrogène naissant en solution acide le transforme en acide propionique.
C3 H2 Cl O. O K + 1-1*0. — Tables ou prismes très solubles dans l’eau, qui perdent leur eau à 100” en devenant opaques. Ce sel se décompose un peu au delà de 100".
C3II2C10.0Nn -f- H20. — Aiguilles longues et plates, très solubles, efflorescentes à l’air.
(C3 H5 Cl O . O)2 Ca -)- 7 H2 O. — Se dépose en gelée par évaporation dans le vide de sa solution dans l’alcool faible. Sec, il constitue une poudre blanche qui, conservée, devient humide et se résout en un liquide d’où l’alcool précipite un sel de calcium à 2 molécules d’eau sous forme d’une poudre cristalline.
(C3 H* Cl O . O)2 Ba -f- 3 H2 O. — Poudre cristalline obtenue par l’action de l’alcool sur la gelée que laisse déposer la solution aqueuse.
C3H2C10.0Ag. — Lamelles très solubles dans l'eau, se décomposant déjà à la température ordinaire en fournissant de l’acide pyruvique.
Acide fi-chlor acrylique. — Wallach l’a extrait des eaux mères de l’acide dichloracrylique. Il fond à 84-85°. Son éther éthylique bout à 143- 145°. Sa constitution est représentée par la formule C II Cl = CH- CO. O II.
Pinner a obtenu l’éther de ce même acide sous forme d’un liquide bouillant à 145-146°, en ajoutant par petites portions du zinc et de l’acide chlorhydrique à la solution de l’éther trichlorolactique dans le dixième de son poids d’alcool. Bouilli avec de la baryte, il fournit de l’acide malonique ; chauffé avec de l’ammoniaque alcoolique, il donne l’acide amidoacrylique cristallisé en fines aiguilles [Deutsch. chem. Gesellsch., t. VII, p. 250, et t. VIII, p. 963, et Bull, de la Soc. c'hvm,., t. XXVI, p. 115] .
Acide p- dichloracrylique [Wallach et Hunaus, Deutsch. chem. Gesellsch-, t. VIII, p. 1579, et Bull, de la Soc. chim., t. XXVIII, p. 375; Deutsch. chem. Gesellsch-, t. X, p. 567]. — La chloralide (trichlorolactate de trichloréthylidène)
C3 II Cl3 O3 (CH. CCI3),
traitée en solution alcoolique par le zinc et l’acide chlorhydrique en évitant autant que possible réchauffement de la liqueur, fournit de l’aldéhyde et un liquide. On chasse l’alcool, on sursature par l’acide chlorhydrique, on extrait par l’éther et l’on sépare l’éther. Le résidu forme une huile d’où se dépose une cristallisation abondante de fines aiguilles ou de prismes brillants. Les eaux mères laissent déposer l’acide p-monochloracrylique. Les premiers cristaux purifiés par cristallisation dans l’éther constituent l’acide (3-dichloracrylique CCl2 = CH-CO.OH. Il fond à 76-77° et ne distille pas sans décomposition, mais se sublime à la température ordinaire en lamelles brillantes.
Chauffé au-dessus de son point de fusion, puis refroidi brusquement, l’acide fond à 63-61°, et se transforme ensuite dans la première modification.
Il ne fixe pas de brome à la température ordinaire et se dissout difficilement dans l’eau. Ses cristaux appartiennent au système clinoyhombique; rapport des axes :
•angle des axes : 80° 36’; formes observées m, e'; angles : mm — 97° 20’ ; e 1 e1 (surp) = 54° 55'.
Ces cristaux s’évaporent à l’air ; leurs faces deviennent courbes et mates ; clivage incomplet puivant m.
ACRYLIQUE (SÉRIE).
Le sel d’argent forme dos aiguilles blancnes, stables, cristallisablcs dans l’alcool aqueux bouillant.
(C3 H CP o . O)2 Ba -f- 5 II* O. — Houppes brillantes perdant de l’eau à l’air.
(C3 H Cl2 O . O)2 Ca -f- nH20. — Sel efflorescent.
C3HCl2O.OK. — Tables très réfringentes.
(C3IICl20.0)2Zn -j- 2IIsO. — Grands cristaux compacts.
L’ètlier éthylique est un liquide d’odeur forte qui bout à 173-175".
Le chlorure C3 H Cl2 O. Cl bout au-dessus de 145° et fournit, par l’action de l’ammoniaque, une amide cristallisable dans le chloroforme en aiguilles entrelacées et fusibles à 112-113°.
Chauffé à 125° avec de l’oxyde d’argent et de l’eau, l’éther éthylique donne de l’acide malonique, de l’eau et du chlorure d’argent.
Polymères de l'acide acrylique. — D’après Krestownikoff, l’éther a-chloropropionique, traité par le cyanure de potassium en solution alcoolique, se transforme en acide lactique et en un autre acide fusible à 181-182°, cristallisable en prismes courts, qui parait être un polymère de î’acide acrylique. Il précipite le chlorure de fer en brun [Krestownikoff, Deutsch. chem. Gesellsch., t. X, p. 410].
Ileintz, en décomposant par l’acide sulfurique le lacto-acrylate de calcium
(C3 H3 O2) (C3 II5 O3) Ca,
enlevant l’excès d’acide par la baryte et distillant pour chasser l’acide acrylique, a obtenu un produit cristallisé en aiguilles réunies en mamelons. Ce corps, légèrement acide, soluble dans l’ammoniaque, possède une composition exprimée par la formule 6 C3 IB O'2 jf- II2 O. E. Demarçay.
ACRYLIQUE (SERIE). — On comprend sous ce nom les produits qui, tout en possédant des propriétés analogues à celles de la série grasse, en diffèrent par H2 en moins. On peut exprimer la nature de ces corps en disant qu’ils sont à la fois oléfine et alcool, oléfine et aldéhyde, oléfine et acide, etc., etc. Il en résulte que ces substances présenteront, outre les réactions des substances analogues de la série grasse, la propriété de fixer par simple addition, comme les oléfines, une foule de corps: par exemple, le chlore, le brome, l’hydrogène, les hydracides, l’acide cyanhydrique, l’eau, l’acide sulfureux, les bisulfites, l’acide sulfurique, etc., etc.
On s’accorde donc à représenter ces produits comme résultant de la substitution de
OH, CO.II, CO. OH, Az II2, etc.
à un atome d’hydrogène dans un hydrocarbure dérivé de l’éthylène. Dans le cas des alcools, cette substitution ne peut se faire dans le noyau éthylénique. D’après les travaux d'Eltékoff toutes les fois que l’on tente d’isoler ces corps, on obtient, au lieu de l’alcool, les produits de transformation de cet alcool. Ainsi l’éther C(C H3)2 = CÏI.O C2 II5 donne, sous l’influence de l’acide sulfurique étendu, do l’aldéhyde isobntylique et de l’alcool.
Dans ce qui précède, on a admis que tous les termes de la série acrylique pouvaient se déduire de l’éthylène, ce qui exclut la possibilité de chaînes fermées de trois, quatre, etc., atomes de carbone. Quoiqu’il ne semble effectivement pas facile d’obtenir des chaînes de cette nature, on ne doit pas oublier que les produits d’addition de la benzine, tels que les acides quinique, hexahydromellique, l’hexachlorure de benzine, etc-, sont des chaînes hexagonales fermées. On ne voit donc pas, a priori, pourquoi ces sortes de combinaisons ne pourraient exister pour trois, quatre ou cinq atomes de carbone quand ellos
ACRYLIQUE (SÉRIE). — 51 — ADIPIQUE (ACIDE).
existent pour six. Il faut remarquer seulement que ces combinaisons paraîtraient devoir se comporter plutôt comme des combinaisons saturées que comme celles qui renferment une double liaison entre deux atomes de charbon. C’est au moins ce que semble indiquer l’étude des produits d’addition de la benzine.
On ne connaît encore que peu de méthodes générales propres à fournir des produits de la série acrylique. L’une des meilleures, quand elle est applicable, consiste à enlever par la potasse alcoolique H Cl ou II Br à un composé chloré ou bromé de la série grasse.
MM. Frankland et Duppa d’une part, Wislicenus de l’autre, ont donne des procédés qui permettent d’obtenir des acides de cette série. Le procédé de Frankland et Duppa a été décrit au tome Ier, p. 65. Celui de Wislicenus consiste à déshydrater par la chaleur les oxyacides préparés par hydrogénation des éthers acétylacétiqucs monosubstitués. Enfin, MM. Tollens et Henninger ont montré que l’acide oxalique, en réagissant sur la glycérine, enlève deux hydroxyles et donne ainsi naissance à de l’alcool allylique. M. Ilenninger a étendu cette observation à d’autres alcools polyatomiques, érythrite, mannite, etc. Le moyen employé par M. VVurtz pour préparer l'aldéhyde crotonique par déshydratation de l’aldol est également susceptible d’être généralisé.
On admettait autrefois que les acides de cette série devaient tous, sous l’influence de la potasse en fusion, se dédoubler en acide acétique et acide complémentaire de la série grasse. Ce cas est tout à fait particulier. On s’est accordé depuis à reconnaître que l'effet produit était de scinder l’acide en deux acides gras à l’endroit de la double liaison, ainsi que l'indique l’équation :
C>. H*»= CmH*m-1COsII -f 2 K II O
= C"H*n-'KO* + C"> H V> CO5 K + HL
Cette proposition parait exacte, pourvu qu’on en modifie légèrement l’énoncé. 11 ne semble pas en effet certain que la réaction se passe directement ainsi que l’indique l’équation précédente. On voit que, dans certains cas, la potasse commence par se fixer sur l'acide, le dédoublement n’ayant lieu qu’après. C’est ainsi qu’avec l’acide acrylique on a
C03K-CII=CH! -f KHO = C O2 K - C II* - C H3 O K
ou bien
= C02K-CH0K-CII3, et alors seulement
COsK-CII2-C H2OK -f H3 O = CO2 K- CH3 + C II O2 K -f II2 ou bien
C02K-CIi0K-CH3 -f H8 O = CH O2 K -f- CO*K-CH3 -f- H*.
Linnetnann a montré cela. On doit donc moc her 1 énoncé de la règle et dire que, par l’actic de la potasse fondante, les acides de la sér acrylique se scindent en deux acides gras p; suite de 1 oxydation de l'un des deux atomes ( carbone de la double liaison. Cette modificatic dans 1 énoncé permet d’expliquer comment 1 deux acides crotoniques dérivés de l’acide but nque normal fournissent tous deux de l’acii acétique par suite de leur fusion avec la potass Il est clair d ailleurs que, dans tous les cor posés de la sene acrylique, la double liaisr lournissant aux réactifs un point d’attaque facil
c’est en général les deux atomes de carbone qui la forment qui entreront en réaction. E. Deniarçay.
ADELIMIOLITI1E (Min.). — Niobatc de fer et do manganèse renfermant environ 10 % d’eau, de Laurinmiiki Tamcla (Finlande). Éclat gras, couleur brune ou noire.
Forme cristalline. — Quadratique.
Dureté, 3,5 à 4,5. Poussière blanchâtre.
Densité = 3,8.
ADIPIQUE (ACIDE), C®Hi<>04.— Diverses méthodes de préparation ont été indiquées (t. I, p. 67); elles sont basées sur l’oxydation des corps gras neutres au moyen do l’acide azotique. Parmi les produits fort nombreux qui prennent naissance se trouve l’acide adipique. 11 est possible de simplifier cette préparation en s’adressant, non pas à des corps gras complexes, mais à un acide homologue de l’acide adipique, l’acide sébacique Qio H'3 O4, qUe pon obtient facilement dans le traitement de l’huile de ricin par la potasse comme résidu de la préparation de l’alcool octylique secondaire.
On fait bouillir l’acide sébacique pur avec de l’acide azotique jusqu’à ce qu’une prise d’essai se dissolve dans l’eau; on évapore alors l’acide azotique et on reprend par l’eau, qui dissout de préférence l’acide succinique formé on même temps aux dépens de l’acide sébacique en vertu de l’équation :
C10H18 O’* -f O3 = C«ll><>04 -f C4H®04 -f H2 O.
Après ce premier traitement, on sèche, puis on pulvérise la masse, qu’on épuise finalement par i’éther froid, dans lequel l’acide succinique qui aurait pu rester est peu soluble. Cette dernière opération laisse l’acide adipique pur après l’évaporation de l’éther.
Wislicenus a réalisé la synthèse de l’acide adipique en faisant réagir l’acide (3-iodopropionique sur l’argent en poudre fine, d’abord à une température de 120° et finalement de 150° :
2 C3IIsI02 -f Ag2 = 2 Agi -f C6II|0O4.
Le produit de cette opération traité par l’eau bouillante laisse déposer l’acide adipique en cristaux fusibles à 149° et identiques à ceux qu’Arppc obtient par l’oxydation des corps gras.
En hydrogénant l’acide muconique à chaud par l’amalgame de sodium, Marquardt a obtenu, de l’acide adipique; il est nécessaire d’agiter et de prolonger l’expérience :
On extrait l’acide formé en acidifiant avec de l’acide sulfurique et en agitant avec de l’éther.
L’acide adipique fond à 148°, se dépose de ses solutions en cristaux prismatiques ou feuilletés et se volatilise en s’altérant légèrement.
Le brome donne avec l’acide adipique des dérivés substitués. Le dérivé monobromé est un corps brun doué d’une odeur camphrée ; il n’a pas été complètement purifié ni éludié. On le prépare en chauffant à i70° une molécule d’acide adipique avec deux atomes de brome.
Acide adipiqde DinnoMÉ. — La réaction s’effectue à 170° entre une molécule d’acide adipique/ et 4 atomes de brome. Il est indispensable d’employer des tubes très résistants et de les ouvrir de temps à autre, après refroidissement, pour donner issue au gaz bromhydrique qui se produit. Cet acide possède une odeur rappelant celle du camphre.
Acide adipique TniünoxiÉ. — Obtenu par l’action du brome sur l’acide muconique, il cristallise en aiguilles fusibles entre 177 et 180”. Sa formation est représentée par l’équation
G3 H3 O4 + Br» = C® H7 Br3 O 4 + II Br.
ADIPOMALIQUE (ACIDE). —52— ALACRÉATINE.
Acide adipique tètrabromé. — S’obtient par la môme méthode que le précédent en employant G atomes de bromo.
Ces divers acides substitués sont décomposés par l’eau sous pression avec formation d'oxyacidcs des groupes malique ou tartrique, décrits sous les noms d’acides adipomalique et adipotartrique à cause de leur homologie avec les acides des fruits.
Adipates. — Adipate d'ammonium. — C’est de tous les sels de l'acide adipique celui qui cristallise le mieux; on l’obtient en prismes clinorhombiques, qui ont souvent 10 millimètres do côté. Chauffé à 130-140°, il perd de l’eau et de l’ammoniaque, puis fond et brunit. Le résidu repris par l’éther donne des cristaux légèrement acides, solubles dans l’eau, fusibles de 1G0 à 105°, et qui sont sans doute de l’adipamide.
Adipate de potassium. — Ce sel est en cristaux transparents et peut se représenter par la formule C6H9K04 -j- C6II8K204, qui en fait une combinaison de sel acide et de sel neutre.
Adipate de sodium, C6 II8 Na2 O4 -f- 4 H2 O. — C’est un sel blanc, soluble dans l’eau.
Adipate d'argent, C6H8Ag204. — Précipité blanc, insoluble dans l’eau.
Adipate de cuivre, C6II8Cu04. — Précipité vert, insoluble dans l’eau.
Adipate de plomb, C6H8Pb04. — -Précipité composé de petites aiguilles blanches insolubles.
L’éther adipique a été obtenu par l’action de l’acide chlorhydrique gazeux sur une solution alcoolique d’acide adipique pur. Cet éther est une huile incolore possédant une odeur aromatique et bouillant sans décomposition à 145°. Il n’est pas attaqué par l’ammoniaque.
L’éther adipique signalé par Malaguti comme bouillant à 230° en se décomposant était probablement de l’acide adipovinique ou un mélange de cet acide éthéré avec l’éther véritable.
Constitution. — L’acide adipique est le deuxième homologue de l’acide succinique. Par ses six atomes de carbone il fait partie du groupe hexylique et se rattache à l’acide caproïque. Sa synthèse ayant été réalisée par Wislicenus en soudant deux molécules d’acide p-iodopropionique
sa formule de constitution sera représentée par : CO2 H- (CH2)»- CO2 H
[Arppe, Bull, de la Soc. chim., t. V, p. 54; — L. Marquardt, Bull, de la Soc. chim., t. XII, p. 4G7 et t. XIV, p. 201 ; — Wislicenus, Bull, de la Soc. chim., t. XII, p. 378; — IL Gai et J. Gay-Lussac, ibid., t. XIV, p. 7]. A. Étard.
ADIPOMALIQUE (ACIDE), CeH10 0° — Les acides malique et tartrique ayant été obtenus par synthèse en traitant par les hydrates alcalins les acides succiniques monobromé ou dibromé, MM. A. Gai et Gay-Lussac, dans le but d’obtenir des acides homologues de ceux contenus dans les fruits, ont appliqué cette méthode à l’acide adipique. L’un des acides qu’ils ont obtenus, et qui n’est autre que l’acide oxyadipique, a reçu le nom d’acide adipomalique.
Préparation. — On décompose par la potasse en solution aqueuse le produit de la réaction de deux atomes de brome sur l’acide adipique à 160". Après avoir décomposé l’adipomalate de potassium, qui prend naissance par l’acide sulfurique étendu, on dissout l'acide adipomalique dans l’alcool qui, à la longue, le laisse déposer sous forme de cristaux.
Propriétés. — L’acide adipomalique présente la plupart des propriétés extérieures do l’aride malique. Ses sels sont difficilement cristalli- «ables. Il précipite l’acétate de plomb et ce
précipité est fusible dans l’eau chaude; par le refroidissement, il se prend en masses nacrées brunes, capables de se dissoudre dans les solutions d’acétate de plomb bouillantes. Le refroidissement de ces dernières laisse déposer des écailles nacrées, presque blanches, ayant pour formule C6tl803Pb -j- 10 II2 O; ces lamelles perdent 4 H2 O à 100° et laissent un résidu de couleur foncée [H. Gai et J. Gay-Lussac, Bull, de la Soc , chim., t. XIV, p. 7]. A. Étard.
ADI POTARTRIQUE (ACIDE), CHIK>06. — Cet acide, qui n’est autre que l’acide dioxyadipique, s’obtient en décomposant en vase clos à 150° l’acide dibromo-adipique par l’eau.
L’acide adipotartrique cristallise en prismes clinorhombiques souvent maclés, il est sans action sur le plan de polarisation de la lumière. Plus soluble dans l’eau à chaud qu’à froid, il se dissout assez bien dans l’alcool et dans l’éther.
Il existe un adipotartrate acide de potassium peu soluble et qui se dépose par agitation comme le ferait la crème de tartre.
L’adipotatrate de baryum , C6 H8 Ba O6 +4 H2 O, cristallisé, s’obtient en précipitant par l’alcool la solution aqueuse de ce sel; il perd 2H20 dans le vide ou dans l’air sec.
On connaît un acide trioxyadipique C6H10O7, dont le sel de baryum a pour formule
2 (C6 II8 Ba O7), II5 O
[IL Gai et J. Gay-Lussac, Bull, de la Soc. chim. t. XIV, p. 7; — L. Marquardt, Deutsch. chem. Gesellsch., t. III, p. 671], A. Étard.
AGAR1CIXE (Syn. Amanitine; voyez ce mot, t. I, p. 181, et Suppl.).
AGARICIOUE (ACIDE), C1«H2803. — Cet acide a été extrait de l’agaric blanc ( Boletus laricis) au moyen de l’éther. Il est soluble dans l’alcool, fort peu soluble dans l’éther, l’acido acétique et l’eau. Il fond à 145°, 7. On le sépare de la résine brune contenue dans le même champignon, par lavages avec de l’éther [G. Fleury, Bull, de la Soc. chim., t. XIII, p. 193J.
AGONI AD IXE, Cl0IIl4O6. — Ce corps est un glucoside contenu dans l’écorce de Plumeria lancifolia. On épuise l’extrait alcoolique de l’écorce par l’eau, on précipite la solution aqueuse par l’acétate de plomb; et, après l’avoir débarrassée de l’excès de plomb au moyen de l’hydrogène sulfuré, on la concentre et on la fait cristalliser.
L’agoniadine se dépose de sa solution aqueuse à l’état d’aiguilles soyeuses, fusibles à 455”, peu solubles dans l’eau, l’alcool, le sulfure de carbone, l’éther et la benzine. Les acides sulfurique et nitrique la dissolvent; ces solutions sont jaune d’or et deviennent vertes au bout de quelque temps. Chauffée avec de l’acide sulfurique, l’agoniadine se décompose en sucre et en un corps amorphe [Peckolt et Geuther, Arch. f. Pharm. (2), t. CXLII, p. 40J.
AGRIUOLITE (Min.). — Silicate de bismuth avec environ 1 °/0 d’oxyde ferrique,
2 Bi203, 3 Si O2.
Mamelons à structure rayonnée ou parfois groupes indistincts de cristaux, tendres, fragiles et lourds, d’un vif éclat gras et d’une couleur brun -châtain ou jaune de vin; se trouve à Johann-Georgcnstadt sur le quartz avec bismuth, chloanthite et bismuthocre, et aussi à la mine de Ncugltick à Schnecberg (Saxe).
Forme cristalline. — Monoclinique. Angle plan mesuré =,110°.
ALACREATINE (Syn. Isocréatine),
C*H»Az»0*.
— Lorsqu’on abandonne une solution aqueuse
ALACRÉAÎ1NINE. — 5
d’alanine et de cyanamide, additionnée d’un peu d’ammoniaque, à la température ordinaire pendant quelquo temps, des cristaux se déposent au sein de la liqueur. Ce dépôt cristallin est formé de deux substances ; les premiers cristaux qui paraissent sont la dicyano-diamide, mélangée d’un peu d’alacréatine. Les dépôts suivants sont constitués d’alacréatine, qui, étant peu soluble dans l’alcool, peut facilement être séparée de la dicyano-diamide.
L’alacréatine cristallise en prismes incolores qui ressemblent à ceux de la créatine. Elle commence à fondre vers 180°, mais se décompose avec perte d’eau. Elle se dissout dans 12 p. d’eau à 15° [E. Baumann, Ann. (1er Chem. u. Pharm., t. CLXVII, p. 77; Bull, (le la Soc. chim., t. XX, p. 209; — H. Salkowski, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, p. 535; Bull, de la Soc. chim., t. XX, p. 268]. M. Wassermann.
ALACHÉATININE, C4lFAz30. — Elle se forme lorsqu’on chauffe l’alacréatine vers 180°, ou mieux lorsqu’on la chauffe doucement avec de l’acide sulfurique étendu.
Elle cristallise en prismes qui perdent leur eau de cristallisation à l’air, plus rapidement à 100°. Elle est soluble dans l’eau et dans l’alcool ; de ce dernier dissolvant elle se dépose en rhomboèdres.
L’alacréatinine forme des sels avec les acidos, et des sels doubles avec les chlorures de cadmium, d’or et de platine; elle précipite les solutions d’azotate d’argent et de mercure. Lorsqu’on mélange les solutions alcooliques d'alacréatininc et de chlorure de zinc, on obtient un précipité cristallin qui, après purification, correspond à la formule (C4H7Az30)sZnCls. Ce corps est en écailles nacrées solubles dans 23 p. d'eau à 20°.
L’eau de baryte bouillante dédouble l’alacréatinine en alanine, et en urée; l’oxyde de mercure l’oxyde, et donne de la guanidine [E. Baumann, Ann. (1er Chem. u. Pharm., t. CLXVII, p. 77; Bull, de la Soc. chim.. t. XX, p. 269].
M. Wassermann.
ALANINE. — Heintz [Ann. (1er Chem. u.
Pharm., t. CLXIX, p. 120; Bull, (le la Soc. chim., t. XXI, p. 352] substitue, dans la préparation de ce corps, le cyanure de potassium additionné d’acide chlorhydrique à l’acido cyanhydrique libre. Cet auteur indique le modo de préparation suivant : On évapore au bain-marie la solution aqueuse de 2 p. d'aldèhydate d’ammoniaque et de 3 p. de cyanure de potassium additionnée d’un excès d’acide chlorhydrique, après avoir abandonné ce mélange à lui-même pendant plusieurs jours. Il se dépose du sol ammoniac et du chlorure de potassium. On précipite les eaux mères avec do l’alcool et do l’éther, on les filtre et on les évapore pour obtenir l’alanine. Dans cette préparation, il se iorme aussi de la lactylurée, due à la présence du cyanate dans le cyanure do potassium.
Avec la cyanamide, l’alanine se convertit en dicyano-diamide et en alacréatine [Baumann. Voyez Alacrkatine].
Le sulfate d’alanine, chauffé avec un léger excès de cyanate de potassium en solution aqueuse, se transforme en lactylurée [F. Urech, Ann. der Chem. u. Pharm., t. CLXV, p. 99; Bull, de la Soc. chim., t. XIX, p. 307]. M. Wassermann.
ALANTIQUE (ANHYDRIDE), C16H20O2. — La masse cristalline, de laquelle on sépare l’alan toi (voy. ce mot), est formée d’anhydride alantique impur ; mais une ou deux cristallisations dans l’alcool étendu suffisent pour le purifier.
L’anhydride alantique cristallise en aiguilles prismatiques, incolores, peu solubles dans l’eau,