SIL
pourrait inférer que 100 parties de silice contiennent environ 60 parties d'oxigène. Dans ce cas , le nombre équivalent pour le silicium serait 1,5, et celui pour la silice 2,5. Mais il y a peu de confrance à avoir, quant à-présent , dans de semblables déductions.
« Lorsque du fer , dit sir H. Davy, est négativement élec-? trisé , et fondu par la pile voltaïque en contact avec de l'bydrate de silice , le globule de nature métallique qu'on obtient ainsi contient une matière qui , pendant sa dissolution 9 fournit du silex; et lorsqu'on met du potassium en contact avec de la sHice calcinée au blanc 5 il se produit un composé consistant en silice et en potasse, et l'on trouve des particules noires , ressemblant à de la plombagine , disséminées à travers ce composé. D'après quelques expériences que j'ai faites 5 je suis porté à croire que ces particules sont des conducteurs d'électricité; elles ont peu d'action sur l'eau, à moins qu'elles ne contiennent un acide; alors elles se dissolvent lentement dans ce liquide avec effervescence : lorsque ces particules sont fortement chauffées, elles brûlent, et deviennent converties en une substance blanche, ayant les caractères de la silice ; de manière que , d'après l'analyse et la synthèse , il reste peu de doute sur la nature de la silice » . Elémens, p. 265.
J'ai déjà fait mention, en traitant des terres, que M. Smithson avait ingénieusement suggéré l'idée, que la silice pourrait être considérée, dans un grand nombre de composés minéraux , comme faisant les fonctions d'un acide. Ceci , cependant , est une analogie vague , et ne peut nous autoriser à ranger la silice parmi les corps acides.
Lorsqu'on s'est procuré la silice par le procédé que nous 9vons d'abord décrit, elle est à l'état d'une poudre blanche, dont les particules les plus fines sont rudes et graveleuses au toucher. Sa pesanteur spécifique est de 2,66. Elle n'est fosible que par le chalumeau hydroxigène. Le menstrue salin qui se forme en neutralisant sa dissolution alcaline par
33o SIL
un acide, est capable de la retenir dissoute , quoique la silice semble être, par expérience , insoluble dans l'eau. Cependant 5 dans l'eau de la source du Geyser, il paraît y avoir une portion de silice restée en dissolution , quoique la quantité d'alcali présent ne semble pas être sufïisante pour ppuvoir produire cet effet. La silice existe presqu'À l'état de pureté dans le quartz transparent ou cristal de roche. Elle forme aussi la principale partie constituante des cailloux. En abandonnant pendant long-temps au repos, et sans la troubler, une dissolution de silice dans l'acide fluorique» ou dans de la potasse aqueuse , on a obtenu des cristaux de cette terre. La dissolution de la silice dan» des lessives alcalines , s'.ippelle lîquor siticum, liqueur des cailloux. Le verre est un composé de nature semblable, dans lequel la proportion de silice est beaucoup plus grande.
M. Kirwan fit un grand nombre d'expériences sur les actions mutuellei> de la silice et des autres terres à des degrés élevés de température. Les résultats suivans sont quelquesuns de ceux qu'il obtint :
silice.. \
, > iSoocle Wedgwood.. Une masse blanche cassante.
Proportion*.
80 silice.
75 silice... J
3*5 baryte. J
66 silice,
35 baryi
5o silice. . ■)
5o baryte. J
30 silice.. /
8q baryte. I
25 silice.. > ^5 baryte. 3 33 silice. . /
66 baryte. \
Chaleur.
Id,
Id,
' Masse dure cassante , demi-transpa- , rente sur les bords.
Se fondant en une porcelaine dure, tant soit peu poreuse.
Id Masse dure , ne se fondant pas.
Id.
Id.
Id.
Les bords se fovdirent en une matière "verdàtre pâle, tenant l« milieu entre une porcelaine et un émail.
Se fondant en une masse porcelaine tant soit peu poreuse.
Se fondant en une porcelaine poreuse jaunâtre , et en partie d'un blanc verdàlre.
SIL 35i
Lorsque la bai^te excède la silice dans la proportion de trois à un, la masse fondue est soluble dans les acides. Cette circonstance a été récemment appliquée avec un grand avantage dansPaualyse de minéraux qui contiennent de la matière alcaline.
La manière dont la strontiane se comporte ayec la silice est à- peu-près la même que celle dont elle agit arec la baryte. L'addition d'eau de chaux à la liqueur des cailloux ^ donne lieu à un précipité, qui est un composé des deux terres. Les résultats qtfi suivent sont ceux qu'obtint M. Kirwan par voie sèche.
Proportions. Chaleur. EiFétc
!Se fondant en une masse de couleur blanche , demi-transparcnte sur les bords , et faisant feu , quoique faiblement , avec Vacier ; elle le- Dait le milieu entre la porcelaine
et Fémail.
80 chaux. ? «^ - , 5 ^9® poudre grossière d'un blanc
10 silice. ) ( jaunâtre.
10 chaux. ) C Ne se fondant pas, formant une
80 sil ice. \ C masse cassante.
Lorsqu'on expose au plus haut degré possible de chaleur de la magnésie et de la silice à parties égales , le mélange se fond en un émail blanc.
La silice et l'alumine s'unissent et par voie humide et par voie sèche. Le dernier composé est ce qui constitue la porcelaine et la poterie.
Un mélange de parties égales de chaux ^ de magnésie et de silice se fond , suivant Achard , en un verre de couleur verdâtre, assez dur pour faire feu avec le briquet : lorsque la magnésie excède l'un ou l'autre des deux ingrédiens, le mélange est infusible; lorsque c'est la silice qui domine, les seules proportions fusibles étaient ; 3 silice , 2 chaux , 1 magnésie ; et lorsque c'est la chaux qui est en excès, le mélange fond ordinairement à une forte chaleur. Avec des mélanges
53a S IL
de chaux , d'alumine et de silice , on obtient ordioairement un composé fusible; lorsque c'est la chaux qui^prédomiue; les seules proportions rëfractaires étaient :
Chaux a 3
Silice 1 1
Alumine a a
li^excès de silice donne un verre ou porcelaine ; mais Texcès il'alumine ne fournira pas de verre.
Lorsque dans des mélanges demagpfiésie, de silice et d'alumine , la première de ces terres est en excès , il ne s'opère pas de fusion à i5o'; lorsque c'est la seconde terre qui domine 5 il peut être formé de la porcelaine^ et trois parties de silice ^ deux parties de magnésie et une partie d'alumine produisent un verre. Il paraîtrait résulter des expériences de Achard y qu'en exposant à une forte chaleur un mélange de parties égales d'alumine, de silice , de chaux et de magnésie^ il peut se former un verre.
D'autres proportions donnaient des mélanges fusibles ; pourvu que la silice fût en excès.
Le minéral connu sous le nom de sommité ou néphélioe, consiste 5 suivant M. Yauqueliu, dans 49 alumine-H 46 silice. Si nous le supposons composé d'un atome de chacune de ces parties constituantes , alors celui de silice serait 3 ; car 49 : 3, a : : 46 ^ 3. Mais si nous faisons choix, dans la même vue, de l'analyse de l'euclase par M. Yauquelin, nous voyons que la proportion de silice est à celle d'alumine , comme 35 à aa. D'où aa : 3,a : : 35 : 5,09, l'atome de silice , ce qui ne s'accorde pas avec le nombre ci-dessus , quoique ce nombre se rapporte à celui déduit des expériences de sir H. Dafy sur le silicium. Je présente ces exemples pour faire voir combien de semblables déterminations atomiques offrent peu d'avantage. ( Ployez Fek et Acide fluosiuciqve. )
SILVANE. C'est par ce jiom que Werner désigne le tellure (des chimistes).
SOD 535
SKORODITE. Sa couleur est le vert de noîreau. Ce mînéral se présente en masse , mais généralement cristallisé en larges prismes tétraèdres rectangulaires très-courts. Sa cassure est inégale. Il est translucide ; aussi dur que le spath calcaire. Aisément frangîble. Traité au chalumeau , il se fond en émettant une yapeur arsenicale 5 et il est con?erti en unç masse d'un brun rougeâtre. Cette masse, fortement chauffée, de manière à en chasser tout l'arsenic, devient attirable à Taimant; c'est un arseniate de fer, sans présence de cuivre. La skorodite se rencontre dans du quartz et de la pierre de corne, dans des roches primitives, dans le canton des mines de Schneeberg en Saxe.
SLIGKENSIDES. La variété spéculaire de galène, ainsi nommée dans le Derbyshire , pour exprimer le poli de sa surface. Ce minéral a la propriété remarquable que, lorsqu'on frappe avec un marteau la roche dans laquelle il est contenu, on entend un bruit de craquement, qui est gêné* ralement suivi d'une explosion de la roche dans la direction du voisinage du filon. La cause de ce singulier effet n'a point été expliquée d'une maniera satisfaisante. — Jameson,
SMALT. Verre bleu foncé, coloré par de l'oxide de cobalt.
( ^o/ez Safkb.)
SMARAGDITE. Substance pierreuse. ( /^oj^ez Dullace.)
SMARAGDUS. [Foyez Émbkaude. )
SODALITE. Sa couleur est le vert. Elle se présente en masse et^cristallisée en dodécaèdres rhomboïdaux. Elle est éclatante. Son clivage est double. La cassure est conchoïde en petit. Elle est translucide ; aussi dure que le feld-spath; cassante. Sa pesanteur spécifique est de 2,578. Elle est infu- 6ible; devenant seulement au chalumeau d'un gris foncé. Ses
parties constituantes sont , suivant Tliomson et Ekeberg : 58,5 ou 36 silice, alumine 27,48 ou 32, chaux 2,7 ou o, oxide de fer 1 ou 0,265 soude 25,5 ou 25, acide muriatiqne 5 ou 6,75, matière tolatile 2510 ou 0, perte 1,7 ou o. Ce minéral fut découvert dans le Groenland occidental^ par sir Charles Giescke , dans un lit de schiste micacé.
SODIUM. ( Voyez Soude. )
SOIE. ( Voyez Blanchiment. )
SOL. Le sol , ou terroir dans lequel les végétaux croissent, varie considérablement dans sa composition, ou dans les proportions des terres différt&tcs qui le constituent. On voit des. plantes profiter mieux dans une nature de sol , et d'âutreâ dans un sol d'une autre nature. A l'article Analyse de ce Dictionnaire , on trouvera décrites les méthodes d'analjser les sols, pour en déterminer la composition , telles qu'elles ont été exposées par sir H. Davy; nous joindrons ioi les règles qu'il a établies pour leur amélioration , comme se rapportant aux principes dont ils se composent.
Lorsqu'il s'agit de soumettre à l'examen un^ sol stérile, dans la vue de l'améliorer, il faudrait, dans tous les cas, si cela est possible , le comparer avec un sol extrêmement fertile, voisin du lieu, et dans une situation semblable; la différence que présente l'analyse de ces sols indiquerait les méthodes de culture, et ainsi le plan d'amélioration serait fondé sur des principes scientifiques exacts.
Si le sol fertile contenait une grande quantité de sable ; en proportion de ce qui en existe dans le sol stérile , le procédé d'amélioration de ce dernier sol consisterait simplement à lui fournir de cette substance;^ et le moyen serait également simple relativement à des sols dans lesquels il y aura insuffisance d'argile ou de matière calcaire.
Dans l'application à des terroirs d'argile, de sable, de
glaise, de marne ou de craie, il n'y a point de principes chimiques particuliers à observer; mais lorsqu'on fait emploi de chaux vive , il faut apporter une grande attention à ce que cette chaux ne soit pas provenue d'une pierre calcaire magnésienne ; car, dans ce cas , ainsi que l'a fait voir M. Tennant , elle est excessivement nuisible au terroir. La pierre calcaire magnésienne peut se distinguer de la pierre calcaire ordinaire par sa plus grande dureté, et à raison du temps qu'elle exige pour sa dissolution dans les acides; et l'on peut faire l'analyse delà pierre calcaire magnésienne parles procédés dont on fait usage pour reconnaître le carbonate de chaux et la magnésie.
Lorsque la comparaison analytique indique un excès de matière végétale, comme étant la cause de stérilité du sol, cette cause peut être détruite par une grande pulvérisation du sol et l'exposition à l'air, en le pelant et le brûlant , ou par l'effet de chaux vive récemment fabriquée. Il peut être suppléé à la matière végétale et animale, lorsqu'il y en a déf^iut, par un engrais animal ou végétal.
Les indications générales de fertilité et de stérilité , telles que les fournissent des expériences chimiques , doivent nécessairement varier dans des climats divers , par l'effet de différentes circonstances. La faculté des sols pour absorber l'humidité, principe essentiel à leur fécondité, devrait être plus grande dans des contrées chaudes et sèches que dans celles qui sont froides et humides , et là quantité de terre alumineuse fine qui y est contenue devrait être plus considérable. Des sols qui sont situés sur des pentes ou sur le penchant de collines, devraient être plus absorbans que des sols, dans le même climat , sur des plaines ou dans des vallons.
La fécondité des sols doit aussi être iwfluencée par là nature du sous-sol ou des couches terreuses ou pierreuses sur lesquelles le sol repose ; et il faudrait avoir particulièrement égard à cette circonstance dans la considération de leur nature chimique et du système de leur amélioration. Ainsi, un sol sablonneux peut devoir sa fertilité à la faculté qu'a U
sous-sol de retenir Teau ; et uu sol argileux absorbant peut échapper accidentellemeQt à la stérilité daus un climat humide f par l'effet de TinflueDce d'ua sous-sol formaot couche de sable ou grayler.
Ceux des sols qui sont les plus productifs eu blé, coqtiennent toujours certaiues proportions de terre alumineuse ou calcaire dans un graod état de division, et une certaine quantité de matière végétale ou animale.
La quantité de terre calcaire est cependant très-cartable, et, dans quelques cas, excessivement petite. Sir H. Dary trouva qu'un sol à blé très-fertile, pris à Ormiston , dans Test de la province de Lothian en Ecosse , ne donnait, sur 100 parties, que ii parties seulement d'une terre calcaire douce au toucher , l'argile finement divisée s'élevait à 4^ parties. Ce sol perdit 9 parties en matière animale et vé^tale décomposée, 4 parties en eau, et il donnait des indices d'une petite quantité de phosphate de chaux.
Ce sol était d'une contexture très-fine , et contenait trèspeu de pierres ou de fibres végétales. Il n'est pas invraisemblable que sa fertilité ne se rapportât jusqu'à un certain point au phosphate de chaux ; car on trouve de cette substance dans le froment , l'avoine et l'orge, et elle peut être une partie de la nourriture de ces plantes.
Sir H. Davy reconnut qu'un sol des terrains bas du comté de ^mmerset, renommé pour produire, sans engrais^ d'excellentes récoltes de froment et de fèves, consistait dans un neuvième de sable , principalement siliceux , et dans huit neuvièmes de marne calcaire, ayant une teinte de fer, et contenant environ cinq parties sur cent de matière végétale. Il ne put découvrir dans ce sol la présence de sulfate ou de phosphate de chaux ; de manière que sa fertilité devait principalement dépendre de sa faculté d'attirer des principes de nourriture végétale , de l'eau et de l'atmosphère.
M. Tillel^ dans quelques expériences qu'il fit sur la compo'sition des sols à Paris , trouva qu'un sol formé de trois
sot 339
huitiètnes d'argile , deux huitièmes de sable de rivière ^ et
trois huitièmes des pelures de pierre calcaire^ était très-propre
à produire du froment.
£n général ^ les racines bulbeuses exigent un sol beau-* coup plus sablonneux 9 et moins absorbant que le? graminées. Un ^rès-bon sol à pommes de terre , pris à Varsel dans le <îomté de Cornouailles , fournit , à Tanalyse qu'en fit sir H. Dayy^ sept huitièmes de sable siliceux ; et sa faculté d'absorption était si petite $ que cent parties de ce sol n'en perdirent que deux par leur dessication à la température d'environ 200 degrés centigrades.
Les plantes et arbres , dont les racines fibreuses et dures sotit capables de pénétrer profondément dans la terre, végéteront avec avantage dans presque tous les sols ordinaires , qui sont modérément secs, et ne contenant pas un très-grand excès de matière végétale.
Sir H. Davy trouva qu'un sol pris dans un champ à Schef- (ield, comté de Sussex, remarquable par les beaux chênes qui y croissent ^ consistait dans six parties de sable sur une partie d'argile et de matière finement divisée; et 100 parties du sol entier > soumises à l'analyse^ donnèrent : eau 5, silice 54^ alumine aS, carbonate de chaux 3 , oxide de fer 5, matière végétale en décomposition 4 9 perte 3«
D'après la grande diversité des causes qui influent sur là fécondité des terroirs , il est évident que dans l'état présent de la science y on ne peut établir, pour leur amélioration , de système certain indépendant de l'expérience; mais il est peu de cas où le travail des essais analytiques n'offrira pas tin ample dédommagement, par le moyen que ces essais fournissent, de dénoter positivement les meilleures méthodes d'amélioration. C'est ce qui aura particulièrement lieu lors- <iue la composition est reconnue défectueuse dans les proportions des terres primitives.
£q fournissant un engrais animal ou végétal , on ne fait que pourvoir temporairement les plantes d'une nourriture Tçme ir. aa