ALUMINIUM. — 111 — ALUMINIUM
t. III, p- 75, Bull, de la Soc. chim., t. XIV,
Traité à une haute température par 1 aluminium, le chlorure de zinc fournit du zinc et du chlorure d’aluminium. Le chlorure de magnésium, dans les mêmes conditions, n’est pas décomposé .[Flavitzky , Deutsch. chem. Gesellscli., 1873, p. 1951.
Action de l'aluminium sur Veau. — En contact avec certains métaux, l’aluminium décompose l’eau à 100°; c’est ce qui a lieu avec l’aluminium recouvert de cuivre ou de platine par une immersion préalable dans une solution de sulfate de cuivre ou de chlorure de platine.
L’aluminium décompose de même l’eau en présence de l’iode, de l’acide iodhydrique ou de l’iodure d’aluminium. Avec l’iode, la décomposition a lieu à froid ; avec l’acide iodhydrique ou le chlorure d’aluminium , elle se produit à 100°. Ces réactions sont exprimées par les équations :
A1*I« + 3 H* O = Al* O3 -f GUI,
6 H I -j- 2 Al = AIa I6 -j- 6 H.
La réaction a lieu de même par l’action de l’aluminium en présence de l’iodure de zinc, ou du zinc en présence de l’iodure d’aluminium [Gladstone et Tribe, Journ. chem. Soc. (2), t. XIII,
Action de l’aluminium sur le carbonate de sodium. — Lorsqu’on chauffe ces deux corps au fourneau à vent, dans un creuset de plombagine, il se produit de l’aluminate de sodium et un dépôt de carbone filiforme ; en même temps, une partie du sodium est réduite et volatilisée.
La chaux, la baryte et la strontiane sont réduites de même par l’aluminium et le métal alcalino- terreux est volatilisé, car ce n’est qu’à cette cause que l’on peut attribuer la perte de poids qu’éprouve le mélange.
Après l’action de l’aluminium sur le carbonate de sodium, on trouve dans le creuset, outre le régule d'aluminium en excès, une masse noirâtre, frittée et poreuse, renfermant de petits cristaux d’alumine rayant la topaze et l’émeraude.
L’aluminium réduit aussi l’oxyde de carbone. En effet, si l’on porte de l’aluminium à une température élevée dans un creuset de charbon brasqué avec du noir de fumée, il se recouvre d’un dépôt de charbon très adhérent et compact. Ce charbon résulte de l’action de l’aluminium sur l’oxyde de carbone formé aux dépens de l’acide carbonique qui a traversé le creuset de plombagine. Dans ces expériences, il se forme en même temps de l’azoture d’aluminium résultant de l’action de l’air qui a traversé le creuset [Mallet, Journ. of chem. Soc., 1876, t. H^p. 349; Bull, de la Soc. chim., t. XXVII,
Dépôt galvanique d'aluminium. — Lorsqu’on plonge une lame de cuivre, servant d’électrode négative, dans une solution de chlorure double d’aluminium et de sodium, avec une lame d’aluminium comme électrode positive, la lame de cuivre se recouvre d’un dépôt brillant et assez épais d’aluminium [Bertrand, Compt. rend., t. LXXXI1I, p. 854].
Oxyde d'aluminium. — Préparât ion de l’alumine pure et de ses sels. — Pour préparer l’alumine exempte de fer, en partant de la cryolithe, Hahn pulvérise le rainerai et le mélange avec <-8 pour 100 de chaux calcinée, puis éteinte et réduite en bouillie. On fait bouillir dans des cuves en bois, exemptes d’attaches en fer, par une circulation de vapeur surchauffée. Il se forme du fluorure de calcium insoluble et de l’aluminate de sodium qui reste dissous et qu’on concentre à 10° Baumé après décantation. On décompose cet aluminate
par l’acide acétique pour faire l’acétate d’aluminium destiné à être employé comme mordant, ou bien on en sépare l’alumine par l’acide carbonique [Bull, de la Soc. chim., t. XVI, p. 183].
Ducla précipite le sulfate d’aluminium brut, préparé à l’aide des argiles, par un lait de chaux mélangé de craie, de manière à obtenir un dégagement d’acide carbonique; il redissout l’alumine précipitée dans une lessive de soude et fait passer dans la solution décantée un courant d’acide carbonique produit dans la première phase d’une opération précédente. Le carbonate de sodium resté dissous est ensuite caustifié par la chaux, réaction dans laquelle se produit le mélange de chaux et de carbonate calcique nécessaire pour précipiter le sulfate aluminiquc brut; l’opération est donc continue [Bull, de la Soc. chim., t. XXVIII, p. 420].
Sulfure d’aluminium, Al2 S6. — 11 se produit directement par l’action du soufre sur l’aluminium à une température élevée. Il prend aussi naissance, avec dégagement d’oxysulfure de carbone, lorsqu’on chauffe l’alumine dans la vapeur de sulfure de carbone.
Le sulfure d’aluminium est d’un jaune clair. Il ne fond qu’à une haute température et se prend par le refroidissement en une masse cristalline. Exposé à l’air humide ou traité par l’eau , il donne de l’hydrogène sulfuré et de l’alumine [Reichel, Journ. für prakt. Chem. (2), t. XII, p. 55; Bull, de la Soc. chim., t. XX.V,
Chlorure d’aluminium, A1sC16. — Préparation. — On chauffe l’alumine au rouge dans un tube en terre, et lorsqu’elle est bien desséchée, on y fait passer un mélange de gaz chlorhydrique sec et de vapeur de sulfure de carbone. Le chlorure d’aluminium distille mélangé de soufre ; en même temps il se dégage de l’hydrogène sulfuré. On le soumet à une nouvelle distillation sur du fer, pour la priver du soufre qu’il retient.
Dans cette préparation, il se forme d’abord du sulfure d’aluminium, qui est ensuite décomposé par l’acide chlorhydrique [P. Curie, Chem. News, t. XXVIII, p. 307 ; Bull, de la Soc. chim., t. XXI, p. 273].
En se transformant en oxyde par l’action de l’eau, le chlorure d’aluminium dégage -f- 34cal,9 environ. Ce chiffre représente l’excès de chaleur dégagée dans la formation de l’oxyde sur celle produite par la formation du chlorure, en partant des éléments. Chauffé au rouge sombre dans l’oxygène sec, le chlorure d’aluminium abandonne du chlore; mais la décomposition n’est pas complète [Berthelot, Compt. rend., t. LXXXVI, p. 787].
Friedel et Crafts ont trouvé dans le chlorure d’aluminium un puissant agent de synthèse de certains composés organiques, hydrocarbures, acétones, nitryles, acides, etc. En agissant sur le chlorure d’amyle, par exemple, ce chlorure donne de l’acide chlorhydrique et des hydrocarbures parmi lesquels l’hydrure d’amyle et des carbures plus condensés, mais non saturés. En agissant sur les chlorures alcooliques en présence d’hydrocarbures, il donne naissance à d’autres carbures résultant de la condensation des résidus du chlorure alcoolique, après soustraction du chlore, et de l’hydrocarbure employé, moins de l’hydrogène [B ill. de la Soc. chim., t. XXVII, p. 482,530; t. XXVIII, p. 50, 145, 529].
Le bromure et l 'iodure d'aluminium agissent comme le chlorure.
Chlorure d’aluminium hydraté. — On peut le préparer par double décomposition entre le sulfate d’aluminium et le chlorure de baryum ; l’emploi du chlorure de calcium donne naissance à un sel double, formé de sulfate d’aluminium