‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 95 sur 589 · ALUMINIUM · texte numérisé non relu

ALUMINIUM

les cristaux [ Journ . chem. Soc. 1870, t. II, p. 349; Bull, de la Soc. chim., t. XXVII, p. 107].

Sulfate d’aluminium. — Pour obtenir le sulfate d’aluminium fondu, d’une composilipn constante, Flcck fait bouillir l’alumine extraite de la cryolithe, dans un vase de cuivre, avec de l’acide sulfurique à 00° Baumé, en maintenant l’alumine en excès. La solution décantée est ensuite concentrée jusqu’à ce que la masse fondue soit homogène et puisse s’étirer en filaments; on coule alors, et le sel fondu se prend par le refroidissement en une masse radiée ressemblant à l’albàtre. Ce sel renferme

(S O4)3 Al* + 17 à 19 IIsO.

Alun. — Lorsqu’on chauffe à 100°, en tubes scellés, l’alun potassique cristallisé, il éprouve une première dissociation qui donne le sel anhydre et une solution aqueuse; celle-ci à son tour se décompose avec dépôt d’un alun basique, tandis que la solution aqueuse retient du sulfate acide d’aluminium. La solution aqueuse d’alun éprouve une décomposition analogue à 100". Le dépôt qui se forme dans ce cas est une poudre amorphe, mélangée de lamelles brillantes. Ce dépôt est peu soluble dans l’acide chlorhj'drique, très soluble dans la potasse. Sa composition n’est pas constante ; c’est un sulfate d’aluminium plus ou moins basique. Naumann. qui a observé ces faits, a étudié l’influence du temps et de la concentration sur cette décomposition [Deutsch, chem. Gesellsch., t. VIII, p. 1630, et t. X, p. 456; Bull, de la Soc. chim., t. XXVI, p. 492, et t. XXVIII, p. 351].

Sulfite d’aluminium. — Jacquemart prépare ce sel en faisant passer un courant de gaz sulfureux dans une solution d’aluminate de sodium. Il se précipite un sulfite d’aluminium basique, et il reste du bisulfite de sodium en dissolution. On dissout ensuite le sulfite basique d’aluminium dans un excès d’acide sulfureux [Bull, de la Soc. chim., t. VIII, p. 454; brevet, n° 77435].

Phosphates d’ai.uminium. — Millot a décrit deux phosphates acides :

1° 2 (P O4)3 Al* II3 + 17 II* O

(soit 3 P* O5. 2 Al* O3 + 2011*0).

On porte à l’ébullition 3 molécules de phosphate d’ammonium et 1 molécule de sulfate d’aluminium, en présence d’une certaine quantité d'acide sulfurique. Ce phosphate calciné est insoluble dans les acides.

2° ( P O4)4 Al* II6 + 5 11*0

(soit 2 P* O5. Al* O3 + 811*0).

On traite à froid ou à 100“ une molécule du phosphate précédent par une molécule d’acide phosphorique ; on lave le résidu insoluble et on le sèche à 100°. Calciné, ce phosphate est insoluble dans les acides, soluble dans les alcalis [A. Millot, Bull, de la Soc. chim,, t. XXII, p. 244].

Phosphate basique,

2 (P O4)* Al*. Al* O3. + 811*0 (soit 2 P*03. 3 A1*03 + 8 11*0).

On précipite par l’ammoniaque la solution un des phosphates précédents dans un acide; î excès d’ammoniaque redissoudrait le préci té. Calciné, ce sel est soluble dans les acides Les phosphates d’aluminium sont beaucoup plus lubies que les phosphates ferriques dans le Lrate d’ammonium, l’oxalate d’ammonium, les rbonates alcalins et l’ammoniaque [Bull, de la je. chim., t. XXVI, p. 267].

Borate d’aluminium. — D’après Jahn, le précité produit par le borax dans une solution d alun t de l’alumine pure et non un borate dalunn-

ALU RGITE.

— 113 — AMARIQUE (ACIDE).

nium, comme on l’admet souvent [Deutsch. chcm.

Gesellsch., 1874, p. 675J.

Dosage volumétrique de i. alumine. — De pnosphate d'aluminium est insoluble dans l’acide acétique, en présence de phosphates alcalins ; une solution faible d’alumine, dans laquelle l’ammoniaque ne décèle plus l’alumine, se trouble encore sensiblement par l’addition d’un phosphate. Le phosphate d’aluminium ne présente la composition constante (P O4)2 Al2 que lorsqu’on verse la solution aluminique, additionnée d’acétate de sodium, dans la solution d’un phosphate tribasique acidulée par l’acide acétique; si l’on opérait en sens inverse, le précipité aurait une composition variable.

Fleischer a fondé sur cette réaction un procédé de dosage volumétrique de l’alumine. Il introduit la solution aluminique, additionnée d’acétate de sodium, dans une burette (si la solution d’alumine était alcaline, il faudrait la saturer d’abord par l’acide chlorhydrique), puis il laisse tomber goutte à goutte cette liqueur dans une solution de phosphate d’un titre connu, aussi longtemps qu’il se produit un trouble. Pour connaître le terme de la réaction, il faut filtrer de temps à autre quelques gouttes de la liqueur phosphatique et voir si elle est encore troublée par l’alumine. On peut aussi employer comme indicateur une solution alcoolique de brésiline, qui donne à chaud, avec un léger excès d’acétate d'aluminium, une coloration bleu-violet.

La solution de phosphate se fait en dissolvant des poids égaux de phosphate ordinaire de sodium, non effleuri, et d’acétate de sodium, de manière à avoir une solution au dixième de la liqueur normale. Inversement, ce procédé peut servir au dosage de l’acide phosphorique [E. Fleischer, Zeitsclir. fur analyt. Chem., 1865, p. 19, et 1867, p. 28]. E. Willm.

ALUHGITF, (Min.). (Breithaupt.) — Lamelles pourpres, ou rouge cochenille^ à un axo optique, clivables suivant leur base, a composition indéterminée, mais renfermant beaucoup de manganèse. De Saint-Marcel (Piémont).

AMALIQUE (ACIDE). — Voyez Caféine, t. Ier,

AMAMTINE, C5ID5Az02. — Selon les recherches de MM. O. Schmiedeberg et E. Harnack [Chem. Centralbl., 1875, p. 629], l’amanitine est isomérique avec la choline. Lorsqu’on la chauffe, elle dégage de la trimèthylamine; l’acide nitrique la convertit en muscarine. Ces auteurs lui assignent la constitution exprimée par la formule (C H*)s Az (C 1 1 0 H-C H3) O H , hydrate de triméthyle-oxéthylidène-ammonium. La choline que l’on a retirée de la lécithine serait de l’amnnitine (Schmiedeberg et Harnack).

AMAHINE. — Lorsqu’on dissout l’amarine d'ans la potasse alcoolique, elle s’oxyde par absorption de l’oxygène atmosphérique. Cette oxydation est accompagnée d’une phosphorescence très forte, et il so forme de l’ammoniaque et une base fusible à 204° [B. Radziszewski, Deutsch. ehem. Gescllsch., 1877, p. 65; Bull, de la Soc. chim., t. XXVIII, p. 297].

Nitroso-amarine, C-' lll7(AzO) Azs. — On prépare ce corps en mélangeant la solution alcoolique chaude d’un sel d’amarine acidulée par l’acide acétique avec la solution aqueuse chaude d’un nitrite également acide. Le mélange s’échauffe et laisse déposer, par le refroidissement, des cristaux brillants de nitroso-amarine, que l’on purifie par cristallisation dans l’alcool bouillant. Ces cristaux rhombiques sont solubles dans l'alcool, l’éther, le sulfure de carbone et la benzine; ils ne fondent pas, mais dégagent par la chaleur de l’azote et de l’oxyde azotique en se transformant en lophine [A. Borodine, Deutsch. chem.

Gesellsch ., 1875, p. 933; Bull, de la Soc. chim., t. XXV, p. 218].

AMARIQUE (ACIDE), C84IP°07. — Ce corps se forme par l’action de la potasse alcoolique bouillante sur, la benzamarone (voyez Benzoïne).

AMBLYSTEGITE (Min.). — Silicate de fer et de magnésie avec un peu d’alumine :

Si O2 =49,8; Al2 O2 =5,05; FcO = 25,6;

MgO = 17,7; CaO = 0,15.

Cristaux orthorhombiques d’un vif éclat vitreux et d’une couleur brun- rougeâtre, translucides, à fracture conchoïdale, trouvés au lac de Laach (Prusse Rhénane). M. Voni Rath, qui en avait fait une espèce distincte, les rapporte maintenant à l’hypersthène.

AMBROSINE (Min.). — Résine fossile renfermant de l’acide succinique, trouvée avec des phosphates fossiles, près de Charleston (S. C.), dans le terrain éocène.

AM IDES. — Action nu perchlorure de phos- PHonE sur les amides. — Gerhardt avait admis que la transformation des amides en nitriles au moyen du perchlorure de phosphore n'était pas directe, mais que la réaction passait par plusieurs phases, qu’il a formulées par les trois équations suivantes : -

C6II5-CO.AzH2 -f PCI5 = C6II5-CC12. Az II2 -f POCP, C6Hs-CCl2.AzH2 = C6I15-CC1 =Az II + IICl.

C6II5-CC1 = AzH = C6H5-CAz + II Cl.

[Ann. de Chim. et de Phys. (3), t. LUI, p. 302.]

Cependant Gerhardt ne parvint pas à isoler les composés chlorés intermédiaires entre l’amide et le nitrile, et Henke, n’ayant pas été plus heureux, combattait cette interprétation de la réaction et attribuait au perchlorure de phosphore une action purement déshydratante [Ann. der Chem. u. Pharm., t. CVI, p. 272]. A la suite de ces travaux, les idées de l’illustre chimiste furent oubliées, jusqu’à ce que M. Wallach et ses collaborateurs les eussent de nouveau reprises et les eussent confirmées en isolant les chlorures intermédiaires dont Gerhardt avait prévu l’existence [O. Wallach; O. Wallach et Boehringer; O. Wallach et P. West; O. Wallach et M. Hoffmann, IJebig's Ann., t. CLXXXIV, p. 1, 33, 50, 57 et 79].

Lorsqu’on fait agir le perchlorure de phosphore sur les amides non substituées, dérivées des acides monatomiques et diatomiques, les chlorures formés ne peuvent être isolés; ils restent unis en partie à l’oxychlorure de phosphore produit, formant des composés quelquefois cristallisables ; mélangés l’un à l’autre, ils ne peuvent pas être séparés.

Les choses se passent différemment avec le3 alcalamides des acides monobasiques. Lorsqu’on chauffe doucement un mélange d’alealamide et de perchlorure de phosphore, on constate une réaction énergique, accomoagnée d’un dégagement d’acide chlorhydrique. 11 se forme une liqueur limpide, renfermant de l’oxychlorure de phosphore et le premier produit de la réaction, un chlorure d’amide, dont la constitution peut être exprimée par le symbole R-CCl2-AzII IV.

Ce premier chlorure est très instable, et déjà à froid il perd de l’acide chlorhydrique. Cette décomposition est considérablement accélérée pan la chaleur, et lorsqu’on chasse l’oxychlorure de phosphore par la distillation, on obtient une masse cristalline, forméo d’une matière qui en diffère par les éléments d’une molécule d’acide chlorhydrique. Celle-ci peut être facilement purifiée par cristallisation dans l’essence de pétrole et elle renferme alors R-CCl=Az R’.

Su PPL.

AMIDES.

Page 1