‹ Dictionnaire de chimie sur le plan de celui de NicholsonChapitre 128 sur 178 · TER · texte numérisé non relu

TER

lesquels on applique l'empreiiite d'un sceau. Du temps d'Homère, la terre de Lemnos était estimée comme antidote contre le poison, et pour se garantir de la peste : vertus qu'il n'y a pas le plus léger motif de lui attribuer.

TERRA MERITA, Terre mérite ( Turmeric). On avait anciennement donné ce nom à la racine du curcuma longa, qui nous vient des Indes-Orientales.

Berthollet avait eu l'occasion d'examiner du citbcuma, venant de Tabago , qui était d'une qualité supérieure à celle du curcuma qui se rencontre dans le commerce , tant sous le rapport de la dimension de ses racines , que sous celui de l'abondance de ses particules colorantes. Cette substance est très-riche en couleur, et il n'en est aucune autre qui donne une couleur d'un jaune aussi vif ; mais cette couleur n'a point de permanence, et les mordans ne peuvent la rendre suffisamment durable. Le sel commun et le sel ammoniac sont ceux qui fixent le mieux la couleur; mais ils la rendent plus foncée, et la font incliner au brun. On a recommandé une petite quantité d'acide muriatique. La racine doit être réduite en poudre pour en faire emploi. On s'en sert quelquefois pour donner aux jaunes obtenus avec la gaude, un jaune doré, et pour faire prendre à l'écarlate une teinte orangée; mais la nuance que donne le curcuma disparaît promptement à l'air.

M. Guchliche indique deux procédés pour fixer la couleur du curcuma sur la soie. Le premier consiste à aluminer à froid, pendant douze heures, 4^0 grammes de soie dans une dissolution de 60 grammes d'alun, et de teindre à chaud, mais sans ébullition , dans un bain composé de 60 grammes de curcuma et d'environ un litre d'acide acéto-citrique, mêlé avec environ trois litres d'eau. Dans le second procédé , on extrait du curcuma les particules colorantes, au moyen de racide acéto-citrique , et de la manière décrite pour le bois de Brésil ; et l'on teint, dans cette liqueur froide ou modéré-

45o TER

ment chaude , ta soie aluoée , comme il a déjà été indiqué. La couleur est rendue plus durable par ce dernier procédé que par Tautre. Le premier malet^i acquiert un jaune doré ; la couleur des second et trotâiième mateaux e«| plos claire 9 mais de la même sorte ; le quatrième matcau est de eouleur paille. M. Guchliche obtient par le même procéHé des couleurs belles et durables du fustet , du genêt et autres substances pouvant fournir la couleur jaune ; il prépare sa laine par un léger alunage, auquel il ajoute un peu d'acide murîatique. Il semble regarder comme suffisant, dans ces cas, pour l'extraotion de la couleur, l'emploi de yinaigre, ou de quelque autre acide végétal , au-lieu de celui de sod acide acéto-citrique. Il fkit observer qu'il serait avaniagein de mettre dans le bain de teinture une très-petite quantité de dissolution d'étain.

TERRE D'OMBRE. ( Foyez Miubs BsrBi. )

TERRE PESANTE. ( Voyez Spath fisaitt et Bi^Tiv. )

TERRE DE SIENNE. Il nous vient de Sienne en Italie, une terre bolaire brune ou oere , inrec une teinte de coukiir orangée , dont on fait usage dans la teinture , soit dans 90a état naturel , soit brûlée. Lorsqu'elle est brûlée , eUe devimit d'un brun plus foncé. Elle résiste pendant long-temps à l'dc^ tfon du feu, sans se fondre. Elle happe avec une très-gr^videforce à la langue.

TERRE YËRTE. Ses couleurs sont le vert céladon et ie vert de nuances plus foncées ; elle se présente en masse ou sous formes globuleuse et amjgdalofdale ; quelquefois es couches superâcielles sur des géodes d'agathe. Elle est mate; sa cassure est terreuse; opaque; prenant un édat faible par la raclure. Cette terre est tendre et ^etile; asseï onctuenso au toucher. Etle acUière légèrement à ia^iiàttgue. Sa pesaôteiir

THE 45i

spécifique est de 296. Au chalumeau, elle se conrertit en une scorie noire yésicalaire. Ses parties constituantes sont : silice 55, oxide de fer 289 magnésie 2, potasse 10, eau 6. Ce mioéral se rencontre fréquemment dans les amygdâloïdes de r£co»8e 9 de l'Angleterre , de l'Irlande , de l'Islande et des tles Faroë. Elle se trouve en Saxe , iprès de Yéronne , dans It Tyrol €t en Hongrie.

Cette terre est le vert de montagne des peintres pour les couleurs d'eaux. Sa couleur est durable , mais moins vivn que celle provenant du cuivre.

La terre verte de Vérone, dont on vient de présenter l'analyse , est la plus estimée. — Janieson,

Cette terre contient du fer, dans quelque état inconnu, mêlé avec de l'argile , et quelquefois avec de la craie et de la pyrite.

THALLITE. Épidote, ou pistacite.

THERMOMÈTRE. On a donné ce nom à un instrument destiné à mesurer la chaleur, d'après le principe, que les expaosîotis de la matière sont proportionnelles aux augmentations de température. En ce qui concerne les corps aériformes , ce principe est probablement mal établi ; et il s'ensuit, que pour rendre juste nos thermomètres ordinaires, il convient de réduire leurs indications à celles d'un thermomètre à air. Les solides, et plus encore les liquides, s'éten* dent ou se dilatent inégalement par des accroissemens égaux de dialeur, ou par des intervalles égaux de température, Relativement à l'eau , à l'alcool et aux huiles , cette inégalité vst si considérable , qu'elle donne lieu à rejeter l'emploi de ces liquides pour la construction de thermomètres exacts. Kats on a vu que le mercure se rapproche davantage des métaux, dans sa marche de dilatation, que les liquides ordiîuures ; et il suit de cette circonstance , aussi bien que de eelle qu'il reste liquide dans une longue étendue de tempéra-^

45a THE

ture, qu'il doit êtrç arec raison préféré aux substances ci-dessus pour ce qui se rapporte à la thermométrie. Va thermomètre ordinaire est donc simplement un yaisseau dans lequel les expansions les plus petites de mercure peuYeot être rendues aperce arables 9 et comparées au moyen de cer« taines règles de graduation , à des expansions ayant lieu sur le même liquide par d*autres observateurs. La première condition est pleinement remplie , en adaptant à un tube de yerre étroit une boule d'une très-grande capacité remplie de mercure. Comme ce métal fluide, chauffé dans des vaisseaux de yerre, se dilate de 1 — 65 d. , à partir du point de fusion de la glace, jusqu'à celui de l'ébuliition de Teau, si 10 pouces du tube ont une capacité égale à 1 — 65 d. de celle de la boule, il est évident que le liquide étant stationnaire aa commencement du tube à 52** (ou o"*), s'élèvera et occupera 10 pouces de ce tube à aia* (ou loo* centigrades); d'où il suit, que si le tube est d'un calibre uniforme, et que l'espace ci-dessus soit divisé en parties égales par une échelle tracée et ûxèc dessus , on aura un thermomètre centigrade ou de Fahrenheit , suivant que le nombre de divisions sera de 100 ou de 180. Tels sont les principes généraux de la construction thermométrique. Mais la confection d'un instrument exact exige des recherches et des soins plus minutieux.

Les tubes pour thermomètres, tirés dans les verreries, sonC plus ou moins' irréguliers dans leur ouverture, et pour la plupart coniques; d'où il suit, que si l'on prend des dilata-^ tiens, égales en apparence, du mercure qui y est renfermé pour représenter des intervalles thermométriques égaux, ces dilatations égales occuperont des espaces inégaux dans uo tube irrég4]lier, l'échelle adaptée au tube correspondrait donc exactement à ces inégalités; ou si cette échelle est unifonne dans ses divisions ^ on peut être certain que le tube est d'une Uniformité absolue dans son calibre. Je peux, en appuyant mon opidon de l'autorité de celle de M. Troughton, assurer

qu*il se rencoBtre à-peîrte, ou môme jamais, nn txiM «J'ôu-» Terture, ou de calibre véritablemenl égal; d'où il suit, qu'ott ne dcTrait jamais supposer les tubes tel? dans k construclidti de nos thermomètres. ^

Il faut donc commencer, pour établir cet insitument, par graduer le tube en espaces <le capacité égale. On se munit à cet effet d'ulie petite bouteille de caout-chouc , garnie d'un robinet avec un bout capable d'admettre Textrcmité du tub^ de terre, lorsqu'il est enveloppé atec des doubles de papier de soie; on se pourvoit aussi de mercure pur et d'une balance sensible^ après avoir fait sortir un peu d'air de 4a bouteille^ on plonge l'extrémité du tube attaché dans le mercure, et par Texpansion élastique du caoïit-chouc, on force une petite portion du mercure à s'élcVeir dans l'ouvertui^fe. On ferme alors le robinet, on place le tube dans une direction horizontale^ et oh l'éloigné de la bouteille : la colonne de mercure (Ju'on a fait entrer dans le tube ne devrait pas excéder un démi^ pouce (environ i5 tnillimètre^) de longueuh En inclinant doucemekit ce tube, et en donnant un J>etit coup dessus avec le doift, on fait arriver le mércurfe à environ deux pouces (5o millimètres) de distance dé l'éxtrénàité du tube, oùronarintention de former la botile, et, atec une lime ou un diaînaat> on y trace la ligné initiale de l'échelle. Eti posant alors sur une table la bande d'ivoire, de laiton ou de papiet qui doit recevoir les graduations, on applique le tube sur cette bande, de manière que le bout en bas de la colonne de «ermire coIfiCide avec son bord inférieur; et, avec une pointe fine, on mahpie sur l'échelle l'autre extrémité de la colonne <le tflercufe. En inclinant doucement le tube , et frappant légèrement dessus , on fait couler le liquide le long de ce tube, jusqu'à ce que son extréiiiité inférieure se trouvé placée où rétait auparatant l'extrérailé supérieure; on dpl4ique le tube à Téchelle , en ayant soin de faire correspondre «a ligne initiale au bord, comme auparatant. Om obtient akisî un nouveau point pouvant servir de mesuré de Tome IF. a8

Page 1